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SummerSlam 2012 : Une tempête dans un verre d’eau

Summerslam est l’un de mes PPV  favoris, non seulement car c’est l’un des seuls que je peux faire en live car je suis en vacances, mais en plus car il est l’épicentre des rivalités de l’été, là où tout finit ou commence. Récemment, les John Cena vs CM Punk, le 7 vs 7 contre la Nexus ou encore le TLC entre CM Punk et Jeff Hardy ont animé notre été de telle façon que Summerslam fut souvent un pay-per-view phare. Cette année, c’est un peu plus compliqué…

Brock va t’expliquer… avec ses poings.

The Perferct Storm qu’ils disaient… Contrairement aux années précédentes, j’ai du me dispenser de live, donc déjà, pour la magie du direct, c’est un peu foutu, mais je suis arrivé à ne pas me spoiler, c’est déjà ça. Mais de plus, j’aimerais tout d’abord placer quelques critiques sur le placement des matchs dans la carte, un des points faibles de la WWE.

Le placement de Jericho vs Dolph Ziggler était bien vu, ça oui, un tel match en opener chauffe bien le public comme on le verra par la suite. Mais je trouve que même si Brock Lesnar est un phénomène pour la majorité du public, sa rivalité avec Triple H a trop longtemps été sujette à des promos où The Game parlait pour ne rien dire et que finalement, on s’en est désintéressé. Alors que le match John Cena vs CM Punk vs The Big Show était plus intéressant, mieux construit.

Déjà, on avait le tweener/heel turn de CM Punk, une renaissance de la rivalité qui a animé notre été l’année dernière et en plus un titre en jeu. Alors qu’en face, la carrière de Triple H n’était même pas en jeu et la rivalité a juste été véritablement enclenchée ces dernières semaines. Et le fonctionnement épisodique, ça marche peut-être avec un Rock vs Cena, mais pour Lesnar vs Triple H, ça a pas mal fait retomber le flan.

Non Brock, on a dit du flan, pas du requin.

Je ne parle même plus du titre WHC, placer là où on peut, soit en opener soit le plus tard possible avant un match bouche-trou… Et puis les rivalités n’ont pas eu réellement un traitement total, aucune des rivalités présentes ne semblait symboliser le dénouement de celles-ci, au contraire, on a plutôt assisté à des matchs étapes, bouche-trous ou mal mis en avant.

Et c’est dans cette logique que le pre-show débuta avec Antonio Cesaro vs Santino Marella, ce dernier, en sérieuse perte de vitesse et sans adversaire crédible depuis un bail, se voit retirer son titre en 5-6 minutes sur une fin de match débile, même pour un comedy match. Non mais sérieusement, comme si Aksana pouvait être attirante! Bref, un nouveau champion prometteur dans le ring, mais avec une gimmick et une manageuse à chier, y a pas d’autres mots. Le rugbyman suisse donc, va pouvoir changer sa ceinture en plaque de chocolat ou une horloge géante, histoire que la WWE démontre à quel point elle ne fait aucun préjugé, jamais.

Un Pre-Show surtout là pour rappeler les rivalités qui seront en jeu ce soir et le changement de main de la ceinture US semble terriblement secondaire, et si ça avait été fait lors d’un Raw ou un Smackdown, on aurait clairement pas vu de différence. Mais on peut espérer que la WWE donne un peu d’épaisseur au titre, en essayant de nous donner au moins un champion dominateur, et Cesaro pourrait bien être celui-là.

Et il peut aussi te faire l’amour en cinq langues. Oui, cinq. En même temps.

Summerslam débute réellement sur un showstealer annoncé entre Chris Jericho et Dolph Ziggler. Le match, assez bien hypé au fur et à mesure, semblait être le dernier de Jericho avant un petit moment et une sorte de passage définitif vers l’upcard (bien que cela fait un moment qu’il tourne autour) pour Ziggler. Le match, enlevé, verra le Best in The World at what he does l’emporter grâce aux Walls sous sa meilleure forme, c’est à dire le Liontamer.

Un match qui non seulement fut bon sur le ring mais éveilla un public, chantant Let’s go Ziggler / Y2J, prouvant l’intérêt pour chacun des deux lutteurs. On appréciera le fait que Ziggler soit apprécié et créé ce genre de réactions, chose qui ne peut qu’être positive pour lui. On regrettera peut-être ne pas avoir eu cinq-six minutes de rab’, l’entente entre les deux semblant être parfaite sur le ring.

Une victoire de Y2J sous forme d’adieu en grand PPV pour le moment, même si on peut parier sur un retour après la tournée de Fozzy. La suite sera un peu moins jojo, même si c’est Daniel Bryan qui arrive. En effet, l’opposition avec Kane était assez courte et se conclut sur un roll-up. Malgré tout, le public était captivé par le match grâce à la lutte des NO! / YES! D’ailleurs, demandez à Daniel Bryan s’il veut aller en cure de désintox… Bref, le match est pas dégueux en soit mais n’a rien de spectaculaire, les deux ont déballé leur move-set habituel et basta.

David Carradine réclame des royalties depuis le paradis.

L’attitude de Kane post match semble montrer une poursuite de la rivalité et un Kane assez dérangé. Depuis quelques semaines, le Big Red Monster semble être perdu et envoyé à droite et à gauche sans réel but. On sait qu’il travaille, un peu comme Jericho, pour faire grimper les main-eventer de demain, mais cela le transforme en girouette ambulante, un tweener sans réel épaisseur, bref, juste un géant.

Le match suivant n’avait pas de réel suspens mais avait le mérite de mettre à l’affiche une opposition plutôt rare. Les deux ont donné un bon match, encore une fois ne dépassant pas la dizaine de minutes malheureusement, et sans surprise The Miz l’emporte pour conserver son titre. On notera la tenue de Rey Mysterio, qui fait débat dans la rédaction, du coup on a fait un sondage.

Maintenant il ne reste plus qu’à offrir des adversaires un peu plus tangibles au Miz, un nouvel underdog avec qui il pourrait continuer de construire la stabilité d’un titre qui a, à mon avis, retrouvé sa splendeur depuis le début du premier règne de Cody Rhodes. On attend juste que cela continue et qu’on ne sombre pas dans la médiocrité du titre US.

Un titre qui lui « prend cher », c’est le World Heavyweight Championship, à peine plus de dix minutes d’un match qu’on commence à connaître presque par cœur entre Sheamus et Alberto Del Rio, ce dernier blesse Sheamus, a quand même son match de championnat mais se fait poutrer. Bon, aller, cette fois-ci avec un Irish Curse et il avait un pied sur les cordes.

Mais qu’est-ce que cela va apporter à la rivalité si ce n’est un match supplémentaire? On l’a compris, Sheamus est supérieur à Del Rio. Là, on pourrait me dire qu’on a eu la même situation entre Punk et Bryan récemment où ce dernier a échoué plusieurs fois à prendre le titre WWE, mais les matchs avait le mérite de raconter des histoires différentes et d’alimenter la rivalité par la suite. On a eu des matchs différents, contrairement aux affrontements Del Rio/Sheamus où on ne voit pas réellement de différence entre un show de PPV et un Smackdown.

Allez, continuons d’enterrer la réputation des titres, enfin réputation, grand mot vu le prochain titre en jeu, puisqu’il s’agit des titres par équipes. Même si la WWE tente d’animer cette partie, elle tergiverse trop et nous offre des matchs beaucoup trop court et d’une qualité franchement médiocre. Entre les Prime Time Players, incapables de mettre du rythme dans un match qui malgré sa durée fut sujet à pas mal de lenteurs, et le fait que ces matchs là se finissent toujours de la même manière (Kofi qui fait un move à l’extérieur, pendant que Truth finit avec son finisher sur le ring, c’est au moins 80% de leur fin de match).

Un match donc franchement par terrible jusque l’emballage final. Un qui n’a pas de chance, c’est CM Punk, il a le titre depuis 270 jours, il est dans des bons matchs, il a cette fois John Cena dans son match, et il n’est toujours pas dans le Main Event. DAMN.

En plus, malgré mes inquiétudes, le match est vraiment très sympathique, si ce n’est plus, un final un peu comme lors du Triple Threat entre Orton, Cena et Triple H où les deux favoris de la foule soumettent le heel (ici un Anaconda Vice doublé d’un STF), le match s’arrête et le GM fait reprendre le match. Encore une fois on va chercher dans des vieux pots (enfin « vieux », ça date de Night of Champions 2009), bonjour la créativité!

Mais bon, ça rend plutôt bien et au final, après un Attitude Adjustement de John Cena sur le Big Show, Punk dégage Cena en traître pour conserver son titre, un peu comme Orton il y a 3 ans de cela. Une match sympathique, mais encore une fois court…

Coucou mamaaaaan, je passe à la télé !

Et on conclut tout ça avec le Main Event entre Triple H et Brock Lesnar, un brawl de 19 minutes, pas très beau, sans grand intérêt qui voit juste Brock Lesnar l’emporté sur son Kimura Lock et blessé Triple H, qui semble avoir terminé sa carrière là dessus tellement la fin du Pay-Per-View s’est attardé pour lui.

Je dois l’avouer, je ne peux pas voir Brock Lesnar en peinture depuis son retour, ses matchs ne ressemblent à rien et mis à part trois-quatre moves, on dirait du cheap UFC. Pas que j’aime pas la fédération de MMA, au contraire, mais là je veux voir du catch, pas de la simple brawl (et pourtant d’habitude, ça aussi j’adore). Ce match ne m’a pas plu, il n’a même pas dépassé les vingt minutes. (Enfin, pour le coup, je me demande si ça ne vaut pas mieux).

D’ailleurs, vous avez remarqué qu’AUCUN match de ce Summerslam n’a dépassé la vingtaine de minutes? La raison? Des pubs, oui, vous lisez bien, des pubs, de la prévention routière à tout bout de champ et des promos pour les matchs à suivre plus longues qu’habituellement.

C’était juste par précaution.

Merde quoi, c’est Summerslam et il n’y a pas un seul putain de match qui dépasse la vingtaine de minutes, les matchs pour les titres majeurs sont moins longs que l’opener entre Jericho et Ziggler, le match pour le titre par équipe est sans intérêt. Habituellement tout ça serait passé et on aurait pu parler d’un Pay-Per-View moyen mais encore acceptable.

Mais là c’est Summerslam, le 25ème en plus et la WWE n’a pas bougé le moindre petit doigt, se focalisant sur sa 1000ème de Raw et laissant les choses se dérouler sans trop forcer jusque Summerslam, où elle nous livre un show moyen, avec aucun match où l’enjeu nous transporte réellement et aucun match suffisamment mis en valeur pour vendre ce pay-per-view. D’ailleurs, il faudra surement observer les ventes qui ne devrait pas être mirobolante.

Et c’est pas comme si Ryback ou Brodus Clay avait encore bouffé cinq minutes pour un match inutile, non, on parlera juste de Kevin Rudolph venu chanter Don’t Give Up pour une performance live très moyenne.

Même la guitare est simulée dans un show de catch.

En conclusion, pour un Summerslam, ce Pay-Per-View est un échec cinglant, on est devant une tempête qui ressemble au petit tourbillon que fait l’eau de ton bain quand tu le vides plutôt qu’à un véritable raz-de-marrée de surprises. Mais en même temps, quand on ne fait pas grand chose pour faire monter la pression des rivalités en cours, on ne peut pas s’attendre à mieux.

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