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Lockdown 2013 : Un virage sans surprise

En ce mois de Mars, la TNA abat une carte importante. Le destin de la TNA peut basculer avec les affrontements opposants des membres du roster aux Aces and Eights. Mais la TNA passe aussi un grand test dans son traditionnel deuxième pay-per-view de l’année en importance mais également deuxième pay-per-view dans cette année réduite en show de catch gratuit de 3 heures le dimanche soir. Autant dire que le test ne doit pas être raté au sein de l’immense Alamodome en configuration ancienne salle des San Antonio Spurs et garni au tiers, environ, 7000 spectateurs étant massés sur toute la partie inférieure autour du ring. Ce qui au final rend un rendu visuel plutôt sympa.

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En ouverture ça matche traditionnellement, et là encore le but d’en mettre plein les yeux à des fans très libres chambrant parfois par des pancartes, était visible. La X-Division compte pour des cacahuètes pour la TNA mais parvient à s’exprimer dans un match triple menace opposant Kenny King le champion récent à Zema Ion et Christian York. L’absence de Rob Van Dam est curieuse car ce dernier n’a pas eu de rematch. Mais même sorti de nulle part, ce match apporte de la bonne action in ring, avec une constante recherche de l’innovation par un Zema Ion excellente surprise car pour une fois étonnamment propre et bon dans ses prises de risques du début à la fin, comme sur le saut à l’extérieur, l’hurricanrana de la troisième corde qui était une superbe combinaison à trois, ou encore le superbe DDT en partant des cordes. Christian York l’expérimenté mais le plus jeune à la TNA parmi les trois a été plus terre à terre, concentré sur les basiques alors que Kenny King a lui déçu, manquant de fluidité dans ses gestes et ratant notamment un cutter aérien où il est passé complètement au travers. Cela dit après ces considérations techniques, le match est dans l’ensemble bien ficelé et malgré une victoire de King pas vraiment remplie de panache, le spectacle a été présent.

Dur de dire la même chose ou de parler réellement de technique dans le match suivant. Un match aussi rajouté à l’arrache, sans fil conducteur, pour remplir la carte. Joseph Park est donc un personnage entier maintenant sur le ring (RIP Abyss) et Joey Ryan est ressorti du sex shop où il était cloitré depuis quelques semaines. Mais il a décidé d’être le sex toy humain, un petit gabarit absolument inoffensif et balayé de façon ridicule par un Park s’asseyant simplement sur lui, tel un gros patapouf. Du comedy wrestling au final, si on veut être gentil, sinon ce serait plutôt une pause pipi.

Tiens ce mot est à la mode avec les Knockouts en action à trois sur le ring. Pour le titre Knockouts, la championne Velvet Sky revenue à des habits plus en standing avec ce qu’elle est habituellement (donc pigeons lose) affronte Gail Kim, particulièrement en verve sur le ring ces temps-ci mais freinée par l’arbitre Taryn Terrell, qui manque clairement de neutralité. En même temps elle a pris des leçons d’Earl Hebner. Donc malgré quelques belles choses, c’est surtout Gail Kim se chiffonnant avec Taryn Terrell qui sera le coeur du match. Terrell ne digère pas une claque de Kim et l’attaque, la distrait et Velvet peut placer son finish et conserver. Mais ces femmes manquent clairement de sportivité.

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En parlant décidément de pause pipi, il y a même le temps de se préparer un repas car un match en revanche construit lui dans la rivalité, se déroule, malheureusement. Oui, malheureux car Robbie E et Robbie T n’ont pas le matériau pour figurer dans un des quatre pay-per-views de l’année, surtout là en un contre un. Le match ne présente aucun intérêt à part celui de faire briller le Ryback gallois, Robbie T, qui sort vainqueur facilement.

Le match qui suit est en revanche bien plus attrayant. Ouf, Bobby Roode qui était agent libre jusqu’à la veille du PPV, bourde administrative habituelle de la TNA, a signé à temps son contrat et rejoint donc Austin Aries qui ne défendra pas son titre tout seul. En face les deux précédentes équipes championnes, Bad Influence de Christopher Daniels et Kazarian et Hernandez et Chavo Guerrero. Bonne surprise encore car ceux qui jusque là n’apportaient pas d’émotion sur le ring et n’exaltaient pas la passion en tant que champions vont être à la hauteur. Chavo et Hernandez dominent même essentiellement, sans doute l’air du Texas dont ils sont originaires. Evidemment ce match est plutôt rythmé avec ces trois équipes ne lâchant rien. Bobby Roode et Austin Aries sont peu à leur affaire mais sont aussi sous contrôle. Ils n’apparaissent en fait pas en réelle difficulté, ce qui est une grande force, et leur cohésion collective dans la filouterie et la connaissance des règles permet à Bobby Roode de profiter d’un frog splash de Chavo sur Daniels. Il avait tagué Chavo donc il a pu être l’homme légal pour faire le tombé final. Un vrai job de renard.

La cage qui a l’habitude d’être à l’affiche de Lockdown est montée pour les trois derniers combats. Le premier est le plus désagréable. Wes Brisco affronte Kurt Angle. Le jeune Brisco, auteur du pire match de l’histoire du Gut Check, et bien un Ace and Eight et se frotte à son « professeur ». Merci le pistonnage du nom qui y fait beaucoup. Bref, Kurt Angle a mal choisi son moment pour sortir un tee-shirt de soutien pour la lutte, menacée de disparaître des Jeux Olympiques. Car il ne se passe concrètement pas grand chose. Angle fait deux angle slams, un ankle lock, et voilà c’est tout. Brisco ne fait strictement rien, et gagne miraculeusement. Un seul arbitre contrôle donc un match en cage ce qui fait que le rejeton Hebner, sonné et mettant tout le temps possible et inimaginable à se relever, ne voit pas Angle sortir tranquillement de la cage, mais il voit plutôt Brisco toujours KO, porté littéralement à l’extérieur par son vice-président D-Lo Brown qui lui mâche tout le boulot. Manque de panache évident, cela était couru d’avance, mais tache évidente dans le CV d’Angle.

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Suite de la thématique Aces and Eights vs TNA avec le Lethal Lockdown. L’équipe Sting, composée de Sting donc avec James Storm, Magnus, Samoa Joe et le revenant Eric Young affronte les Aces and Eights de Devon, Garett Bischoff, DOC, Mike Knox et Mr Anderson. Dans ce match tournant énormément à l’avantage de la Team TNA, la jouissance de voir Garett Bischoff se prendre une superplex l’emporte presque sur l’absence d’action réelle. La différence est trop forte, surtout quand Sting arrive du supermarché avec tous les objets qui peuvent être utilisés. D’habitude, les chaises, poubelles, kendo sticks viennent d’un plafond qui se refermait sur la cage. Or, la salle même en configuration réduite est une grande salle, et le toit bien trop haut. C’est quand même un hic majeur vis-à-vis de la stipulation. Pas de sang, et finalement un elbow drop très aérien d’Eric Young sur Mike Knox pour finir par la victoire de la Team TNA. Décidément les matchs sont très déséquilibrés depuis une bonne demi-heure.

Pour la dernière demi-heure, il faut espérer un destin différent toujours dans la cage. Jeff Hardy champion poids lourd défend son titre contre Bully Ray, le beau fils du general manager. Le match a un rythme très disparate, avec un Hardy acceptant volontiers de se prendre tous les moves risqués dans la gueule comme il a l’habitude. Sale temps pour lui, dominé donc pas la puissance d’un Ray qui dirige la manoeuvre pour virer de la cage manu militari les inconscients Wes Brisco et Garett Bischoff. On reprend donc ensuite gentiment jusqu’à ce que beau-papa Hulk et l’épouse Brooke vienne tourner autour de la cage pour soutenir le nounours Ray. Honnêtement, la fin était prévisible quand on suit la TNA. Il manquait l’identité du président des Aces and Eights et elle tombe d’un coup. L’intervention générale des Aces and Eights dans la cage révèle finalement Bully Ray comme boss de la bande désormais complètement démasquée. Un violent coup de marteau dans le dos de Jeff Hardy et le titre poids lourd arrive sur les épaules de Ray, solide pour le coup, et sadique. Hé oui, il a piégé tout le monde, et il y a comme une jouissance de voir Brooke Hogan pleurer. Quand on voit la ROH et son 11ème anniversaire, curieusement on a un peu la même fin avec un méchant clan trônant glorieusement au centre de la cage avec des bouteilles et des canettes envoyées par le public.

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Le virage de Lockdown a donc montré des Aces and Eights dominants. Absence totale de surprise et le paradoxe d’un Lethal Lockdown qui finalement n’aura eu aucun enjeu. Bully Ray devenu champion solo est clairement l’accomplissement de sa carrière et finalement être le salaud est un rôle qui lui convient à merveille pour rendre la vie impossible à la TNA, un peu comme la TNA a rendu la vie impossible à ses fans ce soir, offrant un pay-per-view versant peu dans la satisfaction face à l’action in ring et un enjeu global inexistant pendant les 2h25 qui ont précédé le main event. 1-1 donc niveau arnaque entre la TNA et les Aces and Eights en ce soir de mars.

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