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Culture Catch

Le N-1 Victory League, l’arche de NOAH

Le N-1 Victory League (anciennement Global League) de la Pro Wrestling NOAH est le plus jeune des tournois prestigieux du puroresu, mais sa place parmi les grands n’est plus à discuter.

Pro Wrestling NOAH

Fondée par feu l’illustre Mitsuharu Misawa, la Pro-Wrestling NOAH s’est imposée comme une promotion de catch majeure dans le paysage du puroresu aux côtés de la All Japan et la New Japan Pro-Wrestling. Toutes deux ont un tournoi désormais prestigieux depuis des décennies : le Champion Carnival pour la première et le G1 Climax pour la seconde.

La NOAH de son côté présente depuis 2010 sa Global League, désormais renommé N-1 Victory League, petit tour d’horizon d’un tournoi qui s’installe tranquillement à la table de ses deux consœurs.

La ligne verte

Un an s’est écoulé après l’accident qui a coûté la vie à Mitsuharu Misawa, mort sur le ring de sa propre promotion — les meilleurs des artistes meurent sur la scène. Les foules venaient pour Misawa mais aussi pour Kenta Kobashi, qui quant à lui doit combattre les récalcitrantes de son corps qui lui demande d’arrêter le catch, après tant d’années à donner de sa vie pour le divertissement d’autrui. La NOAH possède certes d’autres stars mais aucune d’entre eux n’arrivent ne serait-ce qu’à la cheville de ses deux artistes du ring.

La promotion décide dès lors d’instaurer un tournoi similaire à ses consœurs : la Global League. Pour cette première édition, c’est le choc de tous les grands noms : Jun Akiyama, Yoshihiro Takayama, Kensuke Sasaki, Takashi Sugiura, Naomichi Marufuji participent notamment au tournoi. Toshiaki Kawada est lui aussi de la partie, Dangerous K est toujours là pour distribuer des coups de pieds dévastateurs tout en rendant hommage à son illustre rival. Yoshihiro Takayama remporte cette édition aux dépends de Jun Akiyama.

Dès l’année d’après, le tournoi s’ouvre davantage : les jeunes peuvent croiser le fer avec les têtes d’affiches. On y retrouve notamment Kenta Miyahara, l’ace de la All Japan mais à l’époque un débutant et protégé de Kensuke Sasaki et Katsuhiko Nakajima, qui était le faire-valoir de la NOAH, une situation qui l’a mené à se diriger vers All Japan Pro-Wrestling. La compétition s’ouvre aussi aux gaijins : Bobby Fish y participe mais aussi Trevor Murdoch, le redneck de la WWE. Les têtes d’affiches se composent de KENTA, pour sa première apparition. Go Shizoaki, le champion GHC Heavyweight et des grands noms de l’an passé. Takeshi Morishima est le vainqueur en battant KENTA dans une sacrée opposition de styles : Morishima est un poids-lourd bien massif tandis que KENTA, il y dix ans, venait à peine de gravir dans la division poids-lourds avec un physique assez sec — mais légitime quand on voit les kicks de ce dernier.

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C’est par ailleurs KENTA qui remporte l’édition de 2012 en y battant Takashi Saguira. Le protégé de Kenta Kobashi se paiera au sein de sa poule des noms tels que Takeshi Morishima, champion en titre dans un match à charge de revanche, Go Shiozaki ou encore Muhammad Yone. Il tombera face à Yuji Nagata et ira jusqu’au temps limite avec Mikey Nicholls, Nick Miller à la WWE. Avant de se moquer, Nicholls et Shane Haste (Shane Thorne) étaient une équipe respectée à la NOAH avant de commettre l’erreur de signer à la WWE quelques années après. Les deux hommes affronteront notamment KENTA pour son championnat poids-lourds l’an d’après. Vous avez fait vraiment le mauvais choix les gars.

On arrive donc en 2013, une assez mauvaise année pour la NOAH qui est en proie à un problème de trésorerie. En cause des contrats assez juteux signés lors de l’apogée de la promotion quelques années auparavant. Kenta Kobashi coûte énormément cher, celui-ci souffre de multiples blessures et demeure le plus gros contrat tout en ne catchant pas, la NOAH décide donc de mettre fin à son contrat. Une action qui fait son lot de mécontents en coulisses : Jun Akiyama, Go Shiozaki, Yoshinobu Kanemaru, Kotaro Suzuki et Atsushi Aoki décident de quitter la promotion en guise de protestation et rejoignent tous la All Japan Pro-Wrestling où ils formeront BURNING, le clan que Kobashi et Akiyama avaient fondé quinze ans plus tôt. Pour l’anecdote, la NOAH s’est aussi fait étrier quelques mois plus tôt après la découverte d’un lien avec une branche de Yakuzas, toujours présents à extorquer tous les business possibles et inimaginables.

La surprise est de taille pour la Global League 2013, âgé de 45 ans à l’époque, Yuji Nagata remporte cette édition cette année là. Toujours au maximum de sa forme physique, le deux fois champion IWGP Heavyweight se promène et surtout accomplit sans précédent : Nagata est le seul homme à avoir remporté le G1 Climax (2001), le Champion Carnival (2011) et donc la Global League. Le patron. Il ira même ravir le championnat poids-lourds quelques mois plus tard des mains de Takeshi Morishima. Le patron.

2014 sera enfin l’année d’une victoire pour Takashi Sagiura. A la une, à la deux, à la trois… à la quatre. Saguira triomphe notamment de Yuji Nagata, Masato Tanaka et même Chris Hero, qui n’a jamais caché sa passion pour le puroresu. Hero finira tout de même second de son block juste derrière Saguira. De l’autre côté, c’est Daisuke Sekimoto qui s’est tapé un block avec Satoshi Kojima, Katsuhiko Nakajima et Naomichi Marufuji. L’ironie du sort, c’est d’avoir paumé face à Kojima et Marufuji avant de se faire corriger par Saguira.

Pro-Wrestling Suzuki-gun

A l’aube de l’année 2015, financièrement c’est toujours la panade. Tentant par tous les moyens de remonter la pente, elle faite donc appel à la New Japan qui lui envoie donc Minoru Suzuki et tous ses copains du Suzuki-gun à la rescousse… tout en plaçant Jado en tant que booker en chef. Pas besoin de vous dire que la NJPW va bien en profiter.

C’est ainsi que dans les mois qui suivirent les débuts de l’armée de Suzuki-gun, tous dans le clan se retrouvent tous champions avec Minoru Suzuki en tant que champion GHC Heavyweight, KES (Davey Boy Smith Jr. & Lance Archer) sont champions par équipes poids-lourds, Taichi est champion de la division Junior alors que sa place est largement chez les poids-lourds, et pour finir, El Desperado & Taka Michinoku raflent les championnat Junior par équipes. Certes, les ventes de tickets de la NOAH remontent en flèche mais d’un point de vue créatif, c’est très pauvre. Au moins, la Global League de 2015 revient à Naomichi Marufuji qui ira battre ensuite Suzuki avant d’être attaqué par Takahashi Saguira qui rejoint le Suzuki-gun dans le même temps. Une Global League 2015 qui verra cinq membres de la faction y participer et même notamment Shelton Benjamin atteindre les finales. Ne vous y méprenez pas, Benjamin au Japon c’était carrément solide. Saguira ira même humilier Marufuji en remportant le championnat poids lourds en janvier 2016.

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C’est aussi en 2016 que la Global League reviendra au Suzuki-gun, et c’est son leader en personne, le Roi Minoru qui la remporte en triomphant tout d’abord de Toru Yano, le champion en titre Katsuhiko Nakajima ainsi que ses alliés Lance Archer et Takashi Iizuka avant de défaire Masa Kitamiya en finale de la compétition. Un match de 35 minutes à voir qui révèle Kitamiya en tant que futur tête d’affiche de la NOAH.

En fin d’année 2016, le Suzuki-gun se fait botter gentiment l’arrière-train vers la sortie et effectue son retour le 5 janvier 2017 à la New Japan en s’en prenant à l’intégralité du clan CHAOS. Un coup dur pour la NOAH qui verra de nouveau ses fréquentations revenir à la baisse et une crise financière qui pointe à nouveau le bout de son nez.

Un avenir brillant

C’est une nouvelle ère qui commence avec la fin de l’arc Suzuki-gun et malgré les inquiétudes, la Pro Wrestling NOAH n’a pas dit son dernier mot. Des noms comme Masa Kitamiya ou encore Kenoh sont prêt à exploser, épaulés par des noms tels que Go Shiozaki, Katsuhiko Nakajima, Naomichi Marufuji et on en passe et des meilleurs, l’avenir est brillant. C’est ainsi que Kenoh, ce beau blondinet, remporte la Global League 2017 en se payant Go Shiozaki en finale. Tout d’abord débarqué de la Michinoku Pro en tant que junior, Kenoh s’est rapidement vu proposer une place parmi les poids-lourds et n’a jamais manqué de décevoir avec toujours d’excellentes performances tout en remportant le championnat poids lourds des mains du champion surprenant qu’était Eddie Edwards en décembre de la même année.

La Global League 2018 sera elle aussi un terrain pour l’explosion d’un jeune talent prometteur : Kaito Kiyomoya. Souvent comparé à Mitsuharu Misawa, ressemblance dont il joue souvent, le citant comme sa plus grande inspiration, Kiyomiya est revenu d’excursion le même soir de la victoire de Kenoh en le challengeant pour son championnat fraîchement remporté. Kiyomiya n’aura pas tout de suite le succès entre les mains mais les foules quant à elles admirent la pépite qui se produit juste devant ses yeux. Dans un block où il se retrouve avec Go Shiozaki, le champion Takashi Sugiura ou encore Maybach Taniguchi, Kiyomiya triomphe de presque tout le monde et mange Katsuhiko Nakajima, remplaçant de Naomichi Marufuji qui s’est sévèrement blessé à l’épaule, la tuile.

C’est ainsi qu’en 2019 la Global League subit un petit lifting, elle se nomme désormais la N-1 Victory League. Avec des blocks surprenants de cinq catcheurs, celle-ci ne verra pas la participation de Kaito Kiyomiya, alors champion GHC Heavyweight. Le tournoi invite notamment Alexander Hammerstonne de la MLW, Masaaki Mochizuki de la Dragon Gate et même El Hijo del Dr. Wagner Jr., fils et petit-fils des deux entités précédentes, références absolues de la lucha libre. Kenoh remporte cette édition et devient de ce fait le seul homme à avoir remporté le N1/Global League par deux fois. Il ne parvient cependant pas à battre Kaito Kiyomiya en décembre dernier dans un combat salué tandis que ce dernier concédera son or face à Go Shiozaki en janvier dernier et celui-ci demeure toujours champion à quelques jours avant le début du N-1 Victory 2020.

Sans autant être autant dans la légende qu’un Champion Carnival ou le G1 Climax, le N-1 Victory League est tout de même l’un des tournois phares du puroresu et est à suivre absolument chaque année. Le N1 Victory League 2020 va se dérouler du 18 septembre au 11 octobre prochain, la date du 23 septembre sera à suivre sur FITE TV au prix de 14$99.

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