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Survivor Series 2014 : The Authority achevée au bout de l’ennui

Pour la première fois de son histoire, la WWE proposait un pay-per-view gratuitement aux nouveaux utilisateurs du WWE Network, et pas n’importe lequel, le dernier pay-per-view du Big Four : Survivor Series. La WWE nous proposait ce dimanche une carte légère qui nous a bien fait sentir l’absence de paiement.

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Dans un preshow qui devient un moyen de rattraper ce que vous n’avez pas vu à Raw ou Smackdown, nous avons eu le droit à deux retours et deux matchs. Le premier retour, celui de Fandango, est aussi nul que l’affiche laisse le penser. Un nouveau theme song pour le danseur qui sera bien moins populaire et retombera rapidement dans les oubliettes, malgré une victoire sur un Justin Gabriel lui aussi plus vu dans le main roster depuis un bail.

Le second, celui de Bad News Barrett qui est venu faire un petit discours classique, rappelant à chaque équipe du main event les enjeux du soir, et que quoiqu’il arrive, ce serait de toute façon l’ère de Bad News Barrett. Des retours très légers, sans grand impact, et on aurait pu espérer un peu mieux peut-être pour l’anglais, même si le contexte était à son avantage.

Enfin, le dernier match de ce preshow fut entre Jack Swagger contre Cesaro, les ex-Real Americans défendant respectivement la team Cena – dans laquelle Jack Swagger devait être à l’origine avant d’être visiblement pas assez blessé pour ne pas faire le preshow – et la team Authority. Une victoire dans un match assez court d’un Jack Swagger sacrément moins bien affûté sur un Cesaro qui plonge de plus en plus dans les méandres de la midcard.

Le show en lui même commence par un segment à la Monday Night Raw entre Vince McMahon, John Cena et The Authority. Un segment inutile si ce n’est qu’il permet d’ajouter une stipulation : si la team Cena gagne, ce serait John Cena lui-même qui choisirait de faire revenir ou non The Authority. Évidemment, Cena se délecte de l’ajout de cette stipulation qui a tué quinze minutes de show alors qu’elle aurait pu passer en trente secondes.

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Un segment sans lequel vous n’auriez pas revu le magnifique sourire de Stephanie McMahon, tout de même.

Le premier match du show est pour des ceintures qui sont de plus en plus habituées aux openers. Un Fatal-4-Way entre Gold & Stardust, The Miz & Mizdow, The Usos et Los Matadores. Un match dont le MVP sera comme d’habitude Mizdow, toujours là pour assurer le spectacle hors du ring. Un match très généraliste, avec un faux rythme assez peu entraînant.

C’est d’ailleurs une rythmique plutôt sur les heels qui jouent avec un Mizdow plus over que jamais. Un public à peine réveillé par les sauts suicide à l’extérieur. C’est Mizdow qui finira par prendre le tombé pour remporter les titres tag team avec The Miz. Les deux jouent énormément sur le fait que l’un soit perçu heel et l’autre face, ce qui est assez drôle et donne un certain sel à l’équipe un peu à l’image que ce qu’avait pu être Team Hell No – avec un peu moins de starpower, on le concède.

La suite baisse le niveau déjà pas très haut du show avec le match traditionnel par élimination des Divas entre la Team Natalya et la Team Paige. Une victoire encore plus sèche que celle de la Suisse en Coupe Davis ce week-end et Natalya repartait avec un 4-0 assez classique, mettant une victoire dans l’escarcelle des faces. Ce match était l’occasion de voir la différence de capacité. Emma ne sait pas porter un match mais peut faire l’affaire face à une adversaire adéquate. Cameron et Summer Rae ne savent pas faire un seul move correct et convaincant et rejoignent Eva Marie dans les catcheuses à garder pour Total Divas mais à bannir des rings de la WWE.

Enfin, on a peu vu Layla qui se fait rare dans un ring, par contre on a vu une Paige soutenue par le public et Natalya qui a porté au maximum un match qui faisait pas mal les montagnes russes sans pour autant atteindre de sommets. Et Tyson Kidd était aussi là pour gêner sa femme, comme d’habitude. Globalement un match mauvais, trop irrégulier pour vraiment être particulier et qui prouve le gouffre existant entre certaines divas.

Vient ensuite le second match le plus attendu de la soirée entre Bray Wyatt et Dean Ambrose. Un match qui partait sur des bases correctes, plutôt rythmée notamment du côté de Bray Wyatt qui tentait d’asseoir sa domination. Mais Dean Ambrose avait d’autres projets, notamment celui de montrer qu’il était passé par Ikea en frappant Bray avec une chaise que ce dernier avait amené, puis en faisant passer celui-ci à travers une table avant de sortir une grande échelle pour taper la pause.

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Un match remporté par Bray Wyatt par disqualification donc, qui aura sûrement le besoin d’être plus brutal que lors de ces précédentes rivalités pour abattre Dean Ambrose. Cela tombe bien puisque la WWE annonce dans la suite du show que les deux s’affronter dans un Tables, Ladders and Chairs match dans le pay-per-view éponyme. Nous avons donc eu gratuitement un match au rabais, en tout cas c’est clairement le très simple message envoyé par la WWE. Vous voulez voir le match en totalité ? Restez abonnés, payez NINE NINETY NINE et regardez TLC ! Un large doigt d’honneur adressé à tous les nouveaux abonnés, et sûrement pas le meilleur moyen de garder les utilisateurs du Network à la fin du mois.

Heureusement que la rivalité vaut le coup d’œil, heureusement également qu’un TLC sera forcément conclusif en terme de résultat, et il s’agira de maintenir les deux catcheurs assez over à l’approche de la fin d’année mais aussi du Royal Rumble, dont l’arrivée est vraiment imminente. Et il faudrait aussi absolument garder de la place pour cette rivalité et ne surtout pas la laisser de côté comme la WWE l’a souvent trop fait avec Bray Wyatt.

Deux segments backstage apparaissent dans la suite du show où chacun fait son discours de motivation pour son équipe. Triple H avait regardé Braveheart ce week-end et délivre un discours digne des plus grands. On passera le moment « Razzie Awards » d’une Stephanie McMahon suppliant les membres de son équipe de ne pas échouer. Du côté de Cena, c’est un discours collectif, conclut par un Eric Rowan jouant – très mal – au Rubik’s Cube. Ambiance donc.

On arrive à un match tag team entre Adam Rose & The Bunny et Slater Gator. Dans un segment précédent, Adam Rose demande à son lapin de lui laisser le spolight. Dans un match insipide, oubliable, totalement dispensable, c’est le lapin qui remporte le match et repart avec l’Exotic Express. Oui, tout le monde s’en fout. Oui, cette storyline va tout de même continuer à Raw.

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Quand soudain, Adam Rose se souvient qu’il a été Leo Kruger.

Autre segment directement pompé de Raw, celui de l’interview de Roman Reigns qui a piqué à son cousin Dwayne son satellite et qui en profite beaucoup (trop). Rien de bien nouveau, un discours chiant, pas intéressant pour un sou et qui ne fait que signaler le retour de Roman Reigns dans un mois. Merci, c’est gratuit, comme le pay-per-view et on le sent de plus en plus.

On enchaîne avec le match pour le titre des Divas entre AJ Lee et Nikki Bella. Et quelle blague. Quelle vaste blague. Quand on a un match lent et long plus tôt dans le show entre deux teams où la moitié des Divas au moins apparaît un peu à l’écran et qu’ici le match dure à peine une trentaine de secondes, on ne peut que tirer cette conclusion.

Pourquoi ce match dure-t-il si peu ? À cause d’une grosse galoche de Brie Bella pour AJ Lee – Un « Kiss of Death » comme AJ avait pu le faire à Bryan qui permet à Nikki Bella de mettre son finisher et de remporter le titre comme si elle était Kharma. Un autre doigt d’honneur à la section Divas pourtant bien représentée habituellement, mais aussi à son ancienne championne. Alors pourquoi cet angle ? Car la distraction aurait pu être plus tardive, mais là personne n’a transpiré.

Est-ce que AJ Lee quitte la WWE ? En tout cas ce n’est pas son mari qui doit l’encourager à rester, bien sûr, mais de là à offrir un traitement pareil à une catcheuse qui a porté pratiquement seule la section Divas pendant si longtemps, c’est à la limite de l’irrespect. Espérons que ce ne soit juste qu’un segment, comme pour Daniel Bryan à Wrestlemania 28. Sinon, cela restera sûrement comme l’un des pires souvenirs de ce Survivor Series.

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En voilà deux qui ne sont pas de cet avis.

Dernier match de la soirée, un main-event attendu, le seul élément à peu près construit avec le match entre Dean Ambrose et Bray Wyatt. Mais ici, pas de fuite possible, il fallait une conclusion dans un match couperet. Match qui démarre bien mal pour The Authority avec une élimination immédiate de Mark Henry sur un KO Punch de The Big Show. Net, sans bavure, et on ne regrettera pas Mark Henry.

Un match qui sera d’autant plus intéressant que Ryback est éliminé lui aussi très rapidement. Démarre ensuite une grosse séquence qui voit surtout Ziggler prit par les heels dans leurs tenailles, une position que Ziggler connaît et qui semblait logique, étant le seul catcheur n’étant pas un big man dans son équipe. L’opposition avec Rusev est la plus longue, et ce dernier domine outrageusement, à en devenir trop gourmand et passant à travers la table de commentateurs sur laquelle il avait posé Dolph Ziggler, qui quant à lui s’échappe à temps et remonte sur le ring avant la fin du compte de dix.

Une élimination plus classique de L’élément perturbateur qui s’appelle le Big Show, se rangeant dans les rangs de The Authority en trahissant John Cena. 72ème turn du Big Show en à peine trois ans, c’est absolument n’importe quoi mais logique, aucun autre ne pouvant tenir le rôle. Mais le personnage du catcheur n’a plus aucune continuité et est devenu un bouche-trou comme Mark Henry. Il n’est pas certain que tout cela amène à grand chose. Et on n’est pas vraiment sûr de vouloir un angle autour de cet énième turn.

Heureusement, le plaisir sera finalement présent, et il se trouvera avec Dolph Ziggler. Le Show-off clairement mis en avant comme le second de John Cena ces dernières semaines va tout simplement être le héros de la soirée. Over comme lors de son cash-in après Wrestlemania 29, le blond peroxydé va résister à un trois contre un, ainsi qu’une intervention de Triple H. Mais Ziggler eut aussi un coup de pouce, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Sting ! Enfin, celui que l’on espérait plus apparaît dans le show pour porter son Scorpion Death drop sur Triple H et donner la victoire à Dolph Ziggler, qui reçoit ici un push qui sera difficile de concrétiser mais que l’on espère stable sur la durée, tellement la performance du natif de l’Ohio a été exceptionnelle.

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« Ça c’est pour avoir laissé Derrick Bateman partir à la TNA et me battre! »

L’arrivée de Sting dans ce contexte pose également de nombreuses questions dont des éléments de réponse seront proposés à Raw. Outre l’aspect historique de voir le catcheur emblématique  de la WCW à la WWE, on peut supputer un rôle de GM ou au minimum une opposition avec Triple H pour Wrestlemania, on voit mal ce dernier lâcher le morceau si facilement, surtout que John Cena a tout de même le moyen de les ramener, situation peu probable mais qui reste en suspens et toujours utilisable. Finalement le main-event sauve l’affaire. Finalement, nous étions un peu divertis, le show ce terminant sur les « Na na na na, na na na na, hey hey, Goodbye » et les « You are fired » d’un public présent malgré la piètre qualité du show jusqu’au main-event.

Amère expérience que fut ce pay-per-view gratuit. Souvent sans saveur, très peu conclusif, les Survivor Series sont de plus en plus délaissées, et ce n’est pas un main-event, si bien construit soit-il, si intense soit-il, si historique soit-il, qui suffira à relever un show qui aura prouvé sa médiocrité au fur et à mesure. Quand la seconde affiche d’un show est utilisée afin de promouvoir le pay-per-view suivant – qui lui ne sera pas gratuit – cela pue sérieusement le foutage de gueule.

Alors oui, évidemment on ne s’attendait pas à un grand show avec une carte si pauvre, mais il faut pointer du doigt le manque d’envie affiché lors de ce pay-per-view par la WWE. La qualité in-ring a été en chute libre, même dans le match tag team offrant habituellement des performances bien plus rythmées que celle de ce dimanche. TLC est dans trois semaines et il faudra offrir une carte plus dense, plus variée pour améliorer tout cela, mais pour les Survivor Series, la mission est un échec, la WWE offrant un show loin de nous convaincre de souscrire au Network malgré un main-event intense.

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