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Ambitieuse et audacieuse, la Game Changer Wrestling révolutionne le catch indépendant

Le catch indépendant est la scène de tous les possibles et à une époque où celle-ci attire de plus en plus de fans, la Game Changer Wrestling se démarque grâce à une formule originale et rafraîchissante.

Marko Stunt à Joey Janela's Spring Break (© Shooting The Indies)

Jeudi 4 avril. Le WrestleMania Weekend débute à peine et dans le White Eagle Hall de Jersey City, New Jersey se tient un ring sans corde et un public placé tout près. La GCW s’apprête à présenter son premier show du plus grand weekend de catch de l’année, “Josh Barnett’s Bloodsports”, où le catch se mêle au MMA.

Sur la carte, on retrouve plusieurs stars de l’octogone américain comme Frank Mir, qui n’hésitera pas après sa victoire à carrément défier Brock Lesnar ou Phil Baroni, mais aussi des catcheurs qui ont déjà mis les pieds dans le vrai sport de combat comme la star de la NJPW Minoru Suzuki ou Dan Severn, retraité du MMA aujourd’hui âgé de 60 ans et tout aussi bien des catcheurs dont le style colle bien au thème de la soirée comme Davy Boy Smith Jr. On y croise même l’ancien Vaudevillain de la WWE, Simon Gotch.

C’est la seconde édition de Bloodsport qui l’an dernier avait donné carte blanche à un certain Matt Riddle, lui aussi ancien combattant de MMA et qui n’a jamais totalement effacé la discipline de sa vie lorsqu’il est devenu catcheur et a signé à la WWE, que ce soit de par sa tenue ou de son style de catch axé sur les soumissions.

La recette du succès en deux ans

La Game Changer Wrestling existe depuis 1999 mais cela ne fait que depuis 2015 qu’elle porte son nom. C’est sur les bases de l’ancienne Jersey Championship Wrestling de Ricky O que s’est construite la promotion indépendante désormais tenue par l’ancien commentateur et arbitre à la CZW Brett Lauderdale et le catcheur indépendant Danny Demanto suite à son rachat. En moins de deux ans, les deux associés vont faire de cette promotion l’une des plus populaires du circuit indépendant américain en proposant un catch qui conserve certains aspects de l’indie, tout comme le hardcore qui fait toujours parti de ses ingrédients principaux, tout en modernisant son contexte et sa présentation.

À son (re)lancement, la promotion compte notamment sur une star de la CZW et du deathmatch, qui restera l’une des spécialités de la GCW, au passé pas forcément reluisant — il a passé cinq ans en prison après avoir braqué une banque en 2010 — mais visiblement dévoué à la nouvelle promotion: Nick Gage. En septembre 2015 celle-ci organise son premier show, “Nick Gage Invitational Ultraviolent Tournament” qui a depuis connu trois éditions et dont le nom ne cache en rien les intentions de l’événement. En décembre 2017 Gage fait son premier retour à la CZW lors du show Cage of Death XIX, avec Brett Lauderdale, deux ans après son dernier match face à Drew Gulak. Leur apparition n’était visiblement pas prévue. Gage et Lauderdale se sont en effet incrustés dans la cage après le main-event de la soirée, prenant le micro pour lancer cette phrase ” This is a shoot!”, avant que le micro ne soit coupé. Le public réagit positivement et pense au début à une storyline GCW contre CZW, mais la vérité est visiblement ailleurs.

Selon Lauderdale dans une interview à WrestleZone, l’idée d’une rivalité entre promotions était bien au programme et avait été discuté avec l’un des dirigeant de la CZW, DJ Hyde, mais avait d’abord été abandonné par la promotion avant qu’un coup de téléphone ne donne le feu vert à Lauderdale, sans l’aval de DJ Hyde. La suite se passe devant les caméras.

Nick Gage est l’une des plus importantes star de la promotion et a très certainement permis à celle-ci d’attirer les regard vers elle, tout comme autre star de la promotion, Joey Janela. En juin 2016 une vidéo, extrait d’un deathmatch entre Zandig et Joey Janela durant lequel les deux catcheurs se jettent d’un toi sur une voiture, devient virale et attire l’attention sur le travail de la GCW. Les mois qui suivent tout va très vite et Brett Lauderdale et Danny Demanto se voient offrir l’opportunité d’organiser un show lors du WrestleMania Weekend 2017 aux côtés de WWNLive de Gabe Sapolsky sur le créneau horaire habituellement peu intéressant de minuit. Ce show qui sera pourtant un succès, ce sera celui de Joey Janela.

Joey Janela’s Spring Break, point culminant de la GCW

Lors du WrestleMania Weekend 2017 en Floride, un événement va définitivement mettre la Games Changer Wrestling sur le devant de la scène. La promotion donne carte de blanche à Joey Janela et son “Spring Break”. On y retrouve tout ce qui fait l’univers décalé et en même temps un peu tendance de Janela. Il y affronte un Marty Jannetty en total bout de course, déguisé en Shawn Michaels, Keith Lee face à son opposé physique Lio Rush tandis que sur la carte on retrouve Glacier, Dink The Clown et l’homme invisible de la DDT. Le Clusterfuck, sorte de bataille royale où l’on peu éliminer son adversaire en le faisant passer par dessus la troisième corde mais aussi par tombé, soumission ou décès (si si, on vous jure) est à l’image de ce que peu imaginer Janela.

Le succès sera au rendez-vous, à tel point que l’expérience sera reconduite l’année suivante avec des moyens plus présents. L’édition 2018 verra notamment la tenue d’un match qui fera beaucoup de bruit — autant littéralement que dans le monde du catch — entre le géant autrichien WALTER et le canadien PCO qui à l’époque n’avait pas encore connu le retour en force d’aujourd’hui. C’est ce match qui a complètement relancé sa carrière et qui lui a offert ce revival en indépendant qui l’a propulsé jusqu’à la Ring of Honor.

Impossible ainsi de ne pas proposer une nouvelle édition du show de Janela cette année, et ce malgré la récente et brutale blessure au genou du catcheur qui a bien failli ne pas pouvoir participer. Cette année le show est divisé en deux partie pour laisser notamment plus de place au Clusterfuck devenue la grande attraction du show. Si vous pensez être surpris par la participation au show des Rock ‘n’ Roll Express, c’est que vous n’aviez pas encore vu le match entre l’homme invisible et… Invisible Stan, son frère. Au delà du comique de la situation où vous vous retrouvez à regarder un ring où seul l’arbitre fait le show, on aime imaginer qu’une performance artistique comme celle-ci permet dans le même temps de montrer l’importance du public dans un show de catch, qui se retrouve ici à faire encore plus partie du spectacle en devant jouer les diverses émotions transmises par les catcheurs sur le ring.

Vous n’en avez pas eu assez ? Joey Janela avait ce qu’il faut pour vous. Durant la première des deux soirées on a pu voir un catcheur sans jambe, Dustin Thomas affronter Tony Deppen ou encore le Clustefuck envahi par de nombreuses catcheuses qui terminent la soirée en volant la vedette.

Un calendrier bien rempli

Le Spring Break de Janela a par ailleurs fait des émules cette année au sein de la GCW, puisqu’Orange Cassidy, probablement l’une des stars indies de ce Weekend de WresleMania a eu lui aussi le droit à son show, “Orange Cassidy is Doing Something or Whatever, Who Knows???”, un nom qui en dit long, dans lequel on trouve des match tout aussi absurdes comme un 12 out of 13 falls match ou le “One minute time limit match” entre Trent Barretta et Chuck Taylor.

Janela compte tellement pour la promotion que la série des Spring Break a donné naissance à d’autre show, un peu plus classique mais toujours un peu Janelesque comme le “Joey Janela’s LA Confidentiel” ou “Joey Janela’s Lost In New York”. Le catch hardcore est évidemment aussi la thématique de plusieurs shows comme le “Tournament of Survival” qui revient chaque année — la prochaine édition aura lieu en juin prochain — et propose des matchs aux stipulations différentes mais qui finissent toujours par tacher le ring.

Tout au long de l’année ce sont deux à trois shows par mois qui sont produit par la GCW et où les grands noms du circuit indépendant se bouscule depuis quelques années: Jonathan Gresham, Colby Corino, Rich Swann, Chris Dinkinson, Ethan Page, Brody King ou encore David Arquette qui s’est fait une énorme frayeur lors du LA Confidential.

À une époque où le catch indépendant est la scène de tous les possibles et où parfois certaines promotions n’ont rien de plus à proposer que leur voisine, la Game Changer Wrestling fait partie de celles qui avec le soutien d’un public qui en redemande propose un spectacle originale et rafraîchissant en n’hésitant pas à bousculer quelques ordres établis. Et ce n’est visiblement que le début.

Ambitieuse et audacieuse, la Game Changer Wrestling révolutionne le catch indépendant

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