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PROGRESS, Chapter 48 : La méthode British Strong Style

Rob Brazier Photography

Moins d’un mois après un Chapter 47 fort en émotion, qui avait notamment vu Paul Robinson mettre un terme à sa carrière et TK Cooper & Dahlia Black faire leurs adieux au public londonien, la PROGRESS Wrestling présentait le 14 mai dernier au Ritz de Manchester son Chapter 48 « Bang The Drum », deux semaines avant le très attendu tournoi Super Strong Style 16. Retour sur un show teinté en grande partie par la domination très contestable du clan British Strong Style.

Nathan Cruz et Morgan Webster se qualifient

C’est incontestablement l’un des événements majeurs de cette année en Grande-Bretagne : la troisième édition du Super Strong Style 16 est organisée en ce dernier week-end de mai du côté de Londres. Et si une grande majorité des seize participants a été annoncée sans qualification préalable, d’autres talents ont dû gagner leur place dans le tournoi. Lors de ce Chapter 48, deux matches de qualification étaient proposés et le premier opposait, en début de show, Morgan Webster à James Drake. Invaincu et en grande forme depuis son retour de blessure en février, « Flash » est parvenu à la presque surprise générale à surprendre son adversaire, qui restait sur une série impressionnante de cinq victoires consécutives depuis ses débuts à la PROGRESS. Dès le premier tour du tournoi, Webster aura fort à faire, puisqu’il affrontera Mark Haskins.

Éloigné des futilités de The Origin, Nathan Cruz a eu aucun mal à gagner lui aussi sa place dans le tournoi, en battant sans être véritablement inquiété (Rockstar) Spud en quelques minutes. L’ancien champion de la X-Division de la TNA signe lui un nouveau revers, avec une troisième défaite en autant de participations sur le ring de la PROGRESS. A 34 ans et du haut de son mètre soixante trois, il se fait à chaque fois remarquer par son courage et sa volonté de ne jamais abandonner – en multipliant par exemple les dégagements in-extremis – mais n’arrive jamais à imposer son style dans le ring. Dommage.

Jinny prête à devenir championne

Si tout le monde attend avec impatience le nom du vainqueur du Super Strong Style 16, le week-end du 28 mai marquera également l’histoire pour un autre événement. La première championne féminine de la PROGRESS sera couronnée, et le match en question sera même le main-event de la seconde nuit du tournoi. Pour rappel, Toni Storm affrontera dans un combat triple menace Laura Di Matteo et Jinny. Cette dernière a d’ailleurs préparé au mieux ce combat, qui s’annonce comme le plus important de sa carrière, en battant sans grande difficulté lors de ce Chapter 48 l’irlandaise « Session Moth » Martina. Difficile de définir une favorite pour le match de championnat, mais Jinny semble fortement en mesure de remporter l’or à la vue de ses dernières prestations.

A noter également la jolie victoire lors de ce show des Sweet Jesus, formés par « Pastor » William Eaver et Chuck Mambo, face aux London Riots.

De ce « Bang The Drum », on retiendra aussi une certaine évolution de l’environnement PROGRESS. On le voyait venir doucement depuis quelques shows, cela est désormais officiel : la fédération n’autorise plus ses talents à faire leur entrée sur une musique dont ils ne détiennent pas l’autorisation d’utilisation. Plus de Metallica ou de Bon Jovi. Ceci pour des questions de droits évidentes, et on peut-être y voir un indice quant à une possible diffusion future sur le WWE Network. On regrettera, c’est certain, la touche d’ambiance supplémentaire qui était mise quand un célèbre titre était joué, et encore plus quand il était repris en cœur et à tue-tête par les fans. La plupart des catcheurs feront désormais leur apparition sur une simple musique instrumentale… beaucoup moins sexy, et surtout beaucoup moins identifiable et personnel.

#CCK vient en découdre avec British Strong Style

Après avoir dominé en équipe Ringkampf lors du dernier Chapter, les trois membres de British Strong Style étaient ici en compétition solo. Et c’est Trent Seven qui a ouvert les hostilités face à un Travis Banks dont la popularité est exponentielle, et encore plus maintenant après sa séparation forcée avec TK Cooper et Dahlia Black le mois dernier. Partout où il passe, Banks séduit le public et offre à chaque fois une performance exceptionnelle, et ce combat n’a pas dérogé à la règle. Percutant et sans complaisance, il semblait tenir le match en main après un second souffle, mais c’était sans compter sans le vice de Seven qui a profité d’une erreur de son adversaire pour remporter l’affrontement sur un petit paquet, accompagné par la bronca du Ritz. Malgré cette défaite au goût amer, Banks semble en capacité pour aller loin dans le Super Strong Style 16, où il retrouvera dès le premier tour Jimmy Havoc. Des cœurs seront brisés.

Dans une affiche de rêve, Tyler Bate, faisait face à Matt Riddle, champion de la division Atlas et champion du monde WWN. Arrivée étonnante pour celui qui était encore détenteur du championnat WWE du Royaume-Uni, qui, plutôt habitué a harangué la foule, a débarqué tout sourire et visiblement sans une once de malhonnêteté. Quand même conspué par les fans, il a rapidement transformé cette bonne humeur en un joli moment de troll. Dans le ring, combat incroyable entre deux des catcheurs les plus chauds du moment. Ils n’ont peut-être pas le même gabarit, mais les forces physiques sembles comparables. Au grand dam de tout le monde, le match s’est terminé prématurément par disqualification, après que Trent Seven – porteur d’un survêtement NXT, histoire de faire monter la heat – soit venu s’en prendre à Riddle. Une habitude, qui en ajoute encore un peu plus à la frustration de ne pas voir British Strong Style gagner proprement depuis plusieurs shows et de les voir constamment pourrir les opportunités de leurs adversaires. Riddle a quitté le ring du Ritz en étant à peine épuisé, et on se languit déjà à l’idée de le voir affronter Bate une nouvelle fois, peut-être dès le Super Strong Style 16, puisqu’ils seront dans la même partie de tableau.

Énième exemple de frustration « Made In British Strong Syle » dans le main-event, où Pete Dunne défendait son titre PROGRESS dans un match triple menace face à Mark Haskins et Mark Andrews. Alors qu’Haskins était prêt à faire abandonner ses deux concurrents en même temps, Bate et Seven sont intervenus auprès de l’arbitre. Il n’en fallait pas plus au Bruiserweight pour profiter de cette distraction, en portant d’abord un Bitter End sur Andrews, avant de finir Haskins avec un Pedigree, quelques minutes après avoir porté une Regal Stretch. Tout un hommage dans son arsenal, ou pas. Très bon combat, déroulé à la vitesse de l’éclair, ce qui explique très probablement les quelques approximations dans certains enchaînements. Néanmoins, le résultat reste inchangé, et BSS parait être intouchable. Après le match, Riddle voulait même venir exprimer sa lassitude en distribuant des coups, mais il a rapidement été maîtrisé par Bate et Seven.

« PROGRESS Wrestling est à moi. Le divertissement sportif est à moi. L’Univers est à moi. Tout est à moi. Il ne reste plus personne à la PROGRESS qui peut me battre. » C’est ce qu’a déclaré Pete Dunne après son main-event, et force est de constater qu’il avait jusqu’alors raison : tout le monde s’était frotté à lui (et à ses acolytes), et personne n’avait réussi à le mettre à mal. MAIS. Dans une atmosphère surréaliste, Chris Brookes et Kid Lykos ont débarqué en fin de show et lui ont fait comprendre qu’il restait encore du monde à affronter pour British Strong Style. #CCK, l’une des équipes les plus hot du moment sur le circuit indépendant, a donc fait ses débuts à la PROGRESS… et on a imagine déjà un scénario où ils feraient face aux champions par équipe Tyler Bate et Trent Seven, tandis que leur bon vieil ami  Travis Banks s’occuperait de Pete Dunne.

PROGRESS Wrestling, Chapter 48 : « Bang The Drum » est disponible en vidéo à la demande sur Demand Progress.

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