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Les « Call ups » de NXT, le bilan : Pas des catastrophes, mais presque

Certains catcheurs de NXT réussissent dans le grand bain, quand d’autres peine à s’en sortir. Les catcheurs de cette liste ne sont pas les pire, mais on est pas très optimiste pour eux.

Depuis son lancement NXT a créé plusieurs Superstars pour le roster principal et si certaines ont plutôt réussi leur passage dans le grand bain — comme on a pu le voir dans le précédent numéro de cette série et peuvent rester confiant pour la suite de leur carrière, ce n’est pas le cas de tous. Pour certain·e·s c’est un peu la douche froide.

Quand on pense à ces catcheurs et catcheuses, on ressent une certaine frustration celle de ne pas les voir dominer leurs divisions et rosters, malgré une présence quasi-hebdomadaire. Si ce ne sont pas des catastrophes, on est loin de la grande réussite pour les catcheurs et catcheuses qui suivent.

Asuka

On a tout perdu de l’Asuka qu’on connaissait à NXT. Dominante, imbattable et destructrice. Celle qui fut championne de NXT pendant un an et quatre mois tout de même est arrivée à RAW totalement de ces trois atouts. Son premier match, elle le fait contre Emma et on déchante très vite. On n’a rien contre Emma, bien au contraire, mais elle a dominé NXT d’une seule main pendant plus d’un an, et au moment d’arriver à RAW elle est à genoux devant le bas de la carte du roster principal. Il y a quelque chose qui déconne.

Son seul défaut est en fait d’être arrivée à un moment où Charlotte Flair était encore en plein push, et où Ronda Rousey faisait ses premiers pas sur le ring de la WWE. Sacrifiée pour laisser la place à deux autres catcheuses qui ont sans doute plus de valeurs aux yeux de Vince McMahon. Et puis tant pis si on sabote le travail de Triple H.

Aujourd’hui elle est à SmackDown Live, perdue dans le bas de la carte et en équipe avec Naomi dans une sorte de personnage plutôt porté sur l’humour que sur le catch.

Bo Dallas

Vous allez peut-être trouver cette place surprenante mais lui aussi a été champion de NXT au cas où vous l’auriez oublié, et même si sa place dans le roster principal est loin d’être le devant de la scène, on l’a rarement vu mis à mal. Le début a été difficile mais les Social Outcasts étaient divertissants, le Miztourage l’a plutôt bien servi et il a récemment été champion par équipe avec Curtis Axel dans la B-Team. On a vu pire comme parcours.

Bo Dallas a un talent naturel à se faire détester ou aimer du public. En ses temps de champions de NXT il était probablement l’un des heels les plus huées de la brand jaune. Dans le main roster en tant que heel, il était insolent, vantard et savait toujours se mettre une foule à dos.

Il a trouvé sa place en équipe avec Curtis Axel, mais il reste qu’en solo la WWE a toujours eu du mal à savoir quoi en faire. Maintenant que la B-Team a perdu ses titres on se demande ce que lui réserve l’avenir, mais on doute qu’en dehors d’une équipe il perce un jour dans la midcard.

Sasha Banks

C’est difficile à regarder. Chaque semaine à RAW on se demande ce qu’ils vont encore trouver pour l’enfoncer un peu plus. À NXT elle a mené avec Bayley la vraie « Women’s Revolution ». Impossible de ne pas citer à nouveau le match de NXT TakeOver : Brooklyn, devenu une référence du catch féminin de la WWE.

Aujourd’hui, toujours avec Bayley, on se prend le visage entre les mains en les regardant. La rivalité contre cette dernière qui n’a mené à aucun match mais à une thérapie avec le Dr Shelby est l’illustration parfaite de l’incapacité des auteurs de la WWE chapeautés par un Vince McMahon obstiné à présenter de la comédie tarte pour faire programme familiale, à proposer du sérieux pour les femmes.

Entre temps, Sasha Banks a tout de même eu le droit au titre de championne de RAW pour quatre règnes… titre qu’elle a rapidement perdu à chaque fois en pay-per-view face à Charlotte Flair.

The Wyatt Family

Bray Wyatt seul a toujours été synonyme d’ennui. L’ainé des Rotunda est meilleur en tant que leader de clan ou en équipe avec Matt Hardy. Lancé à NXT, la Wyatt Family n’a pas laissé indifférent.

Le clan a eu le droit à une belle place dès son arrivée dans le roster principal avec une rivalité contre Kane, puis CM Punk et Daniel Bryan et enfin John Cena notamment. Aujourd’hui ils sont séparés. Braun Strowman — bien que n’ayant pas énormément passé de temps à NXT — qui les a rejoint en 2015 est maintenant Mr Money In The Bank, Bray Wyatt a été champion de la WWE et Harper et Rowan ont été champions par équipe de SmackDown jusqu’à la blessure de ce dernier. Tout va bien pour eux, pour l’instant.

On aurait presque pu les mettre dans les chanceux, mais il faut se rendre à l’évidence que pour Bray Wyatt la sauce n’a pas prise. Et maintenant qu’il est de nouveau en solo après la retraite de Matt Mardy, on se demande bien ce que lui réserve son avenir. Pour Harper et Rowan entre les blessures, la WWE a toujours eu du mal à les laisser à une place fixe et ne semble pas tentée par un run solo de Luke Haprer qui en a pourtant les épaules.

Kevin Owens

Ça avait plutôt bien commencé. Champion Intercontinental, puis propulsé en tant que champion Universal après la blessure de Finn Bálor, tout lui a souri. Sa rivalité contre Sami Zayn à NXT a été l’une des meilleurs de la brand jaune et c’est sans doute pour cette raison qu’une fois dans le roster principal la WWE l’a tenté à nouveau. Erreur.

Heureusement, il forme plus tard l’excellent duo Jeri-KO avec Chris Jericho dont le segment de séparation restera dans l’histoire. Mais entre temps, il percute de plein fouet Goldberg et y perd son titre Universal dans un match qui n’en fut même pas un pour que celui-ci puisse le lâcher à Brock Lesnar à WrestleMania 33. Depuis, il est coincé dans la midcard et a servi de chair à canon pour mettre en avant Braun Strowman.

Récemment, il a annoncé quitter la WWE, avant de revenir la semaine suivante pour crier un désarroi scénarisé mais sans doute pas très loin de la réalité. Kevin Owens a tout ce qu’il faut pour aller tâter les main-events, titiller Roman Reigns et son titre de champion Universal et même le porter une deuxième fois. Dommage.

Nia Jax

On en revient au cas d’Asuka. Dans un tout autre style, elle avait toutes les clés pour faire trembler la division féminine, la dominer d’une force et casser quelques codes au passage. Son match face à Bayley à NXT TakeOver : London est un bon exemple de ce dont est capable Nia Jax et on regrette cette époque.

Ses débuts ont été assez banals, elle a enchainé les victoires faces à des inconnues pour que l’on mette en avant sa puissance, avant de se retrouver dans une rivalité contre Alicia Fox. Elle s’est aussi retrouvé dans le début d’une love-story avec Enzo Amore, annulée avec le renvoi de ce dernier. On a dit d’elle qu’elle est allée se plaindre de son traitement à son cousin, The Rock, et on a presque envie de la comprendre si tel fut le cas.

Puis est arrivée cette rivalité face à Alexa Bliss autour de WrestleMania 34. Une catastrophe. Moqueries sur son poids tout en la faisant passer pour folle, rivalité enfantine, totalement à l’encontre de ce que devrait être le catch féminin à l’ère de la « Women’s Evolution ».

Nia Jax a récemment fait son retour sur le ring après une blessure, mais pour un second rôle et on est que très peu optimistes quant à la suite de sa carrière.

Rusev

Rusev est passé de nationalité en nationalité et cela n’a rien à voir avec de l’optimisation fiscale. D’abord Grec à NXT, puis Bulgare, puis Russe dans le roster principal avant de redevenir Bulgare. Rusev était fait pour le rôle du méchant étranger visiblement, mais nous sommes dans les années 2010 et ce genre de rôle pour un catcheur sent la poussière et la moisissure.

Il y a eu des hauts et des bas depuis son arrivée dans le roster principal, comme cette rivalité avec Dolph Ziggler au cours de laquelle il a perdu Lana.

Il a beau avoir eu un match de championnat de champion de la WWE face à AJ Styles cet été — ce qui le sauve de finir dans les catastrophes — il n’en reste pas moins que Rusev est l’un des plus gros gâchis de talent de la part de la WWE. Over comme jamais après du public, bien plus divertissant que la grande majorité du roster, son utilisation a longtemps été et semblera rester à jamais synonyme de frustration pour le public qui l’aurait sans doute bien vu champion de la WWE.

Après un run en équipe avec Aiden English qui ne lui a pas permis de décrocher les ceintures par équipe de SmackDown, le revoilà en solo dans une rivalité dont on n’a du mal à imaginer qu’elle le mette en avant. La suite ? Elle ne nous rassure pas vraiment.

Shinsuke Nakamura

L’ancien champion de NXT est passé tout prêt du titre de champion de la WWE, mais une rivalité enfantine à coup de low-blow a totalement ruiné l’aura que le catcheur s’était construit à NXT dès son arrivée et son mémorable match contre Sami Zayn à NXT TakeOver : Dallas jusqu’à sa rivalité contre Samoa Joe dans la brand jaune.

Un titre de champion des États-Unis gagné cet été en lot de consolation, mais la hype n’est plus là. Depuis son heelturn, Shinsuke Nakamura donne l’impression d’avoir ralenti la cadence et même sur le ring ce n’est plus trop ça.

Son contrat de Superstar de la WWE se termine en janvier prochain mais celui-ci a déjà fait savoir qu’il y resterait passé ce délai. On espère un retour à la normal, quelque chose qui donne envie parce que pour le moment, on est loin de retrouver le Nakamura qui nous a fait levé de nos sièges.

Dans le prochain article, c’est au tour des catastrophes, des ratés et des rendez-vous manqués qui avaient pourtant une chance. Et il y a de la matière.

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