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WrestleMania 34 : De la démesure à l’usure

Depuis quelques années WrestleMania est le show où la WWE met en avant tout ce qu’elle possède. De ses Superstars, ses championnats jusqu’à ses capacités à assurer le spectacle, le show est synonyme de démesure. Mais quand on tire trop sur la corde, elle finit inévitablement par casser.

WrestleMania 34 semblait, à l’image de ses prédécesseurs, continuer la marche en avant vers la démesure que prend la WWE pour ce show. deux heures de pre-show, cinq heures de show, quatorze matchs dont deux battle royale. Sur ce point, WrestleMania est une fête où la WWE invite quasi tous ses catcheurs à participer et c’est quand même sympa pour les personnes qui tournent partout dans le monde à l’année à un rythme de vie assez dingue.

Pour le spectateur par contre, c’est dur, on peut parler rapidement de nous français, qui, si vous n’avez pas fait le déplacement jusque là-bas, être restés jusque 6h du matin pour voir WrestleMania. Donc autant dire que soit vous avez pris votre matinée / journée, soit vous vous êtes habillés pour aller au travail ou à l’école pile au moment où Brock Lesnar a fait le compte de trois pour la victoire. C’est incroyablement long, et de la part d’un senior qui critiquait la durée des matchs de NFL au moment de relancer la XFL, c’est un peu sarcastique d’offrir un événement qui fait de plus en plus penser au SuperBowl en terme de temps investi.

Un Kickoff anecdotique

Détail agréable, la foule était cette fois-ci plus rapidement dans le stade ce qui a permis à la Andre The Giant Memorial Battle Royale de se dérouler avec une arène déjà bien garnie. Ça ne l’a pas empêchée par contre d’avoir aucun intérêt visuel pour les 3/4 du match. C’était un pack qui se frappait vaguement avec quelques éliminations à droite à gauche. On retiendra à peine le trio final, juste que Bray Wyatt est revenu pour aider Matt Hardy. Bray, nouveau Woken Warrior ? Est-ce que Matt Hardy va se lancer dans la collection de midcarders perdus auprès du public ? Des questions, pas de réponses.

On enchaînera avec les Cruiserweights dans un Kickoff de deux heures toujours trop long mais qui a le mérite de pas trop avoir coupé le match. Exception faite pour cette opposition entre Cedric Alexander et Mustafa Ali, qui ont perdu deux minutes de visibilité sur le Network. Mais bon, franchement, le match a pas pris plus que ça. Le même match dans le show principal en première partie aurait probablement bien plus emporté le public. Parce que le match est bon, dans la lignée de ce qu’offre le nouveau 205 Live. Mais le public avait l’air d’attendre le début du show pour s’investir émotionnellement.

Et pour finir ce Kickoff, la Battle Royale féminine de WrestleMania avec ce trophée horrible en jeu. Naomi l’emporte après que Bayley ait sérieusement cru gagner en piégeant Sasha Banks. Le match était plus intéressant que celui des hommes parce que plus scripté avec des éliminations rythmées et des catcheuses plus impliquées peut-être.

Seth Rollins, roi de la nuit

Quelle entrée pour commencer WrestleMania. Franchement, s’il y a bien un catcheur qui a mis le paquet avec l’équipe technique pour offrir une entrée qui marque immédiatement la différence entre WrestleMania et le reste de l’année. Avec une tenue pour rappeler les marcheurs blancs dans Game of Thrones, on a senti que Seth Rollins s’était lâché. The Miz aussi, mais différemment avec une tenue plus excentrique qu’à l’accoutumée. Et là où on attendait Finn Bálor en démon, il a joué la carte de la sobriété et la mise en avant de son « Bálor Club for everyone » avec un groupe de personnes derrière lui. Finn est devenu un homme du peuple, et sa boîte de maquillage prend la poussière.

On ne l’a pas encore dit mais les matchs avaient plutôt leur place tout au long de la soirée, ce match intercontinental en opener, il était espéré et souhaité à cette place. Les catcheurs ont d’ailleurs bien servi leur cause. Dur de faire des distinctions tant les trois catcheurs ont suivi le tempo de chacun pour offrir un extra par rapport à leurs performances habituelles. En une quinzaine de minutes, tout le monde a pu montrer ce qu’il avait dans le ventre avec des prises de risques supplémentaires. Seth Rollins prend au final la victoire grâce à deux Curb Stomp, l’un sur Finn Bálor et l’autre sur The Miz pour la victoire.

Seth Rollins devient Grand Slam Champion dans un match de grande qualité qui a vraiment lancé la foule directement dans le show. Si l’on peut discuter la décision de faire perdre Finn Bálor, il est indéniable que Seth Rollins mérite le titre au moins tout autant. Si la carrière de Finn a eu moins de succès à la WWE pour le moment, il faut aussi se dire que Seth Rollins n’avait plus eu de victoire marquante en individuel depuis sa blessure et il devrait faire un bon champion intercontinental après l’épopée en plusieurs parties du Miz qui lui, après son rematch, devrait se tourner vers d’autres horizons.

Asuka vaincue mais pas brisée

La suite du show tient la même direction en terme de qualité. L’opposition entre Charlotte et Asuka, c’est un bon treize minutes d’un match très agréable entre les deux femmes. Une durée qui a laissé le temps à la championne et sa challengeuse de faire du storytelling autour de la domination d’Asuka et ensuite autour du Figure Eight, constamment contré par la Japonaise. On se dit vraiment que le match est pour elle d’ailleurs, même lorsqu’elle subit face à Charlotte. Très intéressant aussi, tout simplement l’entrée de Charlotte en « Queen » avec un délire à la Triple H qui fait écho à l’entrée à laquelle elle et Sasha Banks avaient participé à WrestleMania 30, dans le même stade. C’est du détail, mais c’est toujours appréciable, en plus d’être classe.

Mais un petit peu comme dans le reste du show, le match va rapidement offrir sa conclusion, assez brutalement au final par rapport au reste du match. Charlotte applique enfin le Figure Eight et Asuka tape quasi immédiatement. C’est un petit peu rapide, mais l’effet de choc est là. Charlotte conserve son titre et bat Asuka et sa streak. La fin d’une longue aventure qui au final ne devrait pas faire tant de mal que ça à la Japonaise. Le match était bon, si l’on peut perdre sans paraître ridicule face à une personne dans la division féminine, c’est bien Charlotte et un rematch n’est pas à exclure, surtout quand RAW est un peu bouché.

Parlant de bouché, la WWE doit avoir des oreilles un peu sales, parce que « RUSEV DAY » c’est pas un chant pro Jinder Mahal. Blague à part, le Fatal-4-Way pour le titre des États-Unis a bien eu lieu et était un match. Cela semble correct et ajouter des adjectifs au match serait largement discrédité sa fadeur assez élevée. Pas tant par son contenu, qui a existé, il y avait des événements et péripéties dans ce match, du RKO, du Glorious DDT, du kick à la volée de Rusev. Et puis, Jinder Mahal qui profite d’une diversion de Samir Singh pour porter le Khallas et gagner sur Rusev.

Voilà, pour relancer le titre US, la WWE s’est dit : « On va prendre exactement les mêmes ingrédients que pour le règne de champion WWE de Jinder Mahal : des victoires par distraction sur les catcheurs over auprès du public et ça devrait générer de la heat ». Rien du tout, Jinder Mahal a perdu la heat qu’il avait généré par la surprise de sa victoire. Et le mettre avec le titre US, c’est s’offrir de nouveau des segments micros avec lui et on est déjà en hyperventilation rien que d’y penser. Dommage de pas surfer sur un mouvement peut-être éphémère mais qui lui, fonctionne bien, autour de Rusev.

Ronda Rousey réussit sa première

C’était loin d’être gagné cette affaire. Probablement le match dont la construction avait suscité pas mal de questionnement. Entre la capacité de Ronda d’agir sur le ring ou la volonté de la WWE derrière cet affrontement. Il y avait des doutes par rapport au fait que la WWE ferait les bons choix. On peut critiquer autant que l’on veut Triple H et son ego qui existe – preuve en est, il est au centre du match le plus long de la soirée, il a encore réussi ce fourbe – mais sur le ring, il offre quand même un bon storytelling et amène probablement sur la table les décisions comme celle d’avoir Ronda qui combat des hommes.

Parce que oui, après le Mixed Match Challenge, la WWE offre le premier vrai match mixte depuis longtemps, on a pas l’histoire des match mixtes à la WWE mais en dehors des passages dans les Royal Rumble les confrontations hommes / femmes comme celle-ci ça n’a plus dû arriver depuis Chyna. Et là, Ronda Rousey a le droit à ses séquences avec Triple H, et tant mieux quelque part parce que Stephanie McMahon était pas au top pour être gentil. Pour les trois autres protagonistes par contre, c’était efficace, ça a embarqué le public et Ronda Rousey a gagné un capital sympathie énorme.

Elle est expressive sur le ring, peut-être un peu trop ambitieuse encore mais son arsenal est déjà bien orienté pour se permettre de faire quelques bonnes séquences. Elle reste une ancienne combattante MMA et ça reste un avantage pour la transition vers le ring. Mais reste qu’elle a déjà bien choppé les codes du ring de la WWE et a offert une prestation des plus solides, accompagnée par une victoire, que demander de plus ?

Quel était l’intérêt de faire revenir l’Undertaker ?

Derrière ses vingt minutes, le New Day s’offre une entrée plus longue que le match dans lequel ils étaient et les Bludgeon Brothers ont gagné les titres par équipe. Qui s’en fout ? Tout le monde oui c’est bien ça. Terrible pour les Usos portent la division par équipe avec les New Day la moitié de l’année 2017 et qui se font récompenser avec cinq minutes et une défaite face à deux gars dont tout le monde se fout. Désolé pour Luke Harper mais ça n’intéresse pas les gens les Bludgeon Brothers. Y a de l’idée pour la tenue et l’entrée mais derrière le problème c’est qu’on s’en fout complet. Personne s’y intéresse.

Même pas John Cena, qui a pourtant été un spectateur attentif pendant trois bonnes heures dans le public. Ce qui du coup a fait qu’on avait le droit à minimum un plan par match jusqu’à ce que l’arbitre débarque après la victoire de Charlotte pour le prévenir que l’Undertaker est là probablement vu la course qu’il tape pour retourner aux vestiaires. Évidemment, la WWE a fait monter un suspense qui n’était pas si insoutenable que cela, mais qui a permis à Elias de prendre sa heat et une correction de John Cena avant que l’Undertaker n’arrive.

Et l’entrée de l’Undertaker a littéralement été plus longue que son match à WrestleMania. Face à John Cena, L’Undertaker a balayé Cena en trois minutes. John Cena face à l’Undertaker, trois minutes. Trois minutes. TROIS MINUTES ? Mais ils ont fumé ? On veut bien que l’Undertaker, les matchs de vingt minutes on préfère éviter mais après l’année dernière et la symbolique, tout ruiner pour trois petites minutes d’un match qui n’aura que pour conséquence d’offrir un John Cena frustré les prochaines semaines, c’est une blague.

Enfin comment on peut être content après un match comme ça, que la WWE n’a pas plus teasé que cela vu qu’il n’était même pas officiel avant le début du show mais tout le monde s’y attendait, c’était implicite. Et du coup tout le monde s’attendait à un vrai match, pas à une démonstration de santé d’un quinquagénaire. Parce qu’il avait l’air en forme Mark enfin autant qu’il peut l’être. C’est incompréhensible de le faire venir à WrestleMania juste pour ça.

Des échecs dans une deuxième partie de WrestleMania lourde

Deuxième tag team match important de la soirée, celui de Shane McMahon & Daniel Bryan contre Kevin Owens et Sami Zayn. Une histoire simple, celle de Daniel Bryan qui fait son retour et donc il se fait accueillir et disparaît les deux tiers du match avant de gérer le dernier tiers. Une histoire pour faire monter la hype de son retour sur le ring, qui tourne un peu à l’exhibition d’un gars sur le retour qui ne semble rien avoir vraiment perdu de sa superbe. Shane McMahon lui se distingue plus par l’overselling et les moves à gros impact que par sa psychologie sur le ring. Et pour nos deux canadiens, des rôles de heels classiques un peu fades et pas autant en état de grâce qu’on aurait pu le souhaiter.

C’est aussi qu’ils n’ont jamais paru vraiment proche de gagner ce match malgré qu’ils en aient dominé la grande partie. Tout le monde attendait Daniel Bryan et du coup son absence relative du début de match fait qu’on ne prêtait pas trop attention au danger de Shane McMahon. Daniel Bryan allait revenir, c’était certain. Du coup, Kevin Owens et Sami Zayn ne retourneront pas à SmackDown et sûrement à RAW à la place. Ou pas on ne sait pas ce qu’il se passera mardi. Mais quelle année compliquée pour deux catcheurs qui méritent tellement plus. Leur jour viendra – ou reviendra pour Owens qui a déjà eu une opportunité malgré tout avec le titre Universal – mais c’est un peu pénible de les voir passer après tout le monde.

Pour Daniel Bryan par contre, tout recommence. Pas de diving headbutt, quelques modifications mais un in-ring qui reste dans le fond celui du catcheur que l’on a apprécié et c’était probablement là le principal derrière ce match, revoir Daniel Bryan sur un ring, le plus naturellement du monde. Reste plus qu’à se débarrasser de ce rôle de General Manager, ce qui devrait arriver vite.

Très honnêtement, à ce stade, la pénibilité se fait ressentir que ce soit devant notre télévision ou même dans les réactions du public, on sait qu’il reste quatre matchs et presque une heure et demie de show à ce moment-là, et c’est incroyablement long. Surtout quand c’est mal construit. Le match féminin de RAW entre Alexa Bliss et Nia Jax a été très dur à encaisser. Sur courant alternatif, le match a été marqué par un manque d’intensité.

Le match s’est passé avec le frein à main où Nia joue un peu au chat et la souris avec Alexa Bliss et finit par mettre deux gros mouvements victorieux mais avant cela on avait retrouvé la Nia Jax qui semble y aller à moitié, avec la peur au ventre de faire mal à sa collègue. Une sale habitude, surtout pour la désormais championne dans un match vraiment très oubliable.

Styles et Nakamura ne sauvent pas la fin du show

Difficile de satisfaire tout le monde surtout quand on est attendus à ce point. C’était la dure mission de AJ Styles et Shinsuke Nakamura. On attendait beaucoup de ce match et il était loin d’être mauvais. Il y a eu de très bon moves et de bons échanges. Mais entre un public un peu amorphe et le niveau attendu, on reste clairement sur sa faim une fois le compte de trois effectué. Ce Styles Clash en contre du Kinshasa était cool, mais conclut un match qu’on a trop voulu voir décoller sans jamais le voir vraiment prendre son envol.

L’angle d’après match avec le heel turn est plutôt cool par contre et devrait relancer un match entre les deux, surtout que l’un des tombés de Nakamura semble faire le compte de 3 mais que l’arbitre s’étant trompé, le match a continué avec juste une remarque des commentateurs. Il aurait peut-être fallu plus de jeu des catcheurs pour marquer cela mais quoiqu’il arrive ce sera tout de même réutilisé.

AJ Styles tient toutefois une nouvelle victoire à WrestleMania avec le titre cette fois-ci et aura du boulot à SmackDown avec le heel turn de Nakamura et le retour de Daniel Bryan, de quoi rester positif à la fin de cette confrontation, malgré l’attente un poil déçue.

Et puis, vu que tout le monde est plus ou moins chaos, The Bar débarque en char de défilé. Parce que la Nouvelle-Orléans et c’est tout. On attendait de savoir le partenaire de Braun Strowman, on a eu un enfant du public, Nicholas – qui serait le fils d’un des arbitres de la WWE pour tout vous dire – qui est venu pour accompagner Braun Strowman en démonstration. The Bar a vaguement existé avant de perdre leurs titres. La division tag team, balayée en dix minutes si l’on combine les matchs pour les titres de RAW et SmackDown Live. Une tristesse réelle quand on compare au reste de l’année où elle fait souvent le plaisir des fans en début de show.

Une victoire toutefois attendue, on verra où l’angle va si une personne du public va être prise à chaque fois et surtout à quel point les équipes vont se faire enterrer. On est déjà en train d’imaginer les matchs de The Revival ou du Club qui se fait balayer par le Monster Among Men.

Roman Reigns n’est pas un héros

Que cherche la WWE avec ce main-event ? Après un booking fluide, si limpide, elle a voulu jouer à contre-pied probablement en offrant cette victoire finale à Brock Lesnar. Mais à quel prix ? Un match pénible à regarder et encore pire que le main-event de SummerSlam 2016 entre Brock Lesnar et Randy Orton. Parce que ça résonne creux, la violence de Lesnar, on la connaît, les trois mouvements qu’il a, on les connaît. On a banalisé dans nos esprits la brutalité que montre Brock Lesnar sur le ring, et c’est terrible à dire, on devrait pas.

Mais l’on sait, on sait que ces matchs seront très lents, brutaux et souvent à sens unique. Roman Reigns a très peu vu le jour dans ce match. Pourquoi ? C’était son heure, prendre le titre, malgré tout et faire avec ce public qu’il a maintenant appris à plus ou moins gérer. C’est pas un face naturel Roman Reigns, il a une belle gueule mais c’est pas un héros. Et c’est pas en le faisant saigner autant qu’il deviendra un héros ou un martyr ou ce que vous voulez. Le Roman Reigns depuis deux ans, c’est un compétiteur. C’est un gars qui doit faire abstraction du public et qui est là pour prouver qu’il est le meilleur. On me dira c’est le but de tous mais dans la manière, le personnage de Roman Reigns l’est constamment.

L’Undertaker, la rivalité avec Strowman, la quête du titre sont des objectifs totalement égoïstes, absents de connexion avec le public. La vague défense des full-timers contre les part-timers, c’était un prétexte pour ne pas se faire emmerder et avoir les mains sur Lesnar. Le but du match n’aurait pas dû être de faire résister Roman Reigns mais bien de le faire se dépasser. Et là, on vient d’éliminer la dernière chance du roster principal de se défendre. On zappe cette génération au profit de ce gars et c’est terrible.

Ce show a été très concentré sur le match, assez peu de pur entertainment par rapport à d’autres années mais un truc ne change pas c’est que le main-event il est toujours pour un vieux avec Roman Reigns. Triple H, l’Undertaker, Brock Lesnar, à des rythmes différents, c’est pas des personnages qui ont un gros futur à la WWE. Et c’est pénible de se coltiner ses gars pour qu’ils aient de la heat – vu que les gens en ont en grande partie marre – et toujours plus forcer Roman Reigns à jouer les héros auprès de la foule.

C’était long, pénible, une brutalité à sens unique qui ne marche jamais parce qu’on vient voir des matchs de catch pas des exécutions. Ce n’est même plus choquant, c’est déprimant et au bout de sept heures, c’est pas emballant. Vous voulez un match violent ce week-end mais hyper intéressant ? Y a Johnny Gargano vs Tommaso Ciampa. Les deux se sont défoncés la gueule sans pisser le sang mais en marquant vraiment leurs coups et en rattachant cette violence à un sens, à une histoire, pas juste une démonstration de brutalité.

Alors ça chante « Boring », « This is Awful » autour de quelques chants « Let’s Go Roman / Roman Sucks ! » et on boucle sur Lesnar qui gagne, parce qu’apparemment on en a pas fini. Qui pour le battre ? Probablement personne dans ce roster, on attend de voir quel part-timer fera son retour pour vendre SummerSlam ou WrestleMania 35.

C’est du dépit qui ressort de ce match, une impression que la WWE ne veut pas passer à autre chose. Ça marche financièrement donc ça reste, et c’est déprimant face au début de soirée tellement plus prometteur. Le show s’est arrêté à mi-chemin en fait, un peu avec cette blague qu’était le match entre le Taker et Cena. Il y a de la déception, pas due à l’absence des résultats souhaités – là dessus un match comme Charlotte contre Asuka n’a pas déçu malgré un résultat inattendu – mais plus par rapport à l’impression que ce show, qui a deux, trois heures de trop presque, n’a pas été l’apogée qu’il est sensé représenté. Il a été bon par moments mais rarement exceptionnel, rarement passionnant, rarement excitant.

C’était WrestleMania, et c’était pas un mauvais show, c’était pas un bon show, c’était un show.

WrestleMania 34 : De la démesure à l’usure
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