Portrait

Les grands managers de l’Histoire : Bobby « The Brain » Heenan

WWE

Sa chevelure blonde, cette veste sans cravate ont fait le show pendant quarante années. Bobby « The Brain » Heeenan est une référence du milieu du haut de ses quarante années de carrière. C’est un témoin de l’ère dorée du catch des années 80 dont il a connu tous les talents, même avant leurs débuts les plus éclatants. Il opérait au départ à l’AWA depuis la fin des années 60, où il a formé sa Heenan Family qui a régné sur la fédération avec son champion Nick Bockwinkel et les Blackjacks, champions par équipe. Il est alors le témoin en 1979 de l’éclosion d’Hulk Hogan auquel il va aimer être opposé dans un duel des grandes gueules qui fera rage à la WWF.

A cette époque, Heenan catchait encore mais une blessure au cou va définitivement faire basculer son destin vers celui de manager à plein temps dans les années 80. Sa gouaille et la heat naturelle qu’il attire sans artifice charment Vince McMahon qui le fait venir à la WWF en 1984. Il reforme sa Heenan Family avec de sacrées pointures.

HeenanFamily

Avec lui, le sens du manager portant son catcheur prend son sens. La première vraie grande image est celle où lors du fameux WrestleMania III il manage André the Giant. Pas de victoire au bout face à Hulk Hogan pour la deuxième fois consécutive dans un WrestleMania  — après la défaite de King Kong Bundy à WrestleMania II — et ce n’est pas faute d’essayer car Heenan va s’appliquer à tourmenter la vie d’un Hulkster idole absolue des fans.

Pendant 7 ans, il tient le haut de l’affiche, s’affichant comme manager récurrent pour un très grand nombre de catcheurs de l’époque. Son slogan aurait été « je l’aurai un jour je l’aurai » vis-à-vis d’Hulk Hogan tellement il va s’y employer avec tous ses poulains et comme dans la pub il n’y arrivera pas, étant un signe de défaite pour les siens qui peut être qualifié d’injuste après coup vu le CV des hommes qu’il dirigeait. Il faut dire qu’il était l’homme des heels, et à une époque où les faces triomphaient fortement, le succès n’était pas souvent de mise.

King Kong Bundy

Bobby Heenan et King Kong Bundy

Mais même sans collectionner les titres avec les siens, il marque plusieurs éditions de WrestleMania, apparaissant dans quatre à cinq matchs en moyenne. Ainsi acteur incontournable des premiers succès de la WWF sans en récolter les fruits dans les actes, il commente aussi aux côtés de Gorilla Monsoon qui deviendra un vrai complice. Ainsi pendant près de dix ans, il fait partie des meubles de la WWF qu’il quittera fin 1993 pour aller à la WCW où il tiendra alors beaucoup plus le rôle de commentateur. Mais dans la fédération de Ted Turner, la vie n’est pas belle et même s’il y restera jusqu’en 2000, il ne rencontre pas du tout la même plénitude qu’à la WWF.

Quand on voit les talents qu’il a managé durant sa carrière, on sent l’ouverture qu’il leur a apporté. Quasi tous ont du charisme mais c’était naissant et ainsi il a apporté une valeur ajoutée et servi de tremplin vers les titres pour les Mr Perfect, André the Giant ou Rick Rude mais aussi de repère pour les débuts de Ric Flair puis de Lex Luger à la WWF.  Toute une génération de managers est ainsi directement inspirée de ce heel vicieux par l’esprit et la tchatche. C’était le personnage idéal à détester pour la foule populaire des années 80 et c’était aussi celui dont la foule pouvait se moquer aussi tant les faces dominaient à l’époque et que les heels même talentueux avaient du mal à s’emparer des titres.

Tout de même, WrestleMania V marquera le succès de son écurie. Rick Rude défait l’Ultimate Warrior et devient le champion Intercontinental, puis peu de temps après le grand évènement de l’année, les Brain Busters devenaient les champions par équipe puis ce seront André the Giant et Haku qui détiendront les titres avant que le WrestleMania de l’année suivante marque une pente inversée avec André the Giant à la santé déclinante qui perd les titres par équipe et se détache de son emprise.

Dans cette guerre entre managers heels qui s’arrachent les talents, Bobby Heenan a toujours eu une longueur d’avance sur Jimmy Hart et Ted DiBiase. Il faut dire qu’il a été la première référence historique du rôle moderne du manager tel qu’on le voit aujourd’hui. Un intouchable surtout étant donné ses multiples opérations au cou.

Son talent tant dans le management qu’aux commentaires a immanquablement inspiré Paul Heyman qui se révèle être proche de lui dans le style et le fait de soutenir le lancement de talents qui ont fait le succès de la WWE. La même chose sera faite en coulisses avec la WCW malgré les difficultés. Atteint d’un cancer de la gorge en 2002 qu’il a réussi à soigner même si cela l’a beaucoup affaibli, il a ensuite fait diverses apparitions dans plusieurs fédérations, notamment la TNA qui a vu en lui le moyen bref mais parfait pour montrer ses talents l’espace d’un soir, notamment avec Bobby Roode.

bobby roode gorilla monsoon

Bobby Heenan et Gorrilla Monsoon

Sa récompense personnelle intervient en 2004 quand il est intronisé au Hall of Fame de la WWE. Ensuite il prendra plaisir à introniser, malgré une santé défaillante, Paul Orndorff en 2005, les Blackjacks en 2006 puis Nick Bockwinkel en 2007. Preuve que petit à petit ses poulains sont associés à sa postérité et que le succès même après qu’il ait arrêté reste toujours symbolisé par deux générations marquantes de heels.

Malheureusement, ses nombreux soucis de santé ont pris une grande place dans les dernières années de sa vie, mais son image de l’excellence du management du catcheur reste éternelle et dès qu’il le pouvait, il n’hésitait pas à côtoyer encore ce monde du catch parfois ingrat mais qui lui collait tellement à la peau.

Les grands managers de l’Histoire : Bobby « The Brain » Heenan
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