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NJPW The New Beginning 2017 : Le triomphe de CHAOS et Los Ingobernables de Japan

NJPW

Les premières semaines de février ont vu la New Japan Pro Wrestling présenter ses shows New Beginning à Sapporo et Osaka. Entre ces deux shows s’est tenu un Road To à Korakuen qui lui aussi valait le coup d’être vu. Ces shows marquèrent les débuts de Don Callis aux côtés de Kevin Kelly en remplacement de Steve Corino pour la partie anglophone des commentaires. Expérience réussie pour l’ancien Cyrus The Virus de l’ECW même si le dernier show à Osaka l’a vu être frappé par la grippe de plein fouet.

Ce show est également le premier show de la NJPW depuis deux ans à voir le clan Suzuki-Gun sur la carte après leur excursion à la Pro-Wrestling NOAH.

Une classe de Young Lions exceptionnelle

La classe précédente était déjà excellente avec Jay White, Sho Tanaka, Yohei Komatsu et David Finlay, et celle-ci prend le même chemin. Par exemple Tomoyuki Okha n’a à l’heure actuelle que sept matchs à son actif et possède déjà une manière bien à lui d’effectuer ses souplesses. Véritable projet de Yuji Nagata, il a eu droit à un honneur rarement fait à un catcheur aussi inexpérimenté : s’échapper de la Nagata Lock. En ce qui concerne Henare le Néo-zélandais, c’est un push qui est graduel depuis plusieurs mois car il était présent dans la World Tag League aux côtés de Manabu Nakanishi. Il a eu droit aux honneurs d’une victoire lors d’un Road To à Tokyo devant son partenaire du Dojo Tomoyuki Okha.

Henare a également eu l’opportunité de faire face à match simple à Taka Michinoku (membre des Suzuki-Gun) dans un match où il a dû beaucoup apprendre. Taka a la réputation d’être parfois un peu dur avec les jeunes catcheurs (une formation à l’ancienne) mais est aussi considéré comme un excellent professeur.

En ce qui concerne le petit nouveau Hirai Kawato, il a eu les honneurs de faire équipe avec KUSHIDA face à Suzuki-Gun (El Desperado et Yoshinobu Kanemaru) dans un match où il a été à l’offensive bien plus qu’on aurait pu le croire. Certains nerfalls de ce même Kawato ont captivé la foule au point même qu’on a cru à une victoire surprise.

L’absence de Bullet Club

Clan phare de la NJPW ces trois dernières années, la faction blanche et noire brillait par son absence. Kenny Omega est « en vacances », les Young Bucks sont à la Ring of Honor, le reste est plus ou moins au chômage technique. On reverra ces visages lors des shows Honor Rising que la ROH présentera au Japon le mois prochain. Kenny Omega fera son retour sous la bannière de la NJPW pour la New Japan Cup.

On peut de plus en plus avoir de doutes sur la raison pour laquelle Kenny Omega ne lutte pas pour la Ring of Honor, car aucune de ses apparitions récentes ne fût sur le sol américain. On pourrait penser que le Canadien craint un destin à la Mike Bailey et se voir infliger une longue interdiction d’exercer sur le sol des Etats-Unis, ce qui serait fâcheux à l’approche des shows préparatifs au G1 prévus à Long Beach. L’imbroglio administratif est à éviter s’il veut assurer son avenir à la NJPW ou ailleurs.

Donc pas de Young Bucks pour challenger aux titret junior tag team, pas de GOD pour les titres par équipe, et pas de Hangman Page, Adam Cole ou Yujiro Takahashi pour jouer les bouche-trous sur la carte. C’est rafraîchissant.

CHAOS tient son rang malgré tout, Suzuki-Gun repart bredouille

Le CHAOS détenait trois ceintures avant les deux shows, et c’est toujours le cas après, et ils affrontaient presqu’à chaque fois le clan des Suzuki-Gun.

Hirooki Goto faisait face à Juice Robinson pour le titre NEVER Openweight pour la première défense de Goto et le premier vrai push de l’ancien CJ Parker à la New Japan Pro Wrestling. C’est une opération réussie pour Juice, car même s’il a dû s’avouer vaincu, il a montré qu’il avait le niveau pour se hisser à l’échelon supérieur. D’un certain côté Goto devrait logiquement être au-dessus de ce titre NEVER, et ce titre est tout à fait le genre de ceinture pour un catcheur comme Juice qui commence à percer et s’installer dans la carte. À noter que le shows au Korakuen a vu Goto se faire éliminer par ce même Juice, donc l’histoire n’est peut-être pas finie entre les deux.

Les titres par équipe junior détenus par Roppongi Vice était aussi en jeu car ces deniers faisaient face à l’équipe issue du Suzuki-Gun composée de Taichi et Taka Michinoku. Taichi étant sincèrement un des membres les moins excitants de la New Japan Pro Wrestling, on pouvait s’attendre à frissonner devant un match très moyen, et on ressort agréablement surpris de cet affrontement. Dorénavant débarrassé des sempiternels matchs à trois ou quatre équipes, on peut s’apercevoir que les Roppongi Vice sont une excellente équipe, et Dieu merci on évite de voir Taichi avec une ceinture de la NJPW.

Les titres par équipe poids-lourd également aux mains du CHAOS avec Toru Yano et Tomohiro Ishii étaient en jeu avec deux matchs similaires, à chaque fois mettant en scène le Great Bash Heel (Togi Makabe et Tomoaki Honam) et le Killer Elite Squad. Alors qu’on avait pensé que KES pourrait s’emparer des ceintures pour donner un vent nouveau sur la division par équipe, mais une sérieuse blessure au dos de Lance Archer (hernie discale) l’a forcé à abandonner le show pour se faire opérer et a été remplacé par Iizuka après que Taka Michinoku ait été mis au lit par une méchante grippe. Toru Yano et Tomohiro Ishii conservent les ceintures dans une division par équipe bien pâle après deux matchs très moyens.

Stiff et voltige pour le titre de la RPW

Will Ospreay était en action face à Katsuyori Shibata pour le titre poids-lourd britannique de la Revolution Pro Wrestling dans un rare affrontement entre junior et poids-lourd. Le match a été époustouflant comme on pouvait s’y attendre avec un vrai clash de styles entre le côté très stiff de Shibata et la voltige d’Ospreay. Un spot vers l’extérieur en particulier restera dans les mémoires avec une shooting star press vers l’extérieur de Will Ospreay suivi d’un frontflip le long du tablier d’un ring pour éviter un kick. Impressionnant à voir. Shibata l’emporte mais serrera la main de son adversaire après le match tant il fut disputé.

Pour terminer, le champion du monde des poids-lourds, Kazuchika Okada faisait face à Minoru Suzuki, chef du gang Suzuki-Gun. La veille du premier show, Suzuki avait attaqué Okada lors de la conférence de presse et de la signature du contrat, concentrant ses attaques sur le genou du champion. La quasi entièreté du combat vît Suzuki tenter de démolir le genou d’Okada, dont une clé de jambe de plusieurs minutes accompagnée d’un selling extraordinaire d’Okada.

On peut toutefois se poser la question comment Okada peut tenir autant de temps dans une prise qui a soumis Ken Shamrock (par le même Minoru Suzuki) au King of Pancrase en deux minutes… Le selling d’Okada fût une véritable oeuvre d’art devant tant de sadisme dans les expressions de Suzuki. Il a fallu trois Rainmaker pour venir à bout de ce dernier sans que celui-ci ne puisse appliquer son Gotch Piledriver. On en revient à la même histoire que Kenny Omega, Okada s’en sort sans avoir à subir la prise de finition de son adversaire.

Los Ingobernables des Japon au sommet de la fédération

Cinq membres pour cinq ceintures, les LIJ règnent sur la NJPW. Dans un premier temps, l’équipe composée d’EVIL, SANADA et BUSHI ont défait Hiroshi Tanahashi, Manabu Nakanishi et Ryusuke Tagichi pour s’emparer des ceintures NEVER Openweight 6-man. Même si ce titre n’a que peu de signification et ressemble à une « patate chaude » dans le sens où ce titre change de mains aussi fréquemment qu’il est défendu, ça reste une preuve que la NJPW reconnait l’attractivité et les retombées merchandising du clan.

Le dernier venu dans le gang, Hiromu Takahashi faisait face à son plus grand rival venu tout droit du Mexique et de la CMLL, Dragon Lee — au thème overdubbé absolument improbable. Ces deux catcheurs se connaissent parfaitement et ce combat est dans la lignée de celui du 24 janvier 2016 à Tokyo. Un match absolument phénoménal qui nous fait dire que ces deux catcheurs doivent ralentir car il est impossible d’avoir une longue carrière en prenant de tels bumps, en particulier vers l’extérieur du ring. Dragon Lee notamment prend une Sunset Flip Powerbomb vers l’extérieur et sa tête heurte violemment la rampe. Takahashi l’emporte pour finir avec son Time Bomb et est directement défié par son futur challenger : Ryusuke Taguchi… ça change de registre même si Taguchi sait passer la vitesse supérieure quand il est mis en avant.

Pour clôturer ces deux shows, Tetsuya Naito faisait face au canadien Michael Elgin pour le titre Intercontinental. Détail intéressant, Naito a plusieurs fois défié du regard le champion Poids-Lourds Kazuchika Okada alors présent aux commentaires. Il faut noter qu’Osaka est une ville où Naito est cordialement détesté et Michael Elgin est vigoureusement applaudi durant ce match.

Autant le dire de suite, ce match a récolté cinq étoiles par le Wrestling Observer (contre 4 et 3/4 pour Suzuki vs Okada). Ce fût une incroyable bagarre où Tetsuya Naito a régulièrement eu recours aux attaques sur les yeux d’Elgin, comme pour rappeler la fracture de l’orbite oculaire qu’il lui avait infligé fin 2016. Si Naito s’est relevé de la Spinning Elgin Bomb, le canadien n’a pas pu appliquer son nouveau finisher, le Burning Hammer. C’est après trois Destino qu’Elgin s’avoue vaincu, mais il ressort grandi de cette défaite, en passant définitivement dans la classe des main-eventers de la NJPW.

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