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WWE TLC 2018 : La justice de Ronda Rousey

La WWE continue de placer ses petits pions pour la période de Road to WrestleMania. RAW, malgré sa victoire à sens unique lors des Survivor Series, va mal là où SmackDown a synthétisé ses rivalités pour offrir des affiches moins bancales.

Les conséquences de Survivor Series ont finalement bien été celles que l’on pouvait lire entre les lignes. Si RAW a battu SmackDown LIVE 6-0 (6-1 avec le kickoff), ce n’est pas pour autant que le show rouge a eu la vie facile. Au contraire, épisodes insipides, rivalités bancales sont légions là où SmackDown gardait une base forte qui s’est renforcée davantage au retour de Becky Lynch.

Preuve en est dans la construction de la carte où le show bleu, si l’on se dispense de la parenthèse Mixed Match Challenge, s’offre l’opener et le main-event du show. La WWE n’a pas fait semblant, Becky Lynch est devenue depuis SummerSlam une top star du roster et avec Charlotte et Asuka en TLC, l’affiche valait largement son main-event.

Tout au long de la soirée, c’est plutôt le show bleu qui va faire preuve de solidité et de confiance face à un show rouge ternit par sa politique. Si les deux shows ne se confrontent plus directement, il reste une odeur de challenge dans l’air quand on entend chacun parler. Dans une carte extrêmement dense, on a eu la chance d’avoir du bon et du moins bon sur lequel on va revenir.

Les Cruiserweights encore dans le Kickoff

Quel étrange choix de mettre les Cruiserweights en Kickoff quand ils ont offert une excellente performance à Survivor Series. De plus, si le challenger change, Cedric Alexander à la place de Mustapha Ali, la base du show reste bien présente. C’est rapide, rarement moche et très divertissant. Si bien que le public présent prend plaisir à se jeter dans l’ambiance du match, ce qui fait qu’on a une ambiance vraiment sympa à suivre.

Du coup on se demande bien la logique de faire vivre le Mixed Match Challenge en opener au lieu du Kickoff. La WWE a fait tout un événement de ce “premier match de PPV sur Facebook Watch” mais au final, n’est-il pas contre-productif de faire ce choix. Comprenez, le kickoff est un outil social pour promouvoir le Network et le show du soir en retraçant les rivalités. N’est-il pas plus logique de faire cette petite opération qui n’aura pas grande incidence sur le nombre d’abonnés en kickoff ?

Parce que de l’autre côté, l’abonné au Network lui, a peut-être le droit de faire la tronche. Il suit peut-être 205 Live chaque semaine et au final, le match de championnat du show qu’il suit exclusivement sur le Network, se retrouve bradé à une diffusion gratuite entachée par une semi-coupure publicitaire. Pour mieux promouvoir son produit, ne faudrait-il pas lui laisser le plus de place possible dans ses contenus réservés aux abonnés, surtout quand la différence de qualité entre les deux matchs se pose là.

Parce que certes, R-Truth c’est divertissant et fun en terme d’humour et de loufoque, mais dans le ring, y a pas photo et entre un match qu’on peut aisément voir à la télévision chaque semaine et un autre où les deux catcheurs offrent une performance plus léchée, il serait important de pas dévalorisé l’un sur l’autel d’une mise en avant commerciale. Les fans de la WWE connaissent le Network maintenant, il serait temps de stopper les petites entreprises indigestes.

RAW perd son GM et on s’en fout un peu

Dans l’autre match du kickoff, Elias, à la pop solide, se retrouve avec ses boulets des derniers mois, Bobby Lashley et Lio Rush. Bobby Lashley qui fait d’ailleurs une chute assez fulgurante en terme d’intérêt. D’un retour où il est présenté en upcarder / main-eventer à ce qui semble être un futur de midcarder éternel.

Le match en lui même est assez anecdotique même s’il introduit les échelles et Elias le gagne dans une stipulation vraiment étrange. Pourquoi mettre autant d’importance autour de CETTE guitare quand Elias joue son morceau habituel avec une autre. Quelle est l’histoire de cette guitare, pourquoi devrais-je en avoir quelque chose à faire ?

C’est bête mais rien que cela donne ce sentiment où l’on peut regarder le match du coin de l’œil en haussant les sourcils uniquement lorsqu’il y a un spot avec les échelles. Pour le reste, Elias gagne mais se fait fracasser après le match, donc on imagine que la rivalité va continuer. Quelqu’un a vu des antidépresseurs ?

Après la pause publicitaire – par cela on entend le Mixed Match Challenge – les titres par équipe de SmackDown ont vu la centième itération de leur classique où les New Day et les Usos se croisent sur un ring. Inclus dans la boucle depuis quelques mois, The Bar entre dans le club privé des équipes très bonnes mais dont on a un petit peu ras-le-bol de les voir stagner sans réellement évoluer.

Du coup, si le match est cool sans pour autant faire sauter le toit, le résultat est quoiqu’il arrive assez anecdotique, ces trois équipes ont été championnes assez récemment dans la mémoire collective pour que le public n’en fasse pas un grand événement. Du coup, c’était bien mais on passe rapidement à autre chose.

Cette autre chose, c’est Baron Corbin et son enterrement annoncé. Évidemment que Braun Strowman allait venir, évidemment qu’il allait être aidé par les malmenés, évidemment que Corbin perd. La séquence se construit tellement les yeux fermés que l’ajout de Kurt Angle pour chauffer le public était plus qu’utile. Malgré tout, ce genre de match / segment est vraiment inutile à un PPV comme TLC surtout lorsque la stipulation n’a pas vraiment servi à grand chose.

Lost Midcard Highway

Pas mauvais, mais un peu perdu dans la masse, la WWE a blindé son show de matchs pour les rivalités de midcard. On notera les bonnes surprises du Tables Match et du Chairs Match dans ce milieu de tableau. Natalya et la Riott Squad notamment qui offrent un match divertissant et très solide à une rivalité assez fragile par son thème principal. Celui-ci étant la mort récente du père de Natalya, les semaines à RAW ont été douloureuses à suivre.

Le match compense assez largement entre un très bon bump pris par Liv Morgan et des bons moments d’interaction avec le public pour Natalya entre la sortie de la table spéciale Ruby Riott et Natalya qui récupère la tenue caractéristique de Jim Neidhart. Natalya gagne, ça fout un petit coup à Ruby Riott de perdre alors que c’était un 3 contre 1 grâce à l’absence de disqualification mais c’était pas non plus le festival des interventions d’une Riott Squad plus là pour soutenir que agir.

Assez surprenant aussi de voir Randy Orton et Rey Mysterio dans un Chairs Match vraiment divertissant dans l’utilisation de la stipulation avec une construction autour de l’objet et quelques séquences tournant autour des classiques de chacun. La fin, sur un small package assez créatif mais aussi un poil soudain, vient entacher un match qui aurait mérité probablement une conclusion un peu plus tranchante.

Balor et McIntyre sont plutôt de l’upcard mais pataugent avec Dolph Ziggler dans un triangle étrange où les dynamiques ne sont pas vraiment claires et donnent une sensation de répétition. Malgré tout le match était vraiment solide et McIntyre fait vraiment un run solide dans le main roster et la victoire est à prendre pour Finn Bálor. Seul soucis, le manque d’enjeu du match, qui aurait mérité probablement une stipulation concernant le titre Universal ou une place de challenger pour le titre Intercontinental.

American Dragon écologiste

Si le titre féminin de RAW est intervenu entre deux pour nous couper de la midcard, le titre de la WWE a lui pris une place dans l’upcard où Daniel Bryan et AJ Styles s’affrontent de nouveau. Le champion de la WWE, en plein heel turn écologique, reprend aussi des habitudes plus agressives sur le ring qui font du bien. Dans une promo où il raconte qu’il va faire remplacer le cuir de la ceinture avant le show, Daniel Bryan dessine un peu plus les lignes d’un personnage qui veut être un champion qui vocifère sur le peuple, pollueur né. Un personnage qui, aux États-Unis, tombe vraiment à point nommé.

Pour ce qui est du match, on a eu du solide, de très bons enchaînements et un jeu de détails vraiment sympa avec en plus un public embarqué par l’opposition. Si l’on atteint jamais vraiment un stade où on se demande si AJ Styles peut vraiment gagner, on ressort de ce match avec un très bon sentiment. Renforcer encore un peu les enjeux de cette rivalité peut être la bienvenue mais on peut aussi se demander si un autre face ne mérite peut-être pas d’avancer face à Daniel Bryan.

Et c’est ainsi qu’ensuite vint l’accident industriel de la soirée. Ce match d’une rivalité qui avait pourtant si bien démarrée, dont le passif méritait probablement de revoir un match de l’échelle ou un TLC mais qui n’obtient rien. Pas grave, le un contre un peut suffire s’il est bien amené, mais c’est difficile de se dire que c’était le cas.

À ce stade, le public espérait probablement un match plus explosif dans le rythme que ce qui a été proposé et une construction plus bordélique quitte à flirter avec la disqualification. Cette explosion, on l’a eu à la fin, comme si Rollins avait contenu sa rage pendant tout le match mais on ne l’a pas vraiment vu jusque là.

Ambrose n’a jamais vraiment évité la confrontation, ni joué sur les mimiques du Shield jusque la proposition du fist bump, ce qui fait que la fin paraît assez abrupte dans la montée et le Dirty Deedz plutôt anti-climatique. C’était pas hyper bien raconté et c’est un loupé un peu dommage pour deux catcheurs qui, dans la situation inversée où Rollins était le traître et Ambrose le trahi, avaient beaucoup mieux géré les frustrations de chacun.

Ronda Rousey règle ses comptes

Mais cette soirée racontait surtout un règlement de compte dans la division féminine, les conséquences de Survivor Series se sont faites sentir. Becky Lynch avait des velléités de vengeance sur Nia Jax qu’elle a assouvi après le match de cette dernière d’un coup de poing dans la face et voulait également rappeler à Ronda Rousey pourquoi elle était The Man.

L’ancienne championne UFC ne l’entendait pas de cette oreille. D’abord en calmant les ardeurs de Nia Jax dans son un contre un où elle a géré de manière assez intense tout le match. Le travail sur le ring de Ronda Rousey est vraiment à mettre en avant tout comme son investissement, c’est vraiment une anti-Lesnar malgré ses multiples victoires. Parce qu’au final, elle est souvent mise en danger et tenable, elle n’enterre pas le roster par ses victoires car il y a toujours une fenêtre pour ses challengers.

Nia Jax perd finalement, Ronda Rousey finit fort et en étant vraiment une championne convaincante, c’est tout bonus. Mais elle reste pourtant assez loin du traitement du public pour The Man.

Et pour cause, le triple threat match pour le titre de SmackDown était impressionnant à suivre. Du bon bump, des bonnes séquences pour chaque catcheuse et une vraie intensité. Le spear de Charlotte Flair, le saut de Becky Lynch qui atterrit sur Charlotte Flair, Asuka qui se défoule sur les deux catcheuses et qui semble de retour à NXT.

Ce match a vraiment fait sentir que l’important n’était pas que des femmes aient le droit de faire cette stipulation ou de faire le main-event mais tout simplement de montrer qu’en effet, en ce moment, le meilleur programme de la WWE concernait ces trois catcheuses et que du coup, le main-event était plus que mérité, il était acquis et à reproduire.

Puis, Ronda Rousey arrive, détruit les chances finales de Charlotte Flair et Becky Lynch, laissant Asuka se saisir du titre. Ronda Rousey est huée, Asuka adulée et Charlotte Flair ainsi que Becky Lynch ont des comptes à régler avec Ronda Rousey. Cette rivalité qui va durer jusque WrestleMania entre Rousey, Flair et Lynch permet de mettre en lumière une division féminine qui brille très fort récemment.

Avec une densité énorme de la carte, des rebondissements plus tranchant en main-event et des promesses pour les futurs shows, la WWE aborde la Road to Wrestlemania plutôt bien préparée malgré une année 2018 qui se conclut bien mieux qu’elle ne s’est déroulée le reste de l’année. La midcard a besoin d’un peu plus de tranchant dans les choix faits et de renouveau et TLC était loin du show extraordinaire, cependant la dynamique laissée par Survivor Series a été plutôt bien suivie, offrant un show agréable à suivre, bien que vraiment long.

WWE TLC 2018 : La justice de Ronda Rousey

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