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NJPW Invasion Attack 2014 : une arrivée phénoménale

Le week-end du 6 avril a mis la planète catch en ébullition. Il n’y a pas seulement eu à la Nouvelle-Orléans et ses environs proches du catch en veux-tu en voilà. La NJPW comme l’année dernière a aussi fait son show, Invasion Attack, le dimanche 6 avril, avec des oppositions très diverses variant entre routine et nouveauté avec une grosse surprise.

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Les Junior poids-lourds voltigeurs ont toujours la primeur du début. Le match compacte les Young Bucks, tenants des titres par équipe, et Kota Ibushi et El Desperado, soit le champion solo de la catégorie et son challenger au précédent PPV. C’est donc une alchimie d’équipe moyenne qui est proposée ici et les phases du match varient beaucoup selon la présence d’Ibushi ou Desperado sur le ring. Pas de travail d’équipe et un luchador très en mode botch, le public de Tokyo ne peut donc que s’enflammer sur les passages d’Ibushi tandis que les frères Jackson font leur bon boulot habituel. Bien sûr, l’issue ne fait aucun doute même si le suspens a bien été distillé dans le scénario mais finalement le More Bang for Your Buck frappe sans souci.

Dans cette première partie de show comme à l’habitude, les oppositions sont variées. Ainsi le 3 contre 3 est surtout un petit fourre tout qui ne présente pas de rivalité actuelle particulière sinon de donner quelque chose à Yuji Nagata, Kazushi Sakuraba, Togi Makabe et le groupe de Minoru Suzuki. Les trois premiers s’imposent sans qu’il y ait grand chose à noter d’un match très banal et sans fait saillant.

Très banal, c’est aussi le match qui suit. Un an après, l’invasion annoncée de la NWA est parti en sucette. Rob Conway a perdu son titre solo et va même perdre les titres par équipe de la NWA qui remet ainsi ses deux grosses ceintures autour des hanches de Satoshi Kojima qui partage ici les lauriers avec son compère Hiroyoshi Tenzan. L’opposition est beaucoup trop à sens unique pour représenter un intérêt quelconque et finalement les dominateurs le sont jusqu’au bout avec surtout une intense domination de Kojima, grand homme fort de la NWA.

Il faut vite passer aussi la suite avec les frères Gracie et leur style MMA se frottant aux baroques Toru Yano et Takashi Iizuka. Balourd et mal foutu, c’est ce qui qualifie ce match sans aucun intérêt d’entrée. Les vainqueurs étaient connus d’avance, les Gracie, et avec leur manière de toujours être au sol pour la soumission, de façon souvent lourde car en face Iizuka et Yano n’étaient pas à disposés à manger de ce pain mais finalement ils tapent alors que devant l’écran on tape dès le début du match pour passer à la suite.

On contraste avec un intérêt majuscule avec l’affrontement des ex potes Ryusuke Taguchi et Prince Devitt. Il est question de fin de parcours pour l’un des deux et les craintes liées aux intenses rumeurs de départ de Devitt à la WWE ou à la TNA ont fait craindre le pire qui a été vérifié. Taguchi est talentueux mais très en argile et facilement blessé. Là, il donne une parfaite alchimie avec l’Irlandais qu’il connait depuis 6 ans. Devitt aura eu un parcours de 8 années à NJPW et s’arrête donc après avoir été lâché par son clan BULLET CLUB avec une attaque des Young Bucks qui ont donné l’impression d’un Lumberjack match épineux pour les deux combattants avant de laisser la place à un spectacle qui par sa qualité n’aurait presque pas dû donner de gagnant. Le public est déçu à la fin et l’ensemble des fans de catch aussi car c’est une page historique de la NJPW moderne qui vient d’être tournée à l’image de ce respect après le match entre le vainqueur et le perdant.

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Un super talent part et un autre arrive, c’est le lot inattendu de l’issue du match par équipe qui avait des airs d’handicap match pour Kazuchika Okada qui ne mettait pas son titre en jeu et associé au sans grade YOSHI-HASHI, il a expédié les affaires courantes face à Bad Luck Fale et Tama Tonga qu’il a dominé tranquillement sans forcer outre mesure. Mais c’est l’après match qui est au-dessus du lot avec l’arrivée d’AJ Styles. Oui oui, vous avez bien lu. Styles après le Styles Clash s’empresse de rappeler qu’il était le boss à la TNA quand Okada y faisait discrètement ses classes. AJ Styles nouveau boss du BULLET CLUB et un dream match à venir au début du mois de mai.

Le titre NEVER est solidement accroché aux hanches robustes de Tomohiro Ishii et même si Tetsuya Naito essaye avec quelques filouteries de reprendre le titre, la force d’Ishii demeure dans un match franchement agréable et intense comme le public les aime. Quand c’est bon paradoxalement on a peu de choses à dire et c’est le cas ici.

Les titres IWGP par équipe sont ensuite en jeu avec les champions Karl Anderson et Doc Gallows qui affrontent les potes Hirooki Goto et Katsuyori Shibata. L’ensemble est sérieux mais manque d’énormément de choses, et les styles habituels de Goto et de Shibata manquent complètement à l’appel. Bien sûr, avec l’engagement habituel de Shibata, les champions auraient beaucoup souffert et ça n’a pas été le cas. Mais c’est surtout la fin du match avec beaucoup d’évitements très justes qui prévaut. Et au bout du compte, Anderson et Gallows sortent vainqueurs sans avoir beaucoup souffert étonnamment.

Il y a donc des airs de surprise sur le contenu en cette fin de show et c’est justement ce qu’il faut pour le 3ème affrontement en peu de temps entre Hiroshi Tanahashi et Shinsuke Nakamura pour le titre IWGP Intercontinental. Comme à l’habitude, le main event est le match du show avec la longueur et une histoire toujours racontée avec un Tanahashi moins serein et n’hésitant pas à chicaner. Mais il n’en est pas moins aérien et la réalisation ne manque pas d’aligner les ralentis dans ce match, ce qui est une pratique encore rare au Japon mais que la NJPW développe petit à petit dans ses retransmissions. Le tout se joue à peu de choses et Nakamura prend sa revanche et reprend son titre, redonnant ainsi la main totale au clan CHAOS qui compte trois champions solo désormais.

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L’après match est moins excitant avec les Gracie qui en brésiliens se disent que l’Intercontinental leur irait bien au teint mais comme souvent depuis 6 mois, Kazushi Sakuraba débarque pour se mettre dans le lot et s’associer à Nakamura sans vraiment le lui demander. Et on tient un match de salamandres pour le prochain PPV Wrestling Dontaku où le style très délié de Nakamura sera à surveiller face aux spécialises du MMA.

Le cru 2014 d’Invasion Attack n’est pas exceptionnel mais réussit à apporter son lot de surprises. Pas de chose désagréable, un match solide en main event et une grosse perspective alléchante pour la fois d’après. On connait ces recettes que la NJPW souffle mais tant que ce plat servi est bon, on aurait tort d’en redemander dans une fédération japonaise toujours plus internationale.

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