Top 200

Top 200, de 75 à 71 : Rivalités d’anthologie

On revient cette semaine avec une série de cinq matches pour la plupart sur le continent américain. Dans le lot on retrouve un affrontement MYTHIQUE entre Ric Flair et Terry Funk pour une des rivalités les plus emblématiques de la NWA ainsi qu’une autre rivalité d’anthologie de la NOAH entre Naomichi Marufuji et KENTA.

#75 Ric Flair contre Terry Funk, I quit match pour le titre de champion Poids-Lourds de la NWA

15 novembre 1989 : NWA Clash of the Champions IX à New York (New York)

A Wrestlewar 1989 au mois de Mai, le Nature Boy Ric Flair récupère le titre Poids-Louds de la NWA des mains de Ricky Steamboat en conclusion d’une des plus belles trilogies de matches qu’on ait jamais pu voir, solidifiant alors le face turn de Ric Flair. À cette époque la NWA employait des juges en cas d’égalité et Terry Funk occupait cette position ce soir là. A la fin du match, il décide de monter sur le ring féliciter Ric Flair et à cette occasion le challenger pour sa ceinture fraîchement acquise. Alors absent des rings depuis quelques mois (il avait notamment tourné le film culte Roadhouse avec Patrick Swayze), Funk s’étonne du refus de Flair, ce dernier estimant qu’il doit montrer sa valeur en devenant premier aspirant officiellement. C’est avec un brutal piledriver à travers une table que Funk termine cette discussion.

Lors des prochains mois, Ric Flair vendra la blessure à la nuque. Et Funk vaincra jobbers après jobbers (dont un très jeune Eddie Guerrero), continuant de narguer Flair en compagnie de son manager, le génial Gary Hart.  S’en suivront des bagarres, des tag-matchs, Flair teasant sa retraite des rings, une suspension du même Ric Flair, Sting et le Great Muta se retrouveront aussi mêlées à cette histoire ainsi que Lex Luger. On bascule rapidement dans une rivalité acerbe et sanglante.

Le match en lui même est tellement axé sur la violence et la rivalité exacerbée entre les deux catcheurs qu’on oublie que la ceinture est en jeu. Avant le match, quasi-sûr de gagner selon lui, Funk annonce qu’il serrera la main de Ric si ce dernier parvient à lui faire prononcer les mots « I Quit ». Ce match définit à lui seul le terme « blood feud » bien que presque aucune goutte de sang ne sera versée (un comble pour ces deux là). Flair envoie d’entrée Funk dehors avec un atémi. On a droit à des spots sur une table, à un Funk magnifique de sadisme au moment d’administrer un marteau pilon à Flair, lui rappellant ses problèmes de nuque et l’insultant de son juron favori « Egg Sucking Dog ». C’est le Nature Boy qui l’emporte avec la Figure Four Leg Lock, rendant Gary Hart fou de rage après la poignée de main entre les deux adversaires. Joyeux foutoir ensuite avec les interventions de Sting, DragonMaster, Muta et Luger. Un match absolument fantastique, pilier de l’histoire de la NWA.

Note WON : ***** – Note Cagematch : 8.93

#74 Chris Hero contre CM Punk, IWA Mid-South Heavyweight Title Best Two Out Of Three Falls 90 Minute Time Limit Match

7 février 2003 : IWA Mid-South When Hero Met Punk à Clarksville (Indiana)

Deux ans après la fin de la WCW, le catch US hors-WWE se cherche une rivalité pour lancer le circuit indépendant. La Ring of Honor joue encore avec Xavier et Low Ki en main event, la CZW n’a rien de la fédération culte qu’elle deviendra un an plus tard… C’est alors que Chris Hero et CM Punk entrent en rivalité pour une série de matches qui s’étaleront sur plusieurs fédérations pendant presque trois ans et demi avec le titre de la IWA-Mid South en pièce centrale.

La IWA-MS était la fédération du défunt Ian Rotten, ancien de l’ECW, et on y retrouvait dans le début des années 2000 la fine fleur du circuit indépendant : Bryan Danielson, AJ Styles un tout jeune Matt Cross (Son of Havoc), les débuts de Super Dragon, BJ Whitmer, Colt Cabana… Un vrai mélange de catcheurs de la ROH, de la CZW et de ceux qui ont commencé la PWG. Avant ce match, Chris Hero n’avait jamais réussi à battre CM Punk en match simple (à la IWA-MS). Après des double pin, des matches nuls, Ian Rotten décide de mettre en place un match au meilleur des trois tombés avec une limite de 90 minutes.

Accrochez-vous car il s’agit du match le plus long de ce classement : 92 minutes! Car bien entendu, les deux catcheurs vont au bout de la limite de temps. La première moitié du combat comprend énormément de soumissions et de restholds qui vont mettre en place la deuxième partie du combat. Combat qui au passage se déroule devant quasiment personne avec le peu de spectateurs étant habillés comme pour aller au supermarché. C’est très difficile de faire dans le play-by-play sur un match qui dure autant qu’un film, alors passons directement à la fin. Alors que les deux catcheurs sont à un partout, la séquence finale de cinq minutes voit Chris Hero accélerer et envoyer prises sur prises sur un CM Punk répondant à peine, mais les deux s’écroulent l’un sur l’autre pour un double compte de trois. Ian Rotten intervient et demande la mort subite, que Chris Hero gagne sur une Hangman’s Clutch, comme un rappel de sa défaite face à CM Punk lors du Ted Petty Invitational 2002. Un vrai marathon et un tour de force pour le circuit indépendant qui atterrira même dans le DVD « Best in the World » produit par la WWE.

Note WON : non noté – Note Cagematch : 9.49

#73 Naomichi Marufuji (c) contre KENTA pour le titre GHC Heavyweight de la Pro Wrestling NOAH

29 octobre 2006 : NOAH Autumn Navigation 2006 à Tokyo (Japon)

9 mois après qu’ils se soient affrontés pour le titre Junior GHC, les deux anciens équipiers se font une nouvelle fois face cette fois-ci pour le titre GHC Heavyweight. Misawa avait alors entamé un rajeunissement de la scène Heavyweight de la pro-wrestling NOAH après un run assez terne avec Jun Akiyama au sommet de la carte. C’est ainsi qu’on voit poindre Go Shiozaki, Takashi Sugiura, Yoshinobu Kanemaru ou encore Takeshi Morishima.

On peut noter que pour ce show, la NOAH enregistre une de ses plus faibles affluences pour l’époque (11.500 personnes), la faute à une carte assez faible en soutien de ce match. À titre d’exemple, un mois plus tard Mitsuharu Misawa fera face à Naomichi Marufuji devant 17.000 personnes dans cette même salle mythique du Budokan. On rappellera aussi que KENTA et Marufuji sont des anciens équipiers et aussi rivaux pour le titre Junior, donc c’est un affrontement chargé d’histoire, et cela quelques semaines après que les deux catcheurs soient apparus à la Ring of Honor dans deux matchs extraordinaires, avec Marufuji défendant son titre face à Nigel McGuinness et KENTA tentant de s’emparer du titre de la ROH détenu par Bryan Danielson. Ce dernier match que nous verrons plus tard dans ce classement.

Le défaut de donner le main-event à deux jeunes catcheurs au top de leur forme physique est de se retrouver avec un match over-booké et se basant sur les spots, et c’est un peu le cas ici, malgré un travail sur certaines parties du corps de la part de chacun. KENTA mange un slingshot DDT sur le tablier du ring dans les premières minutes et répond avec des kicks dévastateurs dirigés vers l’abdomen de Marufuji. Ce dernier effectuera un springboard Asai Moonsault vers KENTA alors assis dans le public qui fera exploser le nez de celui qu’on connait désormais sous le nom d’Hideo Itami. Une chose est sûre, les saignements accidentels accentuent TOUJOURS le drame d’un match (contrairement aux blade-jobs qu’on voit venir des kilomètres à l’avance). Après une séance quelques peu surjouée ou les deux catcheurs s’échangent et no-sellent les souplesses (dont une botchée de KENTA ou Marufuji se suplexe lui-même), nos compères s’envoient bombes sur bombes. Après une top rope Spanish Fly, Marufuji aligne KENTA avec un Pole Shift pour le compte de trois. Overbooké mais diablement physique. Marufuji perdra son titre un mois plus tard aux mains de son mentor Mitsuharu Misawa.

Note WON : **** 3/4 – Note Cagematch : 9.48

#72 Davey Richards (c) contre Michael Elgin pour le titre de champion du monde de la Ring of Honor

31 mars 2012 : ROH Showdown in the Sun (deuxième journée) à Fort Lauderdale (Floride)

Accompagné de Truth Martini pour ce qui est la première mouture du House of Truth (avec Christopher Daniels et Roderick Strong notamment), Michael Elgin arrive ici auréolé à seulement 24 ans du statut d’énorme espoir pour la ROH. Écrabouillant régulièrement ses adversaires avec aisance (rares sont les matches de plus de 15 minutes), il s’incline cependant régulièrement face au top du top de la ROH à cette époque, et le but est de pousser le canadien vers les sommets malgré tout.

Davey Richards (qui arrive aussi avec la ceinture de co-champion par équipe Junior de la NJPW  en compagnie de Rocky Romero) lui est le champion après avoir battu son coéquipier Eddie Edwards 9 mois plus tôt dans un combat magnifique que nous avons vu il ya quelques semaines. Dans le style de la ROH sous Jim Cornette, l’accent est mis sur les catcheurs athlétiques et ayant un potentiel pouvant pousser la fédération au niveau supérieur à un moment ou elle cherchait une stabilité financière et un accord avec une station de télévision. La ROH fera d’une pierre, deux coups en réussissant à se faire reprendre par Sinclair Brodcasting Group, puissant groupe de télévision cablée. On peut penser que l’accent mis sur ce type d’image en lieu est place de personnages plus « controversés » a permis ce changement de vitesse.

Le match en lui-même met un peu de temps à démarrer et représente un vrai clash de style entre le style « à la KENTA » de Davey Richards et le style plus heavyweight de Michael Elgin. Le match est construit pour faire passer Davey comme un tueur de monstre et Elgin comme une montagne de force. Quand Richards arrive à effectuer une souplesse, Elgin no-sell. Malgré son statut de heel, Elgin passe pour un babyface, et une bonne partie de la foule est derrière lui. On notera qu’Elgin utilise une superbe prise ici avec une Chaos Theory magnifique mais aussi une top rope Dragon Suplex de Richards sur Elgin! La fin du match bascule dans une gigantesque spotfest ou les deux catcheurs s’échangent coups pour coups, mais le canadien doit s’avouer vaincu sur de nombreux kicks en pleine face. On n’aurait pu faire sans la promo post-match de Davey Richards, ce qui n’est visiblement pas son fort.

Note WON : ***** – Note Cagematch : 8.99

#71 America’s Most Wanted (James Storm & Chris Harris) contre Triple X (Elix Skipper & Christopher Daniels) Losing Team Must Split Up Six Sides Of Steel Cage Match

5 décembre 2004 : TNA Turning Point 2004 à Orlando (Floride)

Rivalité compliquée qui remonte aux tout débuts de la NWA-TNA. American’s Most Wanted étaient les champions par équipe inauguraux de la fédération de Jeff Jarrett, et Triple X étaient à l’origine composés de Christopher Daniels & Elix Skipper ainsi que Low-Ki. On notera au passage qu’il s’agit pour ce match de quatre anciens catcheurs de la WCW que la WWE n’a pas souhaité conserver lors du rachat de la fédération d’Atlanta. Même si on verra James Storm à NXT et surtout Chris Harris dans la version WWE de l’ECW avec la gimmick pathétique de Braden Walker.

Alors plus tôt dans l’année, les équipes s’étaient retrouvée entremélées avec des runs de champions de Daniels en équipe avec Storm et aussi de Chris Harris avec Elix Skipper… C’est le booking de la TNA! Mais le match que nous allons voir ne concerne même pas les ceintures par équipe, détenues alors par l’équipe composée de Chase Stevens et Andy Douglas (qui ont, pour l’anecdote, complètement disparus de la circulation) et aussi auparavant par la Team Canada composée de Bobby Roode et Eric Young (qui eux, sont un peu plus visibles).

Il y a un vrai feeling des vieux matchs par équipe de la NWA voire même de la WCCW dans le match avec un degré d’athlétisme supérieur. C’est aussi une preuve qu’à cette époque, la TNA n’hésitait pas à mettre en tête d’affiche des catcheurs jeunes et nouveaux en main-event sans aucun titre en jeu, juste une « blood feud ». Ce match a de l’action, du drame avec l’utilisation des menottes et aussi une séquence époustouflante avec Elix Skipper faisant un numéro de funambule en marchant le long de la barre de la cage pour effectuer un hurricanrana sur un de ses adversaires du haut de la cage. Cette cascade fait définitivement passer ce match à la vitesse supérieure et il se conclut avec les AMW appliquant la Power-Plex (prise de finition de XXX) sur Elix Skipper sous les yeux de Christopher Daniels menotté au coin du ring. Un match violent, rythmé et formidable, un des points culminants de la TNA avec cette cascade insensée d’Elix Skipper qui avait énormément fait parler à l’époque.

Note WON : **** 3/4 – Note Cagematch : 9.5

Comme vous le voyez, on augmente sévèrement dans la qualité des matches, et la semaine prochaine nous verrons un combat mythique de la PWG, on rendra visite à une légende du catch féminin mais aussi un match issu d’une édition du Monday Night Raw! Comme souvent, on passera aussi par les années 80 avec cette fois-ci un choc entre deux gargantuesques légendes japonaises.

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