Reportage

On y était : WWE Live au Zénith Arena de Lille

WWE

Se faisant rares en France, les événements de la WWE sont de précieux moments pour rassembler une plus large communauté catchesque autour des superstars américaines. Dans un public qui va de la famille qui accompagne son enfant de six ans fan de John Cena aux fans invétérés qui connaissent par cœur le palmarès des catcheurs dans le circuit indépendant, vous croisez tout le monde.

Vous êtes tous là pour voir votre superstar favorite, de Rollins à Bálor ou de Reigns aux Hardy Boyz, les supporters de chacun ont eu l’occasion de donner de la voix dans le Zénith de Lille ce mardi 9 mai. La WWE y a posé son ring pour deux heures trente de show et huit matchs avec des changements — ce qui est habituel — par rapport à la carte annoncée.

Une ambiance au rendez-vous

Rapidement, la foule se chauffe pour le premier match de la soirée où Enzo & Cass arrivent pour dérouler leurs catchphrases habituelles. Une méthode d’opener qui marche bien, même en France et que la WWE use et abuse, bien que le duo n’est pas le même succès in-ring qu’au micro, leur capacité à chauffer la foule à blanc est toujours efficace. Sheamus et Cesaro auront un accueil plus mitigé, leur heel turn n’a pas encore tout à fait pris avec tout le monde. Par contre, pour les Hardy Boyz, c’était une véritable ovation pour un public dont une partie est composée de la fameuse génération NT1, grandissant avec Jeff Hardy alors au top de la WWE.

De match en match, le public aura ses moments de grande ferveur comme quelques moments un peu plus calmes. Par exemple, si Finn Bálor a plutôt bien marqué la foule pendant son entrée, le reste du match la connexion avec le public était moins évidente qu’avec d’autres catcheurs. Même constat pour Bayley qui s’est partagée la foule avec une Alexa Bliss qui a quelques fans plutôt bruyant.

Mais le constat est là, un peu moins de cinq ans plus tard, en terme de popularité, c’est toujours les anciens membres du Shield qui dominent. Dean Ambrose a profité d’un excellent travail de cheap heat du Miz — parlant lentement en anglais, puis insultant les fans et faisant sa catchphrase en français — pour s’attirer une ovation à son entrée puis a pas mal joué avec le public pendant le match. Roman Reigns a eu le droit à un accueil favorable mais par une courte majorité. Plus d’un bon tiers du public avait bien intégré les huées lors de l’entrée et a bien fait entendre sa voix.

Le chef des lieux pourtant, à égalité avec la réaction provoquée par The Hardy Boyz, c’est Seth Rollins. Si l’on avait encore des doutes sur son face turn il y a quelques mois, ce genre de show donne l’occasion de juger toute la popularité de l’Architecte. Il s’amusera même à prendre le micro à la fin pour mettre en avant le caractère plus mitigé des réactions de Roman Reigns, quand Rollins lui a plutôt déroulé en s’imposant comme un favori total de la foule.

Des matchs nombreux mais plutôt simplistes

Alors, ne vous y trompez pas, on ne se faisait pas d’illusion en venant à un live event. Bien entendu, les matchs sont pas aussi intenses que pour un pay-per-view et il ne faut pas que quelqu’un se blesse. De plus, les catcheurs assurent globalement une quantité de spectacle tout à fait satisfaisante. Mais là où habituellement on a un match qui sort plus des habitudes en offrant un affrontement hors des storylines de la WWE, ce show est resté assez sage de ce côté là.

L’exception venant peut-être de cette opposition entre Karl Anderson et Finn Bálor, une sorte de cadeaux aux fans français du Bullet Club. Difficile toutefois de désigner un match particulièrement meilleur par rapport à d’autres, chacun est resté dans un registre particulier. On notera par exemple un premier tiers de match très axé comedy wrestling entre The Miz et Ambrose, le premier surjouant la crainte qu’il ressent envers le second.

Ce genre de show permet aussi de (re)découvrir des catcheurs de bas de carte sur de plus longues minutes. Curt Hawkins a eu le droit à plus de deux minutes sur le ring face à Kalisto dans un plutôt bon match, Golden Truth & Apollo Crews ont quant à eux jouer une partition plus classique des six-man tag team match face à Curtis Axel, Bo Dallas & Titus O’Neil — supposé être allié avec Apollo Crews mais passons. Un match où le comique l’emporte aussi.

On retiendra davantage les matchs tag team de début et de fin de show. Le match pour le titre par équipe a été rythmé, avec plus souvent des oppositions entre les Hardy Boyz et Cesaro / Sheamus, Enzo & Cass ne servant que de transition. Pour le main-event, c’est plutôt l’ambiance qui a été travaillé et qui a permis d’apprécier le travail d’interaction des superstars, probablement la grande différence entre les shows TV et les live events.

Le show est probablement oubliable au final dans son aspect purement technique. Rien d’exceptionnel ne ressort des matchs et certains, dont un tag féminin très lourd entre l’équipe de Sasha Banks / Dana Brooke et Nia Jax / Alicia Fox, sont assez vides de construction. L’intérêt du show se trouve pour beaucoup ailleurs et c’est probablement là la grande force des live events : réunir un public varié.

Rassembler un public d’horizons différents

C’est la grande réussite de la WWE. Réunir dans la même salle des personnes fans depuis quinze ou vingt ans, qui ont déjà vues tous les grands matchs et qui sont encore fans de la WWE et d’autres qui regardent les shows devant leur télé avec leur enfant dont la passion pour les catcheurs tiens à cet aspect très binaire que peut avoir le catch. Ils aiment les gentils, les héros, trouvent les méchants moches ou gros et ce sont également les plus grosses rentrées d’argent pour la WWE.

Vous le savez sans doute, rien de tel qu’un enfant qui supplie devant un stand pour vendre des t-shirts, répliques de ceinture et même des répliques de mallettes Money in the Bank. Ajoutez à cela notre tendance à tous à vouloir le t-shirt d’une de vos superstars préférées et la WWE trouve rapidement son compte. Car en plus d’accueillir 4500 à 5000 personnes — la configuration du Zénith avec un ring baissant un peu la capacité de la salle — les recettes sur le merchandising devaient être au beau fixe hier à la vue des masses autour des stands à l’entrée, pendant la pause mais aussi après le show.

Globalement, chacun aura trouvé sa manière d’apprécier le show : les familles et les fans ont pu s’offrir un spectacle de qualité pour un show qui n’est pas le plus spectaculaire des lives mais qui réussit beaucoup à divertir tout en restant sobre. Pour d’autres fans si le in-ring sera assez oubliable, c’est la quête de retrouvailles entre fans dans une communauté qui a été satisfaite. Entre la simple réunion avant un show ou les activités proposées après le show de Lille, les occasions étaient nombreuses pour se retrouver et on parie que le show à l’AccorHotels Arena de Paris l’année prochaine saura motiver chacun d’entre vous à renouveler l’expérience.

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