Top 200

Top 200, de 20 à 16 : Supercartes et dream matches

Summerslam, Budokan, Supercard of Honor… Que des gros évènements cette semaine avec des main-events de folie. Bret contre Owen pour la ceinture WWF, Misawa contre Kobashi, Flair contre Steamboat et un des matchs qui a mis la Ruing of Honor sur le devant de la scène inépendante US. Beaucoup de matchs longs de surcroit avec trois matches de plus de quarante  minutes.

#20 Bret Hart (c) contre Owen Hart Match en cage pour le titre de champion du monde de la WWF

29 août 1994 : Summerslam ’94 à Chicago (Illinois)

Les deux frères se rencontrent à nouveau après s’être affrontés en ouverture de Wrestlemania X dans un match que nous avons vu il y a quelques semaines. Cinq mois ont passé et la rivalité est toujours présente, exacerbée par le fait que malgré la victoire d’Owen face à Bret à Wrestlemania, son ainé lui vola encore la vedette deux heures plus tard en remportant le titre de champion du monde face à Yokozuna. Fou de colère, Owen ne laissera pas son ainé savourer longtemps, le défiant sans relâche à un match un-contre-un pour la ceinture.

Comme c’est bien mis en lumière pendant le match, la famille Hart est partagée entre le Bulldog Davey Boy Smith plutôt du côté de Bret, et Jim « The Anvil » Neidhart qui lui soutient Owen, au grand désarroi de Bruce assis à ses côtés. Au mois de juin précédent, Owen venait de remporter le King of the Ring pour devenir un des vainqueurs les plus mémorables de ce tournoi autrefois si prestigieux. Donc en plus d’être la rencontre ultime entre les deux frères issus de la plus fameuse famille du catch, c’est aussi le clash entre le champion WWF et le tenant du titre de King of the Ring.

Ce match a lieu dans une cage, et qui plus est la vieille cage bleue aux croisements droits (en non celle en grillage) ce qui ajoute un superbe côté vintage. La règle est que ce match ne peut se gagner qu’en s’échappant de la cage, par la porte ou par le dessus. Ce sont des véritables courses vers la porte ou le sommet de la cage qui vont s’enchainer, avec certaines prises aériennes comme des souplesses ou un formidable backdrop driver de la troisième corde. Ce match est la preuve que s’il existe un catcheur complet alliant vitesse, précision, agilité, psychologie et comédie, c’est bel et bien Owen Hart qui montre ici son passé de junior à la NJPW. Même quand on connait le résultat, ce match vous tiraille intérieurement selon lequel des deux est votre favori, et dans une ultime bagarre le long de la cage, Owen se coince la jambe dans un des carrés et se retrouve pendu à l’envers, et Bret gagne le match sous les acclamations du public et s’en suivra une grosse baston avec toute la famille Hart. Un sérieux prétendant au titre de meilleur match de l’histoire de la WWF.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.52

 

#19 Kenta Kobashi (c) contre Mitsuharu Misawa pour le titre Triple Crown de la All-Japan Pro Wrestling

31 octobre 1998 : AJPW 26th Anniversary Show à Tokyo (Japon)

Voici ici une des plus grandes rivalités de l’histoire du catch, et plus particulièrement du puroresu. Kenta Kobashi et Mitsuharu Misawa se seront affrontés plus d’un quinzaine de fois en un contre un entre la All-Japan et la Pro-Wrestling NOAH si l’on compte les affrontements annuels dans les Champions Carnival. À cette rivalité on peut ajouter qu’à la base, Kobashi est un peu l’élève de Mitsuharu Misawa qui l’a amené plus haut dans la carte de la All-Japan grâce à leur alliance au sein de l’équipe formée par les deux légendes (alors bien plus jeunes), la Super Generation Army.

À ce moment, l’équilibre dans la rivalité est très en faveur de Mitsuharu Misawa qui avait remporté sept des neufs précédents affrontements entre les deux adversaires, les deux victoires de Kenta Kobashi n’ayant lieu que dans les tournois Champions Carnival…. Comme leur dernier affrontement juste avant ce match, au moins de mars 1997. On notera aussi qu’au mois de janvier 1997, Mistuharu Misawa avait battu déjà Kenta Kobashi pour le titre Triple Crown détenu par le benjamin des deux.

A la différence de leur match de janvier 1997 où Kobashi avait capitalisé sur une erreur de Mitsuharu Misawa pour prendre l’avantage au début du match, ici Kobashi démolit Misawa pendant dix longues minutes, et ce dernier a recours à ses prises remontant à l’époque Tiger Mask II avec ses twisting senton, cannonball depuis le tablier et spinning clothesline. Kobashi martèle Misawa de chops et tente plusieurs fois d’avoir recours à son tout frais Burning Hammer mais Misawa s’en sort à chaque fois… Pas moyen qu’il prenne cette prise ! Le tournant du match est le Tiger Driver ’91 sur le tablier par Misawa. Malgré ceci, Kobashi montre un énorme cœur dans les dernières minutes et mange tout ce que Misawa lui envoie. Il devra mordre la poussière sur un gigantesque coup de coude en pleine poire qui l’envoie dormir. Les deux catcheurs se referont face quelques mois plus tard dans un match que nous verrons… juste après !

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.52

 

#18 Kenta Kobashi contre Mitsuharu Misawa (c) pour le titre Triple Crown de la All-Japan Pro Wrestling

11 Juin 1999 : AJPW Budokan Hall Show à Tokyo (Japon)

On retrouve les meilleurs ennemis et anciens équipiers Kenta Kobashi et Mitsuharu Misawa. En cette année 1999 les deux adversaires doivent faire face à l’illustre passé qui les lient avec en particulier leurs affrontements de 1997 et un match que nous verrons plus tard considéré comme un des plus fantastiques matchs de tous les temps. Plus tôt dans l’année lors du Champions Carnival, Kobashi avait battu Misawa. Malgré tout cette victoire ne lui a pas permis de remporter le tournoi qui avait alors atterri dans les mains de Vader, le champion Triple Crown.

Pour Misawa, les destins sont croisés. Alors qu’il était le champion au début de l’année, il perd le titre face à Toshiaki Kawada (enfin…). Mais à ce moment, le booker de la All-Japan Pro Wrestling Giant Baba décède au début de l’année, laissant Misawa comme booker de la promotion. Il décide alors de ne pas convier Stan Hansen au Champions Carnival et de donner la victoire à Vader aux dépends du « native » Kobashi. Des problèmes et divergences de vues avec la veuve de Giant Baba pousseront Misawa à quitter la All-Japan un an plus tard, emmenant 26 des 28 catcheurs de la All-Japan avec lui pour former la mythique promotion de la NOAH.

Ce match a une première partie absolument fantastique où Kenta Kobashi montre qu’il a encore plus appris et semble avoir réponse à toutes les offensives de Misawa. Il entreprend un travail sur le bras de son adversaire afin d’éliminer son arme de prédilection, son coup de coude  dévastateur. Le match bascule au moment où Misawa déguste une half-and-half suplex en dehors du ring et on entre dans une deuxième moitié où les deux gladiateurs vont s’envoyer des bombes nucléaires pendant vingt minutes. Quand on analyse les matchs de Misawa avec Kawada et Kobashi, autant Kawada semblait avoir toutes les armes en mains mais ne savait pas s’en servir comme il fallait, autant Kobashi livre quasiment toujours le match parfait, mais dans ces matchs à armes égales, Misawa arrive toujours à porter la prise qu’il faut au moment où il faut et l’emporter au final malgré le fait que les deux gladiateurs soient au même niveau. Alors que Kobashi parvient à se sortir d’un Tiger Driver ’91 (exceptionnellement dangereux), ce dernier ne peut une nouvelle fois pas l’emporter malgré plusieurs tentatives de Burning Hammer et s’incline sur une magnifique Emerald Flowsion, prise hautement symbolique de la NOAH.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.56

 

#17 Ryo Saito, Dragon Kid, Genki Horiguchi contre CIMA, Naruki Doi, Masato Yoshino

31 mars 2006 : ROH Supercard of Honor à Chicago Ridge (Illinois)

Aucune réelle storyline pour ce match entre les heels de Blood Generation (CIMA, Naruki Doi et Masato Yoshinio) et les faces de Do Fixxer (Ryo Sato, Dragon Kid et Genki Horiguchi). À ce moment Gabe Sapolsky était le booker en chef de la Ring of Honor et invitait des lutteurs de la Dragon Gate, préfaçant déjà la création de la Dragon Gate USA après son départ de la ROH et l’influence de la promotion japonaise sur le booker de la Ring of Honor. On notera que ce même Gabe Sapolsky, élève de Paul Heyman à la ECW, avait très certainement été influencé par les invitations envoyées à la Michinoku Pro ou la FMW par son mentor du temps des pay-per-views de l’ECW.

Il y a trois champions dans ce ring car Blood Generation et les membres CIMA et Masato Yoshino sont champions Open the Triangle Gate avec leur ami Magnitude Kishiwada. Masato Yoshino est aussi champion Open the Brave Gate, la ceinture principale de la fédération japonaise. Et enfin Ryo Sato détient la ceinture Open the Dream Gate pour compléter le tableau. La Dragon Gate est depuis toujours la fédération des matchs par équipe à toute vitesse, et celle des factions surpeuplées aux personnages colorés et charismatiques. C’est via cette fédération que sont apparus sur la scène mondiale Ricochet, Akira Tozawa, Neville (PAC), Apollo Crews (Uhaa Nation), etc.

Ce match est absolument incroyable et une pièce de collection pour collectionneurs de l’époque se déroulant lors du week-end de Wrestlemania XXII. Presque chaque catcheur a son personnage bien à lui, mais un gros point commun entre eux est leur gabarit semblable mais aussi un agilité hors-norme. On y voit une énorme influence de la Michinoku Pro et ses multimen comme celui que nous avions vu au début de ce classement. High Flying, soumissions, souplesses, projections… Tout va trop vite pour l’arbitre Todd Sinclair. Après une séquence finale absolument incroyable de vitesse qui montre l’influence des six catcheurs sur les catcheurs indépendants actuels comme les Young Bucks, Dragon Kid remporte le match près un Top Rope Sommersault into a Hurrincarana à en faire pâlir d’envie Rey Mysterio. Un match marquant de la Ring of Honor.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.57

 

#16 Ricky Steamboat (c) contre Ric Flair pour le titre de champion du monde poids-lourds de la NWA

02 avril 1989 : NWA Clash Of The Champions VI: Ragin’ Cajun à New Orleans (Louisiane)

ATTENTION : il s’agit ici du deuxième match de la trilogie Flair/Steamboat. Il suit celui que nous avons vu la semaine dernière et il précède celui que nous avons vu il y a deux semaines. Ces trois matchs se tiennent à rien dans ce classement, quelques dixièmes de points, ce qui prouvent que ce sont des excellents matchs qui ont changé le catch tel qu’on le connait.

À Chi-Town Rumble un mois et demi auparavant, Ricky Steamboat avait conquis le titre poids-lourd NWA aux dépends de Ric Flair (ici appelé « Rick Flair » dans un vrai acte de sacrilège de la part des équipes de la TV) dans un match que nous avons vu la semaine dernière. C’était le cinquième règne de Ric Flair et la NWA souhaitait alors relancer son activité face à la concurrence de la WWF qui commençait son expansion nationale. On notera que ce Clash of The Champions sera la dernière fois que la NWA tentera d’ennuyer la WWF, car il se déroule gratuitement à la télévision le même soir que Wrestlemania V. Donner un des meilleurs matchs de tous les temps, et un des plus attendus, gratuitement à la TV ? Il n’y a que la NWA/WCW pour faire ça (cf. Goldberg contre Hogan)…

Comme nous l’avons vu la semaine dernière, le match est aussi un contraste de style entre Ric Flair, l’homme à femmes flamboyant et prétentieux, et Ricky Steamboat, le bon père de famille arrivant vers le ring avec femme et enfant. C’est vraiment un gros changement pour les amateurs de catch moderne de voir ces deux athlètes au top de leur forme et à quel point leur physique est au top en cette année 1989, à une époque où il n’y a que peu de concurrence en terme de travail in-ring. C’est réellement incroyable de voir à quel point ces deux poids-lourds étaient en avance sur leur temps, en particulier Steamboat avec ses flying arm drags et flying headscissors, réellement deux formidables athlètes au sommet de leur art. Mais ce match est aussi une revanche d’un match à l’issue controversée, car à Chi-Town Rumble Ric Flair avait été victime (selon lui) d’une injustice car c’était un deuxième arbitre qui avait dû intervenir suite à un ref bump et déclarer Steamboat gagnant et nouveau champion.

Alors afin de les départager ce combat est un 2-out-of-3 Falls (match au meilleur des trois manches), avec une limite de temps de soixante minutes. La particularité est qu’en cas d’égalité, le vainqueur du premier tombé aura l’avantage et sera déclaré vainqueur… Règle débile qui va à l’encontre du caractère décisif de la stipulation initiale. Flair remporte le premier tombé après vingt minutes et un échange d’atémis violent, une prise en quatre et plusieurs renversements, dans une grosse ambiance. C’est avec le double chickenwing que Steamboat remporte le second tombé pour égaliser un quart d’heure plus tard non sans avoir appliqué une superbe superplex. Le combat va ensuite durer et durer, faisant passer plusieurs frissons dans le dos des fans des deux camps. Flair travaillant les jambes et les genoux de Steamboat, ce dernier tente un mélange entre la dragon suplex et le backslide et les quatre épaules sont au tapis mais Steamboat parvient à relever mais l’épaule pour le compte de trois infligé à Ric Flair. Mais… le pied de Ric était sur la corde, ce que l’arbitre Tommy Young avait manqué. Après le match, Steamboat reconnaitra cette erreur au micro de Jim Ross et accordera une dernière revanche à Ric Flair à Wrestlewar ’89 que nous avons vu il y a deux semaines.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.61

 

La semaine prochaine sera le dernier épisode avant le top 10, et ainsi le dernier épisode où nous verrons cinq matchs. New Japan, WWE et ROH seront au programme avec à chaque fois une grosse ambiance pour des main-events du tonnerre et des catcheurs charismatiques à souhait. Bon visionnage et n’hésitez pas à partager.

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