Décryptage

Curtis Axel : A-t-il vraiment un avenir ?

Joe Hennig, Michael McGillicutty, Curtis Axel. Trois noms en six ans qui illustrent les tâtonnements de la WWE concernant ce matricule. Oui, six ans, une maturation particulièrement lente qui fait que Curtis Axel débarque réellement à la WWE pour son premier vrai run à l’âge de 33 ans passés. En 2007, après avoir introduit son père Mr Perfect au Hall of Fame de la WWE, sous son identité de Joe Hennig il entre en développement où il tient rapidement un rôle intéressant, s’offrant même le titre poids lourd, ce qui est une promesse de montée à la WWE, pas forcément couronnée de succès selon le porteur de la ceinture.

Des débuts presque invisibles

Le souci pour lui est que ses rendez-vous à la WWE ont été jusque là ratés. Il y a surtout eu un rendez-vous, entre 2011 et 2012, où il fait partie de la Nexus après avoir été de la saison 2 de NXT, mais il apparait très anonyme, très effacé dans l’écurie de CM Punk, et son run discret s’achève par un Punt Kick de Randy Orton. Autant dire qu’à ce moment-là, bien malin qui aurait pu prédire ce qui se passe aujourd’hui.

D’autant qu’Hennig n’a pas été gâté par la nature, enfin par le comité qui décide des noms à la WWE et même si une identité est loin d’être essentielle, elle peut détruire ou freiner dans son cas. Dans l’une des rares bonnes remarques de Randy Orton dernièrement — n’étant pas vraiment analyste habituellement — ce dernier a pointé du doigt le souci pour Axel. Son précédent nom : Michael McGillicutty. Une épine qui lui a collé au pied pendant près de quatre ans. Un gouffre immense dans lequel on se jette en général sans retour. Surtout quand on voit sa situation adaptée au nom, sans réel intérêt, baladé ici et là mais sans aucune grande opportunité et beaucoup de défaites.

 

Là-dessus, la grande qualité qui a fait avancer Curtis Axel est la patience car repartir au fond n’augure pas d’une vraie carrière, pour lui qui rêve évidemment de rejoindre son père et son grand-père dans la légende. L’éloge de la patience a trouvé sa récompense avec une belle entrée sous les projecteurs, des victoires certes pourries et de rapine mais des victoires contre Triple H, John Cena et Chris Jericho, pour celui qui une semaine avant ses débuts en Curtis Axel avait fermé son horrible chapitre McGillicutty par une défaite peu glorieuse face à… Ted DiBiase à Superstars. Et qui est devenu en quelque sorte rapidement une sorte de nouveau Legend Killer, même si ce statut est pompeux.

Être un Paul Heyman Guy, la bonne solution ?

Ce nom aussi, Curtis Axel, revenant clairement aux racines familiales et passant beaucoup mieux. Et surtout ce manager, Paul Heyman, l’homme qui fabrique de l’or, est la voix de Brock Lesnar qu’il a porté sur l’élan énorme de 2002 à 2004, est aussi celui qui est allé arracher CM Punk à la ROH. Sans parler évidemment de sa réussite à l’ECW par le passé.

Or, le frein essentiel de Curtis Axel en plus de ce parcours tortueux est le charisme. Son manque de personnalité ne l’autorise pas à viser trop haut et à faire une rivalité de folie — quoique ça dans la WWE moderne, on s’en tamponne. Paul Heyman a clairement ce rôle de par son immense charisme d’apporter la lumière sur son poulain, comme il l’avait fait avec un timide CM Punk au début et un Brock Lesnar intense mais à la voix et au charisme d’huître.

Et pour Curtis Axel, l’attitude est un problème car il manque clairement d’une personnalité affirmée, qui malgré des qualités in ring indéniables n’a pas de mic skill, un personnage original, qui rejaillit jusque sur le ring avec un finish clairement pas défini. Autant de soucis pour Curtis Axel.

 

Mais ce dernier en est maintenant à l’écueil énorme, celui de réussir à s’affirmer. Paul Heyman est donc essentiel pour lui comme Payback l’a démontré avec le public de Chicago qui était derrière lui, mais cela ne sera pas suffisant. Arrivé trop haut avec d’entrée Triple H, John Cena, Chris Jericho, un titre Intercontinental, le tout en même pas un mois, Curtis Axel a un soutien énorme de la WWE qui veut en quelque sorte le récompenser.

Le schéma Drew McIntyre

Mais sans personnalité affirmée et une série d’invincibilité pour débuter, le parcours de Curtis Axel ressemble à s’y méprendre à celui de Drew McIntyre, qui avait débuté introduit par Vince McMahon avant de plonger après sa première défaite. La gestion de la défaite va donc être un indicateur qui peut rapidement tourner au rouge. Paul Heyman devra alors rivaliser de magie pour garder la flamme.

Les perspectives ? Il a quasi déjà atteint le sommet en à peine un mois, car l’imaginer avoir un destin de top champion de la WWE relève de l’excentricité. Les titres comme l’Intercontinental et les Etats-Unis sont donc sa cible. Avec quelques années de moins, la prédiction serait différente mais quand on voit qu’un Dolph Ziggler a attendu cinq ans à la WWE pour une première grosse opportunité, même en accéléré avec le soutien d’Heyman, impossible d’atteindre les mêmes hauteurs.

Il faut déjà qu’il fixe enfin son finish après des débuts compréhensibles en rapine, et ensuite il pourrait obtenir enfin son run solitaire à la WWE en milieu de carte, voguant entre ces eaux vagues où les catcheurs batailleurs et obstinés comme lui y trouvent leur compte. Evidemment, cette étiquette de Paul Heyman Guy sera surement lourde à porter à la longue et Heyman ne sera pas toujours là, donc il devra s’accrocher encore et encore. Tout n’est pas parfait pour lui mais ça il s’y attend.

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