Catch français

ICWA : L’Usine à Catch de Béthune menacée de fermeture

En ce début de semaine, Booster a annoncé la fermeture très probable en septembre prochain de l’Usine à Catch, lieu où se sont entraînés de nombreux catcheurs français.

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Une mauvaise nouvelle a été annoncée en ce début de semaine par Pierre « Booster » Fontaine, fondateur de l’ICWA et coach de l’INFC: l’école de cette dernière, l’Usine à Catch, devrait fermer ses portes le 1er septembre 2015

L’Usine à Catch est un lieu uniquement consacré au catch (Ring, tatamis, vestiaires, espace vidéo, dortoirs) où une cinquantaine de catcheurs ont été formés dont Lucas Di Léo (passé par NXT), Peter Fischer (champion par équipe de la wXw en Allemagne avec Di Leo), Roméo – parti aux États-Unis – et Yan Colby. L’INFC propose une formation continue, des stages intensifs, des séminaires, etc. « On essaie de mettre toutes les cordes à notre arc. » explique Booster.

Une formation qui n’est pas passée inaperçue comme le raconte Booster: « L’année dernière on a eu la chance d’être contacté par quelqu’un qui travaille pour la WWE en Europe. C’était la première fois que la WWE mettait en œuvre ses réseaux pour aller chercher les catcheurs plutôt que laisser les catcheurs se présenter à eux. La plupart du temps les catcheurs essaient d’avoir un try-out, ils l’ont ou ils ne l’ont pas, mais c’est une démarche personnelle. Du coup on a eu cette chance en début d’année dernière d’être contacté par quelqu’un qui travaille pour la WWE et qui nous a dit: » Si vous avez des gens qui ont été formés qui sont compétents, envoyez-les nous et il y a peut-être un try-out à la clef. On a présenté cinq personnes et sur les cinq, deux ont été retenus pour des try-outs en mai dernier en Angleterre. Ça c’était une vraie et belle reconnaissance. Ce n’est pas le Graal mais ça y ressemble. »

Une forte baisse de fréquentation en cause

La raison de cette possible fermeture est simple: l’Usine à Catch est louée par l’INFC et la fréquentation n’est plus assez forte pour permettre de couvrir les frais de la salle. Pire, les deux derniers stages n’ont eu aucun inscrit. « Deux stages, pour être précis, c’est 1200€ à sortir de notre poche pour payer la salle. »

Booster a tenu à mettre un terme à certains rêves d’aspirants catcheurs en expliquant très simplement en quoi la formation est primordiale. « Tous les jours j’ai des gens qui me disent: « Mon rêve c’est d’aller à la WWE ». Je ne remets pas cela en question mais pour être un catcheur, il faut s’entraîner, apprendre avec des gens compétents dans un lieu qui est adapté. Ça demande des efforts. Quand des gens qui habitent à Lille me disent: « Ma vie c’est le catch mais Béthune c’est trop loin ». Entre Lille et Béthune il y a trente minutes de voiture. Il y a un moment où chacun doit faire ses choix, chacun doit décider. L’Usine à Catch est à Béthune, elle pourrait être à Bordeaux, Marseille, elle pourrait être n’importe où, elle serait toujours trop loin pour certaines personnes. On voit difficilement ce qu’on pourrait faire de plus. […] C’est un peu comme une formation professionnelle pour n’importe quel métier. La formation n’est jamais gratuite. Vous payez une formation et le fait de pratiquer un métier vous permets de rentabiliser la formation dans un premier temps puis de faire des bénéfices. […} La WWE ne va pas venir taper à votre porte en vous disant de signer en bas du contrat. Vous n’allez récolter que les efforts que vous allez mettre. »

Le président de l’ICWA a ajouté que le rôle de l’Usine à Catch n’était pas de former les futurs catcheurs de l’ICWA mais de former des catcheurs, tout court. Cela étant dit, il n’est pas exclu que des catcheurs d’autres promotions viennent s’entraîner à Béthune. « J’ai été assez surpris lors des deux derniers séminaires, on en a fait un avec Tristan Archer – auquel nous avons assisté – on a eu deux inscrits qui n’étaient pas des workers [personne déjà impliquée dans le catch, ndlr], et on en a fait un récemment avec Lucas Di Léo et Peter Fisher, auquel à part Tyrese, formé à l’APC, aucun worker français ne s’est inscrit. » indique Booster. « Sur les deux derniers séminaires, il y a les trois meilleurs catcheurs français qui ont pris du temps et quasiment aucun worker français ne s’est inscrit, aucun worker n’a essayé de progressé avec eux, d’avoir des tuyaux. Plutôt que de se dire: « ils ont réussi par chance », il faut se dire: « faisons bien les choses, allons les voir pour essayer de savoir comment bien faire les choses, acceptons de bien faire les choses, il y a des choses qui savent que nous ne savons pas, il y a des choses qu’ils font bien et que nous ne faisons pas bien, il y a des choses qu’ils ont compris que nous n’avons pas compris L’idée des séminaires est de faire monter le niveau des gens et de faire monter le niveau du catch en France. La seule chose qui va pouvoir faire changer les choses c’est la formation. Personne n’est né en sachant catcher.« 

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