Review

WWE Clash of Champions 2017 : Celui où Daniel Bryan choisit son camp

WWE

On y est, dernier pay-per-view de 2017 avant d’entamer un nouveau cycle en 2018. Une année où le rythme des pay-per-views a été plutôt lassant et où ce break de quatre semaines a été plutôt bénéfique. La WWE va légèrement ralentir le rythme l’année prochaine et on se remet à espérer d’une fréquence de pay-per-view plus saine pour la construction des rivalités.

Car ce Clash of Champions a tous les défauts mais aussi les quelques qualités de ses homologues. En tant que show exclusif, il permet à plus de monde d’avoir du temps d’antenne et à certaines divisions — notamment celle par équipe ou féminine — de prendre plus de temps. C’est plus ou moins efficace car de l’autre côté, la fréquence des pay-per-views a offert une certaine redondance, l’impression de voir les mêmes rivalités pour des raisons pas toujours évidentes.

Ce dimanche par exemple, Natalya et Charlotte Flair se ré-affrontaient alors que l’arrivée de la Riott Squad aurait pu avoir plus d’impact qu’un Lumberjack Match. Le rematch entre AJ Styles et Jinder Mahal permet de conclure le chapitre indien du titre de la WWE mais était également dispensable. On retrouve autour de tout ça du classique avec un titre intermédiaire en triple threat à défaut de rivalité construite, un match tag team fourre-tout et un match où les figures d’autorité ont plus d’importance que les catcheurs présents sur le ring. Du classique WWE.

On a le droit en pre-show à l’affrontement entre Mojo Rawley et Zack Ryder là où le tag match entre les Bludgeon Brothers et Breezango aurait plus eu sa place. Surtout lorsque le public s’intéresse vraiment au début de match avant que l’action ou plutôt le manque d’action ne fasse un peu retomber l’ambiance. Reste que Mojo s’offre une victoire dans un match qui méritait tout autant d’être dans la carte que les Frères Gourdin et leur squash assez quelconque sur Breezango dont on s’abstiendra de reparler tellement c’était dispensable.

Championnat des États-Unis, titre des opportunistes

Est-ce qu’on peut pas faire en sorte de dire que le titre des États-Unis devienne un titre exclusivement défendu en triple threat match ? Ça permet de cacher facilement les lacunes des catcheurs et ça offre un spectacle franchement sympa en opener ou en milieu de soirée. Parce que lorsqu’on a un Bobby Roode et un Baron Corbin un peu soporifique dans les un contre un, un Dolph Ziggler en totale perte de crédibilité et qu’on les met à trois dans un même ring, on aurait pu vraiment perdre le public d’entrée de jeu.

Pourtant, on se retrouve avec un match bien rythmé, dirigé par Bobby Roode et Dolph Ziggler principalement et coupé par les moments de domination de Baron Corbin. On a probablement eu le meilleur match possible entre ces trois-là et avec ce que la rivalité donnait à manger. Les moves étaient sympas, on a eu du classique mais aussi ce finisher très efficace visuellement où Baron Corbin entame son End of Days et se fait attraper par Ziggler qui lui applique le Zig Zag pour la victoire.

Un bon match, avec un finisher bien pensé, franchement, que demander de plus ? Probablement un peu plus de travail sur le titre parce que Dolph Ziggler n’est pas vraiment sur une pente ascendante dans son personnage. Il est une valeur sûre in-ring mais totalement en perte de vitesse sur son personnage qui fluctue énormément dans son impact auprès des foules. De plus, récemment, Ziggler fonctionnait toujours plus en challenger qu’en champion, il faut espérer que cela change très vite.

HAPPY RUSEV DAY !

Pour suivre un match sympathique, la division par équipe est un excellent choix. Les divisions par équipe de RAW et SmackDown sont sur des nuages récemment, comme une sorte de garantie de divertissement et d’action à foison dans les pay-per-views de la WWE. Alors, quand en plus on commence à trouver du caractère et de l’intérêt dans chaque équipe, on ne peut qu’apprécier ce qui est proposé, voire devenir plus tolérant sur certains passages plus mous.

Mais entre Rusev qui est en train de revenir d’entre les morts grâce à son duo avec Aiden English, la popularité stable du New Day, le travail excellent des Usos en tant que « patrons » de la division et le travail de cochon effectué par Gable et Benjamin dans ce match, on est sur du quasi-parfait. Là où ça flanche un peu, c’est sur la structure du match. Dans un 4-Way d’équipes, on a senti les catcheurs un peu perdus, notamment dans cet espèce d’effet miroir créé par les catcheurs qui faisaient du deux contre deux chacun sur sa moitié de ring. Les tentatives de tombé n’étaient pas tout le temps contestées alors qu’un adversaire était à un petit mètre et ça a donné au match un coup de mou.

Par contre, une fois la deuxième partie lancée, c’était assez fou. Rusev a une pop extraordinaire, Shelton Benjamin a fait un match de dingue et Chad Gable est une machine de guerre. Ce dernier est à l’origine de sa propre fin, s’emportant dans sa série de Suplex totalement folle. Les Usos en profitent pour finir le match et garder leur ceinture mais ce match aura permis de relancer la division après la clôture du chapitre entre les New Day et les Usos. On aimerait voir Rusev et English ainsi que Benjamin et Gable avoir une chance mais les Bludgeon Brothers risquent de gâcher cette dynamique mise en place par le match.

Dommage derrière que le match féminin n’ait pas suivi la dynamique. Au contraire, on a gardé le schéma entre Natalya et Charlotte Flair à la WWE : à chacun de leur affrontement, un mauvais match, mais différemment à chaque fois donc ça donne toujours de quoi parler. Parce que c’est bien d’avoir rendu les Lumberjacks utiles, ça l’est moins de les rendre plus actives que les catcheuses sur le ring. Sérieusement, si Natalya et Charlotte Flair se sont mis plus de coups qu’au reste des catcheuses autour, c’est beau.

Il y avait tout simplement aucune vraie ligne directrice sur cette histoire, même l’interview post-match de Natalya, sur-jouée et forcée comme jamais, paraissait improvisée et laisse juste confus par rapport au sentiment à avoir : est-ce qu’on doit soutenir Natalya ou la haïr davantage car elle est malheureuse. C’était plutôt bizarre et maladroit, surtout quand Natalya n’a plus sorti une bonne performance depuis très longtemps. Trop longtemps, il est temps de passer à autre chose, la WWE a fait le tour de Natalya et il faut repenser son utilisation. Être la nièce de Bret Hart, ça n’est plus efficace et c’est un danger qui guette Charlotte Flair également, pas mal reposée sur ses acquis en tant que face dernièrement.

La division féminine de SmackDown semble perdue, sans idée par rapport au talent qu’elle possède. La fausse tentative de Carmella pour le cash-in peut laisser également supposer le sentiment d’hésitation des bookers par rapport à la division. On met le titre sur Charlotte Flair parce que bon, c’est un choix sûr, on prend la Riott Squad parce qu’il faut faire bouger les choses mais derrière on arrive pas à construire autour de tout ça pour donner de la cohérence et de l’intérêt. Il faut repartir beaucoup plus simple à l’écriture et imposer une hiérarchie plus stricte pour les matchs de championnat sinon la division féminine va se perdre à coup sûr.

Daniel Bryan et Shane McMahon volent le match

Que dit-on à Shinsuke Nakamura avant de lui proposer ses matchs de pay-per-view ? Rien j’espère, il doit juste apprendre au dernier moment qu’il est là parce que sinon il faut qu’il revoit ses choix. Son utilisation à SmackDown est celle d’un catcheur installé alors que l’on a jamais plus développé que cela ses ambitions. Que sait le public de Nakamura ? Il a un thème song cool, il a des bons coups de pieds et c’est à peu près tout.

La Road to WrestleMania devrait changer cela mais sa présence dans le match par équipe avec Randy Orton était tellement aléatoire que cela appuyait un peu plus le sentiment d’absence de projet autour de Nakamura alors qu’il a été l’élément phare de NXT pendant une bonne année. C’est dommage d’ailleurs de ne pas avoir un peu plus laissé Nakamura et Zayn travailler ensemble mais c’est le défaut du match en général : les catcheurs étaient au second plan.

Pour permettre à Daniel Bryan et Shane McMahon de constamment se confronter sur l’arbitrage, l’action entre les catcheurs a été très limitée et souvent interrompue. Du coup, pas mal de tombés consécutifs sans grand impact, des coups dans le coin et des tags plutôt qu’un vrai match tag team. On a eu une série assez lourdes de situations pour définir au fur et à mesure la place des arbitres, ce qui est quand même dingue quand il y a ces quatre catcheurs dans un même ring.

En conséquence, le match a ressemblé à un long segment de SmackDown qui se conclue par l’inévitable : Daniel Bryan, excédé par les abus de Shane McMahon, décide de favoriser Kevin Owens et Sami Zayn pour leur donner la victoire. Un match qui sert juste à alimenter les prochaines semaines de SmackDown, qui annonce aussi des épisodes vraiment sympa mais qui en tant que match en lui-même est un échec assez lourd à peine sauvé par le spot de la table. L’overbooking du match a permis de bien raconter l’histoire et la fin du match mais a été trop pesant donner quelque chose de vraiment bon.

AJ Styles conserve le titre et sa dynamique

Jinder Mahal a progressé. Quand même. Pas assez pour mériter de rester dans le main-event, mais on sent que le gars a bossé pour offrir une opposition rythmée et suivre vraiment les gros calibres du roster de la WWE. Et quand en face de toi c’est AJ Styles, cela rend également la vie une peu plus simple pour se montrer sous son meilleur jour.

En soit, ce match ne mérite pas énormément de discussion. On devait finir la rivalité par principe et cela s’est senti, les Singh Brothers ont été inutiles parce que le match le demandait, on a eu quelques spots bien agressifs de Mahal pour faire poindre le doute d’une défaite d’AJ Styles avant que celui-ci ne surpasse les obstacles et finisse sur le Calf Crusher qui tranquillement se fait une belle place dans le move-set d’AJ Styles, le passage avec Brock Lesnar ayant sûrement marqué les esprits.

La fin par soumission permet aussi de bien définir la fin de la rivalité. Quand un catcheur tape, il est difficile de le faire revenir en tant que challenger dès le lendemain, du coup, le recul de Jinder Mahal dans la carte devrait être acté, à voir à quelle point la chute sera dure. Reste que, dans cette tentative totalement désespérée et ennuyeuse de faire de Jinder Mahal un main-eventer, le catcheur a pu tirer son épingle du jeu pour progresser légèrement. Reste un personnage caricatural dont les promos ne passionnent pas vraiment mais qui, un peu mieux dirigé, pourrait offrir un challenge intéressant à quelques catcheurs en manque de rivaux.

La pop reçue par AJ Styles est également très plaisante à entendre puisque dans un match où l’enjeu est moins palpitant, voir le public réagir aussi positivement marque le statut d’un champion face très apprécié par le public. AJ Styles, presque deux ans après son arrivée à la WWE, est installé comme un main-eventer sûr auprès du public et surtout désormais comme un top face et ça, la WWE en a énormément besoin à l’approche de WrestleMania.

Ce Clash Of Champions a tout simplement suivi l’exemple de la majorité de ses camarades de 2017. Pas affligeant mais loin d’être excellent, on arrive sur le pay-per-view sans se voiler la face en sachant qu’on aura un spectacle plutôt pas mal jonché ça et là de matchs plus intéressants. La division par équipe et AJ Styles sont les deux seules valeurs sûres de SmackDown pour le moment à l’approche de WrestleMania, à la WWE de faire en sorte que d’autres points d’intérêts se glissent dans la liste à partir de 2018.

WWE Clash of Champions 2017 : Celui où Daniel Bryan choisit son camp
Cliquez pour commenter
En haut