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WWE Over The Limit 2012 : Tout est bon pour récupérer son job

Trois semaines, c’est le temps qu’a eu la WWE pour préparer un bon pay per view qui est habituellement l’un des shows de l’année dans lesquels on ne place pas beaucoup d’espoir. Seulement six matchs sur la carte, trois ajoutés pendant le show, un intérêt pour le bas de la carte avec une bataille royale et un retour intéressant. Il n’y avait pas tellement de quoi se plaindre.

People Power

Tout se passera bien si vous êtes dans le coup.

 Cela commence par l’habituel pre-show, Zack Ryder affronte Kane. Suite logique à l’intervention de Zack dans le match du Big Red Monster face à Randy Orton au pay per view précédent, Extreme Rules. Ce n’est certes que le pre-show vu que par quelques 50 000 personnes sur le net et un match sans surprise dont on ne se souviendra plus dans un an, mais on regrette quand même le manque de build-up.

Pourtant, le match fut étonnamment bon pour un pre show, montrant un Zack Ryder rapide, usant quelque peu Kane à plusieurs occasions. On savait dès le début que Ryder n’avait aucune chance de gagner, mais il s’en est très bien sorti.

Zack Ryder, Kane

Entendez par là qu’on a réussi à le désincarcérer du ring sans trop de soucis.

La surprise du soir – qui en cachait une autre – c’est cette People Power Battle Royale ajoutée au tout dernier moment pour désigner le challenger n°1 au titre Intercontinental de Cody Rhodes ou au titre des Etats Unis de Santino Marella. Une bataille royale qui semblait être là pour vous montrer que certaines superstars étaient toujours employées par la WWE comme par exemple JTG, Alex Riley, Tyler Reks, et aussi pour donner du temps d’antenne à tous ceux qui n’en ont pas eu depuis mathusalem, ouais carrément. L’autre surprise, c’est le retour de Christian. Ça casse un peu tout le suspense de cette bataille royale – qui n’en avait déjà pas beaucoup avant – quant au vainqueur.

Là où la WWE fut forte, c’est de diffuser les entrées des catcheurs pendant le pre-show, et de faire sonner la cloche du match PILE juste après le commencement du vrai show. Chose qui peut carrément te foutre les boules quelque soit l’image que tu regardais : en plein pre-show, tu es tranquillement en train de regarder sur YouTube quand tout à coup, écran noir ! Tu te précipites sur ta TV – ou ton site de streaming illégal préféré, cela ne nous regarde pas – de peur d’avoir loupé le début. Mais non, tout avait l’air prévu pour qu’il y ait quelques minutes entre les deux. Mais en te mettant à la place des personnes n’ayant pas vu le pre-show, tu peux ressentir une certaine frustration, celle où tu as l’impression d’avoir loupé quelque chose. Bien joué Vince, grâce à ça des milliers de fans de plus regarderont le pre-show la prochaine fois.

Vince McMahon

« Comment vous dites dans ce cas là ? YES! YES! YES! c’est ça ? »

La bataille royale commence donc, et c’est évidemment le gros bordel sur le ring. Avec une élimination toutes les vingt secondes environ on arrive vite au final four qui voit David Otunga, Tyson Kidd, The Miz et Christian s’affronter. Il n’y avait déjà plus aucun doute quant au vainqueur : entre un faire-valoir, un low-carder, un éternel loser et un midcarder sur le retour et apparemment de nouveau face, il était évident que Christian allait gagner. Christian choisit Marella et son titre des Etats Unis, surprise, le face redevient déjà heel ?

Vient le match pour les titres par équipes qui voit de nouveau Dolph Ziggler et Jack Swagger tenter leur chance face à R-Truth et Kofi Kingston. Ce n’était pas un mauvais match, au contraire. R-Truth et Kofi Kingston font de bons champions, du moins c’est ce que l’on peut faire de mieux avec eux. La WWE devrait juste leur opposer d’autres challengers, comme les Usos, Curt Hawkins & Tyler Reks ou même Darren Young & Titus O’Neil.

Dolph Ziggler et Jack Swagger étaient eux aussi très bons ce soir-là, mais maintenant qu’ils ont perdu leur chance de toucher les titres par équipes il est temps de passer à autre chose. Dolph Ziggler mérite et a besoin de faire la route seul et de se libérer des jupes de maman Vickie. Money In The Bank est dans pas longtemps, ce sera le bon moment pour lui de grimper et toucher – de nouveau – le main-event.

Vickie Guerrero

En attendant, c’est elle qu’il grimpe et touche.

La division féminine semble actuellement sur une pente ascendante elle aussi, depuis que les Bellas sont parties, que Kelly Kelly n’est plus mise en avant on assiste à de bons matchs en pay per views. Ce soir-là donc, Beth Phoenix tentait de récupérer le titre des Divas qu’elle a perdu il y a plusieurs semaines de cela à RAW face aux Bellas. Layla de retour, il ne lui aura pas fallu longtemps pour s’en emparer et s’attirer les foudres de la glamazone.

Bon match, qui voit comme prévu Layla conserver son titre. Il est maintenant temps de changer de challenger, Beth a été championne assez longtemps et a déjà eu plusieurs chance pour le récupérer. Natalya, Tamina, Kharma ou encore Maxine méritent bien leur chance au titre et permettraient de rafraichir un peu la title picture trop longtemps occupée par les même personnes.

Layla

Sheamus défendait son titre pour la seconde fois, il aurait été trop tôt pour perdre. Cette fois c’est dans un Fatal 4-Way que les choses se passent, mais on sait déjà que c’est entre lui et Randy Orton que tout se joue, les deux lutteurs se cherchent depuis plusieurs semaines. Chris Jericho et Alberto Del Rio sont là d’abord parce qu’il n’y avait rien pour eux, et ensuite parce qu’il fallait meubler ce match à quatre, même si un simple match en 1 vs 1 aurait suffi.

Mais ne nous plaignons pas, le match était très bon, l’un des meilleurs F4W de ces dernières années, plein de spots et chacun des participants a pu avoir son moment dans le match, notamment dans les dernières minutes où l’action partait dans tous les sens. Mais l’homme du match reste Chris Jericho. Sheamus conserve son titre donc et on aurait pu penser, vu les évènements de ces dernières semaines que l’histoire continuerait entre lui et Randy Orton, et bien que nenni puisque ce dernier a subi une attaque de Chris Jericho à RAW lundi.

Randy Orton, Chris Jericho

En backstage, Christian rencontre Cody Rhodes et change d’avis, il décide de l’affronter lui pour son titre intercontinental. Faceturn confirmé. Ce faceturn est une bonne chose, malgré le fait que Christian faisait un bon heel. Une bonne chose parce que malheureusement la WWE est en manque de Face. Les seuls faces qu’elle possède sont des topstars: John Cena, CM Punk, Sheamus, Randy Orton. Les autres sont nombreux mais en bas de la carte, comme par exemple Ryder ou Santino – même si ce dernier est champion des Etats Unis. Entre les deux, il y a un manque cruel de face, contre lesquels pourrait par exemple rivaliser The Miz.

Le match surprise dont on se serait bien passé, et il n’est pas le seul, c’est Brodus Clay face au Miz qui perd encore. Ici la déception repose surtout sur l’utilisation du Miz. Même s’il n’a pas été rabaissé par ce match, ayant même pendant quelques temps l’avantage sur Brodus Clay, le voir perdre encore et encore et en redemander me désole un peu. Parce qu’on parle quand même du mec qui a tenu le main-event de WrestleMania XXVII, et même si ce n’est pas un autre main-event qu’on lui demande, la WWE devrait penser à un booking plus légitime pour lui.

The Miz

Sinon il pourra toujours remplacer une des danseuses de Brodus Clay, au cas où…

C’est donc après avoir remporté la bataille royale du début de ce pay per view que Christian obtient une chance à l’un des deux titres secondaires, Etats-Unis et Intercontinental. Il choisit d’abord le titre des Etats-Unis mais après un léger accrochage en backstage avec Cody Rhodes il change d’avis et décide d’affronter le champion intercontinental pour son titre. Cela ne faisait aucun doute, Christian allait gagner le match, et le titre.

Cody Rhodes et Christian nous ont offert un bon match, mais un peu trop court à mon gout. Cody domine assez bien le début. La fin est intéressante, Christian voulant à tout prix gagner, se sortant d’un tombé suite à un moonsault, ce qui énerve Cody Rhodes qui tente de l’envoyer dans le coin, Christian se retourne contre lui et l’envoie dans le coin puis en profite pour placer le Killswitch de fin. Christian remporte le match, comme prévu. Une fin comme ça permettra facilement à Cody de réclamer un rematch au prochain pay per view. Une bonne rivalité s’annonce entre les deux.

Christian

Christian doute, il se demande pourquoi Randy Orton lui a dit « On se voit à SmackDown, comme au bon vieux temps » en backstage.

And now ladies and gentlemen it’s time for our main ev… oh attendez non, mais c’était tout comme. Du moins c’est un match à la hauteur d’un main-event, sauf qu’il n’a pas été buildé pour, contrairement au John Cena vs John Laurinaitis. CM Punk affronte Daniel Bryan, et là normalement si tu es le genre indy fan ou tout simplement amateur de match très technique, tu n’as même pas encore vu le match que tu n’as déjà plus de pantalon.

Et c’était légitime : la qualité du match était telle que j’aurais voulu qu’il dure une heure, voir même plus. Deux mecs qui ont donné leurs vies, leur sang et certainement quelques larmes au monde du catch ces quinze dernières années ne pouvaient que nous offrir du spectacle de qualité. Je noterai d’un 10/10 cette Surfboard, prise de soumission de Bryan très bien exécutée et vendue par les deux hommes. De la technique, de la soumission, de la rapidité, de la fluidité, du suspense, des nearfalls, il y avait tout ce qu’il fallait dans ce match pour en faire un grand match.

Daniel Bryan, CM Punk

La fin est aussi intéressante : en effet Bryan, porte son YES Lock sur Punk, et le tire en arrière, ce qui profite à Punk qui rive les épaules de Bryan au sol. Mais juste après que l’arbitre a fait le tomber Punk tape sur le bras de Bryan, geste qui normalement indique que le lutteur soumis à la prise abandonne. Une fin qui devient un bon argument pour Bryan qui pourra sans problème demander un rematch à No Way Out, et cette fois, on espère une bonne stipulation.

Pour nous faire patienter avant le main-event, la WWE nous offre un autre squash match ! Super ! Non pour être franc pour une fois, je suis content de voir Ryback, surtout quand c’est cet homme inutile qu’est Camacho en face. Lui offrir un match en pay per view est limite une honte en fait. Enfin bref le match est plié en quelques minutes, Ryback gagne et on oublit.

Ryback

GIVE ME MOAR MEAT ! GROOAAR !

Maintenant c’est vraiment l’heure du main-event, et il est vraiment tôt. Beaucoup trop tôt pour qu’un match entre John Cena et John Laurinaitis se finisse normalement. En fait, tout était basé sur une fausse surprise, un truc que tu voyais arriver à cent bornes. D’abord le licenciement du Big Show le lundi à RAW juste avant le pay per view, il était prêt à tout pour récupérer son job. Puis le match qui commence assez tôt dans la soirée. Ensuite, John Laurinaitis est General Manager depuis trop peu de temps pour qu’il ne se fasse virer maintenant et aussi facilement. Et enfin le fait que le match se déroule beaucoup trop facilement au début pour John Cena.

C’était d’ailleurs plus un comedy-match qu’un match normal, logiquement. Si vous arriviez devant ce match en attendant du vrai catch, vaut mieux arrêter tout de suite de regarder le show, ça ne sert à rien de continuer. Un comedy-match bien drôle donc, et qui avait quand même selon moi sa place dans le main-event étant donné le build up de ces dernières semaines. Il était important de ne pas tomber dans le classique « Le catch d’abord, l’entertainment après », surtout pour un show de la WWE.

Et donc la fin, avec le Big Show qui d’abord aide John Cena en ramenant Laurinaitis sur le ring alors qu’il tentait de s’échapper, ce dernier lui parle tout bas – on sait déjà qu’il est en train de lui rendre sa place – et le Big Show assomme John Cena pour donner la victoire à Laurinaitis. Une fin qui gâche un peu le tout et qui va nous amener à une suite qui ne fait pas envie. Cela a déjà été annoncé par la WWE, à No Way Out John Cena fera face au Big Show, et je me rappelle tout à coup à quel point les précédents John Cena vs Big Show étaient d’un ennui profond.

Ce show était bon, très bon même. Ce n’est pas au niveau de WrestleMania ou Extreme Rules mais  pour un Over The Limit, peu de déception. Le retour de Christian, le match entre CM Punk et Daniel Bryan (encore un potentiel match de l’année aux Slammy’s) et le Fatal 4-Way resteront dans les mémoires comme de bons souvenirs sans soucis.

ou pas, putain d’IWC.

Voilà, No Way Out c’est dans moins de quatre semaines et on a des feuds à continuer, builder et certaines choses s’annoncent plutôt bonnes comme un rematch entre Daniel Bryan et CM Punk qui, espérons-le, aura droit à une stipulation qui lui fera honneur et un autre rematch, entre Christian et Cody Rhodes, miam.

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