Interview

Tristan Archer : « Se professionnaliser en France, c’est impossible »

Miguel Discart

Tristan Archer catchera ce samedi 9 septembre à Quedillac près de Rennes en Bretagne pour la Ouest Catch où il défendra son titre de champion de la promotion française face à Cormac Hamilton.

En attendant le show de ce samedi soir, Tristan Archer a répondu à quelques questions sur le catch français et le show de Quedillac.

Comment et quand as-tu commencé le catch ?

J’ai fini un premier master en STAPS qui ne m’a pas plus. Alors au lieu de me lancer dans un nouveau master qui n’allait pas me plaire, j’ai décidé de faire des petits boulots pour pouvoir essayer de concrétiser ma passion et mes rêves. Je suis donc allé au Canada à la Lance Storm Academy, une école de catch très prestigieuse. Je suis resté trois mois et c’est ce qui m’a permis de me lancer dans le catch, j’ai tout appris: comment mettre des coups, comment me prendre des coups etc. Cela m’a permis de me lancer en France et en Europe. Je suis aussi allé en Irlande, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, en Italie, en Allemagne et puis il y a le Canada et les Etats-Unis.

Quelles sont les différences entre un show de catch dans une petite ville bretonne comme Quedillac et un show de la WWE aux Etats-Unis ?

Ce n’est pas la même ambiance. Il y a un côté plus proche avec le public contrairement à la WWE. Je peux discuter avec les fans après le show. A la WWE, c’était des fans du monde entier qui venaient assister au tournoi du Cruiserweight Classic et ils étaient des milliers. Et puis après le show, on va directement à l’hôtel, on a un bus qui vient nous chercher derrière l’arène.

Tu es professeur des écoles et catcheur. Souhaites-tu quitter ta profession pour te consacrer exclusivement à ta passion ?

Se professionnaliser en France, c’est quasi-impossible. Ici, le catch n’a aucun statut. Il n’est pas reconnu par le ministère des sports. Si on a un accident de travail, on n’est pas protégé. On n’a pas de fiche de paye non plus et donc on ne peut pas cotiser pour la retraite. Ce ne sont pas des conditions idéales avec une sécurité derrière. De plus, en France il n’y a pas beaucoup de dates, donc même si on travaille dedans, ce n’est pas pour un salaire correct.

Que manque-t-il au catch français pour devenir populaire ?

Pour que le catch français évolue il faudrait des shows de qualité. Ce qui se passe en France c’est qu’on a des vieux promoteurs et des vieux catcheurs qui refusent de changer leurs méthodes. Ils vont faire un truc destiné à un public d’il y a 50 ans alors que la nouvelle génération attend autre chose. Je pense qu’il faudrait laisser la place à de nouveaux talents que ça soit dans le catch ou bien dans les catcheurs. On a des noms excellents comme Peter Fisher ou Lucas Di Leo. Et puis, dans les fédérations qui font du bon boulot en France, il y a la Ouest-Catch. A Plouasne, tous les ans le public augmente. L’année dernière il y avait environs 1000 personnes. Ils amènent toujours de nouveaux talents à qui ils laissent une chance.

As-tu eu des propositions pour retourner catcher à la WWE ?

Je suis toujours en contact avec la WWE mais je n’ai rien de concluant pour l’instant. J’aimerais beaucoup lutter à la ROH, autre fédération américaine très connue. Je ne sais pas si je les intéresse, ils ont déjà de grosses têtes d’affiche. J’adorerais catcher au japon mais malheureusement je n’ai aucun contact. Et puis, concernant le catch mexicain, ça ne m’attire pas tant que ça car la voltige, ce n’est pas mon style. La WWE, bien sûr que j’aimerais y retourner! Après je ne suis pas triste, j’ai eu la chance de pouvoir participer à ce grand tournoi et je leur en suis très reconnaissant.

Propos recueillis par Sabrine Benmoumene 

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