Portrait

Kazuchika Okada : le vrai Best In The World, c’est lui

Si vous lisez nos reviews des PPVs de la NJPW proposées pratiquement chaque mois, vous connaissez surement ce nom. Actuel champion IWGP poids-lourd, Okada est au sommet de la New Japan Pro Wrestling et fait toujours plus parler de lui, à tel point que son nom traine dans les couloirs de Stamford. Comment ce Golden Boy en est arrivé là ? Descriptif d’un parcours qui inspirerait presque les plus grandes productions hollywoodiennes.

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Pour comprendre l’étendue d’un phénomène japonais pas comme les autres, il faut remonter à la genèse. Au début de sa carrière, Kazuchika Okada suit le cursus classique d’un catcheur japonais. Abonné aux dojos, il voyage quand même rapidement aux Etats-Unis grâce à son mentor Ultimo Dragon. Dès le début de sa carrière à l’âge de dix-huit ans, il apprend à l’étranger, ce qui est peu le cas des Japonais dans l’ensemble. C’est un premier signe qu’il est un atout nouveau pour le catch puro. Il a même ouvert une brèche car sa réussite inspire une nouvelle génération de catcheurs qui s’exportent en Angleterre, aux Etats-Unis et au Mexique, davantage que par le passé.

Mais pour arriver à cette gloire, le vrai tournant de la carrière d’Okada est paradoxalement son plus gros trou noir. Comme il l’a révélé dans une interview, il n’a presque jamais lutté en dix-huit mois de présence à la TNA. Entre dark matchs et matchs à XPlosion rarissimes, cette formation se fait sur un autre terrain. Car sur le ring c’est défaite sur défaite, avec seulement une victoire à Xplosion et 1 sur 1 à Impact grâce à une victoire par disqualification sur D’Angelo Dinero.

Ouais, deux.

Impossible de le reconnaître par rapport à maintenant car il avait le rôle d’une cameraman aux côtés de Samoa Joe, et un déguisement masqué à la façon du Japonais de Green Hornet. Autant dire qu’à l’antenne on touche le ridicule et c’est donc en dehors que tout se joue. Okada mange des vidéos de catch américain WWE et WCW à la pelle et il va grandement s’inspirer de Sting. La TNA n’a pas fini de s’en mordre les doigts de ne pas avoir voulu en voir plus sur le ring, mais cela a finalement été profitable à Okada.

Il révolutionne les standards à son retour à la NJPW. Dans un pays où les discours sont futiles et la lutte ultra physique dans un domaine très sportif beaucoup plus que divertissement, il arrive avec un style flamboyant. Cela se traduit déjà dans le look, très brillant et voyant, des teintures de chevelures flashies. Il n’en faut pas plus pour qu’il devienne à vitesse grand V l’idole de ces dames et demoiselles. D’ailleurs à ce sujet, dans son contrat le liant à la fédération, il est stipulé qu’il ne doit pas se marier pour ne pas faire sombrer dans la dépression les jeunes filles folles de lui.

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Et probablement une partie de la rédac.

Il faut dire qu’il a le gabarit idéal pour apprivoiser tous les styles, même si l’habit — comprenez le physique — ne fait pas le moine dans ce milieu. Avec 1m90, il a l’allonge nécessaire et avec 110 kilos la force pour affronter différents gabarits sans jamais se départir de son style. La marque des grands est rapidement sienne à partir de son retour en 2012 à la NJPW. Revenu sur la grande scène par une défaite, son compteur victoires s’ouvre de façon incroyablement phénoménale.

Tant de superlatifs ne sont pas suffisants pour voir à quel point la NJPW lui a accordé une confiance aveugle. Quarante jours après son retour, il devient champion IWGP poids-lourd en battant l’indéracinable Hiroshi Tanahashi, qui devient alors son rival incontournable pour à chaque fois des matchs qui ont fait triper les foules, comparables au Summer of Punk 2011 à la WWE.

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Okada ne pose pas avec le titre, non. C’est le titre qui a le droit à une photo avec Okada.

D’ailleurs, depuis début 2012, il n’y a eu que deux champions poids-lourd à la NJPW et ce sont ces deux-là. Mais il reste encore des accomplissements à achever pour Okada qui n’a pas encore gagné à Wrestle Kingdom, le grand show annuel, un comble que la NJPW va très surement réparer début 2014.

L’ère de Kazuchika Okada coïncide avec le développement visuel de la NJPW, qui fait de ses PPVs des retransmissions courantes dans le monde entier sur Ustream et où les shows télévisés se multiplient également. Et dans la grande majorité de tous les shows, Okada conclue dans le main event. Une valeur sûre quelle que soit l’adversité dont il arrive toujours à tirer le meilleur. L’exemple le plus frappant est Satoshi Kojima, un vétéran qui n’avait plus disputé un aussi grand match dans sa carrière depuis 2005. Cela pose la réputation d’Okada qui peut être qualifié parmi les meilleurs matcheurs au monde avec une santé jusque là très solide.

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Sur cette planète des meilleurs au monde, l’homme comptant le plus de matchs à cinq étoiles depuis deux ans, devant CM Punk et Daniel Bryan, offre un petit condensé technique des deux grands talents de la WWE. Aux soumissions et à l’intensité que Bryan fournit et qu’il met également, il ajoute aussi le fameux diving elbow drop de Randy Savage repris par plusieurs dont Punk et lui qui le réussit beaucoup mieux. D’une pureté dans l’exécution de ses dropkicks, sa marque de fabrique, sa palette technique est très riche et la comparaison avec Punk et Bryan tient complètement, donnant des envies de dream match.

Habitué aux matchs au long cours, car un main event de PPV de la NJPW dure dans les trente minutes, il sait captiver la foule qui n’attend que le Rainmaker à la finition, ce lariat qui décapite l’adversaire après un pilederiver. Rainmaker, c’est aussi son surnom, la gimmick qu’il a adoptée et qui le fait roi sur le modèle d’une légende japonaise de celui qui fait tomber la pluie, il a l’habitude de porter des chaines en or et de faire pleuvoir des billets sur le ring. Et il en fait surement pleuvoir dans les bureaux de la NJPW qui est en plein boum, pas très loin d’être la deuxième fédération au monde.

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Avec ça, il t’achète la TNA. Et un Kinder Bueno.

A l’âge de vingt-six ans, Kazuchika Okada est un vrai Golden Boy, qui dans son pays donne de l’or à tout ce qu’il touche. Il a par exemple redynamisé le fameux clan CHAOS sans pour autant en avoir besoin, aimant régler les choses seul sans coup tordu. On tient là la race d’un grand champion qui est sur la route des Kenta Kobashi, Misawa ou Antonio Inoki avec son style révolutionnaire du personnage moderne rempli d’émotions sur le ring, et qui n’a pas besoin de grand chose pour entrer en communion avec les fans.

Evidemment, le rêve de tout fan de catch sera de voir les meilleurs affiches, et ce catcheur must see a encore une longue carrière et sait faire rêver sans jamais lasser en étant non stop au sommet. Du grand art que la NJPW n’est pas prête de lâcher, et pour qu’il la quitte un jour il faudra que la fédération qui le veut promette de l’utiliser à la hauteur de son immense talent, toujours au sommet.

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