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NJPW Dominion 6.11 à Osaka : Rien que pour vos yeux

NJPW

On connaissait Wrestle Kingdom et son avalanche de matchs fantastiques en clôture de l’évènement, et bien en cette année 2017 il faudra compter avec son petit frère estival Dominion comme candidat au show de l’année. Deux main-events extraordinaires, une undercard solide et une presse spécialisée dithyrambique sur cet évènement. Tout y était pour le plaisir des fans de puroresu.

Une undercard solide qui lance le show

Après un démarrage en douceur dans un match comprenant les cinq young lions (Oka, Kitamura, Yagi, Kawat & Umino) et David Finlay, on passe aux choses « sérieuses » avec un multiman tag avec le retour de Tiger Mask « Kota Ibushi » W. Ce dernier faisait équipe avec Tiger Mask IV, Yuji Nagata et Togi Makabe. Cette équipe faisait face à Manabu Nakanishi, Jushin Thunder Liger et l’équipe Tencozy composée de Satoshi Kojima et Hiroyoshi Tenzan. Suivant le schéma classique des tag-matchs NJPW, c’est Togi Makabe qui l’emporte mais on notera un Tige Mask W toujours remarquable avec des beaux échanges face à Satoshi Kojima.

Même si ce match ne faisait pas partie du de l’undercard à proprement parler, il s’agit d’un des rares matchs de la carte ne comptant pour aucune ceinture. Cody Rhodes rencontrait Michael Elgin. Ce match est surtout un rappel que le canadien est clairement sous utilisé à la New Japan, et qu’il reçoit une grosse réaction à chaque fois qu’il est en action en match simple. Même s’il n’y a rien d’infamant à endosser le rôle de « gatekeeper » et être celui à battre pour accéder au top de la fédération. Cody Rhodes quant à lui continue de livrer des matchs solides mais loin d’être époustouflants. Après sa victoire il mentionnera aux micros de Kevin Kelly et Don Callis son intention de challenger pour la ceinture d’Okada, ce qu’il fera lors du premier show à Long Beach en Californie que la NJPW donnera cet été.

Une division tag en status quo malgré les changements de titre

Alors qu’à Wrestle Kingdom, les Young Bucks avaient isolé Rocky Romero, ils ont cette fois-ci décidé de mettre toute leur attention sur Trent Baretta. Un vrai match livré dans la tradition des équipes du Sud des Etats-Unis des années 90 comme les Rock n’ Roll Express ou… The Revival avec lesquels ils sont en rivalité via les réseaux sociaux. Romero mangera notamment une powerbomb sur la rampe ce qui le tiendra un moment éloigné des débats. Le finish de ce match sera assez créatif avec Rocky Romero qui revient du diable vauvert porter un Strong Zero dont le compte de trois sera interrompu par une Swaton de Nicky Jackson. C’est avec une soumission que les Young Bucks regagnent leurs ceintures via le sharpshooter. Six Times like Michael Jordan comme ils disent.

Les ceintures Never Openweight Six-Men étaient aussi défendues dans un Gauntlet avec un melting-pot de tous les catcheurs des factions de la NJPW qui n’avaient rien à faire ce soir là : Bullet Club, Taguchi Japan (la faction star du moment), Suzuki-Gun et les Los Ingobernables de Japon. Après un premier acte assez moyen ou le CHAOS, et Bullet Club et Suzuki Gun se firent face, ces derniers se font éliminer par Taguchi Japan. Mais comme ils sont méchants, ils le prennent mal et Zach Sabre Junior décide de tordre Juice Robinson tel un Bretzel ce qui laisse son équipe bien mal en point au moment de faire face aux champions LIJ. Bien entendu, après être revenu un peu dans la partie, ils se prennent une volée (par Bushi de surcroit) et les champions gardent leur titre.

Pour finir avec les tags, War Machine se retrouvaient face à une autre équipe américaine, les Guerillas of Destiny dans un bon match de heavyweights. Il est clair qu’il y a une bonne alchimie entre ces quatre lutteurs, et le style de War Machine plait beaucoup au public japonais. En particulier Hanson qui vole dans tous les sens pour un « big man » de son genre. Malgré tout, il manque quelque chose à ce match pour passer la vitesse supérieure et il n’attendra pas le côté brut et violent des affrontements entre GOD et GBH de la fin d’année 2016. Tama Tonga et Tanga Roa reprennent les ceintures après avoir planté le crâne de leur adversaire dans le ring avec leur assisted DDT. Sympathique mais inoffensif.

La rédemption de KUSHIDA et l’éternel échec d’Hirooki Goto

Après son extraordinaire performance en finale de Best of Super Juniors face à Will Ospreay — qui lui a valu un cinq étoiles de la part de Dave Meltzer, KUSHIDA arrive ici pour effacer son humiliante défaite en deux minutes qu’il avait souffert face à Hiromu Takahashi  lors de Sakura Genesis il y a quelques mois. Hiromu entre sur la rampe en sautant tel Rey Mysterio avec l’allure et la démarche la plus cool du catch moderne. Le package personnage/attitude/in-ring d’Hiromu Takahashi est formidable et se place facilement dans le top du top du catch actuel. A tel point que malgré son statut de heel, le face KUSHIDA a bien du mal à rallier la foule derrière lui, cette dernière est comme attirée par ce personnage cool et atypique que joue à merveille Takahashi. D’autant plus que KUSHIDA (dont le costume a évolué) adopte un catch bien plus violent qu’à l’accoutumée, ce qui décontenance un peu sa base de fan.

On joue beaucoup autour de la sunset flip powerbomb dans ce match qui avait tant fait mal à Kushida dans les précédents affrontements. Malgré tous ces teases, le babyface finira par la manger dans une stupeur palpable. C’est malgré tout KUSHIDA qui l’emporte et qui parvient à combattre les huées qui accompagnaient son piétinage de face brutal avec un Back To The Future en guise de point d’excalamation. Super match de Juniors! BUSHI vient défier KUSHIDA après le match et se pose en prochain challenger pour venger son partenaire dans les LIJ et tenter de reproduire l’excellent match qu’ils avaient eu lors du Best of Super Juniors.

C’est le titre NEVER Openweight qui est défendu ensuite entre Hirooki Goto, le champion sortant et Minoru Suzuki, dans un Lumberjack Deathmatch. Bon, de Deathmatch il n’en est rien. Pas de barbelés ou de Néon comme la Big Japan, pas de mines explosives ou de cordes enflammées comme la FMW, juste de la bagarre. Le dernier Lumberjack match à la NJPW avait eu lieu entre Prince Devitt et Hiroshi Tanahashi en septembre 2013 dans une fédération qui n’utilise que très rarement les stipulations.

Autant le dire de suite, ce match n’a pas été bon. Quatre lumberjacks de chaque côté (4 de CHAOS, 4 de Suzuki-Gun) et un match d’un gros quart d’heure qui a vu chacun des protagonistes envoyer son adversaire valser dans ses propres bucherons sur les côtés. Ces bagarres semblaient excessivement pré-fabriquées et tout sauf naturelles. Taichi intervient pour donner la victoire au leader du Suzuki-Gun avec un coup de chaise dans la tête comme on déteste les voir. A oublier pour ce titre NEVER qui nous a habitué à mieux.

Deux Main-Events à couper le souffle

Comme lors de Wrestle Kingdom XI, les deux matchs clôturant le show comprenaient les quatre plus grosses stars du roster actuel de la NJPW (excepté Billy Gunn… hahaha) : Tetsuya Naito, Hiroshi Tanahashi, Kenny Omega et Kazuchika Okada. Ces matchs, respectivement pour les ceintures Intercontinentales et IWGP ont été absolument excellents. Commençons par le combat entre Tetsuya Naito et Hiroshi Tanahashi avec comme histoire en filigrane le fait que Tanahashi, las de voir Naito manquer de respect à la ceinture blanche au point d’en briser le plaques, souhaitait venger sa défaite lors de Wrestle Kingdom et redonner le lustre d’antan au titre Intercontinental. Le match aura des vraies allures de baston, de vraie rivalité acerbe dans une superbe ambiance dans ce Osaka Jo-Hall ou Naito est à chaque fois copieusement conspué.

Naito travaille le bras de Tanahashi alors que ce dernier s’attaque au genou de Naito, et on notera quelques gestes de l’Ace qui applique même un ground and pound et crache sur Naito au sol. Dans un hommage à celui qui a « fait » cette ceinture, il fera le signe de mains distinctif de Shinsuke Nakamura avant d’appliquer le High Fly Flow. mais c’est avec un Texas Cloverleaf qu’il fait abandonner le leader des Los Ingobernables de Japon, redevenant champion Intercontinental plus de trois ans après son dernier règne et file vers le challenger de sa vie pour défier Billy Gunn dans un choc de titan à Long beach en Juillet. (fin de la plaisanterie) De son côté Tetstuya Naito a le champ libre soit vers le titre IWGP, soit vers le G1.

Et pour finir le remake du « six stars match » entre Kazuchika Okada et Kenny Omega. Kenny Omega parviendra-t-il à battre le champion indéboulonnable ou Okada scellera son règne en infligeant une deuxième défaite à Omega en six mois. Kenny Omega résussira-t-il enfin à porter son One Winged Angel sur un Kazuchika Okada qui remporte tous ses challenges mais qui se rapproche de plus en plus du point de rupture? N’y allons pas par  quatre chemins (même si les avis sont partagés), ce match était de qualité équivalente à celui du 4 janvier, c’est à dire extraordinaire. Dave Meltzer lui donnera 6 étoiles 1/4, ce qui est une notation absolument ridicule sur laquelle il ne faut pas s’attarder, mais cela donne une idée du manque de superlatifs pour qualifier ce match.

Car les deux catcheurs ont tout donné et c’est un match nul de soixante minutes qu’ils nous ont livrés. Omega dégustant pas moins de cinq Rainmakers, et Okada réussissant à survivre à un One Winged Angel administré trop près des cordes, c’était un match éprouvant que les deux nouveaux Ace de la New Japan ont délivré. Alors qu’Okada était en train de véritablement punir Omega, Cody Rhodes — futur adversaire d’Okada à Long Beach… des tensions dans le Bullet Club? — arrive aux abords du ring pour jeter l’éponge et arrêter le match, mais les Young Bucks l’en empêchent, ce qui permettra à Omega de reprendre son souffle en entamer une remontée fantastique. Malgré tout Okada lui chatouillera la mâchoire dans les trente dernières secondes du chronomètre avec un Rainmaker si dévastateur qu’il ne pourra même pas parvenir à ramper jusqu’au canadien pour le couvrir à temps. On a hâte de vivre le troisième volet de la trilogie.

Pour résumer ce Dominion est un vrai concurrent à Wrestle Kingdom XI pour le titre de show de l’année avec simplement un mauvais match, une bonne somme de matches au moins divertissants au milieu de la carte et deux main-events de qualité exceptionnelle. Le run que vis actuellement la NJPW est un des ces runs pour une fédération qui n’arrive que très rarement et qui est à comparer avec celui de la All-Japan des années 1990.

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