Retour sur 2016

La séparation des brands à la WWE, des débuts peu convaincants

WWE

19 Juillet 2016. SmackDown est accueilli par la Draft pour son premier mardi en live par USA Network. Les deux navires de la WWE sont sur le même réseau télévisé et la WWE compte bien en profiter. Avec un roster d’une capacité inégalée jusqu’alors, la décision est prise de revenir à l’époque où la WWE voyait double. Deux émissions, deux titres mondiaux, deux titres féminins, etc. Le temps de régler les derniers comptes entre éventuels séparés à Battleground et c’était parti, on sépare les catcheurs en deux divisions, RAW et SmackDown. la WWE peut désormais voir les choses en grand, très grand. Trop même.

Rapidement, la séparation des brands va révéler de nombreuses faiblesses. Si la qualité intrinsèque des rivalités n’est pas tellement à mettre sur le dos du Brand Split, on peut questionner de nombreux choix effectués par la WWE, qui n’a pas totalement réglé les problèmes qui étaient présents avant la séparation de RAW et SmackDown. Tout n’est évidemment ni tout noir ni tout blanc mais on peut faire un bilan global de ce qui a répondu ou non aux attentes lors de cette deuxième partie d’année.

Une séparation du roster discutable

Là où l’on ne peut pas vraiment reprocher à la WWE d’avoir fait cette séparation des brands, c’est que l’évidence était là, son roster était bien trop grand pour une seule division. Le choix était soit de donner à SmackDown plus d’importance avec des rivalités qui se construisaient dans le show bleu ou de refaire un roster à deux divisions. Le second choix était plus logique. Plus de ceintures pour plus de catcheurs et catcheuses ainsi que l’instauration de deux duos de GMs et Commissionners en rivalité.

Les débuts des deux divisions vont d’ailleurs être marqués par ce SmackDown vs RAW mis en avant avec une Draft où RAW a plus de catcheurs à choisir. Premier point où l’on reste mitigé d’ailleurs : la séparation est à première vue à l’anti-thèse de ce qu’annonçait les autorités respectives. SmackDown, qui se déclarait comme un show offrant des opportunités, laisse de côté des upcarders comme Cesaro, Sami Zayn pour prendre des têtes d’affiche éternelles comme John Cena ou Randy Orton. RAW, de son côté, ne fait pas ce choix et prend une majorité de gros poissons qui tentent de faire leur marque depuis leur arrivée dans le grand bain : Seth Rollins, Kevin Owens, Roman Reigns pour ne citer qu’eux.

La WWE essaie de jouer l’équilibre même si SmackDown donne souvent l’impression d’être mis en retrait par rapport à son grand frère rouge. Seul grand point en leur faveur : détenir les ceintures de la WWE et Intercontinental, probablement les deux titres les plus prestigieux dans le roster, quand RAW doit se contenter du titre des États-Unis, plus rarement mis en avant, et doit même recréer un titre majeur pour son show.

L’apogée de cette opposition vient à Survivor Series où là encore la WWE tente l’équilibre. RAW gagne deux des trois matchs traditionnels mais perd le principal du 5 contre 5 masculin. Si au départ RAW semblait pouvoir dominer naturellement avec son star power acquis lors de la Draft. Au fur et à mesure, SmackDown Live a sorti des arguments assez forts pour prendre une certaine avance dans le cœur des fans.

Le problème du rythme des pay-per-views

Deuxième point marquant de cette séparation des brands : l’instauration des pay-per-views exclusifs à chaque brand. L’idée est plutôt bonne au départ : on donne de l’exposition à toute une division en même temps au lieu de mélanger et de laisser probablement quelques matchs de côté, de plus, les catcheurs se croisent plus rarement ce qui rend leur réunion aux Survivor Series un peu plus spéciale, même si l’on ne ressent pas encore totalement la ferveur que pouvait avoir les précédentes oppositions entre RAW et SmackDown.

En dehors de cela, l’utilisation qui en a été faite a été désastreuse. Des shows de trois heures qui s’ajoutent à deux émissions de deux et trois heures toutes les deux-trois semaines, c’est beaucoup, beaucoup trop. Si cela permet de mettre souvent en avant le Network et de rendre l’offre plus attirante, rapidement, c’est la lassitude qui l’emporte. L’attente n’existant plus réellement, les matchs qui se déroulent paraissent souvent vus et revus. Une rivalité comme celle entre Charlotte et Sasha Banks aurait mérité d’un peu moins d’oppositions puisqu’en plus de s’affronter tous les mois, elles s’affrontaient quasiment tout le temps deux semaines avant les PPVs de RAW. Et si les matchs étaient de qualité plutôt bonne en général, les fans ont rapidement exprimé leur lassitude envers cette rivalité.

Il faut aussi penser à un niveau tout simplement scénaristique. Les deux shows ont développé une espèce de syndrome du match de championnat lorsqu’ils attendaient les pay-per-views exclusifs. On a souvent eu le droit à des épisodes assez plats à RAW comme à SmackDown, comme s’ils attendaient que l’un est fini son pay-per-view du mois pour que l’autre puisse commencer à le préparer. Autant garder le même rythme de pay-per-view qu’auparavant et garder l’exclusivité si c’est pour mettre des matchs de championnats lors des shows. Une défense par mois, d’accord, une toutes les deux semaines pour la quasi totalité des titres, c’est trop.

Un changement qui restait nécessaire

Malgré un constat à charge, la séparation des brands n’en restait pas moins indispensable. De la question de la densité du roster découle les bénéfices qui ont résulté de la séparation. Une renaissance telle que celle du Miz aurait-elle pu être possible sans la séparation des divisions ? Bien que déjà champion intercontinental, son règne n’a pris de l’ampleur qu’à SmackDown avec sa rivalité face à Dolph Ziggler. C’est quand même dingue qu’en 2016, on ait pu avoir envie de revoir du Dolph Ziggler contre The Miz, et plusieurs fois.

Dans une moindre mesure, des personnes comme Heath Slater, Sheamus, La Spirit Squad ont bénéficié de nouvelles expositions et d’opportunités qu’ils n’avaient plus du tout dans le précédent format. C’est aussi tout simplement pourquoi l’on a pu avoir Kevin Owens et AJ Styles champions respectifs de leur show. Et même Finn Bálor dans une moindre mesure aurait pu faire partie de la liste de ces personnes dont les opportunités sont meilleures depuis le début du Brand Split.

Si la WWE résout le problème autour de sa gestion des rivalités et du rythme bien trop élevé de ses shows, cela pourrait à terme permettre de mettre en avant un bon paquet de nouvelles têtes d’affiche. AJ Styles a largement bénéficié de l’absence d’un John Cena à SmackDown, qui peut prendre des vacances sans trop à avoir à se soucier de la tenue des shows. On attend énormément d’un catcheur comme Cesaro qui brille plus que jamais à RAW et qui, s’il est pour l’instant cantonner à la division par équipes, est en train de construire une popularité qui pourrait l’amener très loin.

On ne peut pas vraiment totalement juger cette séparation des brands, jusqu’ici cela reste un échec relatif, non pas dans le principe mais dans la gestion faite par la WWE du rythme de ses shows. On pourra revenir sur le bilan de celui-ci quand la WWE redistribuera les cartes donc probablement entre WrestleMania et SummerSlam. En tout cas, en donnant un peu plus de temps à ses rivalités et plus d’attente au public, la WWE pourrait faire de ce Brand Split un succès total par rapport à son produit. Reste qu’il y a énormément de travail à faire pour y arriver.

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