Reportage

On y était : RevPro Uprising 2017, la fête du Bullet Club

Beyond Gorilla

Après une tournée déjà triomphale au mois d’avril, le Bullet Club était de retour la semaine dernière au Royaume-Uni pour trois dates, avec la Discovery Wrestling à Edimbourg, la Revolution Pro Wrestling à Londres, et la OTT Wrestling à Dublin. Sans Kenny Omega, mais avec Cody Rhodes et Marty Scurll, les Young Bucks ont une nouvelle fois fait salle comble les trois soirs et fait le show pour des fans déjà tout acquis à leur cause.

Nous étions présent vendredi dans la capitale anglaise pour le dernier événement majeur de l’année de la RevPro, qui avait bien évidemment axé la majeure partie de sa promotion sur la présence exceptionnelle du Club. C’est au York Hall, la deuxième maison de la promotion, que les festivités avaient lieu, un endroit parfait pour apprécier du catch. Si dehors la température était presque glaciale, à l’intérieur, la chaleur humaine mélangée aux litres de bières servis et à l’excitation de la carte annoncée suffisaient à faire oublier que nous étions en plein mois de décembre. Nous étions plus d’un millier prêts à donner de la voix et claquer des mains pour encourager ou conspuer certains des meilleurs catcheurs de la planète, venus se donner en spectacle dans une atmosphère chaude et propre au public britannique.

Un départ sur les chapeaux de roues

Mais si les membres du Bullet Club étaient les têtes d’affiches, le show n’a heureusement pas tourné qu’autour d’eux. La soirée s’est ainsi ouverte par un match 5-Way où le tout juste nouveau British Cruiserweight Champion « Flash » Morgan Webster défendait sa ceinture contre Ryan Smile, El Phantasmo, Kurtis Chapman et David Starr. Ce dernier devait à l’origine affronter seul le champion, quel qu’il soit, mais les événements du dimanche précédent au show du Cockpit en ont décidé autrement. C’est donc un peu ronchon qu’il s’est présenté en premier sur le ring, suivi par ses quatre adversaires du soir.

À regarder l’affiche, le combat ne pouvait prendre qu’une seule tournure : partir dans tous les sens. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Toutes les combinaisons et prises ont fait mouche, dans un match qui se sera déroulé en grande partie dans les airs. Les cinq participants ont tous eu l’occasion de briller et, vécus au pied du ring, certains spots nous ont laissé sans voix. On repense notamment à celui où El Phantasmo a joué au funambule sur la troisième corde tout autour du ring, tout en évitant ses opposants.

Un très bon opener donc, marqué par la victoire finale et complètement inattendue de Kurtis Chapman, grâce à un tombé surprise sur David Starr. A seulement 19 ans et avec un physique de gringalet, il s’est offert là la plus grosse victoire de sa jeune carrière et surtout son premier championnat, salué par une assemblée debout et des adversaires heureux et émus pour lui. Quel beau moment !

Jinny, à jamais la première

Aussi étonnant que cela puisse paraître, jamais une femme n’avait foulé un ring de la RevPro au York Hall. Uprising 2017 était donc l’occasion d’une grande première. C’est Jinny, l’une des catcheuses britanniques les plus en vue en 2017, qui a reçu ce privilège et qui en a profité pour lancer un Open Challenge. Un défi répondu par l’irlandaise Session Moth Martina, accueillie chaleureusement même s’il faut reconnaître que l’on est resté assez loin des réactions qu’elle peut susciter à la OTT — dont elle est devenue la première championne Gender Neutral — par exemple.

Le match s’est malheureusement avéré assez décevant. Quelques prises approximatives, un rythme peu flamboyant, un public pas vraiment concerné… Malgré l’utilisation de quelques effets, comme un enchaînement de finishers légendaires, ça ne s’est jamais vraiment emballé. Pas mauvais, mais totalement passable. Victoire par soumission de Jinny, qui est parue bien au-dessus de son adversaire techniquement parlant.

Un sans-faute pour British Strong Style

Suivait ensuite le seul match deux contre deux de la soirée. Les champions par équipe Trent Seven et Tyler Bate défendaient leurs ceintures face à Josh Bodom et Zack Gibson. Quatre catcheurs aussi bons dans le ring que pour enflammer un public, c’est tout simplement l’excellence du catch britannique qui était représentée. Et dans ces cas-là, impossible de faire quelque chose de mauvais. Ce fût un match par équipe parfaitement maîtrisé, sans aucune baisse de régime et avec de très belles manœuvres. Technique, tout en frappant fort et en sachant prendre l’altitude à certains moments, un parfait mélange de tout ce que nous aimons voir. La fin de l’affrontement est parue précoce — avec une victoire de Moustache Mountain grâce à un Burning Hammer de Seven sur Bodom — la faute peut-être à une blessure qu’à visiblement subi Tyler Bate à la cheville, quelques instants auparavant.

Plus tard, ce fût au troisième membre de British Strong Style de monter sur le ring. Pete Dunne affrontait Eddie Dennis, dont la personnalité a grandement évolué depuis quelques semaines. Ma foi, si sur le papier il n’était pas simple d’imaginer une alchimie parfaite entre les deux hommes, il faut reconnaître que ce combat a été une plutôt bonne surprise. Placé juste après l’entracte, il a lancé la seconde partie du show d’une manière très satisfaisante.

Sans non plus entrer dans les normes d’un combat qui restera dans les mémoires, ce fût plutôt intéressant d’assister à cette opposition de style, et d’assister à la mise en avant de Dennis, bien décidé à devenir un incontournable des promotions où il passe. Même si l’on imaginait pas une défaite du champion britannique de la WWE, il faut avouer que le doute c’est instant installé, mais c’est finalement bien le Bruiserweight qui s’est imposé. Après un échange de respect mutuel entre les deux hommes, Dennis s’est fait attaqué par derrière par Rob Lias, sans provoquer une très grande réaction, il faut l’avouer.

Jay Lethal n’est pas passé loin d’un sacre

L’une des grosses attractions de ce show, c’était la présence de Cody Rhodes et la remise en jeu de son titre de champion de la Ring of Honor face à Jay Lethal. Un combat qui aurait réellement pu bouleverser la carte de l’événement Final Battle de la ROH, puisqu’il était spécifié que si Lethal parvenait à remporter la ceinture, le main-event du PPV qui devait simplement opposer Cody à Dalton Castle, deviendrait un Fatal 4-Way, avec Lethal donc et Marty Scurll ajoutés à l’équation. Si la première moitié du combat fût assez lente et pas très audacieuse, la partie s’est emballée dès que Cody s’est mis a joué avec les nerfs de son challenger et que celui-ci lui a balancé un « Viens me montrer ce que ton père t’as appris ». Il en faut rarement plus. S’en est suivi plusieurs minutes d’un overbooking génial, qui a fait chavirer le York Hall.

L’arbitre à terre, Marty Scurll est intervenu pour s’apprêter à frapper Lethal avec son parapluie, avant de se retourner contre son partenaire du Bullet Club. Et oui, bien qu’amis, une défaite de Cody lui aurait offert une chance au titre de la ROH. Mais beaucoup d’hésitation dans la tête du Villain… qui va finalement bel et bien frapper le champion, mais par inadvertance, après une esquive de Lethal. C’est à ce moment-là que tout le monde s’est levé, que tout le monde y a cru, mais que Cody s’est dégagé du tombé au dernier dixième de seconde qui lui restait. Pour finalement l’emporter grâce à un Cross Rhodes quelques instants plus tard.

Combat moyen/bon dans son ensemble, mais une fin géniale et un post-match très sympa, où Rhodes a mis over Lethal de la meilleure manière qu’il soit, en le remerciant d’avoir été l’un des premiers à avoir voulu travailler avec lui lors de son arrivée à la ROH.

Zack Sabre Jr. plus fort que Matt Riddle

Uprising 2017 a également été l’occasion d’assister à un véritable duel de vétérans, puisque Martin Stone (a.k.a Danny Burch) a fait face à Dave Mastiff. Placé juste avant les deux derniers combats qui promettaient d’être des feux d’artifices, cet affrontement n’a pas été en reste, et même si l’implication de la foule n’était pas très importante, ils ont tous les deux assurer le boulot de manière très correct. Si leur différence de poids aurait pu paraître handicapante, il n’en a rien été. Ça frappait dur et fort, sans durer excessivement longtemps. C’est sur soumission avec un Crossface que Stone s’est imposé, signifiant en même temps son intention d’aller concourir pour le titre suprême de la promotion.

Et c’est à Zack Sabre Jr. que le Guv’nor devra prochainement faire face s’il veut se montrer à la hauteur de ses ambitions, puisque le Technical Wizard a conservé quelques minutes plus tard son titre de champion de la RevPro face à Matt Riddle. Ce match de championnat fût une opposition intense, très physique, pas flamboyant à outrance. Exactement à quoi nous pouvions nous attendre. Zack Sabre Jr. a démontré une nouvelle fois qu’en plus d’être l’un des meilleurs techniciens du monde, il excelle dans son rôle de champion hautain. Riddle lui reste une machine à matches à voir, même si l’on peut regretter qu’il empreinte presque toujours les mêmes raccourcis. De cette défaite, il n’en ressort pas affaibli, puisque c’est sur une erreur d’appréciation qu’il a encaissé le compte de trois.

Après le match, ZSJ a pris la parole et relevé qu’il n’avait plus personne de crédible pour l’affronter puisque il avait déjà éliminé toute compétition… c’est alors que Trent Seven a fendu la foule pour se présenter face à lui. Le challenge s’est vite présenté, mais Sabre Jr. n’a soumis qu’une condition pour offrir un match de championnat, que Moustache Moutain remette avant leurs titres par équipe en jeu lors du show High Stakes du mois de janvier, face à lui et son boss Minoru Suzuki ! La réponse de Seven fût un « oui », en forme de Piledriver.

Bullet Club Party

Enfin, dans le main-event, les Young Bucks et Marty Scurll affrontaient #CCK avec Travis Banks et Chris Brookes, mais sans Kid Lykos, blessé, remplacé pour l’occasion par Flip Gordon. Un match complètement fou. Non pas par son suspens, il n’y en avait pas, ni par ses retournements de situations, puisque tout était prévisible, mais parce que c’était juste un énorme moment de rigolade. Cette combinaison du Bullet Club, portée par un Marty Scurll hilarant, est capable de créer tellement de situations cocasses et invraisemblables que ça a en est juste devenu un épique moment de divertissement. Qui aura duré quand même plus d’une demi-heure. Sur la construction (aussi peu qu’il y en ai eu), on a retrouvé le même schéma que les Bucks avaient utilisé avec Kenny Omega lors de leur tournée du mois de mai.

Difficile de décrire tout ce qui s’est passé. Il faut juste juste le vivre, ou le regarder au dixième degré. Si vous n’êtes pas fan des Bucks ou de catch comique, n’y jetez même pas un œil, vous allez détester. Sinon, prenez juste votre pied. Finalement, le seul regret que l’on pourrait avoir en ayant apprécié ce joyeux bazar, c’est la mise totale au second plan de Banks, Brookes et Gordon, juste présents pour donner la réplique. Ils finiront même par s’incliner sur soumission. En tout cas, l’assemblée à été conquise. S’en est d’ailleurs suivi un joli moment de célébration où le Bullet Club réuni, avec son champion Cody, a remercié les fans pour leur soutien et même laissé supposer l’organisation à Londres de son show « All-In ». De quoi tous nous faire rêver un petit peu.

Alors, que retenir de cet Uprising 2017 ? En tant que spectateur, ce fût une expérience incroyable. L’atmosphère du York Hall est géniale, les fans y sont chaleureux et l’organisation est sans accroc. Dans le ring, nous avons eu le droit à plusieurs très bons matches, à des moments forts et à quelques surprises. Une jolie communion, une très belle fête du catch.

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