Pro Wrestling NOAH

NOAH Destination 2021 – Back To Budokan : Duel de générations

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Ce vendredi 12 février, la Pro Wrestling NOAH effectuait son retour au mythique Nippon Budokan pour un show qui a fait énormément parler de lui.

Pro Wrestling NOAH

Dans une période morose où rien n’est propice à la réussite, quelques nouvelles peuvent faire un grand plaisir : telle que le retour de la Pro Wrestling NOAH au sein du Nippon Budokan, une arène chargée d’histoire et surtout chère à celle de la NOAH. Onze ans se sont écoulées depuis le dernier show produit par la promotion de feu Mitsuharu Misawa au sein de la mythique salle.

À l’occasion, la Pro Wrestling NOAH a une nouvelle fois changé de logo, ramenant de nouveau la couleur verte au centre de celui-ci bien que le design laisse de nombreux fans perplexes.

Au programme : Go Shiozaki affronte le légendaire Keiji Muto pour sa septième défense du championnat GHC Heavyweight, Kenoh défend le championnat GHC National face à Masakatsu Funaki, Jun Akiyam et Naomichi Marufuji affrontent les jeunes Kaito Kiyomiya et Yoshiki Inamura, Daisuke Harada met en jeu sa ceinture GHC Junior contre Seiki Yoshioka tandis que HAYATA et Yoshinari Ogawa défendent les titres GHC Junior par équipes contre Kotaro Suzuki et Ikuto Hidaka.

Nouvelle piqûre

STINGER (Yoshinari Ogawa et HAYATA) ont battu Kotaro Suzuki et Ikuto Hidaka pour conserver les championnats GHC Junior par équipes.

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À 54 ans, Yoshinari Ogawa, qui a connu l’âge d’or de la All Japan ainsi que celui de la NOAH, retrouve une nouvelle fois le Nippon Budokan et assure toujours avec trente-six ans de carrière derrière lui. Ikuto Hidaka, lui aussi vers la cinquantaine, assure mais reste plus en retrait, là où Ogawa a pris la plupart des offenses pour sa pomme. Bien que ça soit solide, il manquait un semblant de dynamique au match et cela paraissait un poil plat à certains moments. C’est correct mais peut-être qu’ils auraient pu faire mieux. On sent l’envie de bien faire pour ce retour au Budokan et cela est à retenir.

Le vieux singe qu’est Ogawa parvient à donner la victoire sur un petit paquet sur Hidaka pour conserver les ceintures comme un filou, c’est sa petite recette. En outre, Yoshinari Ogawa a serré la main de Genichiro Tenryu, son mentor, qui officie en tant que commentateur spécial aux côtés de Akira Taue et Kenta Kobashi.

Tu me fais tourner la tête

Seiki Yoshioka a battu Daisuke Harada pour remporter le championnat GHC Junior Heavyweight pour la première fois de sa carrière.

Onze minutes ont suffi aux deux protagonistes pour réaliser un bête de combat. Ça s’est mis sur le coin de la tronche sans ménagement et c’était bien stiff comme on aime dans le puroresu. Des grosses tatanes, de la voltige et des prises de risques comme un Moonsault bien topé de Yoshioka à l’extérieur, c’est ça qu’on veut.

Yoshioka prend de plus en plus l’avantage et achève Harada à coup de pieds bien secs en plein thorax, ce dernier ne peut rien y faire. Il tente de reprendre l’avantage sur une german suplex avant de manger un nouveau coup de pied en plein dans le crâne et se doit de concéder le championnat GHC Junior à l’ancien champion des poids-légers de la Wrestle-1. Excellent match, show-stealer.

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Duel des générations

Kaito Kiyomiya et Yoshiki Inamura ont battu Naomichi Marufuji et Jun Akiyama. La jeune et future garde la NOAH face à la vielle garde. Kiyomiya et Inamura, en particulier le premier cité, représentent le futur de la promotion et leur mettre Marufuji et Akiyama, de retour à la promotion dans laquelle il a explosé, dans les pattes pour savoir s’ils valent vraiment les louanges qu’ils méritent.

Jun Akiyama reçoit une ovation du tonnerre et montre son tempérament d’entrée : ne pas respecter ses adversaires. Il va s’amuser d’Inamura et prendre plaisir à démonter Kiyomiya. Il y va comme un malpropre et c’est hilarant à voir. De son côté, Marufuji se montre plus respectueux mais prend tarif pour Akiyama, qui pendant ce temps-là prend l’un des deux jeunes à parti à l’extérieur.

Les jeunes tiennent la dragée haute aux vétérans, Inamura use de sa force pour faire valdinguer Marufuji et rivaliser avec Akiyama, qui garde encore une bonne forme physique à tout de même 51 ans. L’alchimie régnant entre Kiyomiya et Inamura est à noter, qui peuvent être envoyés directement pour les championnats par équipes.

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Akiyama joue encore les malpropres, sauvant Marufuji en s’attaquant à l’arbitre tandis que Kiyomiya l’achève d’une Tiger Suplex. À deux jours d’affronter Tetsuya Endo pour son championnat KO-D Openweight, ce serait bête de faire prendre le tombé à Akiyama, qui témoigne enfin son respect à la fin du match.

Kenou a battu Masakatsu Funaki pour conserver le championnat GHC National. La nouvelle lubie de Kenou en ce moment est de défendre le championnat National contre des légendes des combats mixtes telles que Kazushi Sakuraba, Kazunari Murakami et désormais le plus beau morceau en la personne de Masakatsu Funaki.

Evidemment, le style de catch proposé par les deux hommes ne plaît pas. De l’hommage au shoot-style et surtout du Pancrase de Funaki et Suzuki : beaucoup de phases au sol et quelques paires de tatanes quand l’action repart sur les deux jambes. À 51 ans, Funaki est toujours aussi bon au sol et avec ses poings et ses jambes pour flanquer quelques paires de coups bien secs sur un Kenou qui ne peut envoyer que ses coups de pieds secs mais qui sont parvenus à sonner Funaki.

Muto au sommet

Keiji Mutō a battu Go Shiozaki pour remporter le championnat GHC Heavyweight pour la première fois de sa carrière.

La légende de Mutō Keiji n’est plus à faire : pilier de la New Japan dans les années 1990 puis de la All Japan dans les années 2000 ainsi que son personnage du Great Muta ont cimenté une carrière de l’un des plus grands noms du catch japonais. Cependant, il lui manquait un exploit que seuls Kensuke Sasaki et Yoshihiro Takayama ont accompli : remporter les championnats IWGP Heavyweight, AJPW Triple Crown et GHC Heavyweight, et il manque à Mutō le titre que détient actuellement Go Shiozaki depuis plus d’un an.

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Certes, le match ne sera pas des plus exceptionnels quant à l’action physique proposée : Go Shiozaki joue les guides durant l’intégralité du match, d’une durée de trente minutes mais Keiji Mutō n’est absolument pas en reste. À son âge, il prend encore de sacrés chutes ce vieux briscard.

Shiozaki va user de nombreuses provocations pour faire éclater la colère de son adversaire telle que l’utilisation de son iconique Moonsault, bien qu’il l’emprunte à son mentor Kenta Kobashi mais qui demeure tout de même un pied de nez à celui-ci. Mutō tente par la suite de réaliser son Moonsault mais se défile, permettant ainsi au champion de reprendre l’avantage à un moment crucial. Néanmoins, ce dernier se montre un poil trop confiant et perd patience lorsque Mutō de tout son arsenal.

Dans un dernier élan à coup de lariats tel Kobashi Kenta, Go Shiozaki se fait prendre dans un hurricana transformé en petit paquet qui permet à Keiji Mutō de rejoindre le cercle fermé de Sasaki et Takayama. La foule du Nippon Budokan est abasourdie mais heureuse, Shiozaki n’en revient pas et ne souhaite même pas serrer la main de Mutō tandis que Kaito Kiyomiya débarque de nul part pour défier le nouveau champion, qu’il le snobe complètement.

Des réactions très partagées subsistent quant à cette victoire : pourquoi faire gagner le titre suprême à un vétéran de 58 ans ? Parce qu’il s’agit de Keiji Mutō, qui reste toujours au sommet de sa popularité au Japon. Cette victoire et les prochains moins vont permettre à la promotion de s’attirer une nouvelle foule venue assister au spectacle qu’offre encore Mutō après trente-six ans de carrière et qui reste en bonne forme.

On peut évidemment critiquer un choix purement marketing mais dans un business où la New Japan Pro-Wrestling domine largement le marché, la NOAH et sa consœur de la DDT tentent toute bonne technique pour ne serait-ce que titiller le gros poisson. Go Shiozaki se remettra évidemment de cette défaite, Kaito Kiyomiya profitera de l’aura d’une légende, tout le monde est gagnant. Au moins, la Pro Wrestling NOAH est parvenue à faire parler d’elle-même et c’est tout ce qui compte.

Pour son retour au Nippon Budokan, la Pro Wrestling NOAH a assuré et nous a offert un superbe show. L’envie de bien faire et la motivation qui en ressort donne un rendu attachant à l’événement ainsi que sur le ring. On imagine que de là où il est, un certain Mitsuharu Misawa doit être fier.

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