Reportage

On y était : Revolution Pro Wrestling High Stakes 2014, l’indé à l’anglaise

S’il y avait bien un endroit dans Londres où il fallait absolument être le week-end dernier, ce n’était pas dans les pubs de la capitale anglaise mais au York Hall.  Cette salle, presque aussi vieille que la reine mère, accueillait la Revolution Pro Wrestling, porte-étendard d’une scène indépendante anglaise qui se porte on ne peut mieux.

C’est donc une salle bien remplie qui attendait les Jay Lethal, Sonjay Dutt, les Young Bucks Colt Cabana et autres « stars américaines ». Loin des shows de la WWE où les catcheurs n’ont pas le temps de signer quelques autographes à la fin du show, il était tout à fait possible d’approcher ces héros des temps modernes, leur serrer la pince et échanger quelques mots. Dans la langue de Shakespeare, évidemment. D’ailleurs l’achat des produits dérivés des catcheurs, qui leur permet de gonfler leur cachet, n’était pas obligatoire, ce qui n’était pas le cas lors du passage de l’American Wrestling Rampage en France il y a quelques années.

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Et ils n’avaient pas de Stormtroopers non plus, les nazes.

En plus d’être sympathiques, ces messieurs se trouvent être également talentueux dans le ring. Du début du show à 19h30 heure locale à 23h30, on se rend coup pour coup, sans tabou. Il y en avait pour tous les goûts: de la rudesse avec le barbu Sha Samuels, de la haute voltige avec El Ligero et de la sournoiserie avec « Party » Marty Scurll.

L’atout majeur de la RPW est de pouvoir aligner des catcheurs à la renommée internationale déjà établie tout en proposant ce qui se fait de mieux au niveau production locale. Le meilleur exemple est le match qui opposait les Inner City Machine Guns (Ricochet et Rich Swann) aux Swords of Essex (Will Osprey et Paul Robinson).

Ce match a d’ailleurs bien failli faire s’évanouir le public entier tant des mouvements plus incroyables les uns que les autres fusaient entre les cordes et tant les fans s’égosillaient. On se serait cru à Reseda en Californie pour un show de la PWG. Le match laissera ce soir-là des marques profondes sur les corps des athlètes comme sur les cordes vocales de la foule.

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Pourtant, ce bijou a bien failli ne jamais arrivé. Swann et Ricochet sont entrés dans la salle sous les airs du titre »All Night Long » de Lionel Richie. Il n’a pas fallu plus de deux secondes pour que les quelques centaines de personnes présentes entonnent l’air de cette musique populaire. L’euphorie a gagné le York Hall à un tel point qu’ils n’en finissaient plus. L’histoire retiendra que les anglais s’inclineront pour finir face aux américains.

Si vous ne soupçonniez pas la folie des anglais — rappelez vous le commencement du  Fandangoing, elle vous aura surpris au cours de la rencontre Sonjay Dutt vs El Ligero. À peine quelques minutes se sont écoulées. Soudain… « ALL NIGHT LOOOONG ! ». Une voix s’élève et c’est la débandade. Vieux briscards et pucelles deviennent frénétiques. Ce délire collégial envahit le Mumbakhar qui gesticule en rythme. Le luchador lui est exaspéré par la situation. Il attend que le calme soit revenu. Malheureusement pour lui, Sonjay l’invite, l’incite fortement à suivre ses pas de danse. Ligero se joint finalement à son adversaire du soir. Le match va t-il pouvoir reprendre ? Que nenni ! Le public a trouvé sa nouvelle cible: « REF ! REF ! REF ! ». Le représentant de l’ordre n’a pas le choix s’il ne veut pas créer l’émeute, il se met à son tour à esquisser des pas de danse. Ces quelques minutes cocasses auront eu le mérite d’avoir été aussi divertissantes qu’impromptues, pas de dance-off ici.

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Quelle soirée pour le public. Les gouttes de sueur peuvent couler sur nos fronts de grands enfants. On ne peut pas en dire de même pour Sting, invité spécial de la soirée. Son apparition de deux minutes trente chrono aura été aussi terne que ses lunettes. En rappelant ces vieux souvenirs de la WCW, on n’aurait pu se demander s’il n’était pas devenu ce type de vétéran des rings aigri qui ne fait que ressasser sa carrière passée. Les fans peuvent regretter l’absence de celui qui devait être à l’origine le grand invité: Ric  Flair, originalement prévu avant qu’il fasse son retour chez les McMahon. Mais même sans le « Nature Boy », la RPW aura su briller de ses mille feux. Tout le monde en sort le sourire aux lèvres, signe d’une soirée réussie. À quand la prochaine ?

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