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De l’usage du cannabis thérapeutique à la WWE

Dans le monde du sport, le cannabis thérapeutique est de plus en plus utilisé pour soigner les maux des athlètes. La WWE n’y échappe pas, malgré les sanctions risquées par les Superstars.

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Aux États-Unis, le cannabis à usage thérapeutique est légal dans trente-trois états (dont une quinzaine avec un taux de THC limité à 5%), tandis que le cannabis récréatif l’est dans dix autres. Et si l’on en croit d’anciennes Superstars, c’est un produit largement utilisé en coulisse à la WWE, notamment pour faire passer quelques douleurs dues au rythme soutenu de la compagnie et aux blessures, communes dans le milieu du catch.

Le CBD (cannabidiol) est un composant de la plante du chanvre (Cannabis sativa) appartenant au groupe des cannabinoïdes, un groupe de substances chimiques qui activent les récepteurs cannabis présents dans le corps humain et chez les mammifères (source Wikipédia). On attribue notamment au CBD des vertus thérapeutiques permettant de soulager les inflammations et les douleurs inflammatoires, courantes chez nos catcheurs et catcheuses préféré·e·s.

Employé par la WWE entre 2009 et 2017, Frederick Rosser (a.k.a. Darren Young à la WWE), était récemment en interview pour Fightful et celui-ci s’est exprimé quant à l’utilisation du cannabis au sein de la promotion de Vince McMahon. « 90% des gens en coulisses [consomment du CBD], oui, j’en suis persuadé. » déclare Fred Rosser. « J’étais un consommateur de CBD, j’ai eu des commotions, j’ai été fortement secoué quelques fois. Et quand on doit en plus faire 300 kilomètres de ville en ville, je n’y arrivais tout simplement pas. » confie-t-il.

« Alors le CBD m’a aidé, le CBD m’a aidé à soigner mon anxiété et à rendre cool les déplacements en voiture avec Titus O’Neil, Sheamus et Mark Henry. J’adore ces gars, ils m’ont toujours soutenu. » raconte l’ex-Darren Young.

Un usage courant malgré les risques de sanction

Rosser n’est pas le premier à déclarer que des catcheurs de la WWE toucheraient au cannabis. Après son départ, Enzo Amore a lui aussi confié que l’herbe était une substance commune au sein des vestiaires de Stamford. Cependant, il y a tout de même une grande différence entre le cannabis récréatif et le CBD. Certes c’est bel et bien la même herbe, mais le CBD est (normalement) destinée à un usage médical et cela est parfaitement légal aux yeux de la loi américaine dans plusieurs États.

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« J’étalais de la crème à base de CBD sur tout mon corps quand j’étais à la WWE. » racontait Enzo Amore dans le podcast de Chris Jericho en décembre dernier. « Ça peut vous coûter 2500 dollars. Ouais. Et c’est ce que beaucoup de personnes ne savent pas. Sans doute la moitié des vestiaires fument de l’herbe. Et pourquoi on fait ça ? On ne peut pas prendre de médicament. On ne peut pas se droguer. »

En effet comme l’expliquait Amore, si un employé de la WWE est testé positif avec du THC dans le sang lors d’un événement de la compagnie de Stamford à l’occasion d’un test réalisé souvent sur convocation, le règlement de la Wellness Policy — instauré en août 2007 suite à l’affaire tragique autour de Chris Benoit ainsi qu’au décès d’Eddie Guerrero deux ans auparavant — stipule comme sanction une amende de 2500 dollars déduite sur le salaire de la personne, et ce dès la première infraction et pas de suspension, contrairement à d’autres substances interdites.

Une amende peu dissuasive

Une amende « abordable » que certaines Superstars n’ont pas peur de risquer et peuvent se permettre financièrement, si l’on en croit toujours l’ancien champion Cruiserweight. « Quand j’ai vu mon compte bancaire, sans doute après six mois dans le roster principal, je me suis dit ‘Tu sais quoi ? Je peux prendre une amende maintenant.' » explique Enzo Amore. « Et je me suis allumé un joint pour la première fois après plusieurs mois sans. Et pour moi, c’était mon médicament, mec. »

Matt Riddle, actuellement employé à la WWE au sein de la branche de NXT et ancien combattant en MMA à l’UFC — dont cette dernière s’est séparée suite à deux test positifs — a failli ne pas pouvoir signer à la WWE. Lors de son premier tryout, c’est la marijuana qui l’a éloigné d’une signature. « Ce n’est pas que j’ai échoué à un test à la drogue, c’était ma position concernant la marijuana [qui posait problème]. » racontait le catcheur américain à Vice en 2018, « C’est le fait que je pense que cela devrait être légal que ce soit de manière récréative et thérapeutique. » Riddle a depuis été finalement signé à la WWE et son personnage, comme sur le circuit indépendant, fait souvent référence à la consommation de cannabis de manière subtile.

Même Bob Backlund, 70 ans aujourd’hui, a admis récemment dans une interview avec FOX 29 consommer des produits à base de CBD dans le cadre de son programme de fitness. « J’aime ça parce qu’il n’y a pas de drogue. C’est juste des trucs sortis de terre. » raconte le Hall of Famer de la WWE. « Et ça ne te fera aucun mal. »

L’heure de revoir la Wellness Policy ?

Pour Sean Morley, ancienne Superstar de la WWE notamment connue sous le nom de Val Venis et qui milite activement sur le sujet, la WWE doit changer sa façon de voir l’utilisation de ces produits. « Ce qu’ils me disent c’est qu’ils doivent sanctionner les gars à propos du cannabis parce qu’ils sont une entreprise et qu’ils doivent suivre la loi. Mais ce que je comprends c’est que la WWE pense qu’il est plus important de suivre la loi que de prendre soin de la santé et le bien-être de ses talents, et c’est une triste situation. » racontait-il dans le podcast « Two-Man Power Trip of Wrestling ».

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Mentionnant le fait que beaucoup d’athlètes sont décédés suite à une addiction à des médicaments anti-douleurs prescrits par leur médecins contrairement à ceux qui utilisent le cannabis thérapeutique, Morley pense que la WWE devrait tenir tête à l’administration américaine, à l’image de la NFL qui depuis 2016 s’est penchée sur le sujet. « Cela étant dit, la WWE est comme la NFL qui a commencé à explorer l’utilisation de la marijuana comme traitement pour les joueurs de la NFL, et j’ai envie d’espérer que la WWE prenne cette même initiative. » avance Morley. « C’est la WWE qui a perdu le plus de talents avec ces médicaments pharmaceutiques et c’est un argument que la WWE pourrait facilement mettre en avant, expliquer qu’il comprenne que le cannabis va à l’encontre de la loi mais qu’elle a perdu beaucoup d’athlètes à cause de ces médicaments, et que si les athlètes veulent utiliser le cannabis nous n’allons pas les punir. »

« Si les gens étaient éduqués sur les risques de santé des médicaments par rapport à la marijuana à un certain âge, nous verrions de nombreux athlètes et non-athlètes choisir d’utiliser l’alternative plus saine. » avance de son côté Rob Van Dam au site Herb.com, précisant de son côté qu’il pense plutôt qu’il soit question d’une image de marque pour la WWE. « Si la NFL parvient à convaincre les sponsors qu’utiliser le THC/CBD pour protéger le cerveau des traumatismes est une bonne idée, la WWE suivra sans aucun doute. »

Le nombre d’États américain dans lesquels le cannabis est autorisé, que ce soit pour des utilisation thérapeutiques ou récréatives augmente chaque année et il viendra un moment où la WWE n’aura plus d’autres choix que d’autoriser l’utilisation de ces produits tout comme elle autorise l’utilisation de certains médicaments qui sont autant voire bien plus dangereux que le cannabis comme l’ont déjà révélé plusieurs cas en coulisses ces dernières années, à l’instar de Mike Kanellis, devenu addict à un anti-douleur et depuis heureusement guéri.

Quant à savoir si l’histoire racontée par Chris Jericho dans laquelle Vince McMahon en personne aurait roulé un pilon devant Donald Trump est vraie, c’est une autre histoire.

Vivien Desloges & Darren Fog

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