Top 200

Top 200, de 25 à 21 : Les baptêmes du Sexy Boy

WWE

Nous entrons cette semaine dans le top 25 des meilleurs matchs de l’histoire du catch avec deux matchs de Shawn Michaels et par la même occasion deux soirs de premières avec le premier Ladder Match et le premier Hell in a Cell. Comme souvent nous verrons  un match par équipe de la All-Japan et un match emblématique de la Ring of Honor. Pour finir il y aura le deuxième épisode de la trilogie Flair contre Steamboat.

# 25 Akira Taue, Toshiaki Kawada contre Kenta Kobashi, Mitsuharu Misawa pour la final de la Real World Tag League 1993 et les titres par équipe de la All-Japan Pro Wrestling

3 décembre 1993 : AJPW Budokan Hall Show à Tokyo (Japon)

Ce match est la finale de la Real World Tag League de 1993 et compte pour les titres par équipe de la All-Japan. C’est un affrontement mythique entre quatre catcheurs considérés comme les quatre piliers de la All-Japan : Akira Taue, Toshiaki Kawada, Kenta Kobashi et Mistuharu Misawa. Le championnat par équipe était vacant depuis trois semaines, mais il était auparavant détenu déjà par Misawa et Kobashi, mais remis en jeu lors de ce tournoi. Il n’y a pas vraiment de règle pour le titre par équipe, mais entre 1988 et 1994 les titres étaient rendus vacants juste avant le tournoi pour désigner des « nouveaux » champions.

Sur leur route, les deux équipes ont dû faire face à d’autres grosses équipes comme celle de Giant Baba et Stan Hansen, ou la Can-Am Connection Doug Furnas et Dan Kroffat, Bigg Bubba (le Big Boss Man) et Steve Williams ou encore Dan Spivey et Johnny Ace. Cette Tag League 1993 est le début d’une ère de domination des quatre piliers car ces deux équipes s’échangeront ce tournoi pendant les cinq prochaines éditions, et c’est la même chose avec le Champions Carnival qui à partir de l’édition suivante (1994) sera trusté par un des membres de ce groupe pendant cinq ans (Kawada deux fois, Misawa deux fois, Taue une fois et Kobashi une fois en 2000 après que Vader l’ait gagné en 1999).

Un des points importants de ce match est le travail sur le genou de Kawada qui vend comme s’il avait pris une décharge de carabine dans la jambe. Misawa et Taue s’effacent un peu lors de ce match pour laisser la part belle à l’affrontement entre Kawada et Kobashi qui était une rivalité à ce moment à la All-Japan, avec notamment un Stretch Plum de Kobashi sur Kawada plein d’arrogance. On assiste à de superbes prises en stéréo comme une double German Suplex de la part de Misawa et Kobashi graphiquement magnifique. La conclusion de ce combat est une lente et méthodique destruction de Toshiaki Kawada où on assiste ce dernier devenir minute après minute un vrai poids mort et perdre sur sa propre prise de finition : le backdrop driver. Un match fantastique, physique, intense, au rythme endiablé, et le plus incroyable est qu’ils en gardent sous le pied car ces deux équipes s’affronteront encore plusieurs fois dans les années qui se suivent, comme nous le verront plus tard dans ce classement.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.48

#24 Ric Flair (c) contre Ricky Steamboat  pour le titre de champion du monde poids-lourds de la NWA

20 février 1989 : NWA Chi-Town Rumble à Chicago (Illinois)

ATTENTION : Il s’agit ici du premier match de la fameuse trilogie Ric Flair contre Ricky « The Dragon » Steamboat. Donc si vous voulez les regarder dans l’ordre, regardez d’abord celui-ci, ensuite celui de la semaine prochaine, et pour finir celui de la semaine dernière. Cette trilogie est avec les Kazuchika Okada contre Hiroshi Tanahashi et les Kurt Angle contre Chris Benoit parmi les meilleures séries de matchs de l’histoire avec trois matchs ayant récolté cinq étoiles au Wrestling Observer, sans compter les matchs lors des house shows dont certains ont récolté plus de cinq étoiles (Landover 1989 par exemple).

Ricky Steamboat revient fin janvier à la NWA après quatre années passées à la WWF (avec le fabuleux match à WrestleMania III face à Randy Savage que nous avons vu dans ce classement) et dans son premier match en compagnie d’Eddie Gilbert bat à la loyale Barry Windham et Ric Flair en faisant le tombé sur ce dernier alors champion NWA. Dans les promos d’avant-match, Ric Flair se moque ouvertement du statut de « bon père de famille » de Ricky Steamboat en l’invitant cordialement à retourner faire la vaisselle avec sa petite femme et laisser la ceinture de champion autour de la taille de la vraie star. Bien entendu, ça ne plait pas au Dragon, qui va lui envoyer une raclée et lui arracher ses vêtements hors de prix. En général Ric n’a pas besoin d’aide pour ça, mais c’est de bonne guerre.

Comme à chaque match de la trilogie, le contraste est immense entre les deux personnages. Ric Flair, accompagné de pin-ups et drapé dans sa robe flamboyante, est ici la vraie rockstar du catch, face à Steamboat qui arrive avec son fils dans les bras et sa femme afin de montrer qu’il est lui, proche des fans, et comme eux un bon Américain qui pense d’abord à sa famille. C’est deux styles qui se complémentent tout à fait avec le style méthodique et psychologique de Ric Flair et les comebacks flamboyants et spectaculaires du brave Steamboat. C’est une bataille entre les atémis et les arm drags qui sont les spécialités respectives de Flair et Steamboat.

L’histoire de ce match c’est également Steamboat qui est sorti de son « habitat naturel » par Ric Flair qui l’emmène en dehors du ring, lui enfonce les doigts dans les yeux, feint des blessures… Les comebacks de Steamboat sont des bouffées d’air frais pour ses supporters et Flair est certainement un des meilleurs heels de tout les temps quand il s’agit de vendre le comeback d’un babyface et d’apparaitre comme en réel danger. Dans le même temps, Steamboat est parfait dans le rôle de babyface en péril et parvient à rallier la sympathie de la foule à chaque fois dans une promotion où Ric Flair est considéré comme un des visages de la compagnie. Après un bodypress raté et un ref bump, Flair s’en vient pour porter la Figure Four Leglock mais Steamboat contre en inside cradle et le deuxième arbitre compte les épaules de Flair. Confusion générale quand le deuxième arbitre se réveille, et comme un pied de nez à Dusty Rhodes et ses Dusty finishes qui venait de quitter la position de booker, le premier arbitre Tommy Young confirme la décision de l’autre assesseur et lève le bras de Ricky Steamboat devant une foule en délire. Un match qui a brisé le moule du catch de l’époque.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.49

#23 Samoa Joe contre Kenta Kobashi

1 octobre 2005 : ROH Joe contre Kobashi à New York City (New York)

Le combat le plus symbolique de l’indy et surement le match de l’année 2005. Kenta Kobashi sortait il y a six mois d’un règne de deux ans de champion de la Pro Wrestling NOAH pour un des règnes les plus marquants de l’histoire du catch mondial, et vient ici dans cette petite salle sans grand standing et son ring pas de la première fraicheur donner un des matchs les plus incroyables sur le sol américain. En ce qui concerne Samoa Joe, il sortait quelques mois auparavant d’un règne de Pure Champion et d’un règne de presque deux ans à la tête de la Ring of Honor qui avait établi la fédération sur la scène indépendante, ainsi que Samoa Joe lui-même, au point de lui avoir fait décrocher un contrat à la TNA (il deviendra champion X-Division deux mois après ce match).

C’est aussi une des premières fois où Samoa Joe affronte un adversaire plus imposant que lui. Alors qu’il faisait face à tous les lutteurs de l’indépendant à cette époque, il apparaissait quasiment exclusivement contres des catcheurs plus petits comme CM Punk ou Austin Aries. Kobashi est ici au niveau physique et surtout au niveau aura bien plus imposant que Joe. On notera que c’est déjà le deuxième combat époustouflant que livre la ROH en cette année 2005 après le CM Punk contre Austin Aries qui avait amené le Summer of Punk V.1.

Quand on regarde ce match il faut avoir quelques connaissances des deux catcheurs et en particulier de Kobashi pour apprécier certains moments. Joe gifle d’entrée Kobashi après que les deux adversaires finissent dans les cordes comme l’avait fait Yoshihiro Takayama auparavant, il lui envoie des Kawada kicks comme pour rappeler cette rivalité datant de la All-Japan et aussi cet échange d’atémis qui nous ramène tout droit à cet échange de chops entre Kenta Kobashi et Kensuke Sasaki que nous avons vu il y a plusieurs semaines. Même si l’issue du combat respecte la logique, Samoa Joe apparait comme une vraie star et Kobashi vend comme un dingue pour lui. Il prend le Olé kick, le Muscle Buster et tout le reste, mais après un dernier échange c’est avec un Burning Lariat que Kobashi remporte la partie. Un match exceptionnel et possiblement le meilleur match de la Ring of Honor selon bien des fans.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.5

#22 Razor Ramon (c) contre Shawn Michaels match de l’échelle pour le titre Intercontinental de la WWF

20 mars 1994 : WrestleMania X à New York City (New York)

Le premier match de l’échelle à la WWF — après que Bret Hart ait popularisé ce type de match à la Stampede Wrestling — pour le double championnat intercontinental et ce sur une carte chargée car lors de ce WrestleMania X nous avons le droit à Bret contre Owen que nous avions précédemment vu. Pourquoi double championnat intercontinental et pourquoi deux ceintures accrochées? Et bien parce qu’en 1993 le « président » de la WWF Jack Tunney décide de retirer le titre Intercontinental des mains Shawn Michaels faute de défendre le titre assez souvent (il se dit que Shawn refusait de jobber et que la punition était plus ou moins réelle) et Razor Ramon remporte cette ceinture dans une bataille royale. Naturellement Shawn Michaels refuse de reconnaitre cette décision et ils devront se départager dans ce match de l’échelle.

On a souvent dit que ce match était une preuve du fait que Shawn pouvait avoir un bon match avec n’importe qui et que lors de ce WrestleMania X, Shawn Michaels avait eu un super match avec une échelle et que Razor Ramon avait eu de la chance d’être présent ce soir-là. C’est un peu exagéré car Razor Ramon joue son rôle de big man face à la perfection et bumpe comme il faut pour son ami, et ce sur le ciment. On peut aussi remarqué que Shawn fait partie de ces catcheurs sur lequel le résultat du match se lit sur le visage dès son entrée. Sa moue affichée lors de son entrée vers le ring montre qu’il sait qu’il va perdre.

En ce qui concerne le match, on appréciera le fait que le garde du corps de Shawn Michaels, Diesel ait été ejecté d’entrée ce qui réduit de 25% le nombre de nuques allemandes aux abords du ring. La première partie du combat est assez bonne sans être enthousiasmante, mais une fois que l’échelle entre en scène, c’est un combat avec des années d’avance sur son temps qui commence. Le Heart Break Kid est fantastique, il envoie un frog splash dont l’image est resté au panthéon du catch, un elbow drop (avec une pique de Vince et Lawler au Macho Man dans les commentaires) et certains spots révolutionnaires pour l’époque comme se laisser tomber sur Razor de la troisème corde en étant sur l’échelle. Malgré ceci c’est Razor Ramon qui l’emporte après avoir faire choir HBK de l’échelle, voyant ici ce dernier avoir sa jambe puis son bras coincé dans les cordes (selling à mourir de rire au passage). Razor grimpe alors lentement et pose de manière iconique au sommet de l’échelle avec une ceinture dans chaque main. Loin des festivals de cascade que les autres match de l’échelle devinrent par la suite, un match bourré de psychologie.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.51

#21 The Undertaker contre Shawn Michaels Hell in a Cell pour le titre de premier challenger au titre de champion du monde de la WWF

5 octobre 1997 : WWF In your House 18: Badd Blood à Saint-Louis (Missouri)

Après le premier match de l’échelle pour le titre Intercontinental, voici encore une fois avec Shawn Michaels le premier Hell in A Cell de l’histoire et celui-ci pour la place de premier challenger au titre suprême de la WWF. Dans les semaines précédent ce match, Shawn Michaels et ses acolytes de la D-Generation X Rick Rude, Triple H et Chyna avaient fait subir les pires horreurs à The Undertaker avec en particulier un chair shot dégoutant en pleine poire qui sera montré plus d’une fois lors du montage vidéo en introduction à ce match. Alors bien entendu le but de ce match est d’enfermer les deux adversaires et de surmonter la cage d’un toit afin d’empêcher toute intervention extérieure.

Il s’agit quasiment du premier vrai pay-per-view de l’Attitude Era avec un côté abrasif et presque adulte tout au long de la carte c’est aussi le pay-per-view précédant le fameux Survivor Series 1997 et le Screwjob sur Bret Hart, ce qui vous donne déjà une idée sur l’issue du match. Sur cette carte on retrouve la Nation of Domination, la Hart Foundation, la D-X… Ça sent bon la fin des années 1990. Bret Hart était le champion et déjà sur la route vers la WCW et Shawn Michaels était toujours sur la route ascendante après son heel turn plus tôt dans l’année. Une période vraiment charnière de la WWF.

Le match est très violent et l’histoire en filigrane est que The Undertaker a tout son temps pour démolir méthodiquement Shawn Michals puisque les deux adversaires sont enfermés. Et il envoie Shawn valser dans tout les coins et ce dernier bump comme un malade avec ses Ric Flair Bump dans le coin et ses passages au dessus de la troisième corde. Après qu’un caméraman ait bénéficié d’un ravalement de façade par Michaels — joué par Jimmy Snuka, clin d’œil au premier match du Taker à WrestleMania et qui a été référencé dans le Taker contre HBK de WrestleMania XXV que nous avons déjà vu, l’action bascule à l’extérieur de la cage et on pense que cela va profiter au Heart Break Kid. Eh bien non, car il déguste encore sévèrement, blade comme un goret et après un bref séjour au sommet de la cage finit écrabouillé sur une table. Alors que l’issue semble dessiner une victoire du Taker, c’est à ce moment que Kane fait ses débuts à la WWF et porte un Tombstone à son frère (après plusieurs secondes d’hésitation sur « Ou est la hard cam? »). Michaels couvrira le Taker pour remporter la victoire. Un match très violent mais surtout un spectacle exceptionnel qui laissera le dos de Shawn Michaels endolori pour plusieurs années.

Note WON : ***** Note Cagematch : 9.51

On se rapproche du Top 10, encore deux numéros à cinq matchs pour rythmer vos vacances et nous entrerons dans les dix meilleurs. La semaine prochaine, nous verrons le dernier épisode manquant de la trilogie Flair/Steamboat, ainsi qu’un six-men démentiel et deux matchs opposant les deux mêmes lutteurs.

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