Interview

Tristan Archer : « Dans le catch français il y a beaucoup d’inégalités en fonction des promotions »

Il était de passage à Marseille dans le cadre d’une soirée de la Tigers Pro-Wrestling. Tristan Archer, l’une des références françaises, nous a accordé une jolie interview au coin du ring. De ses entraînements avec Lance Storm à son agenda 2015 haut de gamme en passant par sa vision du catch dans l’hexagone, il nous dit tout sans mâcher ses mots.

Raconte-nous comment tu as vécu cette soirée dans la cité phocéenne ?

Tristan Archer : J’ai été surpris par le lieu en arrivant (ndlr : une ancienne chapelle reconvertie en salle de spectacle), mais c’est plutôt sympa. Le public était dedans bien qu’il a mis du temps à se prendre au jeu. De mon côté, je me suis fatigué rapidement et du coup ça m’a bloqué durant mon match. Je ne sentais plus mes pieds et mes tibias m’ont fait souffrir. Ça ne restera pas le meilleur match de l’année mais avec Blue Falcon nous avons fait le boulot. Car même en méforme tu dois assurer car notre but c’est de faire plaisir aux gens. Mais j’avoue que j’en ai chié.

Qu’est-ce qui t’a amené à pratiquer le catch ?

Je suis fan depuis tout petit via les programmes que je regardais à la télévision et bien qu’avançant dans les études je voulais faire quelque chose qui me plaisait. A 22 ans j’ai terminé mon Master, mais l’envie était trop forte. J’ai mis de côté pour pouvoir partir au Canada à la Storm Wrestling Academy.

Justement , quel a été ton parcours pour arriver à un tel niveau ?

J’ai suivi une formation de trois mois aux côtés de Lance Storm. Il est dans la vie comme il est dans le ring, froid et direct. J’ai eu deux évaluations avec lui et j’ai reçu de très bonnes critiques. Il m’a surtout dit de ne rien changer car il a estimé mon niveau technique supérieur à 80% du circuit indy. Pour garder ce niveau je m’impose quarante-cinq minutes de « in-ring » et dix heures de musculation par semaine.

Comment s’est déroulé ton retour en France ? Quel est ton match référence ?

Le jardin français est très difficile à pénétrer. J’ai pas mal attendu avant de décrocher une date sur un premier show où j’ai notamment croisé Johan Desbarre ainsi que Sylvain Grenier (La Résistance). Ensuite tout s’est très vite enchaîné jusqu’à aujourd’hui. Deux matchs références : face à Tommy End à ProShowdown 2013 et Chris Hero à Adrenaline 2014. Chris est un mec très cool, il arrive à prendre vos idées et à les améliorer pour en faire quelque chose de génial. C’était un match parfait.

Et pour 2015 quel est ton programme ?

J’attends avec impatience Revolution 7 (ICWA) ainsi que la rencontre face à Miguel Ramirez à la wXw. Les training-camp en Allemagne sont assez dingues, cela se passe dans des campings et la foule est à fond du début à la fin. Cela permet de faire de nombreuses rencontres et d’échanger sur notre métier. On apprend beaucoup et personnellement j’ai kiffé cette ambiance.

Qu’est-ce qu’il manque au catch français pour que cela prenne autant auprès du public ?

Il y a beaucoup d’inégalités en fonction des promotions. Les bookings sont parfois mal conçus et puis il n’y a pas de méritocratie comme aux Etats-Unis. C’est « tu es le copain de, je t’aime bien alors je te mets dans ce match ». On ne pourra pas faire progresser le niveau et sortir notre épingle du jeu si nous continuons comme ça. C’est la qualité qui va pousser les gens à venir mais je reconnais que c’est un investissement qui peut demander plus d’une année de travail. Par exemple, l’APC avait un bon concept en faisant venir des catcheurs étrangers. Cela a permis de faire grimper le niveau en flèche via l’expérience partagée. Mais depuis qu’ils se sont recentrés sur le côté national c’est devenu répétitif et le niveau a sensiblement baissé. Même si on est moins performant il faut continuer à faire le taf’ car les gens viennent et payent pour voir du spectacle.

Malgré tout, reste-t-il au catch français un gros atout ?

Je dirais que sa force principale c’est son ouverture. Du moins pour certaines promotions qui sont ouvertes aux propositions et aux critiques. C’est celles-ci qu’il faut mettre en avant et pas celles qui cherchent à exploiter les catcheurs. L’autre gros atout c’est son niveau : Peter Fischer, Lucas Di Léo, Vince’NT et bien d’autres, nous n’avons rien à envier personne.

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