Japon

DDT Kawasaki Strong 2021 : Le boss final Jun Akiyama s’assoit sur son trône

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La DDT Pro-Wrestling produisait ce dimanche 14 février son Kawasaki Strong 2021 et a s’offre un show pouvant être facilement candidat pour être l’un des meilleurs de l’année.

DDT

Deux jours après le retour au Nippon Budokan de sa consœur Pro Wrestling NOAH, la DDT Pro Wrestling produisait Kawasaki Strong 2021 au sein de la ville de même nom en ce jour de Saint-Valentin. Au programme : Jun Akiyama se mesure à Tetsuya Endo pour le championnat KO-D Openweight, le jeune Yuki Ueno met en jeu le titre Universal conter Yukio Sakaguchi, les deux factions dominantes que sont ALL OUT et DAMNATION se rencontrent et tout cela dans une ambiance fun saupoudrée des matchs complètement barrés si chers à la DDT.

De l’électricité et des fesses, bienvenue à la DDT

Hideki Otani & Mizuki Watase ont battu Yusuke Okada & Toi Kojima. On envoie directement au charbon les petits jeunes en opener. Otani & Watase sont membres du Junretsu mené par Jun Akiyama. Yusuke Okada, désormais à la DDT après son départ de l’AJPW pour suivre les pas de son mentor Akiyama souhaite rejoindre sa faction, sauf que ces adversaires s’y opposent. Un opener qui fait le café dans lequel Okada tente tant bien que mal de se montrer sur son meilleur jour pour impressionner le boss Akiyama.

Antonio Honda, Kazuki Hirata, Shinya Aoki & Super Sasadango Machine ont battu Danshoku Dino, Makoto Oishi, Sanshiro Takagi & Toru Owashi pour remporter les championnats KO-D Eight Man. À l’origine un titre à cinq, la DDT a rendu les titres vacants, faute de défenses, en fin d’année et a annoncé qu’ils devenaient par la même occasion des titres à quatre. Des ceintures évoquant surtout de la comédie comme la DDT sait en faire. Du grand n’importe quoi. Un match qui se concentre sur Kazuki Hirata, danseur dans l’âme et qui souhaite danser pour le public mais on en l’empêche toujours.

Alors qu’Hirata parvient à avoir son moment, l’électricité se coupe subitement. Antonio Honda a dès lors la solution : Danshoku Dino. Les fesses de ce dernier sont conductrices d’électricité et permettrait ainsi de remettre le courant en route. Petit problème : le générateur est trop loin pour l’atteindre. Honda, de son meilleur Too Sweet enfonce ses doigts dans la raie de Dino et s’électrifie à son tour et tous les catcheurs suivent le mouvement jusqu’à parvenir au générateur. Vas-y Hirata, c’est ton moment !

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Cependant, Dino est est à court d’énergie et s’effondre sur les cordes du ring. Dépité et au bord des larmes, Hirata est au bord de l’implosion. Néanmoins, Shinya Aoki met la main à la pâte et met son postérieur en évidence pour permettre de remettre le courant. Remercions Aoki et la puissance de sa raie. Hirata claque ses meilleurs pas de danse pendant que les autres sont électrocutés tandis que Sanshiro Takagi tente le tombé en filou et se fait avoir à son propre jeu. C’est souvent une histoire de fesses à la DDT et de blague salaces quand on comprend le japonais.

Maya Yukihi & Saki Arai ont battu Miyako Matsumoto & Saori Anou. Unique match féminin où l’animosité se ressent entre chacune des femmes et durant lequel ça va se mettre sur la figure sans ménagement. Anou semble être la pote gênante du groupe et ses adversaires n’y vont pas de main morte pour l’humilier mais celle-ci tient le coup. Une bonne dizaine de minutes appréciables qui permettent aux femmes de se démarquer tandis que Matsumoto en a tellement marre d’Anou qu’elle la laisse se faire battre par ses adversaires.

Maki Itoh dans ses œuvres

Chris Brookes, Maki Itoh & Super Delfin ont battu Keigo Nakamura, MAO & Mirai Maiumi. Pour les puristes, Super Delfin faisait office ici de celui qui allait rendre hommage aux matchs complètement barrés opposant la Michinoku Pro de son pote Jinsei Shizaki et sa Osaka Pro. À l’image, on nous offre un match hilarant et fun à souhait avec quelques touches de bon catch.

Maki Itoh, qu’on verra dans le World Title Eliminator japonais de l’AEW, n’arrive pas à s’entendre avec Delfin, qui n’arrête pas de le frapper par inadvertance et celle-ci se met en colère et quitte le ring avant d’être réconforté par ses deux coéquipiers. Brookes, quant à lui, ce bon vieil anglais se demande où il est d’où son côté passif hilarant. MAO, habitué à la comédie qu’aux combats sérieux y met de sa personne comme le jeune Nakamura, dont le travail des expressions faciales est aussi très drôle. Chacun apporte sa pierre à l’édifice et c’est génial.

La paire Itoh et Delfin fonctionne à souhait et nous fait marrer comme pas possible tandis que Nakamura prouve qu’il a un grand futur. Pendant ce temps-là, Brooke et MAO assurent le match par quelques bonnes envolées et confrontations, sans oublier Maiumi qui aura ses moment pour briller.

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Un match à six sans règles qui voit les femmes se confronter aux hommes et leur mettre quelques raclées, notamment Nakamura qui prendra cher de la part de Itoh, sur qui elle réalise le tombé gagnant. Il tarde de voir l’excellente Maki Itoh du côté de Jacksonville. Un match des plus hilarants à l’humour plus subtil mais tout aussi grinçant.

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Les damnés y vont à fond

HARASHIMA & Yuji Okabayashi ont battu Kazusada Higuchi & Yukio Naya. Confrontation intéressante entre les vétérans, l’étoile montante Higuchi qui ne demande qu’à exploser ainsi que Naya, aussi grand que large. Higuchi, en qualité de champion KO-D Tag Team avec Yukio Sakaguchi, se retrouve confronté à deux vétérans qu’il aimerait bien terrasser mais Naya donne l’impression qu’il est un boulet pour son partenaire et on sent directement que ça ne sera pas de bonne augure pour ces deux-là.

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Malgré tout, la jeune génération domine en début de match et Higuchi surpasse complètement HARASHIMA avant de prendre Okabayashi en pleine poire, d’une taille similaire là où l’Ace de la DDT fait office de poids léger contre les autre trois autres colosses. Chacun y va sans ménagement mais l’expérience prime et Naya se fait avoir bêtement et s’incline face à HARASHIMA sur une Meteora.

Assez dommage de faire perdre les jeunes là où une victoire des jeunes permet une bonne mise avant face à deux vétérans qui n’ont plus rien à prouver sans pour autant passer pour des moins que rien. Une défaite qui dessert Higuchi, dont les hautes sphères de la carte ne font que l’attendre. Il a le style, le talent et l’étoffe pour y parvenir. Couplé au fait qu’il dégage une aura de bon gros tough guy sur le ring.

ALL OUT (Akito, Konosuke Takeshita, Shunma Katsumata & Yuki Ino) ont battu DAMNATION (Daisuke Sasaki, Mad Paulie, Soma Takao & Yuji Hino). Les deux factions les plus dominantes de la DDT s’affrontent et chacun s’est efforcé à y aller à 110% pour réaliser un superbe match, surtout dans une configuration à quatre contre quatre. Certains cognent, d’autres volent dans les airs, chacun apporte son style. Les deux (H)ino sont les stars du match et se rentrent dedans comme des gorets. Takeshita, l’une des têtes d’affiches, laisse son ego de côté en faisant briller tous ses alliés. Chez DAMNATION, Sasaki laisse aussi ses potes se démarquer, lui veut juste utiliser des chaises et des échelles.

Bien que ce match soit des plus disputés, il y demeure toujours cette dose de fun si chère à la DDT et nous offre des moments où tout le monde s’empile l’un sur l’autre à coup de splashs sur la troisième corde avant que Daisuke Sasaki casse le tout d’une descente du coude, Yuji Hino qui n’arrive pas à balancer ALL OUT sur l’échelle entreposée à l’extérieur ou encore des german suplex à la chenille.

Yuki Hino donne la victoire à sa faction avec une paire de spears bien secs sur Mad Paulie. Ce pourrait être le show-stealer que ce ne serait pas étonnant.

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Le marchand de sable

Yuki Ueno a battu Yukio Sakaguchi pour conserver le championnat DDT Universal. Une affiche très attendue pour les fans de la DDT où le jeune et fringuant Yuki Ueno faisait face au terrible Yukio Sakaguchi, aux allures d’un yakuza, entouré de ses deux coéquipiers de Eruption : Kazusada Higuchi et Saki Akai.

Sakaguchi partait favori après avoir dominé Ueno durant les shows précédents Kawasaki Strong 2021. De son passé de pratiquants d’arts martiaux — transmis par le paternel Seiji Sakaguchi, catcheur prolifique pour Antonio Inoki lors des jeunes années de la NJPW — Yukio semble être un sacré défi pour Ueno, qui a bien du mal à se sortir de toutes ses prises de soumissions, qui sera la grande trame du match.

Le champion Universal se sait plus faible s’il va au corps-à-corps et opte ainsi pour des coups furtifs et prime de ses habilités en voltige pour tenter de prendre le dessus sur Sakaguchi. Sa vivacité lui permet aussi de s’extirper des tentatives de soumissions de son adversaire.

Une opposition assez intéressante où ça va se fracasser à tout va, Sakaguchi montrant qu’il est dur comme de la roche tandis que Ueno ne sait plus comment le faire plier mais parvient à percer son secret en prenant Yukio Sakaguchi dans son propre jeu en arrivant à le prendre dans une sleeper hold qui doit obliger l’arbitre à arrêter le match puisque Sakaguchi ne répond plus.

En gage de son respect, le vaincu offre la ceinture à Ueno qui lui renvoie l’ascenseur en le congratulant au micro.

Jun Akiyama, boss final de la DDT

Jun Akiyama a battu Tetsuya Endo pour remporter le championnat KO-D Openweight pour la première fois de sa carrière. Après avoir remporté le D-OU Grand Prix 2021 au mois de décembre tout en se payant une seconde fois Konosuke Takeshita, Jun Akiyama et ses 51 ans, ressenti 32, partaient à l’assaut de Tetsuya Endo, champion prolifique depuis sa victoire contre Masato Tanaka en juin dernier.

À l’occasion de ce main-event, Kenta Kobashi débarque au ring pour présenter la ceinture. Le frisson lorsque sa musique d’entrée retentit. Le COVID-19 qui nous empêche d’entendre la foule scander son nom. Ceci est un crime de la plus haute importance. Ça sert la paluche de Endo, comme un enfant devant Kobashi. Même traitement pour Akiyama, avec qui il est grand copain et victime de ses nombreuses blagues au sarcasme grinçant au fil de sa carrière.

Là où on a l’habitude de voir Jun Akiyama catcher comme un malpropre, c’est cette fois-ci Tetsuya Endo qui endosse le rôle avec notamment quelques interventions de ses coéquipiers de DAMNATION, à qui il dira gentiment de rester en dehors ses affaires. Endo profite ensuite des genoux en vrac d’Akiyama pour prendre l’avantage, ce dernier vend comme un goret pour mettre en valeur le champion, qu’il lui rend tout aussi bien avec quelques séquences où il en prend plein la tronche. Exploder Suplex, Piledriver, des soumissions et quelques paires de genoux : tout y passe dans la tronche d’Endo.

C’est brutal à souhait et on sent que Tetsuya Endo ne joue pas encore dans la même que son aîné, du moins il n’a pas l’énergie nécessaire. Jun Akiyama n’a plus qu’à l’achever de son Exploder suivi de Sternness Dust Gamma pour terrasser son adversaire et s’adjuger un titre duquel amènera de nombreux yeux sur le produit de la DDT.

Au micro, Akiyama montre son respect envers le vaincu, dit quelques blagues à la foule présente avant d’annoncer l’homme qu’il souhaite défier : Kazusada Higuchi. On soupçonne Jun Akiyama d’avoir quelques réminiscences de son temps à la All Japan où ça se fracassait comme des tarés sans aucun grand ménagement. On espère qu’Higuchi parviendra à lui rappeler ces années-là.

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DDT Kawasaki Strong 2021 est en somme un très bon show. Rien n’est à jeter. La première partie, toujours fun, remplie son contrat mais n’oubliez que les fesses ne sont seulement conductrices de courant dans le monde du catch. De l’humour un peu enfantin au plus subtil, chacun y trouve sa came. La seconde partie, davantage plus sérieuse, nous a offerte de sacrées affiches qui ont elle aussi été à la hauteur des attentes.

En conclusion, la NOAH comme DDT, formant Cyberfight possèdent un point commun : elles aimes leurs vétérans, qu’elles ont toutes deux signer cette semaine.

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