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Hell In A Cell : Il a fait froid en enfer

Il y a des soirées comme ça où on se lance dans un show de catch et dont on sort en se demandant ce que l’on a réellement regardé. Ce Hell in a Cell était étrange. Pas mauvais, mais pas franchement bon. Pas surprenant, mais pas pour autant prévisible. On est tiraillé constamment entre deux envies, celle de se dire que l’on a assisté à un show sympathique mais aussi très bordélique. Retour sur un show qui aurait très bien pu faire parti de la Twilight Zone.

Tout commence par un pre-show qui n’est pas un match mais une interview de John Cena. Rien de bien méchant si ce n’est des réponses à côté à des questions justifiées. Quand on demande à Cena pourquoi il a laissé sa place à Ryback, c’est tout simplement pour voir ce dont il est capable. On essaie donc réellement d’insister sur la dangerosité car c’est la première fois que je vois John Cena observer son adversaire avant de vouloir l’affronter. La WWE continue sa super promotion de son nouveau top face, que vous l’aimez ou non, c’est sûrement notre nouveau Cena qui fera le Main Event ce soir.

En attendant c’est Dolph Ziggler qui intervient pour titiller Johnny qui comme d’habitude emploi la méthode du You want some, come get some! Vickie arrive et Dolph tente d’attaquer Cena mais se fait repousser, ne chercher plus, ceci est surement l’étape finale avant le cash, une rivalité avec John Cena qui tournera autour de la place de GM, rivalité avec une relation GM/Top face qui me fait pas mal penser au segment TNA entre Dixie Carter et AJ Styles. Mais qui sera la femme enceinte?

Non mais laissez tomber les filles, de toute façon John Cena n’aime que les grosses.

On commence donc la vraie matière de ce Pay-Per-View avec un Alberto Del Rio vs Randy Orton. Un match quelque peu sans intérêt si ce n’est occuper les deux lutteurs de Smackdown, la storyline étant très légère, trop peut-être pour que ce match nous donne l’impression de ne pas être en simple weekly. Le match est toutefois bien raconté, avec un travail sur le bras de Randy Orton mais, comme d’habitude, ce dernier s’en sort avec un RKO.

Enfin, pas n’importe quel RKO, celui-ci est un contre du Enziguiri. Autant j’adore ce genre d’idée de finisher spectaculaire, autant là on aurait plutôt penser à une pub pour WWE 13 qu’un véritable spot. L’idée est vraiment bonne et la chorégraphie du bousin assez sympa mais au final il manque quelque peu d’impact pour être aussi impressionnant que les autres Super RKO tentés par Randy Orton. Un bon opener cependant, assez bien rythmé et pour reprendre Norbert Feuillan, Randy Orton était vraiment mignon quand il a reposé le chapeau de JBL sur la table des commentateurs.

À la WWE, on s’entraîne déjà pour battre le record de Felix Baumgartner. Ici, leçon de maintien dans les airs.

Car oui, JBL, depuis peu à la table de Smackdown, était joint de Michael Cole et Jim Ross aux commentaires. Et le trio s’en sort pas mal, rien de franchement extraordinaire mais les commentaires étaient sympathiques, meilleurs que le trio de l’enfer Booker T/Cole/Lawler.

Passons au match qui faisait surement l’objet de pas mal d’attentes. D’ailleurs la ceinture n’a pas eu un tel intérêt depuis l’époque de Jerishow, c’est bien entendu le match pour les ceintures par équipe, Team Hell No vs Rhodes Scholars. Ces derniers sont franchement sympas en équipe, une association qui fonctionne. Par contre, le match en lui même est loin d’être vraiment extraordinaire, l’exécution est plutôt bonne, les quatre ont fait le boulot mais la fin sous forme de disqualification est quelque peu troublante.

On aura surement un re-match à TLC ou dans un weekly. Mention spéciale par contre au segment d’après-match où Kane et Daniel Bryan chantent Old MacDonald had a goat ee ei ee ei … NO! Encore une fois une bonne petite touche comique sympathique.

On reste dans les tag teams avec un match bouche-trou quelque peu inattendu entre Sin Cara & Rey Mysterio vs Prime Time Players. Un match propre qui se révèle même meilleur que celui pour les titres. Attention, on n’est pas non plus dans du grand tag team match et Sin Cara nous offrit un très joli botch où il a failli tout simplement briser sa nuque. Il n’est pas vraiment aidé par un Titus O’Neill. Et c’est dommage car le reste du combat de Sin Cara est très propre de même que le reste des catcheurs présents sur le ring pour une victoire des mexicains qui se positionne en véritables prétendants aux titres. Le bilan de la soirée pour les tag team est assez mitigé, avec des matchs solides mais loin d’être transcendants et un manque d’intérêt pour le second.

Par contre si Rhodes Scholars aussi se mettent à chanter, les championnats par équipe seront joués au Karaoké.

Les ceintures mineures ont elles aussi  le droit à leur match. Tout d’abord le match pour le titre Intercontinental, sans réel suspens aux vues de la victoire de Kofi Kingston lors de Main Event. Ce rematch était malgré tout solide, avec une bonne entente entre les deux et un storytelling sur la jambe de Kofi Kingston qui était la bienvenue. On ne part pas non plus dans de grandes envolées et le match reste à un niveau correct sans pour autant devenir flamboyant. Kofi stagne depuis longtemps dans cette midcard et n’en décollera surement jamais mais j’ai l’impression que la WWE veut tout de même en faire quelque chose, le relancer car elle manque cruellement de faces et Kofi a vraiment un potentiel pour être un face efficace.

Malheureusement la seule rivalité mémorable de Kofi reste cette petite incartade avec Randy Orton qui finit après que ce dernier ait un peu mal réagi face au selling de Kofi sur le RKO. C’était dommage à l’époque car il y avait de la matière et ici le malentendu ne part de rien si ce n’est la prise du titre sur The Miz.

L’autre ceinture mineure, le titre US, était quant à lui défendu par Antonio Cesaro face à Justin Gabriel, dont la coiffure ressemble de plus en plus à celle de Yoshi Tatsu. Un match dans lequel le public tombe dans un ennui profond malgré une action assez axé sur l’opposition entre la voltige de Gabriel et la puissance de Cesaro. Mais le style du match tombe à plat avec une lenteur vraiment lourde et pesante qui donne l’impression au match d’être une succession de spots. Certains furent d’ailleurs réussit comme la réception du saut à l’extérieur de Gabriel par une superbe manchette de Cesaro.

L’ex-Castagnoli remporte le match sur son infâme finisher. Vraiment peu d’intérêt autour de la ceinture US avec un match sorti de nulle part et encore une fois tout simplement fondé sur la victoire du challenger et non une véritable matière. Comme si le lutteur ne voulait pas la ceinture mais plutôt « Ah tiens je l’ai battu. Il a une ceinture? Bon bah on va essayer de l’avoir! » et c’est un peu cela qui manque, une véritable volonté des lutteurs de midcard de posséder cette ceinture et de la vendre comme quelque chose de vraiment important dans leur carrière. Le porteur lui même ne considère cette ceinture uniquement comme un moyen d’humilier les Américains, pas terrible et surtout c’est une corde trop usée pour un heel étranger.

-Euh je peux t’interrompre deux secondes?
-Je t’en pris Antonio, vas-y.
-Ce serait juste pour prévenir l’enfoiré qui a gueulé « RICOLAAA! » pendant le match que si je le retrouve il va se retrouver avec l’orifice anal transformé en coucou suisse et il annoncera l’heure en cinq langues! Compris?
-Euh… Merci Antonio, le message est passé je pense.

Hum, une autre ceinture mineure? Les divas? Ah c’était un match! Pardon, je pensais que c’était un concours de gym pour distraire le public avant un match de basket. Ces trois-là ont vraiment fait un mauvais travail et il y a un manque sérieux d’impact dans les mouvements. Le manque d’intérêt d’une storyline qui n’intéresse personne n’a pas vraiment aidé à faire monter l’ambiance ce qui entraîne une mort cérébrale du public pendant les quelques minutes du match.

Allez, attaquons les choses sérieuses avec le match entre Sheamus et The Big Show. Ce match n’a pas vraiment eu un développement extraordinaire, même si l’axe du « Qui a le plus gros… finisher? » est sympathique, il ne transcende pas non plus la foule. Le match, qui s’annonçait comme étant un peu lent et assez court vu un peu l’inverse. Bon, le rythme n’a pas atteint des sommets mais reste tout à fait acceptable pour une opposition entre ces deux gabarits. On est sur un storytelling qui insiste sur les finishers et la puissance de chacun.

On s’étonne même à trouver une certaine osmose entre les deux et vraiment une tension qui s’installe et le match qui au final devient vraiment impressionnant au moment du premier Chokeslam du Big Show suivi du White Noise de Sheamus. Les deux ne terrasse pas l’adversaire mais par contre l’image du White Noise sur le Big Show impressionne. Et là, on entre dans la folie d’une fin de match. Brogue Kick contré suivi d’un KO Punch qui n’obtient rien de plus qu’un nearfall!

C’est renversant, n’est-ce pas Sheamus?

Là on se dit que Sheamus va nous réciter la suite d’un Brogue Kick mais ce dernier n’obtient lui aussi qu’un nearfall. Bam! Les deux finishers tant mis en avant ces dernières semaines se neutralisent, Sheamus part pour un second Brogue Kick réceptionné par un KO Punch magistral. Le Big Show est World Heavyweight Champion, la surprise de la soirée.

Et qu’elle est bonne cette surprise, un match long pour les deux gabarits, vingt minutes, où le storytelling de fin fut magistral. Le match est vraiment bon, on est pas non plus devant la qualité et l’intensité d’un CM Punk vs John Cena 2011, mais on est devant le match le plus solide du Pay-Per-View et on attend une revanche entre ces deux là. La fin d’un règne de plus de 6 mois pour Sheamus, une fin nécessaire tout de même car on sentait la perte de vitesse du champion et le fait qu’il se retrouve dans la position du challenger devrait offrir pas mal de possibilités.

Enfin, l’heure du Main Event. Là où les fans de CM Punk se cachent les yeux et crachent sur Ryback. Je ne comprend pas vraiment cette haine absolu de l’ex-cowboy de NXT. Bon, c’est pas Byzance sur le ring mais le personnage a un certain succès auprès du public qui se prend au jeu de l’homme indestructible. Par contre, je ne pense pas que ça va durer. Je vois mal Ryback décemment prendre la place de numéro un de la compagnie. Le look et le personnage date un peu et les chants « GOLDBERG! » ne sont pas chantés au hasard. Ryback fait trop ersatz de l’ancien big man et si la WWE n’arrive pas à faire passer ce chant des têtes du public, cela risque d’être un peu compliqué pour donner à Ryback un côté unique.

-Non s’il vous plait! Il a déjà mangé Rob Van Dam et Goldberg, me laissez pas seul avec lui!

Le match débute et c’est un jeu du chat et de la souris. J’ai pas réellement envie de vous commenter le match en lui-même mais plutôt de vous dire de le regarder. Regardez-le, ce n’est pas un bon match, mais allez-y car c’est vraiment très étrange. Le pire étant la fin où l’on apprend que Ryback ne porte pas de coquille pour que finalement Punk en profite et fasse un roll up victorieux.

L’après-match est quant à lui bien mieux joué avec un Punk qui tente de fuir en haut de la cage pour finalement se prendre un Shell Shock sur le toit de l’Enfer. Punk a choisi, il est devenu une statistique quand ce match est devenu une purge à cause d’un Ryback bien trop limité. Chose qui n’arrange évidemment pas la WWE car les ratings ne vont pas grimper et la WWE va se retrouver en lutte non pas contre la TNA mais finalement contre elle-même, creusant sa propre tombe à cause d’un booking trop étrange et hasardeux.

Le produit actuel de la WWE n’est pas assez solide pour susciter des rivalités fortes et la blessure de Cena n’a pas aidé car un Hell in A Cell avec Cena et Punk aurait surement était bien meilleur. Oui ce match est du vu et revu mais pas en Hell in a Cell en un contre un. Ce match aurait été un réel Hell in a Cell, la véritable symbolique du match c’est à dire la fin d’une des meilleures rivalités de ces dernières années. Et à la place nous avons eu une nouvelle affiche, trop fraîche pour être présentée en Hell in a Cell. Le match pourrait être mis en lien avec celui entre CM Punk et The Undertaker il y a trois ans où on avait eu le droit un match aussi terne que celui de ce dimanche.

Un Pay-Per-View assez décevant, qui frise franchement la limite du raisonnable en terme de booking et dont le seul match à réellement sortir du lot est celui pour le titre World Heavyweight. La WWE a ce soir montré celui qu’elle voulait mettre en avant pour en faire surement un top face des prochaines années mais ce n’est pas avec ce match que Ryback le sera. On peut aisément faire l’impasse sur ce Pay-Per-View sans être dérouté car il ne s’y passe pas grand chose.

Les matchs sont en général propres, sans réelle bavure et avec de bons catcheurs mais ils manquent en général de gros spots et de la tension afin de captiver le public et les fans. Mais c’est surtout ce main event de piètre qualité à peine sauvé par un après-match qui réussit à nous captiver mais toujours pas à nous transcender qui enterre un peu ce Pay-Per-View. Espérons que Survivor Series sera meilleur…

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