Ring of Honor

ROH Final Battle 2020 : Un honneur bafoué

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Ring of Honor sauve son année 2020 sur Final Battle, l’un des seuls événements phares de la promotion qui a su se dérouler malgré la crise sanitaire. Voyons voir ce que donne ROH en 2020, on lui donne une chance.

ROH

Bien qu’elle pleure toujours le départ de The Elite depuis deux ans maintenant, la Ring of Honor se refait une santé petit à petit, malgré quelque bas. Comme tout le monde, la promotion de Baltimore a mangé les effets de la crise sanitaire et s’est vue annuler de nombreux événements phares tels que son show anniversaire ou encore Supercard of Honor.

Revenue aux affaires au mois d’août, Final Battle 2020 constitue le seul et unique pay-per-view de la ROH depuis son retour. Un autre événement phare de la promotion qui a été impacté par le virus où des noms comme EC3 ou Bandido furent contraint d’annulés après l’avoir contracté.

Sur la carte on retrouve des matchs pour toutes les ceintures — excepté pour le championnat féminin, ou comment tirer sur l’ambulance — avec les retours de Rush et Dragon Lee qui défendent leurs respectivement leurs titres mondial et de la télévision ou aussi Jonathan Gresham qui prend part à deux matchs de championnats, où il défend les championnats par équipes ainsi que le Pure, un titre renaît et fait spécialement pour lui.

Solide sur les appuis mais attention à l’élongation

The Foundation (Jonathan Gresham & Jay Lethal) ont battu Mark Briscoe & PCO pour conserver les championnats du monde par équipes. Face à leurs deux sauvages d’adversaires, Gresham & Lethal sont quelques peu décontenancés alors qu’ils défendent les valeurs pures du catch. Un opener qui fait le café mais qui manquait clairement d’intensité, c’était foutrement lent.

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Les champions par équipes ont clairement porter le match tandis que Briscoe a joué le trouble-fête avec quelques spots et bumps toujours aussi dangereux. Du côté de PCO, il peut toujours nous fasciner depuis son retour il y trois ans mais toujours est-il qu’il donne l’impression d’être l’oncle bourré au mariage qui se sent encore jeune et qui souhaite s’amuser avec la jeunesse. Malgré tout, il en a encore sous le capot et a pris quelques bumps assez sales.

Un match qui se termine sur un vieux petit paquet tout pourri de Gresham sur PCO après un petit carambolage entre les deux équipes. On pouvait clairement avoir meilleur comme opener.

Rey Horus a battu Dalton Castle. Un match complètement tombé du camion, Horus est champion Six-Man avec Flamita & Bandido, ce dernier a été testé positif au COVID-19 et donc retiré de la carte de Final Battle 2020. Un bon petit match d’une dizaine de minutes avec de la bonne action. C’était fluide et bien amené, on a pas eu le temps de s’ennuyer. Correct et solide, tout ce qu’on demande d’un match de milieu de carte.

Second match qui se termine sur un tombé en mode filou mais cette fois-ci un poil plus impression avec un inside craddle depuis la troisième corde, au moins y’a de l’idée.

Un affrontement qui aurait peut être mieux fait d’être l’opener. Castle, tout de même champion du monde ROH il y deux-trois ans, fait désormais la serviette.

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WCW 2000

The OGK (Matt Taven & Mike Bennett) ont battu The Righteous (Vincent & Bateman). Mike Bennett est de retour dans la promotion qu’il n’aurait dû jamais quitter et a retrouvé son pote Matt Taven, avec qui il formait The Kingdom avec notamment Vincent sous le nom de Vinny Marseglia ou encore Adam Cole.

Donner quinze minutes pour un match de ce calibre, on a manqué de taper une petite sieste durant le match. Vendu comme un grudge match, ces derniers sont souvent intenses, c’est un règlement de comptes. Que c’était lent et chiant. Une action bien trop poussive malgré quelques petits spots mais c’est dur à encaisser.

Les faces gagnent le match mais se font totalement démonter par la suite où Bennett se prend un coup de chaise dans les chevilles, qu’il vend comme un goret. Overselling/20.

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Danhausen a battu Brian Johnson. Rassurez-vous, l’homonyme membre de AC/DC ne s’est pas mis au catch mais ce dernier se révèle être le dernier rempart du clownesque Danhausen s’il souhaite signer un contrat à la ROH.

On a donc vu pendant dix minutes un mec tabasser le Cara Noir du pauvre tout en commentant le passage à tabac agrémenté de quelques retours à l’attaque de son adversaire. On finit où un ref bump où une fausse dent de Dauhensen termine dans l’oeil de l’arbitre lui permettant de faire une Eddie Guerrero avec le micro. Que d’originalité.

L’arbitre reprend le micro à Johnson et remarque les traces du maquillage du catcheur au sol, donnant donc la victoire à Dauhensen par disqualification et qui glane son futur contrat. Vince Russo s’est confiné à Baltimore ?

Enfin du bon catch

Dragon Lee a battu Tony Deppen pour conserver le championnat du monde de la télévision. Deppen a remporté son droit de challenger Lee après avoir gagné un four way dans le pre-show de la soirée. Un petit indy darling dont on sait qui ne nous décevra pas.

Enfin un bon match durant ce Final Battle 2020. Un match bien physique et intense, ça claquait fort entre les deux hommes. Deppen est connu pour être parfois assez stiff et le champion a en fait les frais. Lee, quant à lui, a usé de nombreuses prises pour venir à bout de son adversaire. Celui-ci est même parfois passer à deux doigts de la victoire.

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Après avoir enchaîné violemment Deppen, qui se sort de toutes ses tentatives de tombé, Lee finit par l’achever d’un gros coup de genou en pleine face. On n’a pas été déçu, super match.

Shane Taylor a battu Jay Briscoe. Un nouveau match tombé du camion où l’aîné des frères Briscoe devait affronter EC3, depuis testé au COVID-19, le laissant bredouille pour ce vendredi soir.

Un genre de match complètement typique pour souffler avant les combats de championnat pour le titre Pure suivi du titre mondial. Grosse opposition lente mais physique entre les deux hommes. Taylor est parvenu à primer grâce à son imposant physique tandis que Briscoe a tenu grâce à sa fougue. Néanmoins, celle-ci n’a pas duré et Taylor s’impose en explosant son adversaire.

Fort de son succès, l’ancien champion de la télévision envoie des petites menaces envers le champion Rush, s’il conserver sa ceinture ce soir.

La pieuvre est excellente

Jonathan Gresham a battu Flip Gordon pour conserver le championnat Pure. Voilà que Gordon se prête au domaine du pure wrestling face au maître dans le domaine qu’est Gresham, après avoir remporté le titre quatorze ans après sa désactivation des mains de Tracy Williams.

Un match long de près de vingt-cinq minutes durant lequel les deux hommes vont prennent leur temps. L’action se pose lentement mais posément tandis qu’ils essayent de chacun de se briser les os et plier les muscles. Gordon utilise dans les premières cinq minutes ses trois rope breaks accordées, le mettant directement dos au mur.

Bien que le champion domine, le Mercenary parvient dans la seconde moitié du match à prendre l’ascendant et forçant Gresham à utiliser à son tour ses rope breaks. Entre quelques séquences de grappling et de soumissions s’en incruste d’autres portées sur la voltige et permet de temps à autre d’apporter une certaine dynamique à l’affrontement.

L’Octopus conserve son championnat sur un arrêt de l’arbitre après avoir rendue la monnaie de sa pièce à son challenger avec notamment une énorme back suplex depuis la troisième corde avant de l’enchaîner de coups de genou en pleine poire, dont Gordon ne s’en rélève pas. Excellent match, assurément le meilleur de la soirée.

Jonathan Gresham devient par ailleurs le seul et unique homme à défendre et ce avec succès deux ceintures différentes lors d’un Final Battle.

C’était le main-event ça ?

Rush a battu Brody King pour conserver son championnat du monde de la ROH. Tout comme son petit frère Dragon Lee, Rush n’avait pas refoulé un ring de la Ring of Honor depuis février dernier et la crise sanitaire. Face à lui se dresse Brody King, l’un des seuls challengers crédibles du roster outre que son leader Marty Scurll, fallait juste pas profiter de mineures alcoolisées monsieur le Vilain.

Après la petite clinique pour le titre Pure juste avant, ce main-event est une véritable douche froide. Rush s’est sûrement gaver des matchs de son pote Tetsuya Naito face à EVIL cette année car ce combat y présentait beaucoup de similitudes. C’est juste une bonne grosse bagarre manquant beaucoup d’intensité.

King prend le match en main dans les premières minutes en faisant goûter les barrières ainsi que les poteaux du ring au champion avant que celui ne commence à tricher et partir sur de longues minutes à passer à tabac son challenger. Notamment avec des coups de barrières de sécurité ou encore l’étrangler avec les câbles de la production entourant le ring. L’arbitre ne se fait absolument pas respecter, c’est terrible.

Une fois revenu sur le ring, Brody King reprend une nouvelle fois l’avantage et pourrait presque gagner avant que ne débarque La Bestia del Ring venant lui flanquer un coup de chaise en plein dans le crâne et permettant à Rush de claquer son dropkick dans le coin pour conclure cette purge.

La Bestia del Ring est le père de Rush et de Dragon Lee, tous les trois virés du CMLL en septembre dernier. Seul le plus jeune rejeton qui fut le premier Dragon Lee est resté au Mexique où il endosse depuis le gimmick de Mistico, deuxième du nom. On termine ce Final Battle 2020 sur un finish complètement pourri et un match qui l’est tout autant.

The Foundation, la faction de Jonathan Gresham, accompagné de Jay Lethal, Tracy Williams et Rhett Titus, viennent défier celle de Rush, la Faccion Ingobernable. Un duel entre les seules têtes d’affiches viables de la promotion de Baltimore, car Vilain Enterprises se retrouve ce soir en hors-piste.

On ressort quand même de ce Final Battle 2020 avec un arrière goût bien amer voire fade. Malgré les matchs de Jonathan Gresham ou de Dragon Lee, ça reste quand même assez inconsistant en soit. Ce n’est même pas le roster qui manque en plus malgré les imprévus du virus. ROH est complètement passé à côté du prestige de son événement phare, qui commence progressivement à devenir l’ombre d’elle-même.

La Ring of Honor en 2020, c’est dur.

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