Interview

Régis Béreschel (Ouest Catch) : « J’essaye de proposer ce que le public apprécie »

Ouest Catch

Ce samedi 9 septembre la Ouest Catch posera son ring à Quedillac avec notamment la présence de Tristan Archer qui défendra son titre de champion Ouest Catch contre Cormac Hamilton, Tom La Ruffa face à Geno Cyd, Lucas Di Leo, Amale Winchester qui fera face à la catcheuse anglaise Alex Windsor.

En attendant le show de ce samedi, Régis Béreschel, catcheur, fondateur et président de la Ouest Catch, a répondu à quelques questions sur sa promotion et le catch en Bretagne.

Quand certaines promotions de catch françaises peinent à remplir leurs salles, le public breton répond présent. Comment expliquez-vous ce succès ?

Régis Béreschel : C’est vrai que je constate un engouement pour la Ouest Catch. Chaque année, au mois de mars, j’organise un show à Plouasne, dans les Côtes-d’Armor. La dernière édition a réuni près de 500 personnes. Cela s’explique en partie par les tarifs attractifs que je propose. Les places sont à neuf euros. C’est un bon moyen pour attirer le public et se faire connaître. Au premier rang, les chaises sont à 15 euros. Elles sont occupées par les fans qui aiment être au centre de l’action.

Le public breton se compose-t-il seulement de fans de catch ?

Non, il y a un mélange. Parfois, on reconnaît certains fans et ça fait plaisir de voir qu’ils se déplacent. Mais, il y a aussi des curieux qui ne connaissent pas le catch. Ils viennent pour découvrir la discipline, parce qu’on propose un spectacle dans leur ville. Ils veulent voir ce que c’est. Quand ils n’apprécient pas, ils ne reviennent pas. Je fais souvent la comparaison avec le théâtre. Quand la représentation est mauvaise, le public critique seulement la troupe. Au catch, le public non-initiés ne fait pas la différence entre les promotions. Ils critiquent la discipline entière. En Bretagne, l’avantage c’est l’absence de promotion concurrente.

Le public breton est donc plus demandeur ?

Oui, parce que j’essaye de proposer ce que le public apprécie. C’est aussi historique. Il y a trente ans, il y avait beaucoup de galas de catch en Bretagne et dans le Nord-Pas-de-Calais. Par exemple à Plouasne, les galas se faisaient sur le plan d’eau et sur le vélodrome. Nos shows rappellent peut-être cette époque aux habitants. Chaque région a sa propre culture. En Bretagne et dans le Nord, c’est le catch. Dans le Sud, c’est le rugby. Par contre, le catch ne fonctionne pas dans le Sud.

Cette demande du public breton vous permet-elle d’attirer des lutteurs internationaux dans les petites villes bretonnes ?

C’est vrai que ça peut être surprenant quand je ramène un catcheur international dans une petite ville de 2000 habitants. C’est surtout du bouche à oreille. Il suffit de faire venir quelques noms importants et de bien les accueillir. Ensuite, les catcheurs discutent entre eux. En 2014, à Plouasne, j’ai ramené Brian Kendrick et Paul London, deux lutteurs mondialement reconnus. C’était un plaisir personnel, car je suis avant tout un fan de catch. Comme ils étaient satisfaits, ils en ont parlé autour d’eux.

Comment gérez la venue de ces catcheurs internationaux ?

Je prends tout en charge, de l’aéroport à l’hôtel en passant par la nourriture. Je pourrais déléguer, mais je veux qu’ils gardent un bon souvenir de notre travail. Je les bichonne pour qu’ils aient envie de venir. Maintenant, il y a même des agents qui me contactent pour savoir si je veux travailler avec leur catcheur. Si j’avais les moyens financiers, j’aimerais amener des stars comme Tommy Dreamer ou Ricochet. Mais, le public qui n’est pas fan ne les connaît pas. La salle ne serait pas plus remplie.

Propos recueillis par Jordan Guerin-Morin

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