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L’histoire de Rita Marie, la (vraie) première femme arbitre de la WWE

WWE (capture d'écran)

Il y a quelques jours la WWE se félicitait d’avoir engagé Jessika Carr, qui officiera à la WWE et fera ses débuts télévisés lors du tournoi féminin le Mae Young Classic. Un évènement important pour la compagnie de Stamford qui la présente comme la première femme arbitre à plein temps. Mais il se trouve que dans les années 1980 la WWE, à l’époque où elle s’appelait encore la WWF, avait déjà employé une femme en tant qu’arbitre à plein temps. Sauf que les choses ne se sont pas très bien terminées.

C’est en 1985 que Rita Chatterton, travaillant sous le nom de Rita Marie, foule pour la première fois un ring de la WWF avec une chemise bleue et un noeud papillon, tenue officielle de l’arbitre à l’époque. Elle y travaillera pendant deux ans, avant de disparaitre en 1987 virée par la WWF, officiellement pour « incompétence ».

Mais en avril 1992 Rita Chatterton réapparait et donne une interview dans une émission de télévision intitulée « Now It Can Be Told » de Geraldo Riviera. Avec comme titre « Wrestling’s Ring Of Vice » qui peut être traduit par « Le ring de catch et du vice », les bases sont posées. Dans cette émission l’ancienne arbitre de la WWF révèle que Vince McMahon lui a fait des avances quand celle-ci est venue demander à participer à plus de matchs. Avances qu’elle refusera avant d’être virée par la compagnie en 1986 selon l’émission, bien que des traces de son travail en tant qu’arbitre prouve qu’elle y a arbitré des matchs en 1987.

Plusieurs mois plus tard, en février 1993, Vince McMahon portera l’affaire en justice. Il attaquera non seulement Geraldo Riviera et Rita Chatterton, mais aussi un catcheur de l’époque, David Shults, de tentative d’extorsion. David Shults est un ancien catcheur connu à l’époque sous le nom de « Doctor D » et qui a été viré de la WWF après avoir giflé John Stossel, un journaliste de la chaîne d’information américaine ABC News qui lui avait demandé si le catch était truqué. Selon McMahon, Rita Chatterton et David Shults lui ont demandé 5 millions de dollars en échange de leur silence. Linda McMahon ajoutera à l’affaire une plainte pour la « sévère détresse émotionnelle » qu’a engendré cette affaire et réclame un million de dollars pour le tort causé.

En tant que conséquence directe et immédiate des blessures de son mari, la requérante Mme McMahon s’est vu privée de la compagnie de Vincent K. McMahon, son affection et son soutien moral. De plus, Mme McMahon a également souffert d’une extrême détresse émotionnelle et/ou d’autres blessures, y compris, mais sans s’y limiter, d’angoisses mentales, de colère, d’embarras, de honte, d’humiliation, de dépression et de perte de sommeil.

Le procès indique que Vince McMahon accuse Chatterton et Shults d’avoir tenté de lui extorquer des fonds en 1992 en enregistrant Vince McMahon et en faisant croire que la bande a été enregistrée en 1988, un enregistrement réalisé à l’aide d’un détective privé, Tony Toce, et sur lequel se basent les accusations de Rita Chatterton. Le procès indique aussi que l’entourage de Chatterton a demandé cinq millions de dollars en échange pour faire valoir son « droit de s’exprimer en lien avec le Premier Amendement ».

De son côté, Geraldo Riviera est accusé avec ses équipes d’avoir orchestré la conspiration contre les McMahon. Riviera répondra que « c’est une marque d’honneur d’être poursuivi par les McMahon » et promet de « les body-slammer au tribunal ». Les équipes de Riviera ont par ailleurs précisé qu’ils avaient invité à plusieurs reprises Vince McMahon à venir répondre aux accusations dans l’émission, ce qu’il a toujours refusé de faire.

L’avocat des McMahon, Jerry McDevitt, a déclaré que l’importance du procès allait au-delà des accusations d’extorsions et d’agressions sexuelles. « Le plus gros problème, c’est d’utiliser la télévision de type tabloïds pour inventer des histoires où elles n’existent pas. Cela n’a rien à voir avec le journalisme ».

Mais l’affaire tombera à l’eau. La WWF va finalement abandonner toutes les charges un an plus tard pour se focaliser sur une affaire plus importante qui fera bien plus de bruit, concernant l’utilisation de stéroïdes par ses catcheurs. Interrogé en 2010 par le site Talking Points Memo, à l’époque où Linda McMahon briguait une place au sénat américain et où plusieurs affaires l’entourant refaisaient surface, McDevitt racontera : « Nous avions dû rassembler nos forces pour défendre la réputation de l’entreprise dans cet affaire criminelle [concernant les stéroïdes]. Nous n’avions pas d’autre choix que d’abandonner l’affaire pour pouvoir nous défendre. »

« Nous ne payons pas pour du chantage », ajoutera l’avocat. Pour lui, Rita Chatterton, en révélant l’affaire plusieurs années après son départ de la WWF, a « inventé ces accusations sorties de nulle part ». « Le procès n’a jamais été porté en appel, à mon grand regret, j’aurais aimé aller en appel », confiera l’avocat des McMahon lors de l’interview.

Rita Chatterton n’a en effet jamais donné de suite au procès et personne ne sera en mesure de confirmer si ces accusations contre Vince McMahon sont réelles ou fausses. Mais comme dans d’autres cas, la WWE préférera oublier le personnage de Rita Marie dans son futur.

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