WWE

Tables, Ladders & Chairs 2013 : Terminer l’année comme on peut

Ce qu’il y a de bien avec TLC, c’est qu’on sait qu’après ça, l’horrible année catchesque qu’a été 2013 est enfin terminée. Avec seulement trois semaines pour préparer le match de championnat le plus important de la décennie, la question n’était pas de savoir si ça allait être mauvais, mais à quel point ça serait raté. Hé ben, ç’aurait pu être vachement pire.

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On aurait pu commencer directement par un match mais ça signifiait laisser CM Punk ouvrir le show et ça c’était hors de question. Au lieu de ça donc, on a le droit à une promo de Stephanie McMahon et HHH. Parce que oui, en 2013, le WWE Universe veut encore et toujours plus de Triple H. On se moque mais c’était un petit speech vachement utile. Toute une rétrospective des titres super intéressante et qui pouvait nous apprendre des trucs. Suite à ça, une vidéo promo pour le main event qui commence par un historique des deux championnats. Donc oui, on a perdu cinq minutes de show juste pour voir Hunter. Si c’est pas génial ça.

Passons aux choses sérieuses. CM Punk affrontait The Shield dans un match handicap à 3 vs 1. Un match handicap en PPV c’est n’importe quoi. C’est le genre de truc qui est parfait pour Raw, mais non, il faut payer pour voir quelque chose qui n’a aucune raison d’être. Littéralement. Il n’y a pas de storyline, pas d’intérêt spécifique, pas d’enjeu. On regarde juste en espérant tomber sur un truc pas trop dégueulasse. Heureusement c’était vachement bien pour un match handicap. On pourrait louer le travail en équipe du Shield mais après un an de collaboration, c’est normal. On pourrait aussi faire l’éloge de CM Punk mais là aussi, tout le monde sait ce qu’il vaut. L’entente entre les quatre hommes en revanche est plutôt inégale. Autant Punk et Rollins ça marche, autant Punk et Reigns ça passe, autant Punk et Ambrose c’est galère. Le seul intérêt, c’était de voir comment la relation entre les membres du Shield allait évoluer. On a pu voir au cours des dernières semaines que leur relation n’était pas au beau fixe. Les premiers signes d’une séparation inéluctable qui parait encore plus évidente après le finish de ce match. Reigns, après s’être bien éclater l’oeil dans le fauteuil de Michael Cole a accidentellement infligé son spear à Ambrose, coûtant la victoire à son équipe. Si clairement ce n’est pas le match de l’année, il a au moins l’avantage de permettre à Reigns et CM Punk d’en ressortir plus forts, ce qui est de bon augure avant le Royal Rumble.

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En backstage, Renee Young interviewe AJ Lee avant son match pour le titre des Divas contre Natalya. On prend une pause, on respire un grand coup et on reste professionnel. On apprend pas grand chose, juste qu’elle va gagner, les fans sont teubés, Total Divas c’est de la merde, personne n’a son numéro mais tout le monde le veut… Non pardon, on avait dit qu’on restait pro. Vous pouvez rire tant que vous voulez, en attendant, ces deux minutes de promo c’est toute la story du match. De toute façon avec le talent qu’il y a sur le ring, on n’a pas réellement besoin d’une histoire derrière. C’est certainement le meilleur match de divas qu’on ait vu depuis au moins. Ouais, tout ça. Les enchaînements sont fluides, y a pas de botch, la foule est plus ou moins réactive, c’est assez court pour qu’on ait pas le temps de s’ennuyer, on se laisse même prendre au jeu. Seule ombre au tableau, finir sur un roll-up, à première vue c’était pas obligé. Maintenant si ça nous permet d’avoir un rematch, on est pas contre. C’était pas le Brésil, juste un bon match, ce qu’on aimerait voir plus souvent.

Jusqu’ici tout va bien, on a vu deux bons matchs et on se dit qu’on est parti pour un bon moment de catch et qu’on va terminer l’année en beauté. Que nenni. Big E Langston vient pour défendre son titre de champion intercontinental contre Damien Sandow. Et là c’est terrible. C’est terrible parce qu’on se rend compte que le match entre les deux est prévu depuis trois semaines mais qu’il a tellement été oublié par les bookers qu’on a l’impression qu’il a été rajouté au dernier moment sur la carte. Du coup on se retrouve avec le basique du basique niveau rivalité, ça se résume à moi vouloir gagner titre contre moi vouloir garder titre. On fait pas plus simple. Alors oui, parfois simplicité peut rimer avec qualité, mais pas là. Le match n’est plus seulement simpliste, à ce niveau là c’est du minimalisme. Coups de poing, coups de pied, prises de tête, souplesse. Ça peut être suffisant quand t’as un charisme de malade et une histoire qui te porte mais quand tu t’appelles Damien Sandow et que tu te bats pour le titre IC, tu perds ton public, c’est inévitable.

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Le match n’est pas long mais avec les entrées et tous les à côtés on doit pas être loin d’un quart d’heure d’inaction. C’est long. Et c’est pas facile d’enchaîner après ça. C’est pourtant la tâche qui incombait aux 7 catcheurs — oui, parce que Rybaxel compte pour un — qui allaient se disputer les titres par équipes. Un match fourre-tout sorti de derrière les fagots pour occuper des mecs qui n’avaient rien de prévu. Et c’était bien comme ça. Du coup on se retrouve avec des mecs qui n’ont rien à faire ensemble (Rey Mysterio & Big Show), des mecs qu’on a pas envie de voir (Rybaxel) et des mecs qui ont toutes les raisons pour être dans ce match mais qui restent aux vestiaires (les Usos). Malgré tout, le match est quand même très bon. Surtout après l’élimination de Rybaxel  — ce nom bordel, c’est ridicule. C’est peut être une coïncidence, on ne le saura jamais. Peu importe, après cette petite dizaine de minutes au rythme plutôt lent, on arrive à se laisser porter très facilement par l’histoire qu’ils nous racontent, il y a une bonne entente entre les diverses équipes et le public a ce qu’il veut. On pourra toujours regretter le peu de visibilité des Real Americans, ou le fait que les deux dernières équipes soient faces, mais dans l’ensemble c’est quand même un bon match de catch.

A ce moment là, on a vu un tiers du show et à part la faute qu’a été le match pour le titre Intercontinental, on a assisté à une partition sans réelle fausse note. Mais c’était sans compter sur le match bonus. Une technique bien connue pour gagner du temps. Mais à ce niveau là, ça s’apparente à du vol. L’intérêt du match bonus pour le (télé)spectateur est pas loin d’être nul. Déjà qu’on s’en fout, offrez-nous quelque chose de bien au moins. Et au lieu de ça on se retrouve avec Brodus Clay contre R-Truth. C’est à ce moment là du show que mentalement tu lâches tellement t’en as rien à faire. Brodus a entamé son heel turn depuis deux ou trois semaines, tout ça parce que Xavier Woods lui a volé ses pas de danse. C’est certainement le motif de turn le plus pété de tous les temps, mais on n’est plus à ça près. Bien sûr que le match n’est pas bon, y a pas de rythme, pas de spot notable, pas d’ambiance. Vous prenez tout ce qui fait un bon match, vous l’enlevez, et vous obtenez ça. Et c’est chiant.

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Il n’y avait tellement pas d’ambiance que Brodus faisait les réactions du public lui même.

Et c’est malheureusement pas fini. On n’a pas mentionné le pre-show parce que ça ne valait vraiment pas le coup de parler du match, mais on est obligé de l’évoquer pour le match suivant. The Miz faisait partie du panel — dont l’utilité n’a toujours pas été prouvée — et il en a profité pour se payer Kofi Kingston, qui n’a pas apprécié et est venu lui en mettre une. Les deux se chauffent depuis quelques semaines pour pas grand chose, et ils s’affrontent toutes les semaines, ce Kofi vs Miz devait être au moins le cinquième de décembre, à une grosse différence près, celui-là était sans disqualification. Ça ne c’est peut être pas vu, mais toutes les sources le confirment. Enfin bon, y a rien à en retenir de toute façon, ils ont essayé de faire un truc mais ça n’a pas marché, tout le monde s’en foutait, tant pis. Suivant.

La suite justement, c’est un retour aux choses sérieuses, un match handicap, ENCORE UN, entre Daniel Bryan et la Wyatt Family. Déjà, première chose : pourquoi est-ce qu’on parle de Wyatt Family alors qu’il n’y en a qu’un qui s’appelle Wyatt ? Méditez là dessus. Deuxième chose : pourquoi un autre match handicap ? On a en déjà eu un c’était suffisant. Ça commence comme ça et ça finit en pay per view à thème. Méfiez-vous. Troisième chose : on sait bien que la Wyatt Family est complètement cinglée, mais pourquoi avoir enlevé Daniel Bryan ? Ça leur a servi à quoi ? Et comment ça se fait qu’il se soit échappé en une semaine ? C’est Samoa Joe et les ninjas qui se répète encore. Beaucoup d’interrogations avant ce match, certaines plus importantes que d’autres, la principale étant : est-ce que le match va être bon ?

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Et bien il n’est pas dégueulasse. Légèrement plus court que le premier, mais différent dans sa construction, on se retrouve longtemps sur du 2 vs 1 puisque Bray Wyatt passe son temps à se balancer sur son rocking chair. Enfin bon, c’est pas trop grave puisqu’on a pu voir le mois dernier que Rowan et Harper étaient plus que capables de faire un bon match contre de grands adversaires. Et ça se ressent encore ici, même si le contexte est différent, ils s’en sortent bien. Là encore, l’entente est bonne, même si on n’en a jamais douté, le problème c’est que le match n’est pas du tout équilibré et que Bryan n’a absolument aucune période de domination. Ce qui veut dire que si vous avez regardé ce match en espérant voir le challenger triompher malgré l’adversité, et bien vous pouvez toujours aller vous gratter. Victoire logique de Wyatt, Harper et Rowan. Ils n’en ressortent absolument pas grandis, Daniel Bryan non plus, et du coup on se demande bien quel intérêt avait ce match.

À part remplir la carte, on ne voit pas trop. Son seul but, c’était de nous faire patienter jusqu’au main event. LE match de championnat de la décennie. LE match dont on a tous rêvé. LE match qui va changer la WWE. Le match pour l’unification des titres. Deux champions entrent dans le ring, un seul en ressort. Excitant, n’est-il pas ? On l’a peut être déjà dit, mais c’est un PPV qui n’a eu que trois semaines de construction, et pour un match de cette importance, c’est juste ridicule. Enfin bon, pour le coup, le star power peut suffire. Randy Orton contre John Cena dans un TLC, les deux visages de la WWE sur la dernière décennie qui s’affrontent dans l’un des meilleurs matchs qui soient. Il n’y a pas de raison que ça se passe mal. On sait que les deux catcheurs se sont affrontés plus que de raison et si la redondance est quelque chose qui leur a souvent été reprochée, l’avantage est qu’ils se connaissent très bien et  qu’on sait que le match ne sera pas horrible. Il était même carrément bon. Les objets sont bien utilisés, on se laisse porter facilement par l’histoire racontée, il n’y a pas de réel temps mort, la foule se fait entendre. Après, on pourra toujours regretter un début un peu mou, un selling pas toujours convaincant même s’il vaut mieux ne pas vendre un gros spot plutôt que de laisser l’adversaire gagner, ou encore le fait que Orton et Cena soient très limités quand on parle d’échelles.

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Mais le gros point noir reste la fin. C’était pourtant bien parti avec un un Cena attaché à la corde mais qui arrive à s’en sortir jusqu’à être seul en haut de l’échelle. Et là, c’est le drame. Orton le fait tomber sauf qu’au lieu de traverser la table prévue à cet effet, il la touche juste. Et le rendu visuel est risible. Randy Orton gagne clean, pas d’intervention, juste un heel plus fort qu’un face. Alors qu’il célèbre sa victoire, le tout nouveau WWE World HeavyweightChampion est interrompu par la famille McMahon. Après ce qui s’était passé à RAW, on pouvait légitimement s’attendre à une belle entourloupe. Mais non, c’était juste pour finir le show sur No Chance in Hell.

Alors, qu’est-ce qu’on peut retenir de ce dernier pay-per-view de l’année ? C’était pas génial mais vu le marasme actuel et le peu de temps de construction on va pas cracher dessus. Et pour les matches c’est un peu la même histoire. Pour la plupart on peut pas leur reprocher grand chose, mais y a rien non plus d’exceptionnel. En gros c’était moyennement bon, mais vu la mauvaise année qu’on s’est tapé, ça équivaut à un super PPV. Voilà, c’est tout pour cette année, on espère que 2014 sera meilleur, mais honnêtement, ça ne devrait pas être trop dur.

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