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Décryptage

Qu’est-ce qu’on va faire de toi, Triple H ?

Le NXT jaune et noir de Triple H n’existe plus, Vince McMahon a repris le programme en main pour y imposer sa vision. Y a-t-il encore de la place pour le King of Kings dans les coulisses à la WWE ? Si ces dernières années nous ont appris quelque chose, c’est que le monde du catch est plus que jamais ouvert à la concurrence.

Mais que va devenir Triple H ? Celui qui a dirigé NXT ces neuf dernières années a vu sa création reprise en main par Vince McMahon qui en a fait un produit plus à son image et à celle de la WWE sur ses autres programmes. Va-t-il courber l’échine, ou voler de ses propres ailes ? À une époque où le catch est de moins en moins dominé par la WWE, on a envie de rêver.

NXT n’est plus. Du moins, le NXT que l’on connaît et qu’a créé Triple H en 2012 et qui n’a pas démérité son succès durant la dernière décennie. Remplacé par « NXT 2.0 » dans une vaine tentative de faire moderne — aussi moderne que si vos parents s’ouvraient un compte Tik Tok pour faire djeun’s, la nouvelle formule est entièrement pensée par Vince McMahon et son bras droit Bruce Prichard qui ne brille certainement pas par sa créativité légendaire. Le produit n’a plus rien à voir avec la philosophie inspirée par Triple H.

Pire encore. Dans une histoire de mauvais timing — enfin, on espère — Triple H a dû subir en urgence une opération chirurgicale cardiaque après un malaise en septembre et n’est pas réapparu en coulisse depuis. Shawn Michaels est à sa place et chapeaute le tout, comme un dernier rempart avant que NXT ne deviennent un produit 100% McMahon. Nous ne retrouverons jamais le NXT jaune et noir, ses excellents TakeOver et son produit bien mieux pensé que ce que propose la WWE dans ses autres shows, et désormais dans la nouvelle version de NXT.

Maintenant que la refonte du show est devant nos yeux et que l’on a pris le temps de l’analyser, on comprend assez facilement que Triple H n’y a plus sa place. Du moins, on peine à le voir à l’aise diriger un tel show en acceptant la vision de Vince McMahon sans grincer des dents. Le stress n’est pas bon pour le cœur, d’ailleurs.

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Vince McMahon et Triple H, rivaux en famille

Les visions de Vince McMahon et Triple H sont totalement différentes, cela n’aura échappé à personne. Le premier fait de la télévision avec du catch qui n’a pas le droit de dire son nom, un produit fait pour attirer un public de plus en plus large sans chercher à intéresser les fans de catch, du moment que l’argent rentre, la qualité du produit importe peu. Le second a bien compris ce qu’attendaient les fans de catch durant la dernière décennie. Et même si le NXT jaune et noir n’était pas parfait, il a su conquérir les fans de catch qui avaient déserté la WWE. Enfin ça, c’était avant que l’AEW n’arrive.

Indirectement, le beau-père et le gendre dans la vraie vie ont toujours été en rivalité. Une gentille rivalité, mais tenace avec un McMahon obtus et un Paul Levesque souvent forcé de s’aligner sur les décisions du premier. Triple H, lorsqu’il prend un peu de recul sur sa carrière de catcheur en 2012 pour se consacrer aux coulisses, a comme une envie de prouver ce dont il est capable à Vince McMahon. En réalité, c’est même Vince McMahon qui lance le défi à Triple H. Lorsque le catcheur passe de l’autre côté du rideau à plein temps, McMahon lui dit : « Prends quelques mois. Je veux que tu te plonges dans tout. Fais des réunions avec les services financiers, creuse chaque partie de cette entreprise et trouve-moi ce dont tu penses qui a besoin d’être revu. » raconte Triple H en 2013 dans une interview à Grantland. Bingo. « Ce que je lui ai dit, c’est que nous avons cette énorme machine marketing mondiale, mais nous sommes victimes de notre propre succès. Nous avons fermé tous les autres territoires. Il n’y a presque plus d’endroit où les gars peuvent aller apprendre, et quand ils le peuvent, ils apprennent à travailler dans le gymnase d’un lycée devant 50 personnes. » À l’époque le seul vivier de talents que possède la WWE, c’est la Florida Championship Wrestling basée à Tampa. C’est sur ses fondations que Triple H va créer son département de développement des talents à la WWE. Et à l’époque, Vince McMahon n’a rien à dire sur ce que Triple H fait de l’argent destiné à ce département. « Maintenant, en dehors de dire « OK, tu peux avoir cette somme d’argent », il n’a rien absolument rien à voir avec ça. » Levesque a un boulevard immense devant lui.

Paul Levesque créée donc WWE NXT avec l’aval financier de Vince McMahon qui, en donnant ces millions à son gendre, a sans doute une autre idée derrière la tête, et pas seulement celle de former de nouveaux talents. Mais pour le moment, c’est le but premier de Levesque. On remplit le roster de ce nouveau show en reprenant d’abord des talents de la FCW. L’émission hebdomadaire d’une heure est tournée dans la Full Sail University d’Orlando avec qui la WWE passe un partenariat pour la partie technique et l’utilisation des studios. Le produit est assez basique dans le début, mais le catch y est déjà différent. On y retrouve des noms comme Big E Langston, Bray Wyatt, Roman Reigns, Seth Rollins, Deam Ambrose, Luke Harper ou encore Xavier Woods. Autant dire que les premières années, la mission développement de NXT est bien remplie. Les années passant, Triple H a toujours un peu plus d’ambition pour son bébé. La création du Performance Center à Orlando l’année suivante attire de plus en plus de talents et permet une meilleure prise en charge de ceux-ci, allant de l’entraînement à la médecine sportive. Côté recrutement Levesque va jusqu’à signer des catcheurs et catcheuses venu·e·s du circuit indépendant et bien aimé·e·s des fans de catch. WWE NXT profite de sa nouvelle place sur le WWE Network à son lancement en 2014 pour attirer encore plus de curieux et devient de plus en plus attrayant, que ce soit chez les fans ou les talents. La brand jaune rempli de plus en plus de grandes salles pour ses NXT TakeOver qui deviennent des shows parfois plus intéressants que les pay-per-views du roster principal qu’ils précèdent — NXT TakeOver Brooklyn en 2015, lors du week-end de SummerSlam, en sera le tout premier exemple et sera par ailleurs l’un des fers de lance de la « révolution féminine » de la WWE. Entre-temps sont organisés les tournois Cruiserweight Classic, qui débouchera sur une vraie division Cruiserweight et la création de 205 Live, et Mae Young Classic. NXT UK et le Performance Center britannique voient le jour. Le succès est au rendez-vous.

Il y a malheureusement un accroc dans le plan de Triple H : les talents qui passent de NXT au roster principal n’ont pas l’air d’être les bienvenues. Certains ont certes des opportunités assez rapidement, Finn Bálor est par exemple devenu champion Universal dès ses débuts — une blessure viendra malheureusement le ramener dans la midcard. D’autres s’en sortent assez bien comme Shinsuke Nakamura, Big E ou Kevin Owens. Mais d’autres ne reflètent pas du tout ce qu’ils étaient chez Triple H. Asuka ou Shayna Baszler cessent d’être les catcheuses au profil dominant qu’elles étaient, des équipes comme American Alpha ou Heavy Machinery sont séparées rapidement, d’autres en sont réduits à faire de la comédie comme The Revival (FTR) ou les Viking Raiders. Et on ne parle même pas de Ricochet ou Aleister Black. La différence des visions de Triple H et Vince McMahon commence à réellement se voir.

Puis arrive l’année 2019. Un certain Tony Khan s’est rapproché d’une bande de catcheurs aux dents longes comme la bande de The Elite rencontré le soir de All In, ou d’un Chris Jericho que le dernier run à la WWE avait lassé. La All Elite Wrestling était née, et son show télévisé, Dynamite, s’installait en prime-time sur une chaîne du câble le mercredi soir à la fin de cette même année. On ne saura jamais si l’idée est venue de Vince McMahon ou de USA Network, mais la décision est prise de diffuser NXT en prime-time à la télévision, en le passant à deux heures et en le mettant en concurrence avec AEW Dynamite. La décision n’a pas pu être prise par Triple H seul, il a bien fallu qu’au moins McMahon donne son accord. L’AEW a à l’époque déjà conquis un grand nombre de fans de catch en à peine quelques pay-per-views et signé des noms qui font vibrer les fans qui y voient là une réelle concurrence et une nouvelle guerre d’audiences. Les plus anciens se rappellent avec nostalgie les années 90 et la WCW. Vince McMahon, lui, y voit sans doute un nouveau défi pour son gendre. Ou peut-être même une manière de calmer les ardeurs de celui-ci.

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Malheureusement pour Triple H, c’est un échec. AEW Dynamite est un show de catch bien plus complet, produit avec de gros moyens, tourné dans de grandes arenas américaines. La nouveauté associée à un produit très bien imaginé et booké, respectant au mieux les règles du catch, avec un aspect plus sportif et une importance donnée aux victoires et aux défaites pour faire grimper les talents sur la carte, plaît beaucoup. En face, NXT a des atouts en main et un roster très complet et très solide avec des noms comme Tommaso Ciampa, Johnny Gargano, l’Undisputed Era d’Adam Cole, Shayna Baszler, Rhea Ripley, Matt Riddle, et bien d’autres noms — Finn Bálor y a même fait son retour. NXT présente aussi un aspect plus sportif, plus traditionnel, du catch que RAW et SmackDown. Mais l’impression d’un show secondaire, presque amateur et auquel la WWE ne veut donner aucun moyen supplémentaire pour faire face et se mettre au niveau de RAW et SmackDown, persiste et le pénalise lourdement. Les audiences ne sont pas celles attendues et AEW Dynamite passe très souvent devant.

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Tony Khan, président de l’AEW, et un fan. (photo : AEW)

La pandémie de COVID-19 terminera d’enfoncer le produit WWE NXT. Le mauvais cocktail dans lequel sont mixés l’enfermement au Performance Center sans public — pendant que Dynamite profite du Daily’s Place de Jacksonville, des moyens réduits que la WWE ne semble pas vraiment vouloir augmenter pour permettre au show de faire du buzz, d’attirer plus de curieux, et une perspective de plus en plus floue pour les talents après les vagues de licenciements, rendent le show de plus en plus anxiogène. On le regarde presque avec de la pitié. La WWE lâche l’affaire et décide de passer NXT au mardi dès le printemps 2021, laissant toute la place à l’AEW qui fait grimper son audience. L’échec est terrible.

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Entre-temps, la WWE a connu pas mal de changement en haut lieu, l’organigramme de la Titan Tower a été pas mal chamboulé et un autre Khan, Nick Khan, a été mis à la tête du département des finances de la compagnie de Stamford. Khan a été mis à ce poste dans un but : optimiser le rendement de la WWE. Sa méthode depuis bientôt deux ans est assez radicale : la chasse aux dépenses inutiles. On renvoie tout ce qui ne rapporte pas suffisamment à l’entreprise, tout ce qui coûte trop cher. Depuis le début de l’année 2020, 120 talents ont été renvoyés. Comme il n’est plus question de dépenser inutilement des millions, NXT est logiquement dans le viseur du nouveau directeur financier.

Vince McMahon a finalement décidé de reprendre les choses en main de A à Z. Le recrutement ne se fera plus sur les circuits indépendants. La WWE veut revenir à ce qu’elle préfère faire : Créer ses propres Superstars en les prenant dans des milieux qui n’ont pas forcément de lien avec le catch, au lieu de former des talents pour les adapter à son produit comme Triple H a tenté de le faire. Une grande partie des talents qu’il a lui-même fait venir ont été renvoyés ces deux dernières années. Le produit proposé par NXT 2.0 change aussi, se rapprochant du divertissement de RAW et SmackDown. On a l’impression d’un retour d’au moins dix ans en arrière. La vision de Paul Levesque n’est plus au programme.

NXT n’a finalement jamais été le système de développement que voulait Vince McMahon. Vince McMahon n’a peut-être même jamais voulu de ce NXT. Si la mission de développement de nouvelles Superstars a plutôt bien été remplie les premières années — surtout parce que la plupart étaient des talents de la FCW, ça n’a clairement pas été le cas les années suivantes. Au final la brand jaune était deux choses : Une manière pour Vince McMahon de garder une main sur le catch indépendant et ses talents, notamment grâce aux partenariats sur le sol américain et au Royaume-Uni (des branches au Japon et en Inde étaient même en projet), mais aussi ses fans qui grâce à elle avaient un peu renoué avec la WWE. Une mission qui n’a pas tenu dans la durée puisque tous ces gens préfèrent désormais se tourner vers l’AEW. NXT a aussi été un espace de liberté pour Triple H et sa vision du catch. Du moment que cela fonctionnait et qu’il n’y avait pas de concurrence, tout allait bien pour le président. Mais une fois l’AEW lancée en face et grignotant efficacement du terrain, Vince McMahon allait-il continuer de financer une usine à talents qui ne sert plus la WWE ?

Une promotion 100% Triple H, suite logique ?

Allons droit au but : dans une WWE comme celle de Vince McMahon, il n’y a plus de place pour Triple H. Il pourrait garder sa place, mais il ne serait plus seul décideur. Se présentent à lui deux choix : accepter de travailler pour Vince McMahon, de défendre la vision du beau-père qu’il n’a jamais partagé ? Ce serait une défaite. Rejoindre l’AEW ? Vous n’y pensez pas. Voler de ses propres ailes, quitter la WWE ? Certes, mais pour faire quoi ? Triple H n’est pas spécialement un grand homme d’affaires comme l’est McMahon, il a toujours vécu avec le catch, pour le catch. Sait-il faire autre chose de ses mains ?

Il y a bien une option. Elle est improbable à première vue, mais on n’en serait pas à notre premier choc. Et si Triple H se décidait à créer sa propre promotion — ou à en racheter une ? On en connaît une dans la panade actuellement, même. Imaginez Paul Levesque vendre toutes ses actions WWE pour se faire un petit paquet de dollars à investir ailleurs. Ou bien se trouver un partenaire financier jaloux de Tony Khan qui voudrait lui aussi sa promotion de catch. On entre dans la partie fantasy booking de l’histoire, mais en 2021 dans le monde du catch, il n’a jamais été autant permis de rêver.

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Un fait intéressant pour commencer. Paul Levesque a actuellement deux contrats avec la WWE : un contrat de performeur qui lui permet occasionnellement d’apparaître à l’écran en tant que Triple H et de participer à quelques matchs — son dernier remonte à un house-show japonais en 2019 — et un contrat pour son rôle de vice-président exécutif. Les deux contrats ont une même date butoir : le 30 mars 2022. Si pour le contrat de performeur on ne sait pas quelles sont les modalités de renouvellement, celui de vice-président exécutif est renouvelé automatiquement tous les ans, à moins qu’il n’en décide autrement dans les 90 jours précédents la date de fin.

S’il veut se lancer seul, Triple H a déjà quelques bonnes cartes en main. Il a réussi à se forger une image cool auprès des fans — et ce n’était pas gagné, pour ceux qui étaient déjà là avant 2012. Dans l’imaginaire des gens Triple H n’est plus tant le gendre sur-pushé par Vince McMahon qu’il était durant la première décennie de ce siècle. Il apparaît désormais un peu plus comme une figure d’opposition au Chairman et à sa vision dépassée du catch. Encore mieux, en moins de dix ans, Levesque a réussi à se forger une stature de dirigeant auprès des fans et de la profession. Depuis que NXT a eu le succès que l’on a connu, beaucoup l’imaginent prendre la place de McMahon une fois que celui-ci aura quitté son poste. Dans la réalité ce sera sans doute plus compliqué que cela, Stephanie McMahon nous parait plus à même de lui succéder. Bien plus que Shane McMahon, par ailleurs. À moins d’un événement inattendu, on sait bien que cela n’est pas près d’arriver, Vince McMahon tient fort à son siège et les récents changements en interne tendent à le prouver.

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Triple H entouré de fans lors du week-end de SummerSlam 2021 (photo: WWE)

Triple H pourrait aussi compter sur Stephanie McMahon. L’imaginer devoir choisir entre son père et son mari si ce dernier venait à entrer en concurrence est une scène qui pourrait prêter à sourire. Pourtant ne croyez pas la famille aussi soudée que cela par la WWE. En 2009 déjà, lorsque Shane McMahon décidait de mettre les voiles pour poursuivre d’autres opportunités, lors d’une conférence avec les investisseurs Vince déclarait simplement ceci : « Certaines personnes perçoivent [la WWE] comme un business familial. Mais pas moi. (…) Et que votre nom de famille soit McMahon ou non, les décisions sont toujours prises en fonction de vos capacités, quel que soit le poste que vous occupez actuellement ou que vous occuperez à l’avenir, vous serez jugés sur vos performances, pas parce que votre nom de famille est McMahon. » Bonne ambiance à table. Par ailleurs, les équipes de Stephanie McMahon, dans le département responsable de l’image de la marque WWE dont elle est la dirigeante, ont été fortement touchées par les récents renvois en coulisse selon le Wrestling Observer.

Stephanie McMahon, elle, semble cependant très attachée à la WWE. Son côté philanthrope, ses distinctions dans le monde de la finance et sa position de femme d’affaires qui se démarque dans ce monde masculin sont aussi très importants pour la WWE. Et pourtant, elle pourrait être très utile au futur Triple H, afin de combler tout ce qu’il n’est pas : un homme d’affaires. Stephanie McMahon aux chiffres, Levesque à la production. Les négociations avec les différents partenaires seront certainement plus faciles avec une Stephanie McMahon à la table.

Pour les talents ce ne semble pas très compliqué non plus, en ce moment il suffit de se baisser pour les ramasser. Avec les nombreux renvois de la WWE, notamment de catcheurs et catcheuses que Triple H connaît bien qui lui font sans doute sans hésiter confiance pour avoir signé à NXT auparavant, et qui n’ont pas signé dans d’autres promotions, il y a déjà de quoi se faire un petit roster. Le circuit indépendant grouille de catcheurs et catcheuses désireux de se faire connaître au plus grand monde et la Ring of Honor en a laissé partir un bon paquet à l’annonce de son hiatus. Triple H a aussi un cercle d’amis dans le monde du catch qui pourrait lui venir en aide. Certains sont déjà en coulisse de NXT comme Shawn Michaels, ses amis de la Kliq, Gabe Sapolsky qui a fermé récemment son EVOLVE et travaillait déjà avec la WWE.

Triple H n’a pas qu’une bonne image chez les fans, mais dans le milieu du catch aussi. Peu de catcheurs ou catcheuses passé·e·s par NXT gardent un mauvais souvenir de leur collaboration avec lui. « J’ai adoré travailler pour Triple H. » raconte Mike Bennett. « Je pense qu’il comprend le catch. Il se tient au courant de ce qui est populaire dans le catch. Il est au courant des tendances plus que n’importe qui à la WWE. Personnellement j’aurais adoré apprendre avec lui, l’avoir comme professeur et parce que comme tous les gars qui sont partis, tout comme Adam Cole, Johnny Gargano ou Tommaso Ciampa qui en parlent là-bas. Ce qu’ils disent c’est que la meilleure chose c’était d’apprendre de Triple H, de Shawn Michaels, l’avoir à la barre. » Kevin Owens, dont le contrat avec la WWE se termine en janvier, n’en pense pas moins. « Son dévouement est vraiment incroyable. J’ai de la chance d’avoir quelqu’un comme lui acceptant de travailler avec moi (…). C’est un grand esprit qui en sait bien plus à propos du catch que moi et il est toujours prêt à le partager avec moi ou tous ceux qui veulent apprendre. »

La diffusion à la télévision pourrait s’avérer plus simple qu’on ne l’imagine. Avec l’arrivée de la All Elite Wrestling sur les chaînes TNT et TBS (WarnerMedia/AT&T), la présence de Monday Night RAW sur USA Network (Comcast/NBCUniversal) et de Friday Night SmackDown sur FOX (Walt Disney Company), un concurrent pourrait bien vouloir entrer dans la danse et proposer un programme de catch sur ses antennes. Ce n’est pas bien compliqué, il en reste deux : ViacomCBS (qui possède MTV et Showtime, entre autres) et Discovery.

Et puis qui sait : cette nouvelle promotion pourrait voir le jour avec l’approbation de Vince McMahon sans jouer sur ses terres. Elle pourrait même servir au futur de la WWE, le temps que Vince McMahon termine son mandat de président ces prochaines années, et en même temps permettre de faire indirectement concurrence à l’AEW. Une sorte de NXT en dehors de la WWE, où des talents qui se sentaient bien dans la brand jaune et noir pourraient se retrouver, rester et ne pas prendre la porte interdite.

Les possibilités sont nombreuses et vues le vivier de talents et le contexte actuel, il y a de la place pour une vraie troisième promotion, qu’elle existe déjà ou non. Une qui pourrait profiter de l’essor de NXT de ces dernières années.

La vision de Triple H a toujours une place dans le monde du catch, et à l’ère de NXT 2.0, elle va manquer. C’est aussi l’une des choses qui fait que l’AEW a aujourd’hui du succès. Elle reprend des talents relâchés par la WWE, des talents qui utilisés à leur juste valeur peuvent offrir de grands moments de catch — ce qu’ils n’ont pas pu faire chez Vince McMahon une fois dans le roster principal. Certains ont même vu le plafond de verre avant de se cogner dedans et sont directement allés voir ailleurs, comme Adam Cole ou Bobby Fish. Et ils ne seront pas les derniers. Il doit y avoir quelque chose de frustrant quand on est Triple H, que non seulement l’espace de création qui a rempli des salles et a été largement plébiscité nous est retiré, et que les talents que l’on a fait évoluer en espérant en faire de grandes stars, le deviennent ailleurs.

Évidemment la promotion de Triple H ne relève que de l’imaginaire et il y a de fortes chances que Triple H accepte de poursuivre d’une manière ou d’une autre l’aventure WWE en attendant des jours meilleurs, où il pourra peut-être à nouveau partager sa vision. Mais en attendant, on aura du mal à oublier le jaune et le noir.

Qu’est-ce qu’on va faire de toi, Triple H ?
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