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ROH 13th Anniversary : Jay Briscoe reste champion sur un final décevant

La Ring Of Honor a décidé d’aller chasser sur des terres assez inhabituelles pour elle. D’habitude en représentation dans l’est des USA, elle va célébrer son 13ème anniversaire à l’ouest dans un casino comme pour illustrer que pour son premier gros show de l’année il y a beaucoup à gagner mais aussi à perdre. Une nouveauté est introduite avec une table de commentateurs espagnols.

Le retour victorieux de Matt Sydal

En ouverture, la route de la rédemption se poursuit pour l’ex Evan Bourne désormais Matt Sydal. Largement soutenu dans un duel face à Cedric Alexander au profil plus musculeux mais similaire à lui, il s’offre un succès attendu. Le match est bon même si les mouvements sont imprécis dans la première partie du combat mais lors de la deuxième partie, les risques pris sont justes et après qu’Alexander ait fait un dropkick directement dans les cordes, le Shooting Star Press de Sydal frappe pour une victoire qui le remet sur la route de l’ambition.

Match faible du show ensuite avec l’ex footballeur américain Moose présenté comme la nouvelle force. Il a de l’agilité, un physique proche de celui de Titus O’Neil, mais une lenteur dans ses déplacements sur le ring et un Spear victorieux très bizarre. Mais heureusement, Mark Briscoe l’a vendu à merveille dans un match où il aura vraiment essayé de mettre en valeur son adversaire du mieux possible. A moitié convaincant quand même.

Le BULLET CLUB est présent pour le grand plaisir de ses nombreux fans avec ses représentants américains. Il en manque un à l’appel, Doc Gallows étant bloqué dans un aéroport. Mais qu’à cela ne tienne, Karl Anderson se sent de gérer cela seul dans ce match contre The Addiction et The Kingdom. Ce match a des allures d’affrontement entre le Kingdom et les trois anciens. Daniels et Kazarian nous gratifient de belles séquences, même chose pour Anderson qui, mis souvent à mal, parvient quand même à frapper un Cutter, mais le duo du Kingdom sort vainqueur. Matt Taven et Mike Bennett se permettent même le luxe de faire la séquence finale des Hardy Boyz, mais ce n’est pas sur cela qu’ils gagneront avec un tombé sur un Anderson décidément bien malheureux.

Le public n’est pas vraiment dans le match suivant entre deux anciens. « Mr ROH » Roderick Strong est opposé depuis de longs mois à BJ Whitmer dans une querelle d’anciens grands potes. Le match ne contient pas de vrai rythme mais reste correct avec un Whitmer imprimant son rythme de vieux briscard, et Strong conclue cette rivalité victorieusement avant de repasser à quelque chose de plus conforme à son statut de Mr ROH.

Le catch féminin retrouve une place à la ROH

Un match féminin à la ROH, c’est pas banal et même une grande rareté depuis des années et le départ de Sara Del Rey. Mais ODB est arrivée en fin d’année 2014 et ainsi un affrontement avec Maria Kanellis, la reine du Kingdom, était prévisible. Forcément il y a un déséquilibre des forces mais si Maria est bien frêle et prétexte même au début qu’elle est enceinte, elle tient bien le choc. Son compagnon Mike Bennett est là pour l’épauler mais il sera finalement un boulet. Mark Briscoe est de son côté le chien de garde d’ODB mais c’est bien Bennett qui fera la différence pour ODB dans ce match. Un kick puis ensuite un Spear à chaque fois malencontreusement sur sa belle, c’en était forcément trop pour Maria dans un match où ODB a été assez imprécise dans le peu qu’elle a fait.

Des allures de main event mais c’est pourtant seulement le match de mi-show entre AJ Styles et ACH. Le champion IWGP poids-lourd de la NJPW n’est pas venu avec sa ceinture et a un personnage différent de celui qu’on voit à la NJPW. Il n’est ici pas vicieux mais met le même rythme et à l’heure où le débat fait rage sur la dangerosité du Styles Clash, il le passe sans souci sur ACH. ACH est un petit gabarit, un vrai feu follet explosif qui fait souvent le move de trop qui finit par lui couter le match comme ici. Mais sa prise de risque est belle et donne un bel affrontement conclu sans réelle surprise à l’avantage du fer de lance du BULLET CLUB.

Retrouvailles entre les reDRagon et les Young Bucks

Les reDRagon et les Young Bucks ne se quittent vraiment plus depuis plus d’un an et se retrouvent face à face quel que soit le continent. Après leurs batailles à la NJPW en début d’année, les revoilà en duel à la ROH. L’année dernière, ils avaient déjà fait le show pour le match de l’année 2014 à la Ring Of Honor et ce match figure aussi en bonne place comme match de l’année 2015. Les titres par équipe de la ROH sont ici mis en jeu, la précision est utile tellement ces deux équipes dominent la scène indépendante depuis deux ans, se partageant les titres de plusieurs fédérations.

Quand deux équipes s’affrontent pour la énième fois en un an, on peut se dire qu’ils auront du mal à raconter une nouvelle histoire et pourtant c’est ici bien le cas et ça prouve bien que ce sont les deux meilleures équipes du business. La première partie du combat est vraiment réussie avec une série d’actions miroir originales et toutes parfaites. Et la deuxième partie du combat est encore meilleure. Les Young Bucks chouchous du public vont bien justifier les encouragements en livrant une prestation époustouflante. Tout est bien huilé que ce soit dans le ring comme à l’extérieur, ils sont imprévisibles à souhait et la Superkick Party est de mise. Ils se permettent même de chambrer en faisant le Chasing the Dragon sans effet cependant. Pour ce nouveau chapitre, les reDRagon ont l’argument qui finit par faire pencher la balance en leur faveur. Une des Four Horsewomen de l’UFC Shayna Blaze les accompagne et aura un rôle déterminant sur le final quand elle va sortir l’arbitre qui allait compter la victoire des Bucks après le More Bang For Your Buck. Le Chasing the Dragon frappe bien du bon côté cette fois pour un succès de rapine mais à l’issue d’une sacrée bataille dont la leçon finale est qu’il est utile d’avoir une femme forte à ses côtés.

El Patron échoue au titre Television

Jay Lethal va lui aussi pouvoir se dire que c’est bien utile d’être accompagné. Avec son manager Truth Martini et le garde du corps Jay Diesel, il tient les solutions pour faire basculer toute situation en sa faveur. Et là le challenge est de taille pour son titre Télévision avec le champion de l’AAA Alberto El Patron. Le Mexicain commence d’ailleurs très fort avec une séquence soulignant bien son style complet avec l’explosivité mise en valeur. Mais passé ce prélude, Lethal reprend la main et domine en vrai patron le match.

Le rythme est bien présent et même l’arrogance de Lethal avec le Cross Arm Breaker infligé à Alberto. Ce dernier reprend bien la main en mettant son Cross Arm Breaker mais le Book of Truth frappe et s’avère vraiment être une arme plus dangereuse qu’un Sledgehammer. Car après ce premier coup, Lethal se dégage de la soumission puis plus tard, le deuxième coup du livre est de trop pour El Patron qui subit la Lethal Injection d’un champion meilleur que d’habitude dans son règne de champion qui tient toujours. Et en alignant les victoires sur les anciens de la WWE, après sa victoire contre Sydal fin 2014, on peut se demander qui le détrônera, même si El Patron n’a pas dit son dernier mot.

Dans cette dernière partie consacrée aux titres maison, on savoure une friandise surprise avec le retour de Samoa Joe. De retour sur les terres qui l’ont fait roi, dans une soirée où 8 anciens de la TNA sont apparus, Joe annonce un nouveau chapitre d’un livre déjà best seller quand on se souvient de ses batailles mythiques contre CM Punk en 2005. Et ici, c’est directement le titre mondial de la ROH qui l’anime.

Jay Briscoe vainqueur par et KO

Ainsi, l’introduction est faite au main event avec un Fatal Four Way plein de puissance entre le champion Jay Briscoe et ses challengers Michael Elgin, Tommaso Ciampa et Hanson. Avec ce format de match, c’est une roulette russe mais à l’arrivée, Briscoe place toujours bien sa mise et l’emporte encore même si la manière est très discutable. Le match d’abord est correct, surtout animé par Elgin et Ciampa avec quelques éclairs d’Hanson. Autant dire que le champion se contente vraiment du minimum syndical et est même souvent la victime notamment de Michael Elgin qui le fait passer à travers une table.

Il y a deux phases dans ce main event pas particulièrement long, d’un quart d’heure tout juste. L’échange classique d’abord parfois imprécis mais bien organisé même s’il n’y a rien de transcendant. Puis il y a un scénario débridé dès que l’arbitre Todd Sinclair est hors service. Les trois hommes au masque rouge, spectateurs du match pour les titres par équipe, passent à l’action et font penser au Kingdom. Raymond Rowe débarque et les fait fuir. Elgin veut ensuite faire le Conchairto mais Nigel McGuiness veille au grain et reçoit même le secours inattendu de Ciampa qui met ainsi fin à une guerre de plusieurs mois entre les deux hommes. Et puis il y a ce final avec Hanson qui met un Kick à Briscoe mais est tiré hors du ring par Elgin. Et au grand dam de ce dernier, meilleur homme du match, l’adage de celui qui en fait le moins et qui sort vainqueur dans un match à plusieurs est de mise ici. Jay Briscoe en tombant atterrit sur Ciampa et fait ainsi le tombé victorieux en étant KO. Vraiment moyen comme final mais Briscoe qui n’a toujours pas subi de tombé depuis deux ans repart encore avec le jackpot.

La Ring Of Honor a célébré avec style son 13ème anniversaire. Même avec des rumeurs de problèmes financiers et une fin de show moyenne, l’ensemble est bon et vraiment solide. Malgré tout, la stabilité est de mise avec aucun changement. Les stars AJ Styles, El Patron, Young Bucks, Matt Sydal ont bien joué leur rôle et sont encore vouées à jouer un rôle. Et quand on voit Samoa Joe débarquer dans le jeu, de nouveaux affrontements explosifs comme ceux vécus à Las Vegas sont à prévoir.

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