Review

On s’était dit « Rendez-vous dans dix ans »

On y est, Slammiverary, le PPV qui fête l’anniversaire de la TNA, avec ses dix ans d’existence. Pas mal de chemin a été fait depuis 2002: l’affiliation avec la NWA, la X-Division perle des shows, de plus en plus de grands noms signent, la séparation avec la NWA, le passage des PPV hebdomadaires aux PPV mensuels, le début de l’ancrage dans le circuit indépendant, l’arrivée de Hulk Hogan et Eric Bischoff, le scandale de Victory Road, le passage au direct pour ne citer que ces évènements. La TNA n’a pas toujours été uniquement formidable ou merdique. Des périodes ont été meilleures que d’autres en terme de qualité. Étant en pleine période morose, voyons voir si la TNA se rattrapera pour ce PPV crucial de son histoire. 

Review de Slammiversary X

Le clip d’introduction est encore une fois très bien fait dans la forme. Dans le fond, c’est autre chose. Allier l’arrivée de Hulk Hogan et son match à Bound For Glory aux performances des A.J. Styles, Elix Skipper, Samoa Joe et autres n’est vraiment pas honnête vis-à-vis des fans.

C’est Hulk Hogan qui ouvre le show. Si la TNA se vante de mettre en avant le catch (dans le sens lutte) dans ses shows, elle met tout de même bien en avant le personnage de Hogan. D’un côté, d’un point de vue économique ou pour la notoriété, elle a tout à fait raison, Hogan est la légende vivante du monde du catch, pourquoi ne pas utiliser son personnage ? D’un autre côté, quand on s’intéresse à ce qu’il se passe dans les coulisses, on sait qu’Hogan a une forte implication dans les décisions faites par rapport aux shows. C’est Hogan qui est derrière la signature de gars comme RVD, Jeff Hardy, Mr Anderson, mais aussi Garrett Bischoff ou Ric Flair, deux choix moins judicieux que les précédents. Je tiens à noter que le décor de la salle ressemble plus à un épisode de Raw qu’à un house show de Raw, ce qui est très bien. De plus, la salle a l’air d’être à son comble et les fans sont surexcités.

Hogan fait l’éloge du show et dit que les dix ans à venir seront encore plus incroyables que les dix années passées. Ça reste à voir. Il dit qu’il adore son poste de GM car il lui permet de prendre des décisions importantes (on aime le pouvoir ?). La première décision qu’il prend est que le premier match de ce soir entre Austin Aries et Samoa Joe sera un match de championnat pour le titre X-Division que détient Aries. La décision ajoute du piment à un match qui en manque un peu, après c’est pas non plus la décision du siècle.

Austin Aries vs Samoa Joe, la rivalité construite sur un jet d’eau et une intervention. Même si la rivalité est très pauvre, le match devrait répondre aux attentes des fans en manque de matchs intenses. Une petite période d’observation mène à une série de coups de pieds assez « stiff » de Joe. Une grosse domination de Joe mais Aries tient le coup en nous sortant un tonitruant Tope Suicida et un magnifique 450 Splash. Le match est vers la fin un peu plus équilibré jusqu’à la victoire d’Aries. Une victoire assez logique puisqu’une victoire de Joe aurait été incongrue.

"S'toi l'incongrue!"

Hernandez vs Kid Kash. Des matchs sortis de nulle part il y en a pas dans ce PPV mais alors celui-là ! Les deux étaient complètement sortis des radars de la TNA, on ne les voyaient même pas dans le show hebdomadaire secondaire Xplosion. Apparemment le public est heureux de les retrouver. C’est un peu la même opposition que tout à l’heure avec une différence de poids flagrante. Kash a le rôle du heel et Hernandez du face. Pour un match qui n’est pas très attendu par les fans, on lui a tout de même consacré un peu de temps et c’est tant mieux car on voit quelques beaux mouvements. C’est Hernandez qui l’emporte avec un splash de la troisième corde. J’aurai préféré voir son Border Toss qui est plus impressionnant mais cela n’est pas non plus gênant. À noter les chants « Si ! Si ! Si ! », en référence à Alberto Del Rio et Daniel Bryan. Comme quoi, la plupart des fans de la TNA sont aussi des fans de la WWE.

Un clip « TNA Greatest Moments » est diffusé. AJ Styles est au centre de cette vidéo puisque l’instant choisi est celui où il devient le tout premier champion X-Division. Au moins, je n’ai pas honte quand je vois ce clip.

Garrett Bischoff et Devon contre Robbie E et Robbie T. La rivalité est quand même plus construite que celle du premier match quoi ! En bref, Garrett se fait maraver pendant tout le match par Robbie E et Robbie T, botchant quelques clotheslines en début de match. Devon entre enfin (pour nos yeux surtout) et démonte tout sur son passage et remporte le match. Le fait le plus intéressant du match est la présence de Madison Rayne, ravissante au passage, aux abords du ring pour voir en action celui qu’elle aime. Je vois mal Devon être affublé de Rayne, lui le père de famille, il nous reste donc Garrett, les deux Robbie. Pour moi le plus crédible est Robbie T avec ses muscles saillants et un face turn dans les parages. Ah oui ! J’ai oublié de dire, j’ai vomi sur la danse de la fin. Non seulement parce que ça montre une certaine communion entre Devon, que je respecte, et Garrett, mais aussi parce que ça m’a fait pensé à Titus O’Neil et Darren Young.

Reste à désigner qui va montrer sa bite sur Twitter.

Jeremy Borash interviewe les champions par équipes, Kaz et Daniels, qui sont là depuis quasiment le début de la TNA. Kaz se vante d’avoir été dans pas mal de « premières » : Ultimate X Match, King of the Mountain X-Division Match, etc. Daniels trinque à la meilleure équipe de l’univers, qui continuera à dévoiler les sombres secrets de Dixie Carter et AJ Styles.

Alors que les trois-quarts d’heure de show arrive, c’est l’heure du match pour désigner le challenger au titre de champion du monde. Le match est dynamique, équilibré, il offre de belles séquences. Que demande le peuple ? De plus, la fin est plus que correct et sans entourloupes. Je m’attendais à une victoire de Hardy car il est l’un des top face de la fédération, c’est à ma surprise que Mr. Anderson remporte le match. Je ne dis pas non. RVD et Hardy ont déjà été challenger de Roode cette année, pourquoi pas Anderson ?

Jeremy Borash a à côté de lui l’invaincu Crimson. Borash lui demande s’il connait le nom de son adversaire du soir. Crimson n’en a que faire de son adversaire car il est invaincu depuis 470 jours, il prétend qu’il ne sera jamais battu. Le visage sûr et souriant ainsi que la confiance et la longue absence de Crimson me font penser que tonigh is the night, le rouquin va enfin pleurer sa maman.

Euh.. non Brodus, on a dit pleurer, pas appeler. Tu peux faire demi-tour.

Crimson prend le micro après son entrée. Pour quelqu’un qui n’est pas à l’aise au micro, il va s’égosiller aujourd’hui.  Selon la légende au Texas, tout est plus grand. Crimson pense que l’on ne lui a pas menti puisqu’il a devant lui le plus grand nombre de loosers qu’il a jamais vu. Il peut affronter n’importe qui, c’est pourquoi il va s’asseoir et attendre celui qui aura le cran de l’affronter. Des petits chants « Golberg ! Goldberg ! » sont audibles. Cela s’explique par la petite dispute via réseaux sociaux qu’ont eu Crimson et Bill Goldberg. Néanmoins, c’est James Storm qui entre dans la place. Pas réapparu dans un ring depuis sa défaite pour le titre majeur à Lockdown il y a deux mois, le Cowboy est frais et dispo. Un squash match de deux minutes met un terme à une invincibilité de plus d’un an. Tu mettais Ryback à la place de Storm, c’était pareil. J’aime pas Crimson mais battre des gars comme Angle ou Anderson pour ensuite perdre en deux minutes après un mois et demi d’oubli, ça doit quand même faire bizarre.

Austin Aries est l’invité de Jeremy Borash après sa victoire en début de PPV pour conserver sa ceinture. Son objectif: être le numéro un, celui qu’on voit en main-event, celui qui est le show à lui tout seul. Il n’y a qu’une seule signification : Destination X arrive !

Deuxième « TNA Greatest Moments ». La première conférence de presse d’Hulk Hogan à la TNA. Euh, ça c’est un bon moment ? C’est le troisième « bon » moment avec Hogan dedans, après son arrivée et son match pourri à Bound For Glory. Si ça c’est pas du foutage de gueule.

"Fuck you, I'm sparckling!"

Dixie Carter fait son entrée pour faire son discours de présidente. Elle suce les fans en disant qu’ils sont les meilleurs au monde. Elle demande à tout le roster de venir pour qu’elle annonce la première personne qui sera intronisé au Hall of Fame. C’est pas la première à imiter la WWE sur ce point car par exemple la WCW et l’ECW possédait leur Hall of Fame. Le premier intronisé est donc Sting. C’est en toute logique puisqu’il est resté assez fidèle à la compagnie, il a participé à son évolution. On comprend bien aussi que le Hall of Fame, c’est une question de bonne entente avec les dirigeants. Sting s’entendant bien avec Dixie et Hogan, c’est beaucoup plus facile pour lui d’entrer dans le Hall of Fame que pour Scott Steiner. Et puis Sting, c’est l’un des seuls à avoir eu une grande carrière sans passer par la WWE. Peu de catcheurs ont ce mérite.

Match pour le titre Knockout. Brooke Tessmacher fera-t-elle meilleure figure que la dernière fois à Sacrifice ? Le match a un bon rythme, je n’ai pas encore vu de botchs de Tessmacher, serait-ce son match référence ? Alors que Tessmacher revient dans le match, elle enchaîne deux botch assez flagrants, le premier sur sa prise de finition, où son genou flanche, et ensuite sur le brise-nuque de Kim, où elle n’est pas dans les temps. Kim domine donc Tessmacher pour ensuite se faire surprendre sur un renversement. Un si long règne qui se termine sur un roll-up, c’est moche quand même. Après le match, Tessmacher effectue une petite promo de face, en disant qu’elle a parcouru un long voyage avant d’arriver là et qu’elle remercie sa région natale, le Texas. Je trouve que le règne de Tess (oui je l’appelle comme ça dans l’intimité) est trop prématuré. Elle rate encore pas mal de mouvements dans le ring. Velvet Sky, que je n’apprécie pas tellement, aurait été un meilleur choix pour l’avenir.

Bully Ray martyrise Jeremy Borash lors de son interview. Il dit que ce soir, ce ne sera pas un match de catch. Bon ben ça va, il l’a dit donc faut pas s’attendre à quelque chose d’énorme. Ça tombe bien, c’est pas ce que j’avais prévu. Si je devais décrire ce match (Darren me fait signe que oui, en fronçant les sourcils), c’est qu’il a pas mal de points communs avec le match John Cena vs Big Johnny à Over The Limit: ennuyeux, longuet, prévisible. Ils n’ont quand même réussi à faire tenir plus de dix minutes un avocat face à un ancien champion par équipe de cent-cinquante kilos. À la fin du match, Joseph Parks s’en va sous le ring, Abyss sort de l’autre côté et fait passer Bully à travers la table installée. Voilà comment l’avocat a gagné. Ce qui est quand même couillon parce que si Abyss était depuis tout ce temps en dessous du ring, Bully aurait du le voir quand il a été cherché la table, non ? Quelque chose me dit qu’on en a pas fini avec cette rivalité, et ça ne m’enchante pas.

Le champion du monde poids lourd Bobby Roode est au micro de Borash. Il dit que c’est une soirée de célébration (le Hall of Fame, les dix ans, etc). Les gens devraient le célébrer lui, car sans lui, il n’y aurait pas de TNA. Il en a rien à faire de l’intronisation de Sting, car ce soir marquera la fin de sa carrière.

Il dit qu'il est pas d'accord.

Hulk Hogan est de nouveau là pour faire une annonce. Je suis en train de me dire un truc-là. Est-ce que quand Triple H ou Vince McMahon est présent pour un show de la WWE, Teddy Long a une quelconque autorité ? Je ne crois pas. À la TNA, la présidente est présente mais le chef d’orchestre est Hogan. Bon, ok. Il introduit Christian, le champion intercontinental de la WWE. Aussi bizarre que cela puisse paraitre. La TNA ayant accepté que Ric Flair participe à la cérémonie du Hall of Fame de la WWE en avril dernier, l’accord voulait qu’un catcheur de la WWE apparaisse dans un show TNA. Christian parle des rumeurs de sa présence à Slammiversary, des rumeurs fondées. Christian fait une petite blague en disant qu’il pensait qu’il y avait plus de coin à ce ring (référence au ring à 6 côtés d’il y a quelques années).

Il dit qu’il y a eu beaucoup de changements mais les fans sont restés les mêmes. Toujours aussi pourri lors des shows ouais, à l’exception de ce soir. Christian présente le dernier « TNA Greatest Moments » qui est consacré à l’arrivée de Sting en janvier 2006. C’est dans la logique de la soirée, Sting Hall of Famer, Sting main-eventer pour le titre mondial, Sting pillier de la fédération.C’est tout pas d’images de Christian après ? En fait, il a juste servi à remercier les fans. La TNA avait une occasion en or avec la présence de Christian. Elle n’a pas a su saisir sa chance. Sinon, il y a eu des chants « Yes ! » pendant le discours de Captain Charisma.

"Abyss ! Je sais que c'était en 2006, mais rien à faire, je demande One More Match !"

Match pré-main-event: Angle et AJ Styles contre Kaz et Daniels. Si au début du match, AJ se joue de ses adversaires, la tendance est vite renversée, le travail se concentrant sur le Phenomenal One. Kurt Angle ne rentre qu’au bout de huit longues minutes. Il enchaine souplesse sur souplesse. Il est évident qu’on allait pas le voir faire tout le match de long en large. Je me dis que ce match est bon mais pas non plus exceptionnel, puis plus le temps passe plus cette impression s’évanouit car les quatre hommes enchainent les beaux mouvements, avec un certain suspens car chacun peut faire la différence. AJ nous sort un de ses Springboard Shooting Star Press à l’extérieur, délicieux !  Kurt Angle arrive à placer son Ankle Lock, qui s’avère être victorieux. Moi qui ne regarde jamais les replay d’après-match, cette fois-ci je l’ai regardé attentivement. Avec le match d’ouverture, ce match est l’un des matchs de la soirée. C’est le sixième titre de champion par équipe de Styles à la TNA, Angle est plus tout jeune, Daniels & Kaz n’ont possédés les titres qu’un pauvre mois, mais qu’importe, c’était un super match.

Le main-event de la soirée: Sting vs Bobby Roode. Je tiens à préciser qu’on a pas eu de feu d’artifices de la soirée. Peut-être que la salle ne s’y prêtait pas ou parce que tout le budget a été mis dans l’écran géant. Roode a ressorti son apparat de la Team Canada pour l’occasion. Il joue avec nos nerfs et ceux de Sting en s’échappant à l’extérieur, se cachant derrière l’arbitre, du classique. Après cette période d’observation, le match est plutôt équilibré. Une chose qui m’a étonné, lorsque Sting applique son Scorpion Death Lock sur Roode, Roode rampe pour attraper les cordes, Sting le voit faire et ne ramène pas Roode au centre du ring. Pas très crédible pour un mec qui a 25 ans d’expérience. Si ce n’était pas la fin prévue, pourquoi regardait-il constamment les cordes ? Cela donne une impression de crédulité. Ensuite, les deux hommes vont un peu se battre sur la rampe, au niveau de l’entrée. Sting applique alors sa prise de soumission sur la table, Roode abandonne. Malheureusement pour Sting, le match n’a pas la stipulation « Falls Count Anywhere », il doit donc réitérer dans le ring s’il veut l’emporter. Bobby Roode en profite pour prendre son pack de six bières. Il prend une bière et lève la main sur Sting. Sting l’ayant vu venir, arrête le bras du canadien. L’arbitre s’interpose, pour éviter un coup d’éclat de Sting. Roode en profite pour frapper Sting avec une autre bière. Le champion conserve son titre, une fois de plus dans la controverse. Le match est plutôt bon et on reste dans la dynamique d’un champion jeune et égoïste. Après le match, Sting met KO l’arbitre et s’en prend à Roode. Il l’emmène du côté de l’entrée et exécute son Scorpion Death Drop sur les tables en contrebas. Sting pas content, c’est la dernière image du PPV. Rien d’étonnant.

Un pay-per-view étonnamment bon dans les matchs proposés. Le problème c’est que la TNA, étant à la recherche d’un nouveau public, doit construire des rivalités intéressantes, qui motivent les gens à acheter le PPV ou regarder les Impact la semaine. Je l’avais dit dans la dernière review d’Impact, quatre matchs ont été ajoutés trois jours avant le PPV. Il y a mieux pour donner envie aux gens. Surtout quand l’une des principales rivalités est bidesque. Donnons tout de même le mérite à la fédération de nous avoir offert quelques bons matchs. Et puis, on a eu la gentillesse de nous épargner Brooke Hogan…

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