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Comment le retour de CM Punk à l’AEW a ravivé ma passion pour le catch

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Comment le retour de CM Punk à l’AEW en 2021 a redonné la flamme du catch à un fan.

AEW

CM Punk a eu et a toujours un impact fort chez les fans de catch, dans bien des aspects. Demandez à MJF. Aujourd’hui c’est notre ami Loïs qui nous raconte comment le natif de Chicago a influencé autant sa vie de fan de catch que personnelle.

Nous sommes le samedi 21 août 2021. Je me lève d’une nuit de sommeil banal à la simple différence que la curiosité et l’excitation sont de mise à mon réveil. Tel un enfant le matin de Noël, je me précipite pour vérifier si les rumeurs étaient vraies.

Elles l’étaient. Sept ans après un départ houleux de la WWE, CM Punk est de retour. Une des arlésiennes les plus fameuses du monde du catch se termine, pour la plus grande joie des 15 316 spectateurs de l’United Center de Chicago, mais aussi de millions de fans autour du monde, moi y compris.

Depuis ce jour, je revois régulièrement la vidéo de cette arrivée triomphale en terres conquises. Lui, le Chicagoan revenant dans une salle qu’il connaît parfaitement sous les vivats d’une foule exultant sa joie. Et moi, devant mon écran, café en main, je souris, bêtement. Entre « Cult of Personnality », son entrée et son speech de retour, tout me fait retomber plus de dix ans en arrière.

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En ce temps-là j’avais onze ans, la télé n’était pas en noir et blanc mais la TNT se démocratisait encore. NT1, la chaîne qui diffuse la WWE arrive dans tous les foyers. Ne me demandez pas comment je suis tombé là-dessus, mais ce fut vite une grande histoire d’amour. Comme beaucoup, les commentaires de Christophe Agius et Philippe Chéreau ont été essentiels pour terminer de me raccrocher au bandwagon catchesque qui était bien en marche. La force aussi d’avoir une amie qui aimait beaucoup ce sport. Dommage qu’il s’agisse d’une fan de Batista, mais c’est une autre histoire.

Étant pré ado/adolescent, il me fallait quelqu’un de rebelle, poète, dans son monde. Quelqu’un comme Jeff Hardy. Ses prises de risques ont marqué ma rétine à vie. Et si pendant longtemps mes pseudos sur le net ont contenu « Hardy », c’est à cause de ce monsieur. J’ai souffert avec lui, notamment dans cette rivalité interminable avec Triple H, Edge et Vladimir Kozlov. Pourtant, j’ai vibré à mon réveil après Armageddon 2009 quand il fut enfin sacré champion de la WWE.

On découvre à la même époque les sites spécialisés, on tente de s’inscrire dans des forums (l’occasion de saluer les Cahiers du Catch, je ne vous oublie pas même si notre relation est bizarre). On comprend de plus en plus tout ce qui se trame et on s’implique davantage tout en conservant le kayfabe intact un minimum. C’est pour cette raison qu’en 2009, j’ai détesté CM Punk. L’odieux heel qu’il était s’est permis d’envoyer mon Jeff Hardy hors de la WWE. Une honte ! Tout ça pour qu’il finisse à la TNA Hogan Edition, paye ta pause.

La révélation Straight Edge

Mon catcheur favori parti, que faire ? Continuer de suivre en se trouvant un autre héros ou bien jeter un coup d’œil de temps à autre ? Pour vous dire la vérité, j’ai choisi la première option, il paraît que le Nexus ça va cartonner.

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La WWE et les mauvais choix, c’est une histoire qui remonte à Matusalem. Mais en tant que jeune téléspectateur, on le découvre petit à petit. Et cette fin atroce du projet Nexus fut un coup difficile à encaisser, surtout quand on voit comment John Cena s’est débarrassé du clan. De quoi attiser ma détestation de ce personnage l’emportant à chaque reprise et étant lisse comme une feuille blanche.

Et puis, au lendemain de l’épisode de Monday Night RAW du 27 juin 2011, comme beaucoup, je regarde le résumé du show et je découvre une flopée de louanges à propos d’un certain CM Punk et d’une promo. Fort d’un niveau d’Anglais plus que solide, je me la lance en replay et je comprends. Armé de son micro, Punk déballe à la face du monde la fameuse Pipebomb qui pendant longtemps aura rendu floue la ligne entre shoot et work.

C’est fou comme d’un simple coup de génie, un catcheur peut devenir une inspiration. Par cette promo, Philip Brooks deviendra à mes yeux le nouveau guide, non seulement à la WWE mais aussi, indirectement, dans ma vie.

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À lire aussi : Comment la célèbre « Pipebomb » de CM Punk a marqué les esprits

En 2011, on ne peut pas dire que ma vie respire la joie et le bonheur. Harcèlement scolaire et solitude m’accompagnent. De plus, alors que mes quelques collègues étaient plutôt portés sur les soirées, les bals de campagne et surtout la boisson, je m’étais éloigné de tout cela, préférant ne pas toucher à la clope, la drogue et donc, l’alcool. Si ce mode de vie n’a pas encore de nom dans mon esprit, il en aura un très vite grâce à la parole de CM Punk.

Moi qui pensais à une feud toute naze avec le Big Show était en réalité la démonstration d’un vrai style de vie et une philosophie à laquelle Punk tient. Sa pipebomb m’a permis de creuser à l’époque le catcheur qu’il était et son parcours m’a aussi touché. Ce côté « seul contre tous » et le fait qu’il ne devait pas réussir m’ont parlé. Cela peut paraître cliché, mais Punk allait être un role model, là ou Jeff Hardy aurait pu m’emmener sur une autre route bien plus sinueuse si j’avais entrepris de le suivre. Enfin, le « Chicago Made » Punk portait bien son nom quand venait à résonner son theme song. Je débutais à peine à effleurer le métal et tous ses dérivés, mais il faut reconnaître que « This Fire Burns » de Killswitch Engage faisait partie de mes coups de cœur, avec « Metalingus » d’Alter Bridge entre autres, mais je crois que je n’étais pas le seul à être tombé amoureux de la Rated R Superstar et de sa musique d’entrée.

Et quand bien même il y eut changement, ce fut pour une nette amélioration. Une chanson iconique dont la thématique allait finalement si bien avec le personnage de Punk. « Cult of Personnality » de Living Colour, un titre incroyable de son intro à son riff en passant par son solo imbitable et sa fin vitaminée. Pour couronner le tout, Money In The Bank 2011. Ce match légendaire contre John Cena et le résultat que tout le monde connaît. Dans une ambiance plus électrique que la Bombonera de Buenos Aires lors d’un derby Boca Juniors – River Plate, le héros local l’emporte et s’envole loin de la WWE avec le titre suprême.

CM Punk loin des rings, mais toujours dans un coin de la tête

On y aura tous cru au changement. Naïvement, on pensait que le sacre de CM Punk allait démarrer une nouvelle ère à McMahon City, il n’en fut rien. Le Summer of Punk allait accoucher d’une souris et les frustrations du catcheur revenaient le poussant à claquer la porte en 2014. Un crève-cœur qui fut difficile à encaisser, tant les aventures de CM Punk m’accompagnaient chaque semaine. Alors que sa transformation en personnage edgy et badass avait ravivé la flamme du fan en moi, son départ allait mettre un coup sur cette passion.

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Si en grandissant ce feu ne s’est jamais éteint, c’est grâce à WWE NXT époque Triple H et son catch plus proche de ce que je recherchais. De nouveaux héros ont remplacé les anciens et le Punk que j’espérais tant voir revenir s’est fait doucement remplacer dans mon cœur… Mais pas dans mon esprit. Car pour tout l’apport à ma vie, j’ai gardé au fond de mon crâne ce rêve bizarre de revoir Brooks dans un ring, ne serait-ce qu’une fois.

C’est marrant de voir comme certaines situations semblent arriver par le fruit d’un alignement des planètes assez incroyable. Voilà quelques mois que ce que produit la WWE me déplaît au plus haut point. Et si je suis prêt à leur pardonner certaines choses dues au COVID-19, d’autres me sont un peu restées en travers de la gorge.

Nous sommes le 21 août 2021, jour de SummerSlam. Comment passer à côté d’un des PPV du Big Four ? D’autant plus que la carte reste convenable pour un tel show. Le résultat fut exécrable avec comme goutte d’eau faisant déborder le vase, l’humiliation de Bianca Belair, destituée de son titre en 26 secondes par une Becky Lynch de retour après sa grossesse. Un come-back qui fera forcément tiquer les fans de catch du fait de l’évènement de la soirée précédente. De la à y voir un lien de causalité, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas.

The First Dance

Alors que j’allais m’éloigner de la WWE, la promotion rivale continue de me faire de l’œil avec insistance, elle et son roster très copieux et son style de catch bien plus en adéquation avec ce que je recherche. Je ne m’imaginais pas l’AEW devenir un tel rival à une compagnie trop longtemps en position d’hégémonie. Un lieu et une promotion qui semble tout ce que la WWE n’est pas.

À tel point que les sites d’actualités catch font écho d’une rumeur, insistante, parlant d’un retour de CM Punk. Un serpent de mer qui refait surface et auquel je ne prête pas trop d’attention. Mais ces rumeurs se solidifient, Tony Khan ne cache plus rien, au point de devenir le secret le moins bien gardé du business. Comble du calendrier, All Elite Wrestling pose ses valises dans la capitale de l’Illinois pour son show du vendredi soir : AEW Rampage, et intitule l’épisode « The First Dance ».

Sous les cris d’un public chauffé à blanc, le Straight Edge Savior est apparu au son de « Cult of Personnality », comme si rien n’avait changé. Affûté, souriant, il profite de son entrée telle une rock star. Un moment que je revois en boucle comme si j’étais encore dans le déni qu’il ait bien eu lieu. Et pourtant, tout ceci est bien réel.

Ce week-end du 21 aout, suividu pay-per-view AEW All Out 2021 le 5 septembre, terminera de me faire changer de camp. Alors que j’entrais dans un amour plat et fade, c’est une autre qui me redonnera le peps d’antan. Et tel la mode, ou bien le catch, c’est l’homme qui m’accompagna en 2011 qui est de retour dix ans plus tard. Histoire de souffler sur les braises d’un feu intérieur qui ne demandait qu’à repartir. It’s Clobbering Time, again.

Vous pouvez retrouver Loïs dans le podcast La Scène, chez Hors-Jeu et sur Twitter.

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