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NJPW Wrestling Dontaku 2014 : Le triomphe d’AJ Styles

La New Japan Pro Wrestling se charge d’un air nouveau. Les forces ont petit à petit changé, les tauliers japonais sont de plus en plus menacés, c’est l’occasion à jamais pour la force internationale de lancer l’offensive à Fukuoka. A Wrestling Dontaku, show levier de l’été nippon, le main event est un choc qui voit là un AJ Styles à l’affût du gros lot.

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En opener, comme vous en avez désormais l’habitude si vous lisez les reviews de la NJPW, les titres par équipe Junior poids-lourd. Les Young Bucks se taillent une sacrée part du lion dans le monde du catch car en plus d’être des champions incontestés à la New Japan, ils le sont aussi à la ROH et à la PWG. Autant dire qu’il est compliqué de détrôner les frères Jackson, même pour les Forever Hooligans qui ont été habitués en 2012 et 2013 à porter ces titres. Mais depuis qu’ils sont arrivés à la NJPW et font partie du BULLET CLUB, il ne peut rien arriver aux Young Bucks, qui même moins fringants parviennent à l’emporter finalement sans trembler, malgré un très bon Rocky Romero qui a énormément progressé mais qui a pris le tombé malheureusement pour lui.

La suite est aussi un match par équipe avec cette feud entre Toru Yano et Minoru Suzuki qui tourne en boucle depuis un an. Et elle n’est pas prête de s’arrêter car pendant que Shelton Benjamin est allé en découdre dans les tribunes avec Takashi Iizuka, sur le ring après un brawl initial, Suzuki bloque Yano avec des menottes et le roue de coups jusqu’à ce qu’il soit disqualifié. Yano réussit à piéger Suzuki après le match avec un tour de passe passe façon Houdini qui lui permet de se libérer tout en menottant son meilleur ennemi, qui frustré, se charge de tabasser les pauvres Yohei Komatsu et Sho Tanaka qui vivent là un apprentissage douloureux.

C’est devenu une habitude d’autant plus depuis que Satoshi Kojima en est le champion, le titre NWA est mis en jeu. Stan Hansen présent pour la photo, Bruce Tharpe s’agitant toujours autant mais de plus en plus impuissant. Il faut dire que les hommes chargés de ramener le titre à la maison aux Etats-Unis sont de moins en moins des foudres de guerre. Cette fois, c’est Wes Brisco, l’ancien de la FCW et de la TNA, champion NWA en Floride et soit disant maitre du figure four leg lock…bonne rigolade. D’ailleurs durant ce match, Brisco est vissé en mode soumission non stop ce qui rend le match pénible et assez vide comme prévu. Le lariat de Kojima n’a même pas besoin d’être spectaculaire pour lui permettre de conserver un titre qui n’est vraiment pas prêt de quitter le Japon.

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On repart dans le mode équipe avec une équipe qui s’impose de plus en plus, Hirooki Goto et Katsuyori Shibata. Anciens ennemis devenus les meilleurs alliés, ici ils ne démontrent pas une grande alchimie. Le test est même très compliqué contre Yuji Nagata, auréolé du titre de la NOAH, et le solide Manabu Nakanishi qui impressionne par sa vivacité. C’est donc davantage l’équipe des vétérans qui est en valeur et Goto et Shibata en forte résistance proches de craquer quand ils sont pris en même temps. Finalement, Goto gagne sur un Scorpion Deathlock à l’issue d’une toute fin brouillonne, et dans ce cas c’est l’essentiel pour affirmer une crédibilité dans une course aux titres par équipe qui s’étoffe soudainement.

En plein milieu du show, on passe aux titres simples avec d’abord le titre IWGP Junior poids-lourd. Pas de grande émotion entre Kota Ibushi et Ryusuke Taguchi dans un match propret mais pas spectaculaire, ce qui est peu habituel dans cette catégorie. Ibushi ballotté par un Taguchi sur la lancée de son retour victorieux, lui qui a évincé Prince Devitt de la NJPW, mais ne parvient pas à s’affirmer suffisamment pour mériter le titre. Kota Ibushi sort champion et là en revanche l’adversité ne court pas forcément les rues et il faut faire appel aux gars expérimentés.

Le titre NEVER Openweight est lui destiné justement aux gars expérimentés qui n’ont jamais eu droit à la lumière dans leurs jeunes années. Tomohiro Ishii s’est ainsi révélé la quarantaine passée et est ce solide champion aux matchs toujours très engagés et animés. Pas d’exception ici face à Tomoaki Honma, gabarit fin mais très résistant et sous les feux des projecteurs pour une fois. Il s’acquitte bien de cette tache et le ton du match est donné par un échange ultra stiff. La puissance d’Ishii prévaut au final mais les séries d’head butts d’Honma dont un à l’extérieur du ring n’ont pas manqué d’apporter un suspens et une qualité indéniable à ce match et à une ceinture des sans grade qui prend toujours un peu plus de lustre. D’ailleurs, Kota Ibushi se dit qu’il peut l’ajouter à sa collection.

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Un match par équipe à élimination se déroule et est bien curieux. Les entrées sont presque plus longues que le match en lui-même qui souffre d’un manque de suspens. D’un côté, Hiroshi Tanahashi, Togi Makabe, Tetsuya Naito et Jushin Thunder Liger et de l’autre Karl Anderson, Doc Gallows, Bad Luck Fale et Tama Tonga. Bon, vu les noms forcément la balance penche dans un sens, et pas celui du BULLET CLUB mais pourtant ils sont sur une série dominante mais ici ils vont céder assez facilement. La compétition est surtout centrée sur deux duos à la fin, les champiosn IWGp par équipe Anderson-Gallows et Tanahashi-Makabe, têtes de proue de la NJPW et très appréciés des fans. Ainsi on finit avec le duo gagnant Tanahashi-Makabe qui éliminent Gallows puis Anderson et s’offrent ainsi des perspectives de titres par équipe. Voilà donc encore une équipe constituée et une division qui manquait de nombre qui s’étoffe franchement. D’ailleurs, voilà Goto et Shibata forts de leur succès précédent qui viennent s’inviter au banquet.

Combat de MMA, Ju-Jitsu ensuite dans le pré main event, et avec dans ce genre de stipu à kimonos ultra terre à terre et même par terre, les frères Gracie sont tout à leur avantage. Shinsuke Nakamura tient la dragée haute mais Kazushi Sakuraba craque assez rapidement. Le descriptif du match serait particulier vu le caractère très basé sur le combat à terre qui n’est pas du catch. Mais cela donne des idées à Daniel Gracie qui pointe le titre Intercontinental de Nakamura pour la prochaine fois.

Nous voilà donc dans le main event et AJ Styles très entouré par le BULLET CLUB dont il est le nouveau chef depuis un mois. Entre ses apparitions partout aux Etats-Unis, surtout pour la ROH, il s’autorise donc aussi le statut de NJPW Guy. Ultra sollicité mais la bave aux lèvres avec l’envie de titre, celui détenu par l’extrêmement solide et talentueux Kazuchika Okada depuis 13 mois. Autant dire qu’il faut d’abord toute l’aide à son clan pour qu’AJ Styles prenne une première fois la main. Mais l’arbitre prend la bonne décision de les éloigner pour laisser un match un contre un très appréciable. A ce jeu, le coup pour coup est de mise mais Okada a le plus souvent la main et frappe avec le Piledriver. Les feux sont déclenchés pour le Rainmaker final mais voilà que le BULLET CLUB revient distraire l’arbitre. Pendant ce temps, un homme vêtu d’une parka devient l’ennemi public numéro un du Japon. Et il s’agit d’un japonais, Yujiro Takahashi, sans grade du clan CHAOS d’Okada et qui donc se joint au BULLET CLUB d’AJ Styles qui n’a plus qu’à finir avec le Styles Clash pour choquer le monde entier.

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Ainsi, la tournée que va effectuer la NJPW à la ROH est modifiée avec un AJ Styles débarquant en champion, son premier titre depuis son départ de la TNA. Il est aussi le premier champion étranger depuis un certain Brock Lesnar en 2005, preuve de l’immense confiance placée en celui qui aura eu une réussite parfaite à la NJPW. Le très international BULLET CLUB fête ainsi avec éclat son premier anniversaire et accueille son premier japonais et un nouveau leader qui a déjà atteint le graal. Trois titres pour le BULLET CLUB, il ne reste plus grand chose aux autres, et la guerre s’annonce intense avec le clan CHAOS d’un Okada surement très revanchard.

La NJPW a ainsi décidé de brouiller les cartes et de devenir plus internationale que jamais avec la moitié de ses titres détenus par des américains venant tous du BULLET CLUB. Le Japon KO se doit de réagir face à l’invasion internationale très forte désormais qui dynamise les shows avec un sang neuf incontestable. Ainsi, l’été va s’annoncer bouillant après un passage qui sera aussi très animé à la ROH.

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