Top 200

Top 200, de 15 à 11 : CM Punk et l’armée de la New Japan

WWE

Dernier épisode à cinq matches, et pour certains matches c’est un peu dommage car ils auraient mérité un article pour eux seuls. Cette semaine ce seront deux matchs de CM Punk que nous verrons avec notamment un match d’une heure, ce qui prouve que malgré ses limites au niveau physique et coordination, CM Punk avait une science de la psychologie du catch sans pareille. Nous aurons trois énormes main-events de la New Japan avec Okada, Tanahashi et toute la compagnie.

#15 CM Punk contre Samoa Joe (c) pour le titre de champion du monde de la Ring of Honor

16 octobre 2004 : ROH Joe vs. Punk II à Chicago Ridge (Illinois)


La revanche de l’excellent match nul d’une heure que les deux « pères » de la Ring of Honor avaient eu au mois de juin à ROH World Title Classic. A cette époque, la Ring of Honor se base sur plusieurs catcheurs qui vont cémenter la légende de la fédération : Samoa Joe, CM Punk, Christopher Daniels, Brian Danielson, Low-Ki et AJ Styles. A ce titre cet affrontement représente la possibilité de voir le titre passer d’une figure emblématique à une autre, et qui plus est à Chicago, la ville natale de CM Punk. A l’origine, Samoa Joe devait affronter Steve Corino ce soir là, mais Corino a du annuler sa participation deux semaines avant, et Gabe Sapolsky décida alors d’organiser la revanche entre les deux catcheurs.

Cette fois-ci, CM Punk arrive avec deux avantages : il a l’appui de son public et il a un plan. Il décide de garder le combat au sol et de ne pas laisser le match devenir une grosse bagarre. Les commentateurs mettent en valeur le fait que Punk soit aussi un catcheur accompli, ce qui est assez drôle en fait quand on sait à quel point il peut être imprécis et maladroit par moment. Samoa Joe était champion depuis un an et demi après avoir battu Xavier en Mars 2003 et démontait absolument tout le monde dans les matchs pour le titre : Paul London, AJ Styles, Homicide… Mais Punk parvint en Juin à lui tenir la dragée haute, ce qui fait que le public croit à 200% que Punk peut prendre le titre ce soir.

Dans le premier tiers du combat, CM Punk arrive à garder Samoa Joe au sol et par moment le surcalsse en terme de lutte pure, avec un bon nombre de collier de tête et des arm drags, qui sont des références à Ricky Steamboat qui était apparu à la ROH pendant cette période. Après près d’une demi-heure, Samoa Joe parvient à mettre un peu plus de violence dans ce match avec notamment un backdrop sur le sol (sans protection!) et le match s’emballe. Les dernères vingt minutes sont folles et les commentateus quittent la cabine pour rejoindre Mick Foley dans le public. Les deux adversaires s’envoient chacun d’énormes prises à forts impacts : powerslam, pepsi twist, superplex… Les deux dernières minutes sont extraordinaires, les deux catcheurs sont sur la troisième corde et c’est la bataille du Muscle Buster contre le Pepsi Plunge, alors qu’il reste trois secondes, Joe parvient à porter le Muscle Buster de la deuxième corde mais la cloche sonne pour conlure un deuxième 60-minutes Broadway entre les deux catcheurs. Gabe Sapolsky bookera un troisème match en décembre que Samoa Joe gagnera (hors de question de mettre fin au règne de Joe face à un catcheur déjà établi), et ce dernier perdra la ceinture trois semaines après face à Austin Aries sous une énorme pop.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.62

#14 Hiroshi Tanahashi (c) contre Minoru Suzuki pour le titre de champion Poids-Lourds IWGP de la New Japan pro-Wrestling

8 octobre 2012 : NJPW King of Pro Wrestling à Tokyo (Japon)

Tanahashi est ici au top du top de sa popularité après avoir récupéré son titre au mois de juin face à Kazuchika Okada. Okada avait mis fin à un règne de plus d’un an d’Hiroshi Tanahashi après avoir effectué son retour à la New Japan et son excursion immonde à la TNA. C’est à ce moment que Tanahashi prend des allures de rock star capable de transcender la New Japan et lui faire passer un niveau, à ce titre les comparaisons entre Tanahashi et John Cena commencent à fuser. Il faut dire qu’en 2011 et 2012, Tanahashi bat absolument tout le monde, truste la ceinture de champion du monde, est le babyface adoré et prend les devants dans l’exposition de la fédération japonaise.

En ce qui concerne Minoru Suzuki, il a battu Tanahashi lors du G1 et avait surtout participé au main-event de Wrestle Kingdom VI en Janvier face à… Hiroshi Tanahashi, match qui s’était soldé par une défaite dans un très bon match (qautre étoiles chez Big Dave). Minoru Suzuki était déjà chef du clan Suzuki-Gun après avoir pris les commandes du Kojima-Gun en Janvier 2010 et marchait sur la plupart de ses adversaires. Lors du G1, malgré sa victoire sur Tanahashi, il finit deuxième de son groupe, la faute à une défaite contre Yuji Nagata lors de la denrière journée et c’est Shinsuke Nakamura qui remporta ce bloc.

Enorme ambiance dans ce match avec cette superbe musqiue d’entrée pour Minoru Suzuki et une foule vraiment partagée. Là où Hiroshi Tanahashi est un catcheur magnifique est qu’il sait parfaitement lire les réactions de la foule et réagir en fonction. Dès le début du match il se moque ouvertement de la poire de Minoru Suzuki en jouant de la air guitar sur sa bedaine pendant une abdominal stretch et haranguant la foule derrière sous les huées. Le match ensuite tourne autour de deux soumissions, la figure four de Tanahashi et le sleeper hold de Suzuki. Fait notable, il n’y aura qu’une seule tentative de tombé dans ce match : le tombé final. Toute la beauté du match repose sur les combats pour se sortir des soumissions et l’extrème physicalité entre les deux catcheurs. Après avoir pris des dizaines de gifles dans les gencives et vu son visage de rockstar rougir, Tanahashi revient d’entre les morts et porte son High Fly Flow pour la victoire.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.63

#13 Kazuchika Okada (c) contre Hiroshi Tanahashi pour le titre de champion Poids-Lourds IWGP de la New Japan pro-Wrestling

14 octobre 2013 : King of Pro Wrestling 2013 à Tokyo (Japon)

Un nouvel épisode de la rivalité entre Kazuchika Okada et Hiroshi Tanahashi avec le sixième affrontement (si on ne compte pas celui de 2010 quand Okada était un Young Lion) alors que les deux adversaires se tiennent à deux victoires chacun et un match nul. Après leur affrontement à Invasion Attack au mois d’avril (que nous verrons plus tard dans ce classement), les deux catcheurs se retrouvent à l’aurée de Wrestle Kingdom ou Tanahashi chipera la place de main-eventer à Okada, la faute à un adversaire plus prestigieux et un vote du public en faveur de Tanahashi contre Nakamura pour le titre Intercontinental, en lieu et place d’Okada contre Naito (vainqueur du G1 Climax 23).

La tâche est difficile pour Tanahashi et Okada de suivre le match ayant eu lieu six mois auparavant tant il est regardé comme un des matchs charnière de la nouvelle ère de la NJPW. Tanahashi sortait d’une défaite en finale du G1 Climax face à Tetsuya Naito et ce match représentait sa dernière possibilité de faire partie du main-event de Wrestle Kingdom. Okada quant à lui avait connu un G1 très moyen avec des défaites face à Prince Devitt, Satoshi Kojima et simplement neuf points. Alors que les deux adversaires du soir se trouvaient dans le même groupe, ils se rencontrent pour l’avant dernier match du groupe pour un match nul de 30 minutes, ce qui empêchera Tanahashi de pouvoir décemment réclamer un match pour le titre. Donc en plus d’être champion et de faire un tournoi pourri, Okada empêche Tanahashi de légitimement réclamer son match pour le titre. Il lui accordera quand même en grand seigneur.

A la manière du match précédent face à Minoru Suzuki, on voit dans le début de mach le Tanahashi arrogant et presque heel qu’on ne voit que trop rarement, feignant une blessure et jouant de la Air Guitar quand il parvient à renverser la tendance avec cette tactique de heel. Tanahashi met les gaz dès le départs et on sent l’urgence dans ce combat avec un Rainmaker dès le premier quart d’heure, mais Okada ne peut couvrir son adversaire la faute à un gros travail du Ace sur le bras du Rainmaker. Le travail sur le bras de la part de Tanahashi est un fil conducteur de la première partie du combat avant que les deux catcheurs ne commecent à s’envoyer des bombes dans la figure et s’échanger des prises improbables comme deux High Fly Flow (dont un vers l’extérieur) et un Tombstone à l’extérieur du ring. Tanahashi envoie même un Rainmaker lui-même mais son High Fly Flow final recontre les genoux d’Okada. Après multiples contres et renversements, Tanahashi mange un Rainmaker final dans les dents et Okada s’envole vers le main-event de Wrestle Kingdom… Du moins on le pense à ce moment.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.66

#12 Kazuchika Okada contre Tomohiro Ishii

6 aout 2016 : 13ème journé du G1 Climax 26 à Osaka (Japon)

Terrible affrontement entre membres de la même faction du CHAOS. Kazuchika Okada était en pleine transition vers la position du nouvel Ace de la compagnie, et Ishii de son côté est toujours cantonné dans la division NEVER ou tag-team. Le problème et l’avantage de Tomohiro Ishii est qu’autant offensivement que défensivement, tout ce qu’il fait est graphiquement parfait, mais son manque de personnalité lui barrera toujours la route de l’echelon au dessus. Mais sur un match, il peut battre n’importe qui et paraitre comme le meilleur catcheur de la planète.

En ce qui concerne Kazuchika Okada, après avoir battu Hiroshi Tanahashi à Wrestle Kingdom X (un match que nous verrons plus tard) et enfin terminé cette rivalité longue de presque quatre ans face à l’ancien Ace, il aborde ce G1 comme le nouveau visage de la New Japan, le visage qui va solidifier la fédération au top du paysage catchesque Japonais. Malgré tout, il y a énormément de frustration chez Okada lors de ce G1, car malgré un départ catastrophique avec trois défaites de rang, c’est très souvent son ancien rival Tanahashi qui reçoit les honneurs du main-event. Cette place de main-eventer malgré les défaites lui permet un regain de forme pour une remontée fantastique, et c’est la confiance d’Okada qui s’effrite. Les deux catcheurs finiront par s’affronter le soir de la dernière journée de ce bloc dans un match que nous avons déjà vu il y a plusieurs semaines.

Okada aborde le match tranquillement avec son habituelle petite tape sur le torse d’Ishii quand ce dernier se retrouve dans les cordes… Et visiblement cela lui plait moyennement car il le démolit immédiatement avec un lariat d’une puissance à reveiller un mammouth, et suite au compte de 2.5, tente tout de suite le brainbuster. Après avoir essuyé les suées de ce début de match inattendu et fort violent, Okada tente de ralentir le match pour mieux le controler, mais Ishii ne se laisse pas prendre au jeu. Atémi après atémi, gifle après gifle, tout y passe pour le Stone Pitbull, et il lui administre même le dropkick cher à Okada. Après avoir contré deux Rainmakers et assené un violent coup de boule à la troisème tentative, il envoie encore Okada ramasser ses dents avec des Lariats, et ce dernier mord la poussière après un Brainbuster formidablement bien exécuté. Okada fait ici un formidable travail pour élever le temps d’un match un midcarder vers le statut de main-eventer. Un des matchs de l’année 2016.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.66

#11 CM Punk contre John Cena (c) pour le titre de champion du monde de la WWE

17 juillet 2011 : Money in the Bank 2011 à Rosemont (Illinois)

20 Juin 2011 à Raw, CM Punk bat Alberto Del Rio et Rey Mysterio dans un Triple Threat Match pour devenir le premier aspirant au titre de la WWE détenu par John « Superman » Cena, alors au top de son impopularité après des fans de la WWE. A cette époque, la WWE n’est plus cool du tout avec son approche très PG-13. Les rumeurs vont bon train sur l’insatisfaction de CM Punk et la fin proche de son contrat (son contrat prenait réellement fin le 15 juillet, et il signa une extension de deux jours pour pouvoir contractuellement catcher lors de ce Pay-Per-View). A quel degré un départ de Punk était-il probable réellement? Cela fait partie de la légende du catch. Le fait est qu’il a signé son nouveau contrat deux heures avant ce match. La stipulation était que John cena devait gagner sous peine d’être renvoyé, et que CM Punk quitterait la fédération avec (ou sans) la ceinture après ce match.

Deux semaines avant ce match, CM Punk produit alors la promo de le décennie avec sa fameuse Pipebomb, accroupi sur la rampe d’entrée, régurgitant alors sa pensée et celle de bon nombre de fans malgré une tournure heel dans son discours, menaçant même de défendre le titre à la New-Japan (alors seulement l’ombre de ce qu’elle est maintenant) ou la ROH. A ce titre cette promo ressemble fortement à celle qu’il a produite lors du premier Summer of Punk en 2005. C’est aussi après cette promo et son premier vrai heel turn qu’il avait déssiné les contours du CM Punk de la WWE en 2011, avec notamment le thème « Cult of Personnality » de Living Colour. Il y a ici la lutte entre John cena, le pur produit WWE lisse au possible et super man top-babyface ami des enfants, et CM Punk le tatoué idole de l’Indie, abrasif, dérangeant et rebelle auquel la WWE n’aurait accordé aucun regard il y a dix ans. L’entrée de CM Punk dans sa ville natale (qui chantait son nom à pleins poumons dès les premières minutes du PPV) est une de ces entrées mémorables rarement dupliquées, surtout quand on la compare avec la tonne d’huées que Cena prend à son apparition.

Le match en lui-même mérite-t-il cinq étoiles? Surement pas, CM Punk est CM Punk, et à ce titre il est un peu maladroit, manque de précision et certaines prises auraient mérité un peu plus d’application, mais le charme de CM Punk et de son personnage font que toutes les pièces du puzzle tombent en place comme par magie grâce à l’alchimie entre lui et le public. Car à n’en pas douter, le public et l’ambiance sont des pièces incroyablement importantes de ce match. A la manière d’une équipe de football poussée par son public, CM Punk survit à un John Cena et ses « Five Moves of Doom » qui se relève de tout ce que Punk lui envoie . Aux abors du ring les amis de CM Punk et catcheurs de la ROH Ace Steel et Colt Cabana jouent magnifiquement leur rôle en invectivant John Cena au possible. Une ambiance fantastique jusqu’à ce que Vince MacMahon et John Laurinatis (qui n’avait encore qu’un rôle très succinct devant les caméras) arrivent pour une méga-réaction négative.

Quand Vince envoie son sbire sonner la cloche à la manière des Survivor Series 1997, Cena interrompt son STF pour faire ravaler ses dents à celui qui deviendra son beau-père quelques années plus tard. CM Punk le cueille à froid à son retour dans le ring avec un GTS pour la victoire dans une ambiance formidable et une pop assourdissante. Après un cash-in raté d’Alberto Del Rio, Punk s’enfuie avec un baiser mythique envers un Vince McMahon vert de rage. Ce moment fantastique de l’histoire restera gravé dans l’histoire dans ce qui aurait du être un moment charnière de la WWE et refaire de cette dernière un produit « cool » aux yeux du grand public. Ce PPV et son main-event audacieux feront un score correct au niveau audience, mais le retour précipité de Punk deux semaines plus tard feront vite retomber le soufflet qui avait fait s’embraser les espérances des fans de catch à la recherche d’un produit représentant un vent nouveau. Il n’empêche qu’au niveau ambiance, psychologie et drame, ce match est surement le sommet de la WWE de ces 15 dernières années.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.67

C’est terminé pour cette semaine! La semaine prochaine verra le commencement du top 10, ce qui veut dire que nous en verrons qu’un seul match par semaine. Et pour bien faire, il s’agira du dernier match par équipe de ce classement avec un voyage à Tokyo et dans les années 90.

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