Décryptage

25 ans de RAW : Beaucoup de nostalgie, peu de présent et encore moins de futur

Monday Night RAW a fêté ses 25 ans ce lundi. Un show placé sous le signe de la nostalgie, peut-être trop, au point d’oublier un point important : penser au futur, à la nouvelle génération.

WWE

Les 25 ans de RAW ont été hypé un max. De la promo partout jusque chez Jimmy Fallon, des Superstars dans tous les médias possibles, des clips vidéo de teasing depuis des semaines à RAW et SmackDown, sur Youtube et sur le WWE Network. On était en droit de s’attendre un show énorme et rempli de surprises. On a vite déchanté.

Alors bien sûr on en tire quelques bons moments comme la victoire de The Miz qui gagne son huitième titre de champion Intercontinental, le retour de l’Undertaker — bien qu’on ne sache pas ce qu’il va faire ensuite —, le segment de fin avec Braun Strowman ou même l’opener bien qu’il ne soit pas très original ouvrait très bien cet épisode.

Il n’est pas non plus impossible qu’au niveau audience le show soit un petit succès. L’effet de curiosité devrait avoir amené assez de téléspectateurs dans le début, attiré des curieux qui n’ont jamais vu la WWE ou certains fans nostalgiques ayant un peu lâché le produit parce que celui d’aujourd’hui ne leur convient pas. Mais pour nous, fans assidus, ce fut la douche froide.

Les storylines noyées dans la nostalgie

Quand on regarde Monday Night RAW toutes les semaines, ce qu’on recherche entre plusieurs critères c’est de la continuité. On aime bien voir avancer les storylines, qu’elles nous apportent du nouveau toutes les semaines pour faire monter la mayonnaise avant un pay-per-view. Or ce lundi les storylines en cours se sont retrouvées noyées dans la nostalgie, les segments avec d’anciennes gloire quand d’autres ont été vite expédiés.

Les Superstars féminines, qui auront leur premier Royal Rumble ce dimanche n’ont eu le droit qu’à un match par équipe à quatre contre quatre qui s’est évidemment terminé en brawl remporté par Asuka, favorite du Rumble. Les championne de RAW et Smackdown se sont elle croisée en coulisse pour un simple petit segment en coulisse, rien de plus. On sait d’ailleurs maintenant que les titres féminins ne seront pas défendus lors du pay-per-view et c’est bien dommage.

Les champions de SmackDown était par ailleurs tous présent, c’était l’occasion de nous offrir quelques matchs entre brand. Et bien pas du tout. Comme Charlotte Flair, AJ Styles n’était là que pour une interview en coulisse mais avec Mene Gene Okerlund cette fois et les Usos sont apparu dans la partie de poker des APA. Rien de plus.

Trop de légendes, pas grand chose pour la génération actuelle

La WWE avait pour cette soirée prévue une énorme liste d’invités qui ont marqué RAW et la WWE, et il a fallu les caser en trois heures. Beaucoup se sont retrouvés surtout dans des segments en coulisse comme ce fil rouge de la partie de Poker où Heath Slater se fait dépouiller par tout le monde avant de finir projeté à travers une table par les Dudley Boyz.

D’autres comme Christian ont eu quelques moments à l’écran comme Christian et le retour du Peep Show avec les champions par équipe de RAW Seth Rollins et Jason Jordan.

Ceux qui ont un peu plus d’exposition restent évidemment Stone Cold Steve Austin dans le segment d’ouverture très accès fan service où les Stunners et les bières ont plu sur les McMahon, ou encore l’Undertaker avec sa mystérieuse promo depuis le Manhattan Center dont on ne sait pas encore trop ce qui va en ressortir.

La palme revient à la DX qui s’offre encore du bon temps sur le ring du Manhattan Center, enchaînant les Too Sweet avec le Bálor Club à un point que cela en devenait gênant, surtout que l’on imagine aisément c’est en partie pour s’attirer l’attention des fans du Bullet Club et du Bullet Club lui-même sur les réseaux sociaux. Mais il faut être honnête, nous sommes en 2018 et une grande partie des fans qui regardent aujourd’hui la WWE à la télévision n’ont sans doute jamais vu la DX au sommet de sa popularité et ne sont pas forcément intéressées par une réunion d’ancien potes.

On aura une petite pensée pour les Revival qui ont servi de chair à canon pour ce segment. Bien que c’était prévisible vu le segment de la semaine précédente où ils blâmaient le côté Entertainment de la WWE, on est totalement gêné par ce qu’on a vu. Sans compter que Triple H, si fière de les avoir mené là où ils sont aujourd’hui avec NXT, a participé à ce moment. On soupçonne une légère schizophrénie.

L’échec du Manhattan Center

Pour cette soirée la WWE avait prévu deux shows qui avaient lieu simultanément. Un dans la grande arène du Barclay Center de Brooklyn et un autre au Manhattan Center de New York où avait eu lieu le tout premier épisode de Monday Night RAW en 1993, avec un décor similaire à celui de ce premier épisode.

Sur le papier tout ça donne envie et des fans se sont rués sur les places pour le Manhattan Center qui leur ont coûté pour les plus chères plus de 800 dollars, rien que ça. La déceptions pour beaucoup d’entre eux a été immense.

Si devant nos écrans tout pouvait nous paraître normal, les fans présents n’ont pas du tout eu le même sentiment. En effet ceux-ci n’ont eu le droit qu’à trois matchs: celui entre Matt Hardy et Bray Wyatt dont on a du mal à imaginer pourquoi il avait lieu là bas, un match par équipe avec des catcheurs de 205 Live qui a apparemment pas mal déçu et celui entre The Club et les Revival.

Il peuvent quand même se vanter d’avoir eu l’Undertaker et sans doute la réunion de la DX. Mais pour le reste, le public a du se contenter de regarder sur un écran sans son ce qu’il se passait au Barclay Center. Résultats compréhensif, des chants de mécontentement ont résonné dans le Manhattan Center au bord de la révolte pendant une bonne partie de la soirée.

Là où la WWE a échoué pour cette soirée, c’est dans la mise en avant de ses talents actuels. Une chose qu’elle a toujours eu du mal à faire. Fêter un anniversaire ne devrait pas être seulement se contenter de se souvenir du passé mais aussi de penser à son avenir, de montrer que le futur est assuré par la nouvelle génération. Or, cette soirée a plutôt donné l’impression d’avoir été faite uniquement pour les anciennes star de RAW, et c’est bien dommage.

25 ans de RAW : Beaucoup de nostalgie, peu de présent et encore moins de futur
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