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Tube de l’année 2017 : Kazuchika Okada (feat. Gedo) – Wrestler of The Year

Pro Wrestling Illustrated

Ne cherchez pas plus loin cette année, le catcheur de l’année 2017 est là, on pourrait même presque dire qu’il s’agit d’un duo tant Kazuchika Okada est inséparable de son manager, son hype-man gedo, celui qui l’a poussé au sommet de la promotion numéro 1 au Japon. Qualité de match, place au sommet de sa fédération, progression, statut de superstar… 2017 fût l’année du Rainmaker.

Le fer de lance de la progression de la New-Japan

Même si Omega est la proue du navire de la NJPW en Occident, Kazuchika Okada est le dénominateur de la progression étape par étape, le nouvel Ace. Si Tanahashi est l’Ace qui a remis la NJPW sur le devant de la scène Japonaise après l’ère des Makabe, Nagata et Tenzan, Okada est l’Ace qui amène la New Japan vers d’autres contrées, celle des écrans internationaux et des arênes américaines.

Il suffit de voir la progression des ventes de billets sur un année :

1 – Wrestle Kingdom 2017 avec Okada vs Omega : 26192 spectateurs, soit une augmentation de 4% par rapport aux 25204 de Wrestle Kingdom 10 avec Okada vs Tanahashi

2 – New Beginning 2017 avec Okada vs Suzuki : 5545 spectateurs, soit une augmentation de plus de 6% par rapport aux 5180 de l’année d’avant avec Okada vs Goto en tête d’affiche

3 – Invasion Attack (Sakura Genesis) avec Okada vs Shibata : 10231, soit une augmentation de plus de 11% par rapport à 2016 ou Okada vs Naito avait réuni 9078 spectateurs

4 – Dontaku 2017 avec Okada vs Bad Luck Fale a réussi l’exploit de rassembler 6126 fans, soit 13% de plus que l’an dernier avec les 5299 qu’avaient rameutés Naito et Ishii

5 – Dominion 2017 est lui aussi une réussite avec 11756 pour Okada vs Omega II, soit 15% de plus que l’an dernier pour Okada vs Naito avec 9925 spectateurs

6 – King of Pro Wrestling 2017 (PPV intermédiaire) est l’exception à la règle avec une très légère baisse, Okada vs EVIL a réuni 9234 comparé aux 9671 fans de l’an dernier avec Okada vs Marufuji

A n’en pas douter, l’affaire est juteuse pour la NJPW qui enterre un peu plus ses adversaires (La All-Japan dépasse rarement les 800 spectateurs alors que la NOAH ne dépasse les 1500 que dans les grandes villes et la Dragon Gate n’y arrive que dans ses villes/salles fétiches) et qui peut se concentrer sur son vrai chantier actuel, son expansion internationale, fière de son Ace issu du patrimoine local. Car si le succées des shows G1 à Los Angeles est à associer au Bullet Club et (surtout) à Kenny Omega, celui des années à venir passera par un Ace local fort et crédible. Les fans de la NJPW viennent voir du puroresu, pas des Gaijins dont la télévision les abreuve aux USA ou au Canada.

Une qualité de matches rarement vue

Jamais depuis la All-Japan des années 90 ou la NOAH des années 2000 nous n’avions vu une fédération aligner les louanges de la sorte. Regardons de plus près ce que Dave Meltzer en dit.

En 2017 Kazuchika Okada a disputé pour la NJPW dix-sept matches simples, presque tous en main-event ou semi-main-event, G1 Climax compris. Sur l’année il amasse la moyenne hallucinante de 4.57 étoiles sur 5… Hors G1, Kazuchika Okada est à 4.87 étoiles par matchs de moyenne, et dans le G1, tournoi épouvantablement éprouvant, Okada parvient à avoir une moyenne de 4.3 par matchs, ce qui est sensationnel.

En plus de ses trois matches face à Kenny Omega qui remportent 6, 6.25 et 6 étoiles, il faut noter son match face à Shibata qui a récolté 5 étoiles en plus de l’hémathome sub-cranien de Katsuyori, les deux matches face à Suzuki qui eux récoltèrent 4.75 chacun et celui face à Elgin qui en a gagné autant.

On notera aussi la vaste variété des combattants. Que ce soit face au super athlétique Omega, face au vétéran Kojima, au high-flyer Ibushi, au brawler sadique Suzuki ou au heavyweight Suzuki, c’est toujours au dessus de 4 étoiles garantie. Autant dire qu’en catch pur, 2017 fût l’année ou Okada marcha sur l’eau, bien au delà d’Omega et son G1 en demi-teinte, de Naito et sa nonchalance ou AJ Styles et ses rivalités face à Jinder Mahal ou Baron Corbin.

Kazuchika et ses amis

La vraie force d’un Ace ou d’une top star comme on le conçoit dans le catch mondial c’est de toujours avoir l’air fort et à la fois vulnérable afin de créer un intérêt dans le match. Que ce soit face à Suzuki, Shibata ou Omega, à chaque fois on a cru que c’était le moment ou Okada perdrait sa couronne, que le record de 489 jours de règne IWGP de Shinya Hashimoto tiendrait pour toujours. Mais à chaque fois le Rainmaker a eu raison de son adversaire.

En 2017, Kazuchika Okada aura par son travail sur et en dehors du ring créé 3 mégastars :

  • Tetsuya Naito : jusqu’ici jamais pris au sérieux, Okada l’avait battu en 2016 et encore auparavant, mais les piques que les deux se sont envoyées sans se toucher tout au long de l’année ont créé l’envie des fans de voir Naito s’emparer du G1 et celle de voir Okada garder sa ceinture afin de voir les deux catcheurs s’affronter sur la plus grande des scènes nippones. Au niveau domestique c’est à coup sur le plus gros match à booker cette année et c’est du 100% Gedo et Okada.
  • Kenny Omega : alors un junior au début de l’année 2016, il s’affirme dans les 6 premiers mois de l’année et remporte le G1 à la surprise générale, mais personne ne l’imagine remporte le main-event du Tokyo Dome. Mais l’exceptionnel « 6 stars » match que les deux K.O. nous offrent vont cimenter en 45 minutes le nouveau statut de main-eventer de Kenny omega à la New Japan, lui permettant ensuite d’apprécier une nouvelle fois les joie du match final à Dominion et ensuite de battre Okada lors du G1.
  • Katsuyori Shibata : The Wrestler avait toujours été aimé des fans mais beaucoup moins de ses collègues et du management de la NJPW. Après avoir eu des matchs phares face à Tanahashi, l’attente était réelle pour enfin voir Shibata avoir sa chance à la ceinture IWGP et on espérait alors le voir aussi remporter le G1. A la suite d’un mach phénoménal, faisant rentrer lui aussi Shibata dans la cours des main-eventers instantanément, ce dernier contracte un traumatisme cranien qui a sans doute mis fin à sa carrière.

Okada est bel est bien le plus fort de la New Japan, mais il n’y aurait aucune gloire à l’être au milieu d’un parterre de mous du genou. Okada a à chaque fois fait briller son adversaire et aucun de ces derniers n’est ressorti autrement que grandi de ces affrontements.

Parmi les meilleurs règnes de l’histoire du catch

Avant de sans doute prendre le Destino final dans une éruption de joie au milieu du Tokyo Dome, Kazuchika Okada aura sans doute connu un des règnes les plus extraordinaires du catch moderne. En terme de qualité pure, ce règne est à classer avec le règne s’étalant entre 1992 et 1994 de Mistuharu Misawa à la AJPW (dont beaucoup de matchs se retrouvent dans le top 200), voire aussi celui de Kenta Kobashi à la NOAH entre 2003 et 2005.

On peut aussi le comparer au règne de Ric Falir en 1989 car Okada lui aussi oscille entre heel et bayface, tout en « faisant » ses adversaires comme Flair l’avait fait dans sa trilogie contre Steamboat, pour ensuite basculer vers une « blood feud » face à Terry Funk. Cette versatilité mentionnée plus haut est sans aucun doute la marque des très grands catcheurs comme on en rencontre rarement, et qu’aucun catcheur en cette année 2017 n’est parvenu à atteindre.

On peut aussi comparer ce règne à celui qu’Okada vient de battre, c’est à dire celui d’une des stars de la NJPW Shinya Hashimoto qui entre 1996 et mi-97 avait alors battu toutes les stars qui s’offraient à lui et redonné de la noblesses à la ceinture IWGP en vainquant Ric Flair, Hiroyoshi Tenzan, Keiji Mutoh ou Satoshi Kojima. Cette faculté à construire des stars tout en cémentant sa propre légacie se retrouve également dans les règnes indépendant comme celui de Samoa Joe à la Ring of Honor, dont le booker de l’époque Gabe Sapolsky était grandement influencé par le catch japonais et la NOAH particulièrement.

Aucun suspense donc cette année, le meilleur catcheur est le champion de la fédération produisant les meilleurs matchs. Longue Vie au champion Okada! Et dire qu’il n’a que 30 ans.

Tube de l’année 2017 : Kazuchika Okada (feat. Gedo) – Wrestler of The Year
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