Édito

WWE Survivor Series : Il est temps d’en finir avec la suprématie des brands

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Build up bâclé, équipes trop aléatoires, aucun enjeu… quel intérêt trouver à la Brand Supremacy de WWE Survivor Series en 2021 ?

WWE

Cela fait cinq ans que la WWE nous sort le concept autour de Survivor Series qui voit RAW et SmackDown se disputer la fameuse « suprématie des brands ». Mais l’édition 2021 nous prouve une nouvelle fois qu’elle n’a aucun sens.

Sur le papier on se dit pourquoi pas, une opposition entre RAW et SmackDown pour déterminer qui a le meilleur roster, les meilleurs champions et championnes, c’est un concept qui peut se tenir. Cela a été le concept du pay-per-view Bragging Right en 2009 et 2010 avant que la WWE n’abandonne la séparation des brands — qu’elle réinstaurera en 2016. Dans la pratique, la WWE ne sait plus faire.

L’édition 2021, bookée un moi après WWE Crown Jewel et l’officialisation des nouveaux rosters post-Draft 2021, nous montre que le concept est à revoir… voire à abandonner.

Aucun intérêt à défendre sa brand

La composition des équipes par exemple. Pour cette année la WWE ne s’est même pas fatiguée à donner de l’importance à leurs annonces, puisque tout a été fait sur les réseaux sociaux il y a deux semaines. Depuis, Adam Pearce et Sonya Deville s’amusent à changer deux ou trois membres pour faire quelques ajustements, des changements qui nourrissent plus la heat de leurs propres personnages qu’ils ne sont bénéfiques au build up du pay-per-view. S’il est question de faire s’affronter les meilleurs atouts de chaque brand, autant instaurer de la compétition à l’intérieur des brands, des matchs de qualifications par exemple, des rivalités entre potentiels membres… les rosters sont assez blindés pour le faire.

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Par ailleurs, à quoi jouent Adam Pearce et Sonya Deville ? On cherche à nous faire croire qu’ils portent un certain intérêt aux équipes de RAW et SmackDown et à leur composition, alors qu’ils sont general managers à deux et des deux brands en même temps. Pour quelle brand roulent-ils ? On ne trouve pas de réponse.

Il n’est d’ailleurs au final que très peu question de rivalité dans ce build up. On a bien les champions et championnes qui ont une certaine animosité entre eux, mais cette animosité est surtout personnelle. Becky Lynch et Charlotte Flair ne peuvent plus se saquer (en storyline, peut-être dans la vie réelle, on ne sait pas trop) et Roman Reigns a touché la corde sensible de Big E en attaquant le New Day. Il n’est pas question de RAW contre SmackDown, de qui est le meilleur des deux champions. Chez les champions par équipe peut-être, mais les Usos participent surtout à la rivalité Big E contre Roman Reigns. Et pendant ce temps, silence total chez les champions de la midcard. Damian Priest et Shinsuke Nakamura n’ont pas vraiment le temps de se chamailler sur qui de RAW ou SmackDown est meilleur.

Les équipes rivales ne se sont d’ailleurs toujours pas croisées depuis l’annonce de leur composition. Tout ce qui importe la WWE durant ce build up, c’est de savoir si les membres de l’équipe peuvent mettre leurs ego de côté et travailler ensemble, le fameux « Can they co-exist ? », expression utilisée à outrance à tel point que cela en devient du troll, et de martyriser les Mysterio père et fils ou Sami Zayn — ça non plus, on ne sait toujours pas pourquoi. Les champions ont déjà la tête dans l’après Survivor Series, tout comme les potentiels challengers (Liv Morgan avec Becky Lynch, Seth Rollins avec Big E…).

À lire aussi : Carte de WWE Survivor Series 2021

Être la meilleure brand… et après ?

Une des raisons qui rendent aussi cette rivalité RAW contre SmackDown totalement hors de propos, c’est que le pay-per-view intervient un mois pile après que les Superstars ont pu prendre leurs quartiers après la Draft. Les deux rosters ont vu des allées et venues : Seth Rollins, Finn Bálor et Kevin Owens viennent de débarquer à RAW. Drew McIntyre, Jeff Hardy et Xavier Woods à SmackDown. Pareil chez les femmes où Bianca Belair, Liv Morgan et Carmella viennent de rejoindre la brand rouge tandis que Shayna Baszler et Natalya arrivent chez les bleues. Et on ne parle même pas des champions : Big E vient d’arriver à RAW, tout comme Becky Lynch tandis que Charlotte Flair vient de débarquer à SmackDown. Quel intérêt auraient ces Superstars à défendre une brand qu’ils viennent tout juste d’intégrer ?

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Aucune des Superstars n’a d’intérêt à prendre part à la bataille pour la suprématie des brands et à travailler ensemble, et le build up n’a rien ajouté de ce côté-là. Pourtant en ayant deux general manager, il aurait peut-être été intelligent de les assigner chacun à une brand. Sonya Deville commençait à un moment à s’affirmer face à Adam Pearce, les deux auraient pu entrer en rivalité aisément et diriger une brand chacun.

Et au final, on ne sait pas pour quel enjeu se battent les brands. Certes il est question de savoir qui de RAW ou SmackDown est la meilleure brand mais derrière, cela n’apporte à rien à personne. Il n’est d’ailleurs pas rare que les perdants des matchs à 5 contre 5 reprennent tranquillement leur parcours dans les rosters et se voient parfois ensuite offrir des opportunités pour des titres comme si rien ne s’était passé. La WWE ne fait absolument rien dans la continuité de Survivor Series qui devient totalement inutile.

Comme souvent, la WWE ne semble pas se poser de question quant à la pertinence d’un calendrier dépassé qu’elle continue de suivre, sans jamais renouveler son histoire. Chaque année les mêmes gestes, les mêmes schémas, les mêmes histoires se répètent sans jamais aboutir à quoi que ce soit. Il serait peut-être temps de revoir sa copie.

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