Top 200

Top 200, de 35 à 31 : Le début d’une nouvelle ère

WWE

Un épisode important car il marque le début des cinq étoiles. C’est en effet à partir de ce numéro que vont s’enchainer 33 matchs à cinq étoiles pour le Wrestling Observer. Comme on peut s’y attendre il n’y a que des matchs symboliques avec Undertaker contre Shawn Michaels, KENTA contre Bryan Danielson et le match qui a lancé la plus grande période du puroresu avec Misawa contre Tsuruta. Amusez vous bien à regarder ça car ce sont des tranches d’histoire.

#35 Shawn Michaels contre The Undertaker

5 avril 2009 : WrestleMania XXV à Houston (Texas)

Le prédécesseur de la revanche de WrestleMania XXVI que nous avons vu il y a quelques semaines. Depuis cinq ans et WrestleMania XX, la WWE commence à markéter la streak comme une statistique prenant de plus en plus d’ampleur. Après Kane à WrestleMania XX pour son retour en Deadman, il survit à un RKO à WrestleMania XXI, ne bat Mark Henry à WrestleMania XXII que grâce au fait que ça soit un Casket Match, vient à bout de l’arsenal entier de Batista à XXIII et surmonte l’obstacle Edge à WrestleMania XXIV et sa myriade d’obstacles (Vicky, les ref bumps…). A chaque WrestleMania le Streak est de plus en plus important et mis en avant.

Du côté de Shawn Michaels, il se pose ici en Showstopper, en Mr WrestleMania, en G.OA.T. Bref, le test ultime pour le Deadman, le challenge qui va soit terminer sa légende ou la cémenter. Shawn Michaels a alors passé la dernière année en rivalité contre Chris Jericho (avec en particulier un excellent match à No Mercy que nous avons vu dans ce numéro du classement) et aussi face à JBL pour une storyline des plus improbables. Le Heart Break Kid arrive ici en blanc, comme l’antithèse de l’Undertaker, le Paradis face à l’Enfer, les cieux face aux ténèbres… Enfin bref, le père Michaels arrive encore une fois à nous faire manger sa néo-chrétienté pour s’absoudre publiquement une nouvelle fois de son passé, et c’est bien légitime.

Le match commence avec Michels qui envoie des atémis sur le Taker rien que pour l’énerver. Car elle est là la trame du match, Shawn a rusé tout du long car il va user des pires tactiques, prouvant qu’il est un heel tout ce qu’il y a de plus parfait. Il feint une blessure comme celle qui avait démarré sa rivalité contre Chris Jericho, il essaie de gagner par décompte à l’extérieur… Parlons-en de ce moment, car c’est à ce moment ou Shawn est sensé pousser le caméraman — qui n’est autre que le fils de Jimmy Snuka, clin d’oeil au premier match du Taker à Mania et aussi au premier Hell in a Cell entre les deux adversaires du soir — mais ce dernier est quelques centimètres trop court et ne peut rattraper l’Undertaker correctement sur sa plancha et ce dernier retombe sur la tête, spot effrayant. Après des dizaines de contres, ni le Chokeslam, ni le Hell’s Gate, ni le Crossface, ni le Last Ride, ni aucun des Sweet Chin Music ne mettront aucun des adversaires au tapis. Mais à l’aide d’un super contre de la troisième corde, Taker administre un dernier Tombstone qui envoie Shawn Michels dormir. Encore un excellent match de la trilogie Undertaker contre HBK.

Note WON : ****3/4 – Note Cagematch : 9.73

#34 KENTA contre Bryan Danielson (c) pour le titre de champion du monde Poids-Lourds de la Ring of Honor

16 septembre 2006 : Glory By Honor V deuxième journée à New York City (New York)

Bataille hautement symbolique ici entre celui qui est à ce moment considéré comme le meilleur catcheur américain — et probablement de la planète — et l’étoile montante de la NOAH et considéré comme l’héritier de Mitsuharu Misawa et Kenta Kobashi. La Ring of Honor avait alors en 2006 une relation de travail avec la NOAH et on pouvait y voir pas mal de catcheurs faire des allers-retours entre les promotions, et on a pu voir à cette occasion des stars comme Misawa, Noamichi Marufuji, Kenta Kobashi, Mohamed Yone et bien entendu Takeshi Morishima sur les rings de la fédération de Baltimore.

Tout est réuni ce soir là pour qu’un des plus grands matchs de l’histoire du catch. L’entrée de Bryan Danielson dans une salle reprenant de manière assourdissante « The Final Countdown » est épique. Ce dernier arrive ici blessé à l’épaule et KENTA a l’avantage psychologique après avoir déjà porté deux GTS à Danielson cette année dans des matchs par équipe ou des matchs ne comptant pas pour le titre. Le public A-DO-RE les deux catcheurs et KENTA est ici l’archétype du catcheur japonais arrogant qui refuse l’autorité des vétérans ou des champions. Un personnage qu’on aimerait d’ailleurs voir à NXT.

Ce combat de plus d’une demi-heure est un vrai modèle de catch moderne. Rapide, précis, stiff, structuré, il est un modèle de psychologie avec un énorme travail de KENTA sur l’épaule endolorie de Danielson afin de rendre ses tentatives de soumission plus difficiles. Le clash de style est parlant entre le technicien et le striker, mais les styles sont aussi tellement complémentaires. Les dix dernières minutes sont tellement magnifiques car elles reprennent tout ce qui fait que ces deux catcheurs sont certainement les meilleurs de leur décennie sur leurs scènes respectives. Le match est très disputé et bien que ça en soit pas un « kickout », Danielson réchappe du GTS au prix d’un pied sur la corde. KENTA s’avoue vaincu après une longue lutte de plusieurs minutes dans la Cattle Mutilation entrecoupée de coups de coudes. Brutal. Stiff. Eprouvant. Physique. Mais diablement jouissif.

Note WON : ****3/4 – Note Cagematch : 9.77


Etape importante dans ce classement. A partir du match suivant, nous ‘avons plus droit qu’à des « 5 stars » de la part du Wrestling Observer. Ce seront donc trente-trois matches ayant reçu la note emblématique de la part du journaliste de catch le plus connu Dave Meltzer que nous allons voir à présent.


#33 Mitsuharu Misawa contre Jumbo Tsuruta

08 Juin 1990 : AJPW SUpe Power Series 1990 à Tokyo (Japon)

Le match charnière de la All-Japan qui l’a fait basculé dans l’ère des quatre Piliers (Misawa, Taue, Kobashi et Kawada). Misawa arrive ici âgé juste de 22 ans avec deux jeunes poulains à ses côtés nommés Tohiaki Kawada et Kenta Kobashi afin de défier le monstre sacré du puroresu et de la All-Japan Jumbo Tsuruta. Le match n’est pour aucun titre car la ceinture Triple Crown est aux mains de Terry Gordy qui fait face (et perd) ce soir là à Stan Hansen. Mais c’est bel et bien ce match qui sera la main-event devant un Budokan très chaud pour le jeune Misawa qui ne cesse de grimper.

Ce match a pour but d’élever Misawa au rang de challenger crédible pour le Triple Crown en lui mettant au même niveau que l’autre lutteur japonais au top de la fédération. La All-Japan (et les autres promotions japonaises) avait une manière implicite de séparer ses catcheurs entre « Native » (japonais) et « Gaijin » (non-japonais) et gravir les rangs fictionnels de la fédération se faisait en battant des figures légendaires comme Tsuruta, Hansen ou Steve Williams. On notera que ses comparses Kawada et Kobashi subissent le même traitement ce soir là en faisant face à respectivement Bam Bam Bigelow et Dr Death Steve Williams.

Le début de match est intense et montre immédiatement que Misawa n’est pas venu uniquement pour la « mark picture » avec Tsuruta. Il le gifle, le repousse, lui manque ouvertemment de respect. Cette attitude de rejet du respect du aux vétérans est semblable à celle de KENTA plus tard à la NOAH. La légende veut que la décision de faire gagner Misawa a été prise quelques minutes avant le show par Giant Baba (alors impressionné par les chants MI-SA-WA qui résonnait avant l’évènement), et que Tsuruta n’y cru pas et envoya son « sempai » demander à Baba si la défaite aurait lieu par disqualification tant il ne pouvait y croire. Une autre légende encore plus belle veut que ce fûrent Misawa et Tsuruta eux-mêmes qui décidèrent de changer le finish après avoir entendu la réaction de la foule en faveur de Misawa. C’est peu probable mais crédible quand on voit la réaction de surprise sur le visage de Misawa après que l’arbitre compte trois sur le backslide concluant une des fins de matchs les plus incroyables jamais vues. Un des matchs les plus importants du catch moderne qui lançant la All-Japan dans sa période la plus lucrative et immense en terme de popularité.

Note WON : *****Note Cagematch : 9.28

#32 Dynamite Kid contre Tiger Mask I pour le titre WWF Junior Heavyweight

21 Avril 1983 : NJPW Big Fight Series II à Tokyo (Japon)

Le premier « 5 stars » de l’histoire du catch donné par Dave Meltzer. Il s’agit du match certainement le plus en avance sur son temps, c’est incroyable de regarder ce match et se dire que nous en sommes qu’en 1983. Les deux catcheurs sont en rivalité depuis plus d’un an, et Dynamite Kid est définitivement en colère. En 1982 les deux catcheurs s’affrontent quatre fois pour le titre WWF Junior Heavyweight et à chaque fois Tiger Mask l’emporte. Dynamite Kid possède un physique incroyable pour un junior, c’est assez important pour le noter, et c’est surement ce qui lui a permis d’apparaitre à la WWF malgré sa « petite » taille.

L’atmosphère est bouillante pour ce match. A ce moment le titre WWF Junior Heavyweight est vacant (pour l’anecdote, bien que le titre soit de la WWF, la fédération de Standford se fiche complètement de cette ceinture), et ce match compte pour ce championnat. Dynamite Kid est surmotivé par ses échecs passés et est prêt à utiliser toutes les tactiques possibles. Ca sera un match violent et très disputé.

Et le début de match est tonitruant malgré les tentatives de Dynamite Kid de ralentir le tout. On ne peut s’empécher de penser au match Ricochet contre Will Ospreay (que nous avons vu en début de classement) et de se dire que ce style de catch rapide, aérien et presque chorégraphié a toujours existé. Malgré tout, ce match est aussi très violent, avec des dives terriblement suicidaires de Tiger Mask. Après justement un de ses premiers plongeons il se blesse et le match doit être interrompu. A la suite d’une nouvelle interruption, Dynamite Kid tente de s’en prendre à son adversaire avec un bouteille, file un coup de boule à l’arbitre mais sans qu’aucun ne soit disqualifiés. Alors que le match reprend dans un rythme incroyablement intense, les deux catcheurs se font compter à l’extérieur après s’être échangé des tombstone piledrivers à l’extérieur du ring. Un match qui a literallement défini le style Junior Heavyweight.

Note WON : *****Note Cagematch : 9.3

#31 Stan Hansen contre Kenta Kobashi

29 Juillet 1993 : AJPW Summer Action Series 1993 à Tokyo (Japon)

A la manière de Misawa contre Tsuruta que nous avons vu un peu plus haut, nous sommes ici encore dans une configuration de vétéran contre le jeune qui monte, avec Kobashi encore dans sa période « slip couleur saumon ». Les deux catcheurs s’étaient déjà rencontrés au mois d’avril de cette année 1993 lors du Champions Carnival pour une bonne bagarre de 25 minutes. Hansen est bien plus haut que Kobashi dans le classement fictif de la All-Japan car il est l’ancien champion Triple Crown (il avait perdu cette ceinture le mois précédent face à Mitsuharu Misawa).

En ce qui concerne Kenta « Orange Crush » Kobashi, il ne  touchera le titre Triple Crown que trois ans plus tard quand il battra Akira Taue. Kobashi en cette année 1993 est encore partagé entre début de sa carrière en match simple et les matchs en équipe avec Mitsuharu Misawa. C’est justement avec cette équipe que Kobashi gagnera le Real World tag League plus tard dans l’année 1993 (avec au passage un match nul de 30 minutes contre Stan Hansen et Giant Baba). A l’inverse du match entre Misawa et Tsuruta que nous avons vu auparavant, Kobashi va ici apparaitre plus fort dans la défaite que s’il avait gagné.

Et quelle baston! Kobashi attaque d’entrée Hansen en ne le laissant jamais respirer. Des baffes, du brawling à l’extérieur, des projections direcetment sur le sol, Hansen prenant même une souplesse (ce qui n’arrive pas très souvent à la All-Japan et qui procure une belle pop), on s’amuse dans les cinq premières minutes et Kobashi est déterminé. Ce qui rend ce match formidable c’est qu’on dirait réellement une vraie bagarre, rien ne semble chorégraphié ou collaboratif entre les deux, on retrouve vraiment l’aspect de combat simulé qui manque parfois au catch moderne. Bien entendu Hansen reprendra le contrôle plus tard dans le match et ses offesives sont brutales avec ses coups de coudes, ses atémis… Après que Kobashi ait tenté une autre technique en enchainant les roll-up, les cradles pins et autres tentatives de tombés trop rapides pour Hansen, il tente d’amener son adversaire sur des terrains encore plus dangereux en l’asseyant sur la troisième corde, mais Hansen glisse en dehors de cette position et lui décoche un Lariat à reveiller un arbre généalogique entier et c’est fini pour Kobashi, dont la performance accroitra grandement sa crédibilité.

Note WON : *****Note Cagematch : 9.3

Plus on avance et plus en prend plein les yeux. On fera fort la semaine prochaine en terme d’éclectisme avec de l’indy récent, du vieux catch américain et aussi des Juniors japonais des années 1990. La semaine prochaine sera aussi le premier épisode entièrement composé de matchs à cinq étoiles!

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