Retour sur 2016

NXT : 2016, année glorieuse

De nouveau sujet à de nombreux départs vers le roster principal, NXT a dû se renouveler en 2016, force est de constater que la division jaune a relevé le défi et de belle manière.

Plus de quatre ans après son lancement, NXT est plus que jamais ancré dans l’emploi du temps des fans de la WWE. Simple show pour les catcheurs en développement à la WWE, le programme est devenu l’émission phare du WWE Network dès la création du service de VOD.

Seth Rollins, Sami Zayn, Kevin Owens, Dean Ambrose ou encore Cesaro, nombreux sont les exemples des stars du circuit indépendant passées par NXT pour ensuite briller de mille feux le lundi soir à Raw ou le mardi soir à SmackDown Live. Avec des shows TakeOver mettant la barre de plus en plus haut et des recruteurs toujours à l’affût des meilleurs athlètes de la planète, les fans de catch étaient en droit d’avoir de grandes attentes envers NXT cette année 2016. Bilan des douze derniers mois du côté de la brand jaune.

Un titre plus mobile qu’auparavant

À l’instar de la Ring of Honor, on est habitué à ne pas voir les titres changer de mains aisément à NXT, en particulier le titre majeur. Le titre NXT n’a connu que six champions (Seth Rollins, Big E, Bo Dallas, Neville, Sami Zayn, Kevin Owens) sur les trois premières années de son existence. Bien que le bruit d’un départ vers le roster principal circulait à son sujet, avant même son arrivée dans le show jaune, l’Irlandais Finn Bálor avait débuté l’année 2016 le titre à la main. Au cœur d’une rivalité avec Samoa Joe qui aura donné trois matchs de championnat dans les TakeOver dont en un cage, le règne du Demon a pris fin dans un house show en avril, peu de temps après le week-end de WrestleMania TakeOver : Dallas.

Depuis, Samoa Joe s’est imposé comme la force inamovible de NXT. Que ce soit face à Eric Young, Rhino ou Tye Dillinger, l’ancien champion du monde poids-lourd de la TNA a usé de sa masse corporelle et de son jeu de pieds pour martyriser ses adversaires, tel le heel destructeur qu’il doit être. Malheureusement pour lui est arrivé le King of Strong Style, Shinsuke Nakamura. La singularité et le charisme du Japonais ne pouvaient pas être confinés dans son pays natal. Nakamura a mis la barre très haut dès son premier match en réalisant un des meilleurs matchs de l’année lors de son opposition contre Sami Zayn à Dallas pendant le week-end de WrestleMania 32. Plus over que n’importe quel autre talent du roster, il s’est très vite imposé comme le challenger naturel au titre de Joe. Leurs affrontements ont donné lieu jusqu’ici à quatre matchs de championnat, à Brooklyn, Toronto, Osaka et Melbourne. Chacun de ses matchs s’est conclu par un changement de titre, exception faite du dernier, dans ce steel cage match à Melbourne. Des confrontations qui ont été in fine presque décevantes – à l’instar des Joe vs Bálor – quand on connaît le talent des deux catcheurs.

Encore un recrutement de classe internationale

La signature chez Stamford du Japonais, au même moment que ses anciens ennemis du Bullet Club pour le roster principal, avait créé un énorme buzz. Comment Shinsuke Nakamura, star de la NJPW et tête d’affiche de la promotion nippone depuis plusieurs années avec Hiroshi Tanahashi et Kazuchika Okada, pouvait rejoindre l’empire McMahon ? Si ces questions ne sont pas encore totalement résolues aujourd’hui, la réussite dans la brand jaune de NXT est déjà acquise. La preuve : ses entrées magistrales sont tout aussi attendues que ses matchs.

En plus de dépouiller la NJPW, les dirigeants de la WWE vont au cours de l’année chercher chez la concurrence des vétérans du ring capables de mettre en avant les rookies. En mars dernier, peu avant TakeOver : Dallas, c’est le « Greatest Man That Ever Lived » Austin Aries qui amène toute sa classe à la Full Sail University. S’il faut résumer les premiers mois d’Aries à NXT, on peut dire que l’ancien champion du monde poids-lourd de la TNA aime diversifier ses rencontres. Après une courte rivalité contre Baron Corbin avant que ce dernier ne rejoigne le roster principal, Aries affronte Shinsuke Nakamura en un contre un où implicitement le vainqueur du match deviendra le challenger au titre de NXT. Par la suite, après une victoire sur No Way Jose à Brooklyn totalement oubliable, une rivalité avec Hideo Itami prend forme. Malheureusement, elle n’aura peut-être jamais lieu puisque l’ex-Kenta souffre d’une blessure à la nuque. Blessé à l’oeil depuis octobre, Aries est pour l’instant aux commentaires du programme 205 Live et des matchs de la division cruiserweight lors des pay-per-views de la WWE.

Peu avant sa mise à l’écart des rings, Double A a eu le plaisir de retrouver à l’occasion du Dusty Rhodes Classic Roderick Strong comme coéquipier. Ancien partenaire des Generation Next à la Ring of Honor, Strong s’est surement dit qu’à 33 ans ce serait le moment ou jamais de tenter sa chance à la WWE. « Mr Ring of Honor » a dit au revoir en juillet, à la compagnie qu’il l’a fait connaître dans le monde entier, mais aussi à la PWG chez qui il a passé onze années et détenu le titre mondial.

Monopolisant de plus en plus la planète catch, la WWE a également penser à profiter des difficultés financières de la TNA pour récupérer quelques talents. Et quoi de plus glorieux que de récupérer Bobby Roode ? Dans la catégorie la popularité qu’on n’a pas vu arriver, le Canadien peut prétendre à obtenir la palme. Un thème aux oignons et une confiance gonflée à bloc, Roode trace sa route tranquillement mais sûrement dans la hiérarchie NXT. Un premier match facile contre Andrade « Cien » Almas, un combat à vents contraires contre Tye Dillinger à Toronto puis une victoire dans un Fatal 4 Way en cette fin d’année et Roode se retrouve challenger au titre de Nakamura pour le Takeover de San Antonio (le 28 janvier 2017). On ne peut qu’espérer le meilleur pour lui en 2017.

Ancien de la Team Canada, tout comme Roode, Eric Young a eu une intégration plus complexe. Venu défier Samoa Joe en mai, EY n’est réapparu que récemment en leader du nouveau clan dominant du programme du mercredi soir, SAnitY. Bien que de ce groupe ne soit pas encore bien défini, la folie d’EY semble être contagieuse (à ses côtés Alexander Wolfe, Sawyer Fulton – déjà exclu du groupe suite à une blessure – et Nikki Cross) et il pourrait très bien causer de grands problèmes au roster de NXT en 2017.

Au Performance Center, certains attendent leur tour, bien gentiment. Dans les dernières recrues, on retrouve Big Damo, mastodonte irlandais passé par l’Insane Championship Wrestling, Tommy End, un des catcheurs européens les plus réputés des dernières années, et Bin Wang, premier catcheur Chinois à avoir signé à la WWE, pour ne citer qu’eux, sont sur les starting blocks, n’attendant que leur appel vers le show jaune.

Le grand exode

Au vu de toutes ces arrivées, on pourrait se dire que le roster de NXT est proche de la saturation. Sauf que William Regal, General Manager de NXT, a vu ses plus grandes stars rejoindre le roster principal. Alors qu’il est l’une des stars montantes et qu’on pense le voir encore un bon semestre dans le show jaune, Baron Corbin fait ses grands débuts à WrestleMania 32 en remportant l’Andre The Giant Memorial Battle Royal, deux jours après avoir été défait par Aries à TakeOver : Dallas. Au lendemain de WrestleMania, ce sont Apollo Crews, Enzo Amore & Big Cass qui entrent par la grande porte à Raw, Crews en vainquant Tyler Breeze tandis que le duo a défié les vieux Dudley Boyz. La même semaine, ce sont les Vaudevillains qui arrivent plus discrètement à Smackdown pour se défaire des Lucha Dragons. Si on était tatillon, on pourrait même mentionner Sami Zayn qui n’a conclu son transfert dans la « big league » en 2016.

Victime de son succès, NXT a d’autant plus été dépeuplé que la draft entre Raw et SmackDown a été réintroduite cet été. L’appel du roster principal a ainsi été encore plus fort que les années précédentes. Au revoir Finn Bálor, Bayley, American Alpha – Jason Jordan et Chad Gable, les actuels champions par équipe du show bleu –, Mojo Rawley, Carmella, Nia Jax, Alexa Bliss, détentrice du titre de championne de Smackdown.

Ces nouvelles Superstars ont connu des fortunes diverses. Si certains ont déjà de l’or aux hanches, d’autres se retrouvent perdus dans le brassage des deux grands shows de la WWE. Mojo Rawley a fait péniblement équipe avec Zack Ryder, Nia Jax a écrasé mécaniquement les catcheuses locales, les Vaudevillains enchaînent les matchs fourre-tout. Peut-on évoquer Tyler Breeze qui brigue le costume de policier de la mode ?

Un show hebdomadaire à double tranchant, dans l’ombre des Takeover

Avec l’afflux de contenus originaux de la part de la WWE (Cruiserweight Classic, 205 Live, l’extension de l’agenda des PPV, le tournoi pour le titre britannique à venir) et la facilitation de l’accessibilité des shows indépendants, le programme hebdomadaire a moins été le centre d’attention des fans.

À tort. La division par équipe de NXT est probablement une des plus fortes au monde. Dash Wilder et Scott Dawson ont redonné de l’importance à la psychologie du catch par équipe, se plaçant comme les Brainbuster (Arn Anderson et Tully Blanchard) des années 2010. L’émergence de parfaits adversaires en la personne de DIY, Johnny Gargano et Tommaso Ciampa, a été parfaite pour démontrer qui étaient les vrais patrons du catch par équipe. On oublierait presque qu’ils nous avaient déjà avertis avec un premier match au meilleur des trois manches contre American Alpha dans le show hebdomadaire. D’autres équipes, plus discrètes, telles que les Authors of Pain ou TM61 auront leur rôle à jouer dans les mois à venir et auront fort à faire au regard du travail déjà accompli par The Revival.

La Full Sail a également vu l’éclosion du « Perfect Ten ». Celui qui avait déjà été sous contrat de développement à l’époque de la Deep South Wrestling revient de loin. Jobber des main-eventers de NXT, Tye Dillinger a été porté aux nues par le public, qui trouvait injuste de ne pas voir plus de ce catcheur toujours propre dans ses performances. Le Canadien est devenu le nouveau loser magnifique de Stamford, ne décevant pas le public malgré sa défaite face à Roode dans leur ville de Toronto.

À raison. Asuka, championne depuis Dallas, se retrouve bien seule à la Full Sail. Bien que sa rivalité avec Bayley a été étirée autant que possible, la Japonaise fait face à une concurrence très faible. Faible au point que Regal a fait appel à l’ancienne championne féminine Mickie James pour avoir une vraie confrontation à Toronto plutôt qu’un squash. Dans le programme hebdomadaire, de nombreuses jeunes femmes bénéficient de temps d’antenne : Billie Kay, Peyton Royce, Aliyah, Ember Moon, Mandy Rose, Liv Morgan, Daria Berenato, Pourtant aucune ne semble avoir les épaules assez larges pour représenter un challengeuse crédible à Asuka, à la possible exception de Ember Moon qui est la seule à avoir combattu en Takeover face à Billie Kay.

Tout cela abouti au final aux shows Takeover qui, il faut le dire, ont pris une dimension bien plus grande que les shows hebdomadaires. De plus en plus associés aux pay-per-views du Big Four, les Takeover ne se font plus à la Full Sail University – exception faite cette année de NXT Takeover : The End – mais dans des salles dignes des pay-per-views de la WWE. De NXT Takeover : Dallas à NXT Takeover : Toronto, les grands shows de NXT ont leur propre scène, avec des entrées spéciales pour les catcheurs et une mise en scène destinée à la grandeur. Avec des publics chauffés à blanc, on sent toute la différence qu’il y a dans les ambitions entre le show hebdomadaire, qui raconte les histoires, et les Takeover, devenus de véritables vitrines du futur de la WWE.

NXT, c’est un éternel recommencement : on tend à construire des talents, à les pousser le plus haut possible, quitte à les laisser partir pour de plus grands desseins, puis recommencer avec de nouveaux individus. Car il ne faut pas oublier le statut majeur du show jaune : c’est un territoire de développement, avec des essais, des réussites et des échecs des plus grosses stars aux catcheurs les moins connus. Dans un show à l’exposition moindre comparé à Smackdown ou Raw, espérons que la soif de gloire et la prise de risque seront de NXT seront toutefois toujours présentes.

Vincent W.
Auteur :
Intermittent de l'écriture.