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NJPW Wrestle Kingdom 11 : 2017 démarre sur un feu d’artifice

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C’est la tradition depuis des décennies, la New Japan Pro-Wrestling présente le 4 janvier son annuel Wrestle Kingdom. Pour les non-initiés, il s’agit du WrestleMania de la NJPW, toutes les ceintures sont en jeu, le champion poids-lourds rencontre le vainqueur du prestigieux G1.

Une première partie de carte de qualité

Tout commence avec la traditionnelle bataille royale (le Rambo comme on dit au Japon) ou les catcheurs sans réelle rivalité croisent les légendes (et Cheeseburger, très populaire au Japon). Cette année les légendes étaient Kuniaki Kobayashi (qui a immédiatement fait face à Tiger Mask IV dans un beau flashback de ses affrontements contre Tiger Mask II), Hiro Saito et Scott Norton. Michael Elgin ouvre les débats et gagne le match, reprenant on imagine sa place dans le haut de la midcard. Après l’évènement, il imitera Yuji Nagata deux ans auparavant en se servant de cette victoire pour challenger au titre Intercontinental qu’il a perdu un peu plus tôt fin 2016 et qu’une blessure l’a empêché de réclamer. Un belle mise en bouche.

Tiger Mask W affronte ensuite Tiger Mask The Dark dans un duel inspiré du manga Tiger Mask lancé récemment. Tiger Mask W étant interprété par Kota Ibushi alors qu’ACH a pris les traits de Tiger Mask The Dark.

Autant ACH a tenté de cacher son identité en changeant ses prises (tout en restant intéressant, notons le), autant Kota Ibushi a livré tout son arsenal typique au point que jamais le doute ne puisse s’installer. Ce dernier se relève d’un tombstone piledriver avant de délivrer sa Sitout Powerbomb pour la victoire. Quand on ne suit pas le manga, on a du mal à entrer dans le match.

Cody Rhodes bat un Juice Robinson courageux, la ROH indiffère

On passe ensuite aux débuts de Cody Rhodes à la New Japan. On peut déjà noter que malgré sa supposée appartenance au Bullet Club, il n’en a ni la musique, ni l’accoutrement, ni même l’entourage, s’amenant vers le ring seul. Le match a été assez bon, Juice Robinson montrant beaucoup de courage, bumpant comme un fou, mais devant s’avouer vaincu suite au bon travail sur la jambe réalisé par Cody.

Juice Robinson conclut une année à la NJPW qui l’a vu devenir un des catcheurs s’étant le plus amélioré sur la scène mondiale en 2016. Un bon match sans plus de la part de Cody Rhodes, rien de nouveau en 2017. On notera aussi que Cody Rhodes a participé sur l’espace de douze mois de calendrier au Royal Rumble, à WrestleMania, à Final Battle, à Slammiversary et à Wrestle Kingdom.

Dire que le match de championnat poids lourds de la Ring of Honor n’a pas passionné le public serait un euphémisme. C’est dans un silence total qu’Adam Cole est devenu le premier triple champion de la Ring of Honor, et Kyle O’Reilly restera dans l’histoire comme le plus court règne et le seul champion ROH à ne pas avoir défendu son titre avec succès une seule fois.

Un résultat qui en dit long sur l’avenir de Kyle O’Reilly, qui a refusé de prolonger son bail à la Ring of Honor quelques jours avant l’événement. Adam Cole qui est sous contrat avec la Ring of Honor jusque fin Avril repart avec la ceinture, mais jusqu’à quand? Le match en lui-même fût bon, mais comme l’an dernier à souffert du manque d’intérêt total du public.

Des titres par équipe qui changent de mains

Ce fût la razzia pour les challengers. Chaque titre par équipe a changé de mains et ce sont les factions CHAOS et Los Ingobernables de Japon qui repartent les mains pleines au détriment du Bullet Club.

Le titre Junior Heavyweight Tag-team était celui qui reposait sur l’histoire la plus solide. Les Young Bucks arrivent décorés de toutes leurs ceintures PWG, ROH, IWGP et leur propre Superkick Title face aux challengers Roppongi Vice, vainqueurs du Junior Tag League. Ces derniers ont passé la moitié de l’année 2016 sur des fréquences différentes. Chaque victoire était gagnée par Trent Barretta, et chaque défaite voyait Rocky Romero victime du compte de trois fatidique. C’est dans cette dynamique qu’après une sommersault plancha absolument suicidaire de Trent Barretta, Romero se retrouvait seul face aux Bucks. Mais dans un sursaut de courage, un crucifix pin permet à son équipe de repartir avec les ceintures. A noter que les querelles internes ne sont peut-être pas terminées entre les membres du Roppongi Vice.

Les ceintures Never Openweight 6-men étaient elles en jeu dans un Gauntlet à quatre équipes. Dans un premier temps CHAOS (Will OSpreay, YOSHI-HASHI et Jado) furent éliminés par l’équipe du Bullet Club (Hangman Page, Yujiro Takahashi et Bad Luch Fale) malgré une superbe performance de Will Ospreay avec par exemple un somptueux Sasuke Special et un Phoenix Splash en hommage au défunt Hayabusa décédé cette année.

Le Bullet Club a ensuite été éliminé par les Ingobernables de Japon (Evil, Sanada et Bushi) assez rapidement afin de passer à l’affrontement entre ces derniers et les champions Satoshi Kojima, David Finlay et Ricochet. Cette dernière partie du match était bien meilleure et les heels l’emportent dans cette soirée qui verra chaque membre de la faction de Tetsuya Naito détenir une ceinture.

Pour terminer les Guerrillas of Destiny (Tanga Loa et Tama Tonga, qu’on appellera GOD) faisaient face à Great Bash Heel (Togi Makabe et Tomoaki Honma) et le CHAOS (Toru Yano et Tomohiro Ishii). Les phases ou GOD faisaient face à GBH étaient sur la lancée de l’excellente finale du World Tag League ou GBH l’avait emporté. C’est assez incroyable de voir en l’espace de quelques mois à quel point GOD est passé de pire équipe du roster à quasiment une des meilleures. Gedo est un homme très intelligent… Malgré tout, Yano livre son traditionnel double coup dans l’entrejambe et petit paquet pour voler la victoire. Bon match, mauvais vainqueurs.

Quatre match pour une dernière ligne droite à couper le souffle

Le titre Junior et d’abord à l’honneur dans l’ouverture de ce troisième chapitre de la carte. Hiromu Takahashi revient prendre sa place dans le roster de la NJPW et défie le visage de la divison cruiserweight KUSHIDA. Pour ceux qui ont suivi sa carrière, Takahashi revient d’une excursion à la CMLL ou il a livré une série de matches exceptionnels face à Dragon Lee.

A se demander pourquoi la Ring of Honor ne l’a que si peu utilisé… Le style de catch de Takahashi rappelle Sabu ou même Jeff Hardy dans le sens ou ses plongeons sont absolument insensés, ses prises sont à chaque fois au bord du botch, mais il est impossible de le quitter des yeux. Le match est rapide, intense et Hiromu Takahashi devient le nouveau champion Junior grace à son Time Bomb. Le début d’une série de match incroyable.

C’est ensuite le titre NEVER Openweight (ou en d’autres termes le « Beat The Sh*t Out of Each Other » title) qui va être défendu par Katsuyori Shibata face à son ancien équipier/adversaire Hirooki Goto. Ce match est une preuve que la violence n’est pas une affaire d’armes, car les deux catcheurs se sont tout envoyé dans la figure avec une force sans égale. Shibata qui souffre de la nuque a vu Goto cibler ses attaques sur cette partie de son anatomie dans toute la séquence finale.

Cela fait du bien de voir Goto comme ça et non en loser magnifique comme ce fût si souvent le cas. Goto l’emporte, propulsant probablement Shibata vers d’autres cieux un peu plus haut sur la carte. Un catcheur à surveiller de très très près pour le G1 2017. Et si c’était aussi l’année ou Goto passe enfin la vitesse supérieure? Il semble en effet que ça soit le but de ce titre NEVER en tout cas.

Hiroshi Tanahashi descend la rampe d’entrée avec son nouveau thème « Go Ace » presque pour se convaincre lui-même qu’à 40 ans il en a encore assez dans la caisse pour faire jeu égal avec les jeunes loups. Malgré les fulgurances propres à l’Ace, Tanahashi ne trouve pas la solution et chaque High Fly Flow est contré.

La symbolique est immense entre Tanahashi et Tetsuya Naito et remonte à Wrestle Kingdom 8 ou Naito a été privé de la position de main-event par Hiroshi Tanahashi à la faveur d’un vote du public dans ce qui fût une sorte de genèse de son personnage actuel. Le destino a raison du flamboyant babyface dans un combat formidable au point de vue technique, précis et émotionnel.

Tetsuya Naito est LA star de la NJPW et il rend hommage à son adversaire du soir à sa manière après l’avoir mis au tapis. Un nouvel Ace est né pour la prochaine décennie.

Un main-event six étoiles

Kenny Omega nous a promis à demi-mot le plus grand match de tous les temps. Impossible de dire si la mission a été remplie, mais c’était en tout cas un des spectacles les plus incroyables qu’on ait pu voir dans un ring. Quarante-sept minutes intenses, et heureusement aucune intervention extérieure pour gâcher le tout. Les deux catcheurs prennent des risques inconsidérés.

On parle beaucoup de Kenny Omega en ce moment comme le meilleur catcheur à l’heure actuelle. Ce match est la preuve que cette réputation n’est pas usurpée. Ses expressions faciales sont parfaites, son exécution et son timing sont époustouflants de justesse, ses bumps sont à couper le souffle. Quant à Kazuchika Okada, c’est surement depuis trois ans le meilleur « Big Match Player » du circuit. Chaque fois qu’il est en main-event, il délivre une performance de très haute qualité. Si Kenny Omega s’est glissé dans le rôle d’AJ Styles il y a un an, Okada s’est glissé dans celui d’Hiroshi Tanahashi en tant que visage de la fédération et celui qui la fera entrer dans sa prochaine ère.

Le match a commencé par une vraie bataille d’échec ou chaque catcheur essayait de surpasser tactiquement son adversaire. Ce qui fît passer le match à la vitesse supérieur, c’était les bumps à l’extérieur du ring. Omega a gratifié l’assistance d’un springboard moonsault ressemblant étrangement au triangle moonsault exécuté plus tôt par sa némesis Kota Ibushi. Ce même Kenny Omega a volé à travers une table dans une chute absolument terrifiante.

La séquence finale (de presque un quart d’heure tout de même) défiera votre santé cardiaque. Un nombre incalculable de contres, Kenny Omega fait ce que seul Tanahashi a réussit en se relevant d’un Rainmaker. Ce même Omega (comme face à Hirooki Goto en finale du G1) invoquant ont idole d’enfance Megaman en absorbant les finishers de ses ennemis assène une Sitout Powerbomb qui n’est pas suffisante.

Il faudra QUATRE Rainmaker à Kazuchika Okada pour vaincre Kenny Omega. On notera pour terminer qu’à aucun moment Kenny Omega n’a pu appliquer le One Winged Angel. Impossible de dire si Kazuchika Okada aurait pu se relever de cette prise destructrice.

Plus que jamais, Omega apparait plus grand dans la défaite que dans la victoire et certains de ses kickouts ressemblaient à des moments babyface. L’avenir est radieux pour Kenny Omega si celui-ci s’éternise à la NJPW. Nous avons peut-être en face de nous le plus grand Gaijin de tous les temps. La meilleure publicité possible pour New Japan World.

Il serait facile de tomber dans les superlatifs vis-à-vis de ce match, mais cela n’était que le premier affrontement entre ces deux catcheurs. Imaginez ce qu’un programme sur plusieurs années pourrait donner entre les deux. Car c’est bien là une des caractéristiques du puroresu : les push sont longs, les rivalités sont longues, tenaces et rares sont les ennemis devenant soudainement amis.

Ces deux athlètes sont partis pour se faire face un grand nombre de fois, et si ce match n’était que le début, il va vite falloir trouver de nouveaux qualificatifs pour ce qu’ils vont nous offrir à l’avenir.

New Year’s Dash : vers 2017 et au-delà

Le lendemain de Wrestle Kingdom a lieu New Year’s Dash. En général les catcheurs participent à des multimen qui limitent l’action dans le ring au profit de développer les angles et storylines qui vont rythmer l’année qui suit. Et celui de cette année n’a pas dérogé à la règle. Autant Wrestle Kingdom fut un show formidable, autant New Year’s Dash fût un show incroyablement fun.

Juice Robinson a battu Goto et se place en challenger du titre Never, Dragon Lee arrive à la CMLL pour challenger Hirmu Takahashi et KUSHIDA, Will Ospreay défie Shibata pour le titre mondial de la RPW et Michael Elgin a mis son focus sur le titre Intercontinental qu’il veut récupérer. On notera que Michael Elgin a utilisé le Burning Hammer pour battre Naito, prise hautement symbolique au Japon. Pour ne rien enlever au côté irréel de ce show, Manabu Nakanishi, Ryusuke Taguchi et Hiroshi Tanahashi sont devenus champions 6-men NEVER Openweight, mettant fin au règne des Los Ingobernables de Japon après vingt-quatre heures de domination.

Mais le fait principal est le retour du terrifiant Minoru Suzuki et de sa clique du Suzuki-Gun. En plus du Killer Elite Squad de Lance Archer et Davey Boy Smith Junior qui ont décimé les champions par équipe Ishii et Yano, Minoru Suzuki a promis de démolir le champion Kazuchika Okada dans son premier programme de 2017 pour le New Beginning.

S’il y a bien une année pour commencer à suivre la New-Japan pro-Wrestling, c’est 2017! SUZUKI-GUN ICHIBAN!

NJPW Wrestle Kingdom 11 : 2017 démarre sur un feu d’artifice
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