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WWE Hell in a Cell 2018 : L’enfer, c’est Lesnar

Pour terminer son édition de Hell In A Cell 2018, la WWE a déjà ramené Brock Lesnar. Un choix qu’on imagine pour faire la promotion de WWE Super Show-Down mais qui gâche la fin d’un pay-per-view qui était pourtant bien parti.

SummerSlam passé, la WWE entre dans sa période de fin d’année où elle va dérouler tranquillement jusqu’au Survivor Series, en théorie. En automne, elle s’amuse rarement à transfigurer son main-event, et cela la rend un peu plus redondante. Du coup, pas de grosses surprises, un mois après son événement estival, la WWE conclue l’été avec des affiches similaires. Matchs revanches, affrontements au mieux des extensions ou des conséquences de précédentes rivalités, peu de nouveautés au programme de ce WWE Hell in a Cell 2018.

Les deux seules affiches qui sont « inédites » se trouvent en début de soirée, entre un kickoff pour les titres par équipe de SmackDown entre le New Day et le Rusev Day et un match Hell in a Cell qui fait l’opener entre Jeff Hardy et Randy Orton, qui se traînait autour depuis quand même un bon bout de temps. Un kickoff de très bonne facture entre le New Day et le Rusev Day où on a eu une version condensée d’un match qui, avec un peu plus de respiration et de temps, aurait pu être un show stealer potentiel. Les deux paires ont bien combiné et un match supplémentaire serait mérité.

Randy Orton, vipère perverse

D’une soirée avec au final assez peu de bouleversements, on retiendra avant tout quelques affiches phares avec en premier lieu tout simplement l’opener entre Jeff Hardy et Randy Orton. Le heel turn de ce dernier est plutôt satisfaisant parce que cela semble le motiver, pour preuve ce match où le multiple champion de la WWE va donner de sa personne, tout comme Jeff Hardy. Dans un Hell in a Cell assez précipité par rapport à la rivalité – pour quelle raison ce match a le droit à la cage et pas Samoa Joe contre AJ Styles par exemple ? – les deux hommes se sont livrés un match physique et assez spectaculaire avec en point d’orgue les prises de risques de Jeff Hardy et le sadisme de Randy Orton. Ce dernier point, on le verra par ce visuel du tournevis dans les lobes d’oreille qui ponctue une prestation plus que concluante pour les deux catcheurs dans la cage. Clairement la bonne surprise du show, car cette affiche ne partait pas forcément gagnante.

Un peu moins concluante mais solide, l’affiche entre Becky Lynch et Charlotte Flair a réservé un beau combat quand il s’agit de se concentrer chacune sur ses points forts, moins sur les enchaînements, un peu lourde, la confrontation entre les deux catcheuses a souffert de lenteurs et quelques botchs visibles compensés par la plutôt bonne histoire entre les deux. Une rivalité intéressante, simple et pas trop forcées malgré la confusion heel/face, c’est agréable dans la division féminine. Surtout quand la WWE fait le bon choix, une victoire de Lynch suivie d’une nouvelle affirmation de la catcheuse sans en faire trop. Pas d’injures ou de mauvais signes au public, Lynch a juste un problème avec Charlotte Flair et ne doit pas montrer de griefs envers le public qui la soutient actuellement. Elle est championne et la modestie de Charlotte Flair doit laisser place à son heel turn, qui lui, sera bien suivi.

Dans les affiches satisfaisantes, on ajoutera Samoa Joe vs AJ Styles. Le match pour le titre de la WWE, qui maintenant a sa place désignée en milieu de show, a eu moins de storytelling hors du ring mais a conservé les atouts du match de SummerSlam avec deux catcheurs expérimentés qui savent inventer autour de leur arsenal et offrir une belle confrontation. La fin est un peu plus perturbante. Car si le contenu in-ring tiens la route, la fin peut laisser un peu plus perplexe par rapport aux intentions de la WWE. Samoa Joe gagne par soumission en effet, mais l’arbitre ne le voit pas et déclare AJ Styles vainqueur par tombé. Une fin où Samoa Joe passe pour quelqu’un de volé au détriment d’un AJ Styles chanceux.

Les deux se retrouveront à Super Show-Down puisque Joe a le droit à une sorte de clause mais on ne peut s’empêcher de se demander si les rôles n’ont pas été inversés et si cette fin n’est pas trop maladroite. Le heel volé par un face, c’est peu commun et du coup on se demande ce que la WWE veut avec cette fin en dehors de justifier le match suivant puisque la demande de Joe est légitime, il a gagné, et que AJ Styles n’aura pas grand chose pour se défendre. Mais très bon match pour une rivalité qui est quand même encore sur de bons rails.

No Mode

Dans une registre un peu plus particulier, on peut reprocher quelques décisions dans les matchs plutôt étrange. En premier, dans le match entre The Miz & Maryse et Daniel Bryan & Brie Bella, où le final a été vraiment très brouillon entre un roll up assez peu esthétique pour ne pas dire mal exécuté et aussi le sentiment étrange que The Miz était dans un timing maladroit en terme de présence. De plus, le match s’est limité à une séquence homme et une séquence femme avec donc assez peu de variations et l’impression d’avoir vu deux matchs simples avec un match vraiment solide entre The Miz et Daniel Bryan puis entre Brie Bella et Maryse, où c’était plus compliqué et où Brie Bella perd sur un roll up sans avoir subi beaucoup d’offenses.

Seule séquence à quatre ou presque, les YES kicks en couple, qui finissent comme d’habitude par l’esquive des adversaires, dommage, il aurait été intéressant d’offrir un nearfall au moins à ce moment là.

Autre match où ça passe vraiment moyennement, c’est Ronda Rousey contre Alexa Bliss. Déjà, c’est assez énervant de voir autant de sidekicks alors qu’un seul, pour Alexa Bliss, suffirait. On a l’impression d’avoir vraiment des faire valoir autour du ring plus qu’un manager pro-actif ce qui déconcentre souvent de l’action.

Rousey a pu s’offrir une bonne démonstration de selling avec cette blessure aux côtes et a bien travaillé cette blessure permettant un match plus espacé mais où vraiment le suspense était totalement absent. Une victoire de la championne qui aurait grand besoin de passer aux choses sérieuses pour approfondir un peu son règne.

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Drôle de retournement dans le main-event de RAW depuis SummerSlam quand même. En un mois, Roman Reigns a retrouvé son Shield – mais est toujours autant hué, Braun Strowman est le heel de l’histoire alors qu’il est le premier à avoir été attaqué, puis s’allie avec Dolph Ziggler et Drew McIntyre dans une sorte de facilité d’écriture que l’on peut facilement imaginer.

« Bon, eux ils sont en rivalités, eux ils sont en rivalité, y a du pognon à se refaire sur le Shield, paf, ça fait des chocapics, tu m’as compris » a-t-on probablement entendu en coulisses lors de la décision. Un choix un peu décevant, où le Money in the Bank montre qu’il est de plus en plus négligé et mal utilisé mais aussi qui manque clairement d’originalité.

Reste qu’à défaut d’originalité, voir Drew McIntyre et son nouveau physique autour du main-event est assez plaisant, tant le catcheur a toujours eu ce recul sur son passage à la WWE et a acquis une certaine maturité avant de revenir, ce qui a dû aussi pas mal plaire à la WWE, qui peut très facilement construire le personnage puisqu’il existe déjà dans son histoire personnelle. Et ça se voit dans le match, McIntyre est beaucoup mis en avant par les commentaires anglais et est vraiment placé comme le physique imposant du duo, dans un style tout en puissance. De plus, quand on a Seth Rollins qui n’a plus touché terre depuis plusieurs mois, Dolph Ziggler enfin bien utilisé et Dean Ambrose qui a une bonne grosse dalle avec son retour, ça offre ce genre de match.

Très intelligent, avec des dynamiques bien définies et beaucoup de jeux entre les deux équipes pour faire monter la pression des gros tags et évidemment une qualité technique excellente. On ponctue le tout par un finish assez intelligent où Seth Rollins est en position de force et où, en plein prise sur Ziggler, il prend le pied de McIntyre dans la tronche. Ziggler fait le tombé, à moitié K.O., McIntyre vient le porter et part en seigneur avec Dolph Ziggler sur le dos, offrant vraiment cette sensation d’un combat où l’écossais a été le point fort de son équipe.

Ces quatre là, se retrouvent dans un main-event qui était déjà lancé entre Roman Reigns et Braun Strowman. Alors que tout semblait se diriger vers une bonne baston avec seulement les deux clans en intervention, on a eu le droit à un peu plus. Avant cela, les participants du tag team se sont retrouvés sur le haut de la cage pendant que Strowman et Reigns faisait une sieste et on a très vite fait d’oublier le match que l’on est sensé voir.

Ziggler et Rollins s’offrent un petit saut qu’il ne faudrait pas trop généraliser. On sait que ça fonctionne mais il ne faudrait pas banaliser un mouvement qui hype le public en live mais dont on voit de plus en plus les ficelles au fur et à mesure qu’il est répété chaque année.

Lesnar un jour, Lesnar toujours

Après tout le chaos entre les deux équipes, la musique de Lesnar retentit. On croyait être tranquille quelques mois, histoire de laisser les catcheurs à temps plein se disputer le main-event de RAW, mais c’était sans compter sur la persévérance dont fait preuve la WWE avec le client de Paul Heyman dont elle semble ne pouvoir se passer plus d’un mois. Le public l’accueille pourtant très bien, surtout quand il démonte la porte et attaque les deux participants du match, les laissant K.O et finissant le show sur ce premier Hell in a Cell sans vainqueur et un Brock Lesnar revanchard qui aura son rematch lors du prochain show en Arabie Saoudite, gros investissement de la WWE.

Toujours est-il que la WWE donne avec ce retour très rapide de Brock Lesnar une impression de choisir la facilité pour promouvoir ses grands événements en faisant venir un nom qui bien que n’étant pas un gage de qualité de spectacle, attire tout de même le spectateur lambda du produit WWE, toujours au dépend de ses Superstars à temps plein qui doivent à nouveau faire avec.

  1. Une fin qui sonne du coup comme un coup de promotion et on semble condamner à revivre l’été un peu fade du main-event de RAW. Mais force est de dire que le public live a très bien accueilli l’overbooking de la WWE — même si une fois l’antenne rendue les chants de mécontentement semblent avoir retenti dans l’arena — très probablement parce que la cage était impliquée, ce qui participe au spectacle.

Dans les faits, cela va du coup mettre le main-event en pause pour se concentrer sur le trois contre trois. C’est un peu dommage, et surtout on sent que Crown Jewel va aussi pas mal parasiter Survivor Series. Un calendrier surchargé après un show qui en dehors du main-event et où SmackDown Live offre tout de même les rivalités les plus accrocheuses. Le show n’a pas eu beaucoup d’accrocs hors de cette fin était surtout vraiment plaisant à suivre jusque là.

WWE Hell in a Cell 2018 : L’enfer, c’est Lesnar
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