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ROH Final Battle 2016 : Un spectacle convainquant dans une indifférence quasi générale

Ring of Honor

Qu’il est bon de savoir s’entourer et profiter de partenariats. Longtemps la Ring of Honor n’avait dû que se contenter de voir ses stars perdre contre des midcarders de la NJPW, désormais elle puise dans les stars de la RevPro, la CMLL et aussi la NJPW pour garnir ses cartes. On pourrait penser que ça ne crée malheureusement pas de stars, mais au moins ça génère du spectacle et une certaine émulation dans les talents locaux réguliers de la fédération de Baltimore.

Une production de qualité moyenne

Commençons par ce que l’on a pas aimé. Pour une fédération télévisée, il y a pas mal de petits accrocs au niveau production. Musique qui s’arrête et qui redémarre, micro qui ne fonctionnent pas, caméra qui ne filme pas le bon côté du ring et qui manque un lutteur sautant sur son adversaire… Ce qui pourraient n’être que des détails s’avèrent au final importants. Si les lutteurs font leur part du travail entre les cordes, les équipes de production doivent leur rendre justice.

Qui plus est dans un building mythique, théâtre de grandes batailles comme Danielson contre Morishima ou encore ECW One Night Stand, tout était réuni pour un visuel se voulant de qualité. Au final ce sont des détails comme ceux-ci qui vous permettent ou non d’accéder à une plus grande visibilité télévisuelle ou dans les médias populaires.

Si la Ring of Honor se veut comme une destination finale et non plus comme une étape avant de rejoindre la WWE, elle doit proposer un produit plus propre et poli pour son plus gros show de l’année. Quand Brandi Rhodes arrive pour présenter les débuts de Cody, la voir tout sourire commencer son monologue — qui plus est, quasiment le même « anti-WWE » qu’on a entendu lors du tournoi de la PWG Battle Of Los Angeles — dans un microphone silencieux par dessus la musique d’entrée lancée trop tôt, on est en droit de penser que ce n’est pas la meilleure manière de présenter votre nouvelle grosse acquisition.

Aucun match sans enjeu

Le gros avantage de cette carte est que la quasi-totalité des matchs avaient quelque chose à la clé. Sans parler naturellement des matchs pour le titre, on peut se réjouir par exemple de voir un excellent lutteur comme Silas Young bénéficier d’une rivalité avec l’icone Jushin Thunder Liger, et encore plus la remporter. Accompagné du Beer City Bruiser — et son hilarante canette de bière de marque « BEER » écrite à la main, Young a remporté son combat grâce à son Misery. A noter que Silas Young n’est pas lié par un contrat à la ROH, il serait opportun d’y remédier au plus vite. Il catch régulièrement à la AAW et comme ACH, il pourrait être tenté de préférer cette exposition.

En ouverture de la carte, ce sont Rhett Titus, Caprice Coleman et Kenny King — anciennement All Night Express, puis The Cabinet, et maintenant The Rebellion — qui ont vaincu l’équipe d’Alex Shelley & Chris Sabin (Motor City Machine Guns) et Donovan Dijak. Un combat ou Dijak a brillé totalement, s’il y a un big man sur le circuit indépendant qui a un avenir radieux, c’est bien lui. Rapide, agile, pas maladroit dans les airs, ses prises sont à chaque fois excellemment bien appliquées et il semble totalement crédible.

Dalton Castle, catcheur au palmarès criminellement vierge, affrontait Colt Cabana après que celui-ci se soit retourné contre lui au lieu de défier les champions par équipe. Là encore, un combat d’excellente facture ou c’est le lutteur avec un avenir dans la fédération qui s’est imposé en la personne de Dalton Castle. On peut noter l’excellent passé de lutteur amateur de Castle qui apparaît dans ses combats avec de magnifiques démonstrations de force.

C’était aussi l’occasion de voir Cody Rhodes faire ses débuts face à Jay Lethal. Accueillis par Christopher Daniels et Frankie Kazarian — on a cru au tag-match impromptu, mais non. Le combat entre l’ancien champion et le nouveau venu a très certainement été le meilleur combat de Cody Rhodes sur la scène indépendante jusqu’à présent. A noter un heel turn de Rhodes pour la victoire avec low-blow suivi du Cross Rhodes — est-il sorti de son personnage en riant à la suite de ça? on l’a vu rire en regardant Lethal, majeurs levés vers la foule, intimidation envers Todd Sinclair. Utilisation intéressante de Cody Rhodes.

Des tags-matchs d’excellente qualité

Dans un premier temps, l’équipe composée de KUSHIDA, Jay White de la NJPW et Lio Rush remplaçant ACH, qui a depuis quitté la Ring of Honor, s’est inclinée en finale de tournoi couronnant les premiers champions 6-Men de la Ring of Honor face au nouveau Kingdom mené par Matt Taven accompagné de TK O’Ryan et Vinny Marseglia. Décision logique de donner ces titres à une équipe de nouveaux heels qui se servira de ces ceintures pour s’établir et redonner un élan à la carrière de Taven après une grave blessure. A noter les excellentes prestations des trois catcheurs de l’autre équipe, en particulier Jay White qui devrait bénéficier d’un gros push en 2017.

Les ceintures par équipe désormais aux mains des Young Bucks étaient aussi en jeu, et ces derniers faisaient face aux frères Briscoe. Un match excellents dans le style PWG ou le dernier tiers du combat consistaient en « tout le monde se relève du finisher de tout le monde ». Jaydriller, Froggy-bow, Meltzer Driver, More Bang for your Bucks, rien n’y fît. Bien que victime d’overbooking extrême, le combat était d’une excellente facture, contrairement à leur décevant affrontement à la NJPW il y a quelques mois.

Des ceintures bien mises en valeur

Les deux titres individuels étaient en jeu et le moins que l’on puisse dire c’est que les combats furent excellents. Dans un premier temps, le titre TV détenu par l’anglais Marty Scurll était en jeu face à l’ancien détenteur éphémère britannique Will Ospreay et le mexicain de la CMLL Dragon Lee. C’est un quasi remake de la finale de BOLA ou les deux anglais avaient affronté Trevor Lee — aucun lien avec Dragon Lee, au cas où. Comme on pouvait s’y attendre, le match a été spectaculaire et rythmé avec de superbes voltiges de Dragon Lee et Will Ospreay. Marty Scurll conserve son titre après que Ospreay ait porté son Os Cutter sur Dragon Lee et se soit vu poussé dehors, Scurll a ensuite porté son Crossface Chickenwing pour la victoire par abandon. Superbe combat de la part des trois invités.

Dans le main-event, Adam Cole défendait le titre principal de la Ring of Honor face à son ancien coéquipier de Future Shock Kyle O’Reilly. Le Red Dragon réalise une année 2016 exceptionnelle et sa transition vers les poids-lourds à la NJPW devrait le mener vers des horizons encore plus radieux au Japon. Les deux catcheurs se sont livrés ici une bataille brutale ou chaises, tables et punaises étaient de sortie pour ce match sans disqualification. A noter un blade-job — totalement visible à l’écran, ce que l’équipe de production aurait du cacher — probablement raté d’O’Reilly tant il a versé d’hémoglobine. Ce dernier remporte le combat sur un Cross Armbreaker tout prêt des cordes. Totalement mérité pour un des meilleurs lutteurs indépendants à l’heure actuelle.

La suite?

Final Battle étant en général la fin d’un chapitre, il faut se poser la question des rivalités et storylines qui vont porter les Ring of Honor dans les prochains moins.

  • « Broken » Matt Hardy a lancé un challenge aux Young Bucks : que cela signifie-t-il au niveau contrats?
  • Les Young Bucks resignent pour deux ans à la ROH avec en contrepartie une liberté créative : mais contre quelles équipes?
  • Quid du Bullet Club? Kenny Omega reviendra-t-il à la Ring of Honor?
  • La Ring of Honor peut-elle s’en sortir sans faire massivement appel aux lutteurs des fédérations partenaires?
  • Comment la ROH va-t-elle gérer l’exode qui se prépare en janvier?
  • Cody Rhodes en heel pour dix dates à la Ring of Honor. Un titre en vue?

A noter que la Ring of Honor tiendra comme d’habitude un show lors de la semaine de WrestleMania — en général Supercard of Honor — dans les environs d’Orlando et que c’est à cette occasion que les Young Bucks affronteront leurs idoles d’enfance les Hardy Boys. On annonce déjà énormément de stars de la NJPW et de la RPW pour cet événement.

On déplorera simplement pour terminer l’incapacité de la Ring of Honor à attirer le buzz sur ses shows ces derniers mois, la concurrence se faisant plus rude que jamais avec l’arrivée massive de promotion indépendante (EVOLVE, House of Hardcode) sur le site de streaming FloSlam, leur permettant une exposition aussi importante que celle de la Ring of Honor. Celle-ci va devoir redresser la tendance en 2017 pour éviter de se perdre.

ROH Final Battle 2016 : Un spectacle convainquant dans une indifférence quasi générale
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