Reportage

APC Apocalypse II : Un petit retour sur Terre

Près de trois mois après le passage de Pete Dunne et deux après celui de Joseph Conners, l’APC recevait René Duprée et Matt Cross pour un show qui a souvent eu du mal à vraiment prendre de l’ampleur.

Pierre Dereppe/VoxCatch

L’APC est clairement ambitieuse ces derniers temps. Forte d’un bon vivier de talents à sa base, l’organisation basée à Nanterre se fait pas mal plaisir depuis quelques mois à coup de noms familiers des fans de catch indépendants. Pour cette fois, c’était surtout le nom de Matt Cross aka Son of Havoc du show Lucha Underground qui faisait pas mal parler de lui.

Mieux, les deux catcheurs qui affrontent les invités internationaux sont A-Buck pour René Duprée et Senza Volto pour Matt Cross, du beau monde. On retrouve sur le show aussi des noms qu’on connaît très bien : Tristan Archer, Christianium, Hellmer Lo Guennec ou même, si vous êtes familiers de l’APC ou du Nord et de la Belgique, le duo « Empire of Violence » composé de Darkmondo et Alex le Grand, une tag team très efficace.

De l’ambition entravée par des faux pas

Du coup, l’APC augmente aussi les prix, et ça peut parfois se comprendre, un show de catch n’a pas à être à 10€ constamment. Toutefois, 21€, c’est plus cher que le show avec Pete Dunne qui regroupait vraiment six affiches avec des catcheurs avec de l’expérience. Quand là à la place le premier match est un match entre quatre jeunes formés à l’APC, le prix se fait un peu sentir.

Ce n’est clairement pas un scandale mais il reste quelque part un enjeu de l’appréciation du show. On attend un peu plus d’un show que l’on paye plus cher que d’habitude. C’est une attitude de spectateur normal on pourrait même dire. Du coup, quand le premier match est composé de catcheurs qui en veulent mais en clair manque d’expérience, on tique un peu.

l’APC est connue toutefois pour lancer pas mal de jeunes dans le bain. Donc on comprend la démarche, mais l’exigence face au show se doit d’être plus élevée quand on paye plus cher. D’ailleurs, si on comprend la démarche, c’est que la première fois qu’on était venu à l’APC, le catcheur qui faisait ses débuts s’appelait Christianium le Surréaliste et il va plutôt bien depuis.

Lors de ce show c’était tout de même plus compliqué, le match entre Christianium et Hellmer Lo Guennec était vraiment pas facile pour les deux hommes. Ce qui semblait être un premier affrontement entre les deux a accouché d’un match avec énormément de loupés, d’hésitations et un manque d’alchimie vraiment dommage tant les deux respirent l’envie de bien faire.

Un public parfois pas assez accroché, mais volontaire

Une telle performance joue sur le public. Les trois premiers matchs ont eu une dynamique variable. Entre le match des jeunes de l’APC qui a timidement entraîné des encouragements et le troisième match où l’on sentait la tension des deux hommes par rapport à leur performance, il y a eu un match entre Thiago Montero et Alex Le Grand qui a permis de chauffer un peu plus tout le monde. Déjà parce que le match en lui même entrait mieux dans le vif du sujet, mais aussi par son dénouement.

Une disqualification pour un angle où Darkmondo vient frapper Thiago Montero qui sera sauvé par Tristan Archer, dont le match avec Darkmondo se transforme en match pour le titre par équipes où les deux belges doivent affronter Tristan Archer et Thiago Montero. C’est globalement les deux matchs qui susciteront le plus d’engouement de la foule. Archer minaude un peu et profite pas mal du fait d’être over maintenant auprès des fans français ce qui permet d’avoir une belle ambiance dans les deux matchs.

On passera sur les traits d’humour classique en France, c’est au goût de chacun mais ça a le mérite d’apporter un peu de connexion entre l’action sur le ring et les spectateurs et ça c’est cool. Le problème vient par contre souvent sur le déroulé des matchs.

Des scénarios un peu étranges

C’est un peu le gros défaut de ce show, une sorte de sentiment d’inachevé qui se glisse un peu dans tous les matchs. Le fait que Hellmer Lo Guennec démarre un heel turn et perde par exemple est un choix qui influera peut-être sur le long terme mais c’est plus vraiment à l’intérieur des matchs que cela influe parfois.

L’exemple par exemple sur le match entre René Duprée et A-Buck où après un solide échange de catcheurs heavyweight d’une dizaine de minutes environ, A-Buck place son finisher et obtient un compte de trois étrange où René Duprée se dégage à 3,00001s. Donc, le match se termine avec une confirmation de la décision tardive et pas une véritable satisfaction, avec cette idée que le match aurait pu prendre de l’ampleur avec ce nearfall qui n’en est du coup pas un.

Pour le main-event entre Matt Cross et Senza Volto, c’est la blessure vendue par le français qui fait un peu tiquer. Dans un affrontement vendu comme un duel de Shooting Star Press, Senza vend une blessure au genou qui permet à Matt Cross de pouvoir reprendre l’avantage sans au final à avoir placer ce mouvement une seule fois. Encore une fois, il y a un sentiment de manque, comme un soufflé retombé. C’est bon, mais on a le sentiment que ça aurait pu être meilleur.

Des attentes plus hautes à satisfaire

On sort du show avec un sentiment mitigé. Le moment passé n’est pas déplaisant, mais clairement en deçà de ce qu’on pouvait attendre du show. On est pas face à une catastrophe loin de là car il y a des efforts mis dans le show. Mais force est de constater qu’on en attend plus. Alors, est-ce que c’est à cause du show de l’APC de février, Superclash II avec Pete Dunne, où la promotion parisienne mettait la barre très haute, qui reste encore en tête ? C’est possible que cela joue mais il y a aussi clairement un niveau qui s’est élevé en France et qui du coup a fait monter les enjeux et les attentes pour les shows.

C’est le problème d’un public, il en veut toujours plus. Peu importe le domaine. Et avec Matt Cross et René Duprée bookés, on en voulait plus. Mais voilà, un match qui se passe mal, des scénarios et conclusions un peu bancales et cela tourne un peu à des discussions moins enjouées et plus tempérées sur ce que l’on a vu.

Un show qui du coup restera pas trop dans les mémoires même si la proximité d’après-show aide un peu à compenser et les discussions avec les workers et autres restent un point d’intérêt vraiment plaisant de ces shows en France où l’on peut vraiment discuter avec tout le monde. En somme, l’APC a désormais plus d’attentes à combler, surtout quand elle apporte des noms, et c’est une charge supplémentaire qu’il ne faut pas négliger.

APC Apocalypse II : Un petit retour sur Terre
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